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TUMEURS INFLAMMATOIRES DES FOSSES ILIAQUES INTERNES. — MARCHE

ion; mais la tumeur ne se dissipe qu 'imparfaitement : elle est encore dure, un u douloureuse, reste ainsi pendant un temps très-long, et finit ensuite par dispatitre rapidement. Nous avons vu, à l’Hôtel-Dieu annexe, un cas de ce genre. La Jade, récemment accouchée, avait présenté tous les symptômes d’un phlegmon I la fosse iliaque; au bout de quelques semaines, la douleur se calma un peu, la îmeur diminua et durcit beaucoup, sans avoir présenté de fluctuation. La malade

itsta ainsi plus de trois mois, ne pouvant pas se lever, parce que les mouvements membre inférieur causaient de la douleur dans le point malade. Au bout de ce oips, on constata, du jour au lendemain, une diminution de plus d’un tiers dans volume de la tumeur, et en même temps l’écoulement d’un pus blanc, épais,

Iien lié, par le vagin, dont les parois étaient rouges et granulées. L’exploration la iis attentive ne put néanmoins faire découvrir dans ce conduit, ni tumeur flucante, ni pertuis ; mais tout porte h croire qu’il existait une petite ouverture par

I fuelle s’écoulait le pus, car, à dater de ce moment, la tumeur alla rapidement en minuant, et la malade fut promptement guérie d’une affection qui durait depuis ■ès de cinq mois. Il n’y avait eu, dans ce cas, aucun signe local de suppuration,

>s même l’empâtement des téguments.

ILes symptômes généraux qui accompagnent ces tumeurs inflammatoires sont en nnéral assez intenses. Dans les cas où il y a une perforation, ils sont très-violents s-s le début. La fièvre s'allume, le pouls est très-fréquent, ordinairement petit, rré; il y a souvent du frisson, du froid des extrémités, suivi ensuite d’une chauur élevée. L'anxiété est grande; les douleurs empêchent le malade de dormir;

-s traits sont altérés. Du côté du tube digestif, on a observé quelquefois des •missements bilieux, des vomituritions, une soif vive, une constipation qu’il ( ■’estpas cependant difficile de vaincre dans la plupart des cas.

Lorsque l’affection se développe h la suite de l’inflammation d’un organe pelvien,

,ys symptômes généraux préexistants augmentent seulement de violence, et lorsque 1 1 tumeur inflammatoire se produit primitivement dans le tissu cellulaire de celte ' égion (le mal, qui se manifeste d’abord par des symptômes locaux, allant toujours n augmentant), la fièvre s’allume et prend souvent une intensité aussi grande que ans les cas que nous avons cités Jes premiers. La constipation est remarquable, iiriout lorsque la tumeur occupe la fosse iliaque gauche ou une partie plus cenraledu petit bassin.

§ III. — Marche, durée, terminaison.

La marche de la maladie est presque toujours rapide dans les premiers temps, ’uis, ainsi que nous l’avons vu plus haut, elle peut rester stationnaire plus ou noins longtemps, et enfin nous allons voir, en parlant des terminaisons (point des dus importants dans l’histoire des tumeurs inflammatoires du bassin), que les lioses se passent très-difTéremment, suivant que la maladie se termine de telle ou elle manière.

La durée de la maladie, par suite également de la grande différence des termiîaisons, est fort variable. On peut dire néanmoins, d’une manière générale, qu’elle 'jst assez considérable. Les cas où la maladie se termine par résolution sont ceux lont la durée est la plus courte, et, néanmoins, les femmes ne sont pas parfaitement établies avant deux ou trois semaines. La perforation de l’abcès et le passage du

MALADIES DES FEMMES

pus dans le péritoine abrègent la durée de la maladie, en produisant une péritonite promptement mortelle. Dans tous les autres cas, il faut un ou plusieurs mois pour que la maladie soit terminée.

Terminaisons. — Nous avons vu plus haut que la terminaison par résolution est la plus rare, et que la tumeur suppure ordinairement. Or, lorsque la tumeur a suppuré, la maladie se termine de diverses manières, qui toutes ont la plus grande importance.

L' évacuation du pus peut avoir lieu par plusieurs voies. [À priori, l’anatomie porte à penser que, lorsque le pus est exactement contenu dans la fosse iliaque, il ne peut arriver au dehors par la partie postérieure du bassin, à cause de la résistance que les os lui opposent en ce point. Cependant, dans un cas recueilli par E. Leudet (1), consécutivement à une perforation spontanée de l’appendice ilôocæcal, il s’était formé un abcès des fosses iliaques interne et externe, communiquant à travers une perforation de l’os coxal. — Toutefois, de pareils cas sont rares, et, le plus ordinairement, le pus se porte en avant, soit qu’il use la paroi abdominale antérieure, soit qu’il se fraye une route par l’un des conduits naturels les plus voisins. ] Ainsi l 'abcès s'ouvre dans l'intestin : soit dans le cæcum, soit dans l’S iliaque (2), [soit dans le rectum (3) ]. L’affaissement de la tumeur et la présence du pus dans les selles sont les signes auxquels on reconnaît le passage du pus dans l’intestin. Une diarrhée plus ou moins abondante, avec coliques, quelquefois ténesme, prouve que, en pareil cas, le passage du pus dans le tube intestinal a produit une entérite d’une certaine intensité.

[ Quelquefois la communication entre le foyer purulent et l’intestin s’opère au moyen de l’appendice iléo-cæcal, plus ou moins altéré (Merling, Ch. Tinel) (è).]

