‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 109 sur 494 · XVII. ’ J · texte numérisé non relu

XVII. ’ J

(3) Batlersby, Dublin quartcrlg Journal uf med. se., mai 1847.

(4) Dance, Répertoire d’anatomie et de physiologie, t. IV. — J. Béhier, Leçons sur les maladies des femmes en couches {Clinique citée. Paris, 1864).

MALADIES DES FEMMES

exemple mentionné plus haut. Dans un cas rapporté par Perrocliaud (1), l’introduction du spéculum produisit la rupture de l'extrémité supérieure du vagin et l’écoulement du pus contenu dans la tumeur. Bourdon ( loc . cit.) a rapporté plusieurs faits dans lesquels l’abcès a été vidé par celte voie, à l’aide de l’instrument tranchant.

[Dans quelques cas, le pus, au lieu de fuser inférieurement, suit une direction opposée, et chemine au-dessous du gros intestin presque jusqu’au voisinage du rein et du foie ; ce qui s’explique par la position horizontale que les malades gar- > dent le plus habituellement, et par la laxité du tissu cellulaire de ces parties il (Grisolle). Dans d’autres cas, la suppuration passe d’une fosse iliaque à l’autre [ sans qu’on puisse expliquer ces migrations par la position des malades ou par i aucune disposition particulière (2). Enfin, la terminaison la plus insolite a été : observée par Demaux, qui a vu le pus s’ouvrir une issue dans la veine cave infé- j rieure(3).]

La terminaison la plus terrible est la rupture de l'abcès dans le péritoine. On i l’observe plus particulièrement dans les abcès qui ont pour point de départ une | lésion du cæcum ou de son appendice. En pareil cas, après avoir suivi toutes les périodes de la suppuration, on voit apparaître tout ci coup une douleur excessive dans un point voisin de la tumeur ; cette douleur se propage rapidement ci l'abdomen, et la maladie présente les symptômes de Va péritonite suraiguë.

Dans des cas rares, on a vu la péritonite générale se produire sans perforation, par simple extension de l'inflammation au péritoine voisin du foyer purulent.

Lorsque le pus s’est frayé une issue au dehors, la maladie ne saurait être regardée comme terminée heureusement, loin de là. Les accidents indiqués plus haut peuvent se prolonger longtemps, la suppuration persiste, reste abondante, et les malades succombent souvent dans le dernier degré du marasme.

Dans quelques cas, la gangrène s’empare des parois du foyer, et presque toujours alors la terminaison est funeste. Dans quelques-uns d’entre eux, des lambeaux gangrenés peuvent être expulsés par la voie que s’est frayée le pus (Burne). Dans le cas indiqué plus haut, et qui avait pour sujet un employé de la Salpêtrière, au bout de quelques jours de phénomènes très-graves, du pus parut dans les selles, et au milieu du liquide l 'appendice du cæcum tout entier , coupé circulairement à sa base, et présentant dans son milieu une petite ulcération ronde. Manec a conservé la pièce, qu’on ne peut méconnaître pour l’appendice cæcal. Dès (pie cette partie fut évacuée, le mieux se manifesta, et le malade s’est parfaitement rétabli.

Après la guérison, il reste dans l’endroit qu’occupait la tumeur un point d’induration qui se dissipe ensuite peu à peu. Chez quelques malades, un œdème parfois très-persistant se montre dans le membre inférieur du côté affecté; l’oblitération plus ou moins complète de la veine iliaque en est, sans doute, la cause;

§ IV. — Lésions anatomiques .

Quoique les lésions anatomiques que laissent après elles les tumeurs inllainma-

(1) Voy. Grisolle, loco citato.

(2) A. Bérard, Bulletins de la Société anatomique, 1834.

(3) Demaux cité par Grisolle, loco citato, t. I, p. 608.

ilHEURS INFLAM. DES FOSSES ILIAQUES INTERNES. — LÉSIONS ANATOM. 351

,-es aient un grand intérêt, nous n’indiquerons ici que ce qu’il est nécessaire que praticien connaisse.

On trouve, soit dans le fond de la fosse iliaque, soit dans les ligaments larges, ; entre l’utérus et le rectum ou l’utérus et la vessie, un foyer purulent, dont upect varie suivant une multitude de circonstances. La maladie a-t-elle été causée • la perforation du cæcum (1), on voit dans la fosse iliaque droite un vaste :ès communiquant avec l’intestin par une ouverture plus ou moins grande, à rds noirâtres et coupés plus ou moins irrégulièrement. Quelquefois on trouve isieurs de ces perforations; d'autres fois, au contraire, c’est de dehors en dedans e la perforation a eu lieu, et l’abcès primitivement formé s’est vidé dans l’intes- . Dans l’un et l’autre de ces cas, les parois du foyer sont formées par du tissu lulaire plus ou moins épaissi, dont les lambeaux sont gangrenés, et le liquide 'elles contiennent est brunâtre, fétide. Parfois la perforation s’étant faite du côté péritoine, on voit un abcès, résultant de l’accumulation du pus retenu dans un mit de cette cavité par des fausses membranes promptement formées.

IDans les autres cas, on trouve les organes avoisinant l’abcès, ainsi que les vaisuux et les nerfs qui le traversent, dénudés, ramollis, gangrenés, et le liquide puruitit tantôt blanc, tantôt brunâtre, et plus ou moins sanieux. On a suivi des fusées I pus jusque vers la hanche.

