‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 106 sur 494 · TUMEURS INFLAMMATOIRES DES FOSSES ILIAQUES INTERNES · texte numérisé non relu

TUMEURS INFLAMMATOIRES DES FOSSES ILIAQUES INTERNES

§ I. — Causes.

1° Causes prédisposantes. Age. — C’est de vingt à trente ans que se développent le plus souvent les tumeurs dont il s’agit (plus de la moitié des cas); vient ensuite la période de trente ou quarante ans (un quart), puis celle de onze à vingt ans, et enfin celle de quarante à soixante.

Le sexe a également une influence très-marquée, si l’on fait abstraction de l’état puerpéral; les tumeurs inflammatoires sont en effet, en pareil cas, plus de quatre fois plus fréquentes chez l’homme. D’après les faits rassemblés par Grisolle, l’état puerpéral ne rétablirait même pas l’équilibre; car en comprenant toutes les conditions précédemment indiquées, on observe la maladie quarante-six fois chez l’homme et vingt-sept fois seulement chez la femme. Ces chiffres sont-ils suffisants?

; 1 En supposant même que les observations eussent été prises avec la plus grande attention sur un nombre donné de sujets, on pourrait en douter; mais on croira ! bien moins encore la question résolue, si l’on considère que, dans beaucoup de i cas, des abcès du bassin, chez les femmes en couches, peuvent passer inaperçus, t et que plusieurs des auteurs, à qui l’on a emprunté ces observations, n’ont pu voir i qu’un très-petit nombre de femmes dans cette condition. Les médecins qui se sont trouvés mieux placés, et qui ont apporté un grand soin dans l’exploration, ont au contraire constaté que ces affections se montrent particulièrement à la suite de l’accouchement. Fauvel a pu, en deux années, recueillir à l’Hôtel-Dieu, chez des femmes, une vingtaine de cas d’abcès du petit bassin, dont un bon nombre auraient pu passer inaperçus, sans une exploration des plus attentives. Dans l’ar- 1 1 ticle consacré aux phlegmons péri-utérins , nous en avons nous-même cité des t exemples.

D’après les cas rassemblés par Grisolle, les primipares seraient plus exposées que les autres accouchées, à l’affection dont il s’agit (2). De même que la métrite post-puerpérale , les phlegmons des fosses iliaques ne se développent que quelques jours après l’accouchement (du troisième au dixième jour, en moyenne, et quelquefois plus tard, selon Grisolle).

Ces tumeurs ont été trouvées plus souvent à droite qu’à gauche, ce qui tient sans doute à l’influence du cæcum sur la maladie; car si l’on ne considère que les tumeurs des femmes en couches, on les trouve plus souvent à gauche qu’à droite.

La constipation est, d’après quelques auteurs, une cause prédisposante digne d’attention. Nous avons vu plus haut (3) ce qu’on a dit de l’irritation produite par

(1) [ Après avoir, dans l’article précédent et dans l’appendice placé à sa suite, étudié dans leurs details 1 inflammation circum-uiérine, d’une manière générale, et Y inflammation des ligaments larges, en particulier, il nous reste à traiter de certaines collections purulentes circum-utérines dont nous n’avons pas eu encore à résumer l’histoire. Toutefois, au lieu de leur consacrer un article spécial, pensons-nous qu’il sera plus utile, eu égard aux connexions qu elles affectent avec les tumeurs de même nature siégeant dans les fosses iliaques internes, de les décrire incidemment, à l’occasion de quelques-unes de ces dernières. ]

(2) Voyez aussi Piotay, thèse de Paris, 1837, n° A<5 2.

(3) Voyez précédemment l’article Pérttyphute.

MALADIES DES FEMMES

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l’accumulation des matières fécales dans le cæcum, sur les parois de cet intestin.

2° Causes occasionnelles. — On a cité des cas où un coup, une chute sur le ventre , une violence extérieure quelconque, ont donné lieu aux tumeurs inflammatoires dont il s’agit (1).

[Les fatigues résultant d’une marche longue et pénible, et surtout les efforts violents, faits pour ramener dans sa rectitude le tronc fortement porté en arrière, peuvent agir de la même manière, ou bien provoquer des accidents inflammatoires dans une tumeur iliaque jusqu’alors indolente. (Grisolle.)

Un projectile, s’enfonçant au voisinage de l’anneau inguinal, a pu, au lieu de pénétrer dans le péritoine, rester en dehors de cette cavité, en remontant plus ou moins haut, suivant la direction de la crête iliaque (Grisolle). Dans un cas observé par John Bell (2), sur un jeune homme qui avait été blessé en duel, les premiers accidents s’étant calmés, il survint bientôt une fièvre hectique qui emporta le malade un an après l’accident. A l’autopsie, on reconnut que la balle s’était logée au-dessous du muscle psoas et sur la fosse iliaque interne , où elle se trouvait environnée de plusieurs kystes purulents. Des corps étrangers , introduits dans l'estomac et arrivés dans le gros intestin , peuvent aussi se frayer une issue dans le tissu cellulaire ambiant, où leur présence peut déterminer quelquefois une inflammation plus ou moins vive. (Grisolle.)]

On a admis, comme causes occasionnelles, l 'action du froid, les écarts de régime , un excès quelconque, les malades étant placés sous l’influence des causes prédisposantes que nous avons indiquées. Mais le degré d’action de ces dernières causes est loin d’être rigoureusement déterminé. Enfin il est un certain nombre de cas où l’on ne peut pas découvrir de cause occasionnelle, car les violences exercées dans les manœuvres de l’accouchement, la longueur du travail, etc., ont été plutôt admises comme ayant une influence très-probable (ce qui ne peut être nié), que connue ayant été mises hors de doute par l’observation.

[3° Causes anatomiques. — Le tissu cellulaire des fosses iliaques internes peut s'enflammer consécutivement à la perforation d'une cavité naturelle ou artificielle contenant un liquide; soit qu’il s’agisse d’un organe creux, soit qu’une collection liquide venant d’une région voisine ait donné lieu à l’épanchement. Avant la perforation, on a pu observer les signes d’une affection siégeant dans la vessie ou dans l’une des portions de l’intestin, ou bien on avait constaté l’existence d’abcès des organes contenus dans le bassin, de kystes ovariques, etc.; puis tout à coup, des symptômes qui seront indiqués tout à l’heure apparaissent, et la tumeur inflammatoire se constitue.

Dans d’autres cas, c’est l 'inflammation d'une des parties voisines qui s'étend au tissu cellulaire des fosses iliaques.] En pareils cas l’inflammation primitive (métrite, ovarite, bubon, etc.) avait donné lieu déjà à des symptômes bien connus, auxquels viennent se joindre avec plus ou moins de rapidité, mais non brusquement, ceux de l’inflammation du tissu cellulaire environnant. [Grisolle (3) a vu cette inflammation succéder à celle des ganglions inguinaux profonds; Velpeau,

(1) Bourienne, Journal de médecine , t. X LUI , année 1775, obs. I et II.

(2) John Bell, Traité des plaies, trad. d’Estor, p.410.

(3) Grisolle, Traité de 'pathologie interne, t. I, p. G1 9, 9e édition. Paris, 1865.

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