Dans d’autres cas, le pus se fraye un passage à travers les parois abdominales (5). La tumeur devient de plus en plus saillante, la fluctuation est chaque jour plus évidente, la peau s’empâte, rougit, s’amincit, et, si une incision ne donne pas issue au pus, il se forme une ou plusieurs ouvertures spontanées par lesquelles ; l’abcès se vide. On a vu quelquefois le pus fuser assez loin, et l’abcès s’ouvrir à une plus ou moins grande distance de la fosse iliaque.

[Le plus ordinairement (dans les deux tiers des cas, selon Grisolle), c’est par un point voisin du ligament de Fallope ou de l’épine iliaque antérieure et supérieure, , que la tumeur tend à se faire jour. Quelquefois, le pus fuse dans l’épaisseur de la cuisse en passant sous l’arcade crurale (6); « il y produit des désordres plus ou moins graves, suivant que 1 e phlegmon était exclusivement sous-péritonéal ou qu’il siégeait sous l’aponévrose iliaque. Dans le premier cas, le pus, fusant dans la cuisse, s se place en dedans et en avant des vaisseaux fémoraux sans altérer la structure des

(1) E. Leudet, toc. cit., p. 319.

(2) Bricheteau, Archives générales de médecine , 3“ série, t. II, p. 409. — A. Bérard, Société anatomique , 1834, 7U bulletin.

(3) lligaud. Dictionnaire des sciences médicales, t. 1, p. 61.

(4) Cl). Tinel, cité par E. Leudet, loco citato, p. 322.

(5) E. Leudet, Recherches anatomo-pathologiques et cliniques sur f ulcération et la perfo> ation de l’appendice iléo-cæcal ( Arch . gén. de méd., 1 859, t. II, p. 321). — J. Parrot, liai- 1 letins de la Soc. anatomique , 1855, t. XXX, p. 54. — Michel Peter, Arch. génér. de méd.,

1855, t. II, P' 333.

(6) E. Leudet, loco citato, p. 318.

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h scies psoas et iliaque. Mais, si l'abcès est mis-aponévrolique , le pus est contenu ms la gaine fibreuse du fascia iliaca et arrive jusqu’au petit trochanter; il forme mvent un vaste foyer après avoir altéré, ramolli, détruit les fibres des muscles oas et iliaque. Lorsque le pus a suivi la direction dont nous venons de parler en irnier lieu, il peut sur sa route envahir Y articulation coxo- fémorale, qu’il (lamine au milieu des douleurs les plus vives; la capsule fibreuse est détruite, i Ja tête du fémur sort plus ou moins complètement de sa cavité ; le membre abdonal est porté alors dans la rotation en dehors, et tout mouvement qu’on lui imime réveille des douleurs atroces. Cet accident est à redouter lorsque l’abcès -us-aponévrotique intéresse le muscle iliaque et lorsqu’il pénètre dans la gaine uoviale commune à ce muscle et au psoas, qui, comme on le sait, communique -e-même souvent avec l’articulation de la hanche (1). »]

D’autres fois il se fait une ou plusieurs ouvertures dans le canal intestinal et à i peau en même temps. En pareil cas, aux signes précédents se joignent la fétidité

I pus, sa coloraiion en jaune ou en brun, son aspect mal lié, et la présence de z sous forme de bulles qui viennent crever à l’ouverture de la peau.

On a cité des cas où le pus s'est échappé en partie par la vessie : dans l’un reux, rapporté par Johnson (2), et cité par Grisolle, il y eut envies fréquentes luriner, dysurie et même hématurie ; dans les autres on n’a noté rien de semi iblc.

[Pour pouvoir acquérir la certitude que l’abcès s’est bien fait jour par la vessie, faut que le pus se montre en quantité assez notable, car on a vu des abcès de la fsse iliaque déterminer par voisinage une inflammation passagère de la vessie, avec açer dépôt de pus dans les urines pendant deux jours. (P. Paris. ) ]

IBattersby (3) a rapporté un cas curieux d’abcès iliaque ouvert d’abord dans la ssie, puis à la région lombaire. Malgré cette double ouverture, le malade, qui ait un enfant de six mois, fut complètement guéri au bout de quelques mois.

II arrive aussi que le pus peut sortir par une perforation de l'utérus (fi); mais les 'S de ce genre sont rares et ne présentent pas d’autres signes que l’ouverture de tbcès dans le vagin.

< Cette ouverture de l'abcès dans le vagin est fréquente, d’après les faits observés, U même tout porte à croire qu’ellê est plus fréquente qu’on ne le pense généraleicnt, parce qu’il faut pour la reconnaître plus d’attention qu’on n’en apporte rdinaircment dans l’examen des faits. L’affaissement de la tumeur, un écoulement boudant de matière purulente, épaisse, survenant rapidement, sont les signes uxquels on reconnaît cette terminaison. Dans quelques cas, on a pu découvrir n point fluctuant du vagin avant la perforation; dans d’autres, on a vu le pus ninlre par l’ouverture accidentelle; mais ces cas sont les plus rares. Cette termi- ’aison peut se faire très-longtemps attendre, ainsi que nous en avons vu un

(1) Grisolle, Traité de pathologie interne , t. I, p. 605. — Aubry, Arch. gén. de méd ., 1 843.

(2) Johnson, 7/te médico-chirurgical Review, 1856, et Gaz. méd., t. V, p. 123. — Voyez ussi Marchai (de Calvi), thèse citée, obs. XLIX. — Ménière, Archiv. oénér. de méd.,

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