[Dans un cas, entre autres, Trousseau a rencontré les désordres produits par le vvail inflammatoire, étendus jusqu’aux articulations sacro-iliaque et coxo-fémoe d’un même côté. Le nerf crural correspondant était, en outre, disséqué par >ous, dans lequel nageaient plusieurs de ses blets, détachés eux-mêmes du laisnu principal par le travail inflammatoire. Mais un fait sur lequel Trousseau oelle particulièrement l’attention, c’est que le malade avait, pendant la vie, préiité tous les symptômes du psoïtis, et qu’à l’autopsie, le muscle psoas iliaque (était point altéré par le travail inflammatoire. — En revanche, chez un autre itjet, qui avait succombé à une fièvre typhoïde, sans avoir jamais présenté ni \xion de la cuisse sur le bassin, ni rotation du membre en dehors, Lefeuvre rennntra un énorme abcès métastatique, consécutif à une infection purulente, et déveppé dans l’épaisseur du muscle psoas, dont les fibres seules lui servaient de poche. i faisceau nerveux, qui constitue h; nerf crural, avait été épargné par le travail flammatoire. Rapprochant les faits observés dans ces deux cas, Trousseau pense ic la symptomatologie du psoïtis ( inflammation du tissu cellulaire inter fibr il luire désorganisation de la fibre musculaire) appartient surtout à la lésion du nerf ural; que dans certains cas, il peut y avoir grande altération du muscle psoas ns qu’on rencontre les symptômes assigués au psoïtis. On comprend, par consélent, que l’inflammation du muscle psoas et les inflammations de la fosse iliaque urront souvent donner lieu aux symptômes prétendus caractéristiques du psoïtis, -rsque le nerf crural aura été consécutivement envahi par le travail inflammaire environnant (2). Grisolle, de son côté, accorde aussi une très-grande part à lésion du plexus lombaire et du nerf crural pour expliquer les douleurs qui compagnent les phlegmons et abcès iliaques (3).]

(1) Voy. l’article PÉRiTïPHLiïE.

(2) A. Trousseau, Clinique médicale, t. 111, p. 573.

(2) Grisolle, Archives générales de médecine, 3e série, t. IV.

Lorsque la maladie est due à la perforation ou à la gangrène de l’appendice caecal, on trouve ce diverticulum, ramolli, noirâtre, ulcéré, en partie détruit, quelquefois entièrement séparé et nageant dans le pus. Dans un cas cité par Merling, il était rempli, comme un boudin, de matières fécales endurcies. Dans d’autres, comme nous l’avons dit plus haut, on y trouva des corps étrangers. Chez un sujet, il offrait de petites tumeurs squirrheuses.

Enfin, lorsque l’épanchement s’est fait dans le péritoine, on voit, outre les lésions propres à la péritonite suraiguë, une accumulation de pus fétide, des gaz également fétides, un liquide ayant l’odeur fécale, etc. Quelquefois on a trouvé dans les parois de l’abcès la perforation qui a fait communiquer sa cavité avec celle du péritoine.

§ V. — Diagnostic, pronostic .

Sans présenter de très-grandes difficultés, le diagnostic e\ igc une assez grande i attention; car il est plusieurs maladies qui peuvent être confondues avec celle dont nous nous occupons ici.

« De toutes les maladies dont les fosses iliaques sont le siège, les tumeurs stercorales , dit Grisolle, sont celles qu’on confond le plus souvent avec les inflammations phlegmoneuses. » Mais il suffit d’un peu d’attention pour éviter l’erreur. Les tumeurs inflammatoires sont unies à leur surface, les tumeurs stercorales sont bosselées. On peut parfois, dans celles-ci, faire cheminer les matières dans l’intestin; elles se sont développées sans fièvre, à la suite d’une constipation opiniâtre. ( Dans les tumeurs inflammatoires, au contraire, il y a immobilité de la partie tuméfiée, la fièvre existe, et la constipation est la conséquence de la maladie. Jl y a d’ailleurs ordinairement une grande différence dans la douleur, qui est beaucoup plus vive dans les tumeurs inflammatoires. Lorsque la fluctuation survient, les doutes, s’il en existait, sont promptement dissipés. On comprend, en outre, que ces cloutes ne pourraient pas s’élever dans tous les cas : dans ceux, par exemple, où, par suite d’une perforation, la douleur apparaît tout à coup et est promptement suivie de la tuméfaction.

Les tumeurs cancéreuses de la fosse iliaque peuvent-elles être prises pour un phlegmon ? La marche de la maladie empêchera de tomber dans cette méprise. La même réflexion s’applique au diagnostic entre les tumeurs inflammatoires et les 1,-gstes de L'ovaire.

Quant à Yovarite aiguë, le diagnostic, ainsi que nous l’avons vu dans un des articles précédents, est plus difficile, surtout an commencement.

Pour distinguer un abcès du rein d'un abcès du tissu cellulaire du bassin, il ne faut pas seulement avoir égard à la position, car l’organe peut être déplacé (1);

(1) Voyez, sur ce sujet, Fritz, Des rems flottants (Archives gên. de méd., 1859, t. II, p. 158 et 301).

Becquet, Essai sur la pathogénie des reins flottants (Archives générales de médecine,

Les déplacements des reins causent, du reste, dans certains cas, les méprisés les plus inattendues, et le fait suivant, emprunté au journal anglais The Lancet (n° 11, mardi 1865), mérite d’être ajouté aux renseignements que nous avons donnés déjà pour servir au diagnostic des kystes de l’ovaire. 11 s’agit d’une malade qui, après quelques irrégularités de la menstruation et la cessation de cette fonction, ressentait, outre quelques troubles généraux,

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