‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 123 sur 494 · OU DÈME DES NOUVEAU- NÉS. — SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

OU DÈME DES NOUVEAU- NÉS. — SYMPTÔMES

«infiltration n’a pas do point de départ fixe; mais cet auteur n’a pas eu en vue une Direction bien déterminée.

Les pieds présentent d’abord une saillie à leur face dorsale; puis la face planaire devient à son tour saillante, et quelquefois au point d’avoir la forme de dos "âne. Les jambes présentent une dureté légèrement pâteuse. Bientôt les mains tt les avant-bras sont envahis de la même manière; ensuite la face se tuméfie en même temps que les cuisses et les bras; puis le scrotum ou les grandes lèvres, le wénil, l’hypogastrc; enfin le tronc est le dernier atteint, et le plus souvent il n’est uas envahi par l’œdème.

L’enfant est alors boulïi; les paupières se gonflent au point de devenir quelqueubis demi-transparentes.

Dans cet œdème, comme dans toutes les infiltrations du tissu cellulaire sousuutané, les parties affectées conservent l'empreinte du doigt ; seulement, comme «infiltration a lieu ordinairement d’une manière très-rapide, cette empreinte demande une assez grande force de pression pour être produite, et disparaît promptement. C’est ce qui a trompé quelques auteurs qui ont tiré de fausses conséluences de leur expérimentation incomplète. Ils ont cru que la peau ne conservait aas la moindre trace de la pression, et ils en ont conclu que le tissu était non œdématié, mais endurci, ou bien que le liquide infiltré était congelé, épais, etc. Ce mi prouve qu’il n’en est rien, c’est qu’avec une pression forte et persistante, on eend l’empreinte très-marquée et assez lente à se dissiper.

On a dit aussi que la peau ne peut pas se plisser, et paraît adhérente au tissu trous-jacent ; le fait est inexact. Dans les premiers moments, lorsque l’œdème est œu considérable, on peut faire facilement des plis à la peau, et plus tard on peut micore, quoique difficilement, la faire glisser sur les parties qu’elle recouvre. Voûtes ces erreurs viennent de ce qu’on n’a pas distingué l’œdème de l’endurciseement adipeux : confusion dans laquelle quelques médecins voudraient nous faire retomber.

Quelquefois on trouve un des côtés du corps beaucoup plus infiltré que l’autre. l Vest une simple conséquence de l’action de la pesanteur, comme il est facile de en assurer. En laissant, en effet, l’enftmt couché sur un côté pendant vingtuatre heures, on voit ce côté s’infiltrer beaucoup plus, et vice versa.

Lorsqu'on peut assister au commencement de la maladie, ce qui est fort rare,

11 t‘i>t d’abord frappé de la coloration des téguments. La peau a une couleur vioütte plus ou moins foncée, remarquable surtout aux extrémités et à la face. Dans etie dernière partie, une teinte bleue se mêle à la coloration violette, et ce sont urtout les lèvres qui prennent la couleur bleuâtre. Dans quelques cas, néanmoins, es joues présentent une coloration d’un rouge assez vif. Le corps est partout d’un ouge loncé, ou bien couvert de larges taches violacées séparées par des intervalles lus clairs et parfois blanchâtres.

A une époque plus avancée de la maladie, cette coloration change ordinairement une manière très-frappante. La face jaunit, sans en excepter les sclérotiques ans quelques cas, et le corps participant à cette coloration, l’enfant devient d’un mne terne dans toutes ses parties.

Lu autie phénomène remarquable, c’est que la température du corps tout enter est notablement abaissée, et plus aux extrémités que partout ailleurs. La colo-

MALADIES DU TISSU CELLULAIRE

rification est diminuée même dans l’intérieur de la bouche, et le degré de température (la moyenne normale étant 37°, 08) lient descendre à 33 degrés et même à 26 degrés. Ce refroidissement va croissant à mesure que la maladie fait des progrès (Henri Roger) (1 ).

Les diverses fonctions sont toutes dans une torpeur plus ou moins grande, suivant que la maladie est plus ou moins intense et qu’elle est parvenue à une époque plus ou moins avancée.

La circulation est toujours faible et embarrassée. Il est très-difficile de compter le pouls, tant à cause de la faiblesse des pulsations que de l’œdème qui'empêche de sentir distinctement l’artère. Le nombre des pulsations, dans les cas où l’on a pu les compter convenablement, ne s’est guère élevé au-dessus de 72; il est souvent de 60. Nous avons trouvé les battements du cœur assez distincts dans le plus grand nombre des cas, et les bruits médiocrement sonores. Quelquefois ils sont obscurs et ralentis.

La respiration est toujours plus ou moins embarrassée; mais l’embarras est différent suivant les cas. Le plus souvent le nombre des aspirations est moins considérable qu’à l’état normal. Quelquefois, au contraire, il est plus considérable; presque toujours alors il y a complication de pneumonie, ou du moins d’engouement; pulmonaire. Ces résultats, auxquels nous étions parvenu par l’analyse de nos observations, ont été confirmés par les recherches de Henri Roger. Les inspirations sont pénibles, courtes, et dans leur intervalle la poitrine retombe dans une immobilité presque complète. Quelquefois la respiration est si faible, qu’on la distingue à peine. Dans quelques cas, on note une véritable anhélation, mais c’est dans les cas compliqués.

Le cri est important à étudier; ses caractères ont frappé tous les observateurs. Lorsque l’affection a fait de grands progrès, il est aigu, entrecoupé, extrêmement faible, souvent étouffé et voilé. Dans les cas légers, le cri est presque à l’état normal, cl même dans ceux où il est le plus altéré, si l’on excite fortemen l’enfant, il finit par prendre de la force et de la gravité.

La coloration violacée que nous avons notée à la face se fait remarquer jusque dans l’intérieur de la bouche ; la langue est humide et participe au refroidissement général. L’enfant ne manifeste aucun désir de boire et de manger; il n’exerce que de très- faibles mouvements de succion quand on lui introduit le doigt dans la bouche. Du reste, il n’y a aucun symptôme remarquable du côté du ventre.

A ces symptômes il faut joindre l’engourdissement de toutes les sensations. Il est tel, ([uc, si l’on abandonnait les petits malades, ils succomberaient sans se plaindre, lorsque la maladie a débuté avec une certaine gravité. Chez quelques-uns, la sensibilité paraît fort obtuse, et ordinairement elle l’est assez pour que, pendant l’exploration, il n’y ait pas d’agitation notable.

Les mouvements sont lents, difficiles à provoquer par les excitations de toute espèce; mais nous n’avons observé ni tétanos ni trismus, et c’est sans doute par

(1) Henri Roger, De In température ch'z tes enfants (Arch . gin. de mèd., A' série, 1844, 4845, t. V, Vi; VII, VIII, IX).

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