MALADIES DU SEIN. • — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
fièvre, et, sous ce rapport, on ne peut se dispenser de les employer assez largement.
Les émissions sanguines doivent être aidées des applications émollientes , des bains , des boissons délayantes, et d’une diète sévère, tant que la fièvre persiste.
l)e doux laxatifs sont indiqués pour combattre la constipation ; et contre la douleur, lorsqu’elle est très-vive, on prescrit les narcotiques et surtout l’opium.
Quand la tumeur a de la tendance à s’ouvrir au dehors, on doit donner issue au pus, par une incision à la paroi abdominale. Mais à quelle époque? voilà ce qu’il est difficile de déterminer. Suivant quelques praticiens, et Dance en particulier, il faut attendre que la peau soit près de se perforer, ou même la laisser se perforer naturellement. Grisolle pense qu’il faut agir plus tôt; et si l’on considère que l’ouverture cutanée coïncidant avec la rupture de l’abcès dans un organe creux, et surtout dans l’intestin, est une circonstance fâcheuse, on sera de cet avis; car, en agissant un peu plus tôt, on pourra prévenir la perforation intestinale. Dans tous les cas, il faut du moins s’assurer que la peau est adhérente à la paroi de la tumeur, et même attendre qu’il y ait de l’empâtement. On comprend à quels accidents on s’exposerait si l’on n’agissait pas ainsi. C’est au-dessus de l’arcade crurale, et parallèlement à elle, qu’il faut ordinairement plonger le bistouri. Si l’abcès était profond, il faudrait diviser couclie par coucbe.
Un outre point par lequel on peut vider l'abcès, est la partie supérieure du vagin. Bourdon rapporte plusieurs exemples de terminaison heureuse par ce moyen. Mais, si l’on se rappelle ce que nous avons dit de la ponction des kystes dans ce point, on comprendra qu’il n’est pas sans danger d’agir ainsi. Ce danger n’existerait pas, si la lluctuation était très-sensible dans la partie supérieure du vagin, et surtout s’il y avait une saillie de la tumeur dans ce point. Aussi ces cas sont-ils les seuls dans lesquels on doive pratiquer l’opération dont il s’agit.
L’écoulement du pus doit ensuite être favorisé. On donne à l’incision la position la plus déclive possible; on place une petite mèche entre ses lèvres. On renouvelle fréquemment les pansements. On fait des injections émollientes d’abord, détersives et légèrement excitantes à la fin.
Dans les cas où il survient une péritonite suraiguë (1), le repos absolu et Y opium à hautes doses doivent être prescrits.