TUMEURS INFLAMMATOIRES DES FOSSES ILIAQUES INT. — DIAGNOSTIC
nais on doit observer les troubles qui surviennent dans l’excrétion urinaire et les i térations de l’urine (1 ).
On a vu quelquefois des péritonites circonscrites occuper le siège où se mon- -ent ces tumeurs. Mais dans la péritonite circonscrite, la partie saillante et doulureuse est plus ou moins élastique; elle varie d’un moment h l’autre quant aux ésultats de la percussion; car, suivant le degré de l’épanchement, et surtout suiiant la quantité des gaz emprisonnés dans les anses intestinales, elle est tantôt lus, tantôt moins sonore : or, nous avons vu plus haut que rien de semblable ne l’observe dans les tumeurs inflammatoires du bassin.
Nous ne parlerons ni des abcès du foie , ni des hernies, parce que, en réalité, vec un peu d’attention, on n’a pas à craindre de les confondre avec la maladie font nous nous occupons.
[Ajoutons cependant, pour prévenir l’erreur que pourrait déterminer l’existence le ce symptôme, que, dans un cas de phlegmon de la fosse iliaque observé par r. Racle, il y avait complication d'ictère. Son origine, selon V. Racle (2), s’expliquerait peut-être par la propagation de l’inflammation le long du côlon ou du tissu ellulaire sous-péritonéal de la paroi postérieure de l’abdomen.
Grisolle et A. Bérard ont vu un cas dans lequel un ostéosarcome de la fosse iliaque interne pouvait simuler une tumeur phlegmoneuse. « Cependant, selon Grisolle (3), il est facile de ne pas être induit en erreur, si l’on observe que l’os- ■éosarcome s’annonce communément par des douleurs vives et profondes qui se déclarent quelquefois longtemps avant qu’il se manifeste aucune tuméfaction, corsque celle-ci apparaît, elle est dure, immobile et bosselée, et la compression a rarement pour effet d’augmenter les douleurs dont elle est le siège. La tumeur '■st-elle devenue fluctuante par le ramollissement du produit hétéromorphe, on Trouvera dans la marche de la maladie et dans les signes de la cachexie, des éléments suffisants pour assigner à la tumeur sa nature véritable (A).]
es envies continuelles d’uriner, et ne pouvait même retenir ces urines en marchant. Elle portait, dans la région lombaire, une tumeur grosse comme une tête de fœtus à terme, J nobile et sans adhérence à la peau; irrégulière à la surface, donnant une sensation d'élasticité ians fluctuation manifeste, mate inféri^irement et plus sonore en haut, s’élevant, enfin, jus- ■ i[u’a un pouce et demi au-dessous de l’ombilic. L’examen de l’utérus et des urines n’ayant | 'Rert aucune donnée particulière, on diagnostiqua un kyste de l'ovaire dont l’extirpation fut | esolue. A l’ouverture de l’abdomen, pratiquée comme à l’ordinaire, une tumeur recouverte du I 1,,nt°î?® se Préscnla en effet avec l’aspect d’un petit kyste de l’ovaire; mais un examen plus 1 ttentif fit découvrir qu’elle était sans pédicule et située en dehors du péritoine. Une petite ncision rmt a découvert une masse élastique noirâtre, de laquelle une ponction exploratrice ne fit ortirqu une goutte de sang. Alors seulement, l’état normal de l’utérus et des ovaires suggéra la I œritable nature de la tumeur ; et, l’opérée ayant, dès le deuxième jour, succombé à unepériointe, on trouva une tumeur entée sur le reir. gauche qui était tourné sur lui-même : le hile ! -egardant en arrière et à gauche, et le bord convexe de la glande étant dirigé en avant. Une e en ion montra la tumeur proprement dile, de consistance semblable à la substance cérébrale, un gris blanchâtre, sillonnée de grandes ramifications veineuses et distincte du tissu propre u rem, quoique enveloppée dans la même capsule fibreuse. Cette tumeur mesurait h pouces demi dans son plus grand diamètre, 3 pouces et demi dans le plus petit, sur 1 2 pouces ] nviron de circonférence. r
(I) Voyez art. Néphrite, t. IV.
g V- Racle, Traité de diagnostic /médical, 3° édition. Paris, 1864, p. 528.
