MEURS INFLAMMATOIRES DES FOSSES ILIAQUES INTERNES. — SYMPTÔMES
rapport de Lebatard (1), l’a vue survenir consécutivement à l’inflammation de capsule synoviale qui tapisse la branche horizontale du pubis pour faciliter le Use ment des muscles psoas et iliaque. L’extension de l’inflammation des reins a i aussi indiquée comme pouvant se faire facilement au tissu cellulaire du grand •'ssin (2). De même que la métrite (3), l’inllammatiou des ligaments larges a été æsi mise en cause; cependant, selon Grisolle, les faits de ce genre sont infinimnt rares, et rien ne saurait autoriser les auteurs à dire que les annexes de l'utés et que les ligaments larges, en particulier, sont le point de départ des phlegons iliaques consécutifs aux couches. ]
§ II. — Symptômes.
1 Une fois la tumeur inflammatoire produite, presque tous les symptômes des -verses espèces sont les mêmes. Le siège seul y apporte des modifications importes.
La douleur est ordinairement vive et se montre dès le début. Cependant, parmi ; faits rapportés par Grisolle, il en est huit, dans lesquels ce symptôme ne s’est -outré qu’au bout d’un ou de plusieurs jours, et quatre malades ne l’ont éprouvé ie plus tard. La douleur spontanée est variable dans son intensité : chez quelques -jets elle est seulement sourde, gravative; chez la plupart, il se joint à cette ouleur continue, des douleurs lancinantes, pulsatives, qui s’irradient plus ou oins loin dans l’abdomen, la cuisse correspondante, le périnée. Parfois ces parties : sont le siège que d’un simple engourdissement. On a remarqué assez souvent me les malades ne rapportaient pas le siège de la douleur au point précis occupé r.r la tumeur inflammatoire, quelques-uns se plaignent d’une douleur dans tout le ntre ou dans l’hvpogastre, lorsque la région inguinale esl le siège du mal.
I La douleur à la pression donne des renseignements plus précis encore. Ainsi, ins un point de l’abdomen (la fosse iliaque droite pour les abcès résultant des aérations du cæcum et de son appendice; l’une des deux fosses iliaques, un point : l’hypogastre pour les autres), on détermine par la palpation une douleur vive, idinairement intolérable, et qui arrache des plaintes au malade. Les secousses de toux, les mouvements du tronc, #et surtout ceux de la jambe, lorsque l’abcès xupe la fosse iliaque, exaspèrent considérablement la douleur. Aussi les malades ennent-ils à demi fléchi le membre inférieur du côté affecté, et redoutent-ils lîaucoup les mouvements d’extension qu’on veut lui communiquer.
Pendant les premiers temps, on trouve dans le point occupé par l’inflammation, ne tumeur un peu dure, rénitentc, sans bosselures, sans battements et sanschanement de couleur à la peau. Cette tumeur est d’un volume très-variable ; mais en 'énéral elle occupe une très-grande étendue et remplit toute une fosse iliaque, ns laisser d’intervalle entre elle et l’os des iles. Dans un cas dû à une perforation i cæcum, et pour lequel nous avons ôté appelé par Manec avec d’autres médecins i la Salpêtrière (le malade étant employé dans cette maison pendant que nous y isions un service), nous trouvâmes toute la fosse iliaque droite et l’hypogastre,
(t) Lebatard, thèse de Paris, 1837, n° 397.
(2) Téallier, Journal général, t. CV11I, obs. 3.
3) Piotay, thèse de Paris, année 1837, n° 462.
MALADIES DES TEMMES.
jusqu’à la ligne médiane, occupés par une tumeur résistante, telle que nous venons de la décrire. Dans un autre cas que nous avons observé à la Pitié, et qui s’est montré chez une femme en couches, la tumeur dépassait de beaucoup cette ligne médiane, et avait par conséquent un volume énorme.
Celle tumeur est presque toujours immobile , et dans les cas où l’on peut lui imprimer des mouvements, ceux-ci sont toujours très-bornés.
La percussion, pratiquée avec ménagement, donne un son mat dans toute l’étendue de la tumeur, et ce son mat contraste avec le son tympanique rendu par les parties environnantes.
Parfois la maladie, après avoir persisté ainsi pendant un temps variable, mais qui n’est pas fort long, se dissipe peu à peu. On voit d’abord la tumeur devenir moins douloureuse, puis diminuer de volume, et finir par disparaître sans laisser de trace, ou ne laisser qu’un petit noyau dur et indolent, qui disparaît lui-mèmc au bout d’un temps plus ou moins long.
Mais le plus souvent les choses se passent autrement, la tumeur suppure, et de là résultent des symptômes nouveaux.
Les sicjncs généraux , qui indiquent la formation du pus, ne se montrent pas, à beaucoup près, dans tous les cas, ou du moins on ne les a notés, d’après les faits rassemblés par Grisolle, que chez un tiers des sujets. Ce sont, comme on le sait, des frissons irréguliers, une exacerbation de la fièvre le soir, des sueurs générales , ; surtout pendant le sommeil.
Les signes locaux sont le ramollissement de la tumeur, la fluctuation , la rougeur de la peau lorsque le pus a de la tendance à se porter à l'extérieur , et, dans le même cas, une saillie en pointe d’une des parties de la tumeur. Quelquefois même, ; comme dans un cas que nous avons observé en 18ùfi, à l’Hôtel-Dieu annexe, on voit la peau s’amincir en divers endroits, et des saillies se former sur plusieurs points de la tumeur.
Dans un certain nombre de cas qu’il n’est pas encore possible de déterminer, les signes locaux de la suppuration se font remarquer à la fois du côté de l'hypogastre et dans le vagin. En portant le doigt dans le conduit, on sent, en effet, une fluctuation plus ou moins manifeste, et parfois même une saillie fluctuante qui descend jusqu’au milieu du vagin. D’autres fois la tumeur, au lieu de conserver son volume en devenant fluctuante, s’affaisse plus ou moins promptement, et alors encore on peut sentir, dans quelques cas, la fluctuation dans le vagin. On voit par là combien il est important de pratiquer le toucher vaginal dans tous les cas de • tumeur inflammatoire du bassin.
Suivant Grisolle, la suppuration serait plus longtemps à s’établir dans ces tumeurs que dans les autres tumeurs inflammatoires qui ont leur siège dans le tissu cellulaire. Mais il faut seulement entendre par là, que la fluctuation devient moins promptement appréciable, ce qui s’explique par la profondeur de l’abcès. Ainsi, dans les cas où il y a une perforation d’un organe qui verse dans le tissu cellulaire environnant un liquide sceptique, on ne peut douter que la suppuration ne se produise très-promptement ; et néanmoins, dans le cas cité plus haut, la fluctuation ne s’est jamais montrée d’une manière sensible. Or, on verra que l’existence d’un abcès n’a pas été douteuse, quoique la malade ait guéri.
Dans d’autres circonstances, la maladie semble vouloir se terminer par réso -