INFLAMMATION DES LIGAMENTS LARGES. — TRAITEMENT, 3M
i (Collection, le siège superficiel de la fluctuation sera le meilleur moyen de diagnostic (1). »
§ VII. — Pronostic.
L’étendue des détails dans lesquels sont entrés, relativement au diagnostic du phlegmon des ligaments larges, les auteurs auxquels nous avons emprunté les : notions qui précèdent, ne sont pas seulement de pure curiosité; et P. Paris, en particulier, à propos du diagnostic à faire entre ce phlegmon et la pelvi-péritonite, i fait remarquer combien il est important de l’établir, quand on songe aux différences qui en résultent pour le pronostic. «La pelvi-péritonite et le phlegmon J du ligament large sont tous deux des affections graves; mais leur façon de l’être est différente :
» La mort est rarement la suite immédiate de la pelvi-péritonite , surtout en ,1 dehors de l’accouchement; mais elle laisse dans le bassin une altération qui, sujette il) s’aggraver, à repasser à l’état aigu par les causes les plus diverses et les plus I* légères, met pour longtemps les femmes sous le coup d’accidents sérieux, et peut,
I par la persistance des douleurs, le trouble général des fonctions, miner profondé- ! ment leur santé.
» Les phlegmons des ligaments larges, au contraire, peuvent, par l’intensité de ! la réaction qu’ils provoquent, l’immense étendue qu’ils peuvent prendre, avoir rapidement une terminaison funeste; mais, lorsque la malade échappe à ces deri nicrs dangers, quand la suppuration est tarie, la guérison est définitive, et les rechutes ne sont pas à craindre. »
§ VIII.— Traitement.
Le traitement du phlegmon des ligaments larges, h sa période d’acuité, doit j( consister dans l’emploi des antiphlogistiques : saignées locales et générales, unies ià d’autres moyens du meme ordre. Mais on ne doit jamais oublier qu’on est en face d’une affection qui détermine presque fatalement la suppuration, et que, celte.
' suppuration devant peut-être, comme cela arrive souvent, durer un long temps, il ne faut point trop affaiblir la malade.
Quand, néanmoins, le pus s’est formé, Bennet pense que ce traitement conserve - son utilité, et qu’il peut même provoquer l’absorption du liquide ; mais cette opinion est mise en doute par plusieurs auteurs, et notamment par Vidal, de Lassis (2) ; aussi, la plupart du temps, en quelque point que le pus ait de la tendance à sortir, conseille-t-on de ne pas tarder à lui en favoriser les moyens.
Lorsque l’abcès vient former tumeur du côté du vagin, on a proposé de.l’oûvrir par cette voie, et cette manière d’agir, décrite déjà par Paul d’Egine, a été, de nos jours, fortement préconisée par Récamier. « Sans doute, si la tumeur phleg— moneuse venait pointer dans le vagin, si la fluctuation était assez évidente pour ne laisser aucun doute sur son contact immédiat avec le vagin, il n’y aurait pas à hésiter, il faudrait ouvrir la tumeur; mais les choses ne se font pas le plus souvent ainsi ; on sent seulement une tumeur, ou bien il y a une fluctuation obscure. » De telles conditions, qui sont les plus fréquentes, font, selon Bennet, qu’il y aurait
<1 ) P. Paris, thèse citée, p. 30, 3û.
(2) Vidal (de Cassis), toc. cit.} p. A 23.
MALADIES DES FEMMES
plus que de l’imprudence à pratiquer une incision dans le vagin ; et, par conséquent, les chirurgiens devant rarement trouver l’occasion d’agir en toute sécurité, il paraîtrait en résulter l’indication d’attendre la perforation spontanée d’un des ; organes creux du bassin, quand le pus se dirige de ce côté. Cependant, s’il est ' vrai que quelques malades soient mortes après l’ouverture artificielle des abcès, il n’est pas démontré que ce soit h cause d’elle : ou pourrait, tout aussi bien, incriminer les délabrements étendus que les collections purulentes avaient produits avant d’être ouvertes, et du reste, dans ses cliniques, Velpeau a démontré que l’abstention prolongée avait quelquefois favorisé ces délabrements (1).
» Que, spontanément ou artificiellement, le pus ait trouvé une voie à l’extérieur, à travers le vagin, le rectum, les parois abdominales ou la vessie (2), on en est réduit à combattre les symptômes, à mesure qu’ils se présentent, à aider la nature dans les efforts qu’elle fait pour le rétablissement, et h soutenir, par un traitement hygiénique et médical convenable, les forces des malades, pendant tout le temps que s’accomplit le travail de réparation.
» Il faudra combattre les exacerbations qui surviennent aux époques menstruelles pendant les premiers mois, par quelques sangsues, des purgatifs salins. Plus tard, on peut se borner «à prescrire le repos au lit pendant un jour ou deux, et à faire appliquer des cataplasmes sur le ventre. La diarrhée, qui est produite par l’ouverture de l’abcès dans le rectum, cesse bientôt sous l’influence des lavements amylacés ou laudanisés. Elle est souvent remplacée par la constipation, que l’on cherche à dompter à l’aide de doux laxatifs, ou des lavements d’eau froide ou tiède.
» Dans la forme la plus grave de la maladie, celle que l’on observe pendant l’état puerpéral, il y a des désordres du côté du bassin ; ils sont si considérables, que la santé générale en est profondément altérée, et que les malades se trouvent réduites au marasme le plus profond. Dans ces cas, il faut de toute nécessité, pour soutenir les forces, donner des stimulants puissants, tels que le vin, le quinquina. On est surtout obligé de tenir cette conduite dans les cas de perforation abdominale. Dès que la fluctuation se fait sentir au-dessous des parois du ventre, et que la peau commence à rougir, ce qu’il y a de mieux h faire, c’est d’ouvrir immédiatement l’abcès, soit avec la lancette, soit avec la potasse caustique, afin de donner issue au pus.
» Malgré l’état très-grave et souvent désespéré en apparence, dans lequel se trouvent les femmes qui présentent des inflammations du ligament large et des suppurations consécutives très-étendues, presque toujours le rétablissement a lieu, grâce à un traitement convenable; mais (il faut le dire), après avoir passé par des souffrances et des épreuves très-prolongées (3). ><]
(1) P. Pâris, thèse citée, p. 35.
(2) Voyez plus haut, § V.
(3) Bennet, Traité de l’inflammation de l’utérus , trad. franç. d’Aran, p. A00.
TUMEURS INFLAMMATOIRES DES FOSSES ILIAQUES INTERNES. — CAUSES. 3£t3
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