(3) Grisolle, Traité de pathologie interne , t. I, p. 612.
(J) Vojez aussi, sur ce sujet, 0. Larcher, Étude sur les tumeurs des os iliaques.
Valleix, 5e édit. v __ 03
MALADIES DES FEMMES
Pronostic. — Le pronostic des tumeurs inflammatoires des fosses iliaques in ternes est grave, puisque, dans les cas rapportés par Grisolle, la mortalité a été déplus d’un quart. Cependant on peut penser que ce chiffre est un peu trop fort, à cause des cas qui peuvent passer inaperçus.
Les tumeurs inflammatoires produites par une perforation intestinale sont, sans contredit, les plus fâcheuses; viennent ensuite les abcès chez les femmes en couches, quelle que soit leur cause.
Parmi les modes de terminaison, il en est de plus ou moins graves. Suivant les auteurs, la terminaison par perforation intestinale serait la plus favorable; et Dance a surtout insisté sur ce point, parce que quelques cas de ce genre, terminés heureusement, se sont présentés à lui. Grisolle, qui a tenu compte d’un beaucoup plus grand nombre de faits, ne partage pas cette opinion. La mort, en effet, dans les observations qu’il a rassemblées, a été au moins aussi fréquente à la suite de l’évacuation du pus par l’intestin qu’après l’évacuation du pus par toute autre voie.
L’évacuation du pus à travers la paroi abdominale s’est montrée un peu plus favorable; mais il n’en a pas été ainsi lorsqu’il y a eu à la fois ouverture au dehors et dans l’intestin. Ce cas est un des plus fâcheux.
La sortie du pus par les voies urinaires est aussi fâcheuse; mais il n’est pas prouvé que, comme la précédente, elle le devienne davantage lorsqu’il existe en même temps une ouverture de la paroi abdominale.
Le passage du pus dans le vagin ne serait pas une terminaison heureuse, d’après les faits cités par Grisolle; cependant le peu d’accidents que détermine le contact de ce liquide sur la muqueuse vaginale, et la déclivité de l’ouverture, font déjà croire le contraire ; et, si l’on pense que, de l'aveu des auteurs eux-mêmes, la sortie du pus par le vagin peut être facilement méconnue, on admettra difficilement que la gravité de l’expulsion du pus par cette voie soit un fait démontré. D’ailleurs les faits de ce genre rassemblés par Grisolle, sont très-peu nombreux, et, par cela même, insuffisants. Fauvel ayant observé une vingtaine de cas d’abcès du bassin chez les femmes, a vu que l’issue du pus par le vagin était fréquente, et cependant il n’a vu succomber que deux malades. Malheureusement ces faits intéressants ne sont pas publiés.
La terminaison par gangrène est fort grave, quoiqu’on ait cité un ou deux faits de guérison après l’expulsion de lambeaux de tissu cellulaire et même de muscles gangrenés.
§ VI. — Traitement.
Les moyens employés pat' tous les médecins se réduisent à un petit nombre, et n’exigent en général qu'une simple énonciation.
Ce sont d’abord les émissions sanguines. La saignée générale est ordinairement mise en usage; puis on couvre la tumeur de sangsues, à une ou plusieurs reprises, suivant les cas. Grisolle, qui a étudié avec soin l’effet des émissions sanguines dans cette maladie, a trouvé que leur action, comme moyens propres à prévenir la suppuration, est très-hypothétique, et qtic, certainement, dans la très-grande majorité des cas, elles n’y réussissent pas. Mais elles calment la douleur, clics modèrent la