LEUCORRHÉE IDIOPATHIQUE. — DÉFINITION, SYNONYMIE, FRÉQUENCE
2° LEUCORRHÉE IDIOPATHIQUE.
§ I. — Définition, synonymie, fréquence.
Pour nous, la leucorrhée idiopathique est un écoulement de matière muqueuse, assez abondant pour incommoder les sujets, et sans altération appréciable des organes génitaux. On voit que non-seulement nous excluons tous les cas où l’on trouve une lésion soit purement inflammatoire, soit ulcéreuse, mais encore que nous n’admettons que les écoulements muqueux. Si, en effet, l’écoulement est purulent ou muco-purulent, bien que la muqueuse vaginale et utérine ne présente pas même de rougeur, on admettra l’existence d’une vaginite chronique; la maladie n’est plus alors une simple leucorrhée, car la formation du pus à la surface d’une muqueuse entraîne l’idée d’une inflammation. On voit tous les jours des écoulements muco-purulents de l’urèthre persister après la période inflammatoire intense, sans que l’inspection fasse découvrir les signes ordinaires de l’inflammation: chaleur, rougeur, tuméfaction; et l’on n’hésite pas à dire qu’il existe alors une blennorrhagie chronique, c’est-à-dire une inflammation chronique; il doit en être de même quand il s’agit des écoulements vaginaux. Il est très-difficile, il est vrai, de dire où commence et où finit l’inflammation, et surtout si, dans certains cas, la matière de l’écoulement contient ou ne contient pas une certaine proportion de pus. On conçoit, en effet, que le mucus, suivant la plus ou moins grande proportion des éléments qui le composent, ait, dans son aspect, plusieurs nuances difficiles à caractériser; mais, si cette difficulté existe pour certains cas, qui seront peut-être toujours douteux, il en est où les caractères sont très-tranchés, et ce n’est, par conséquent, pas une raison pour laisser subsister une confusion fâcheuse.
L’écoulement doit être assez abondant pour incommoder les femmes; cette remarque, faite par Marc d’Espine (1), paraîtra juste, si l’on considère que la sécrétion du mucus est nécessaire pour lubrifier les parties, et que, tant qu’elle ne dépasse pas certaines limites, il est impossible de dire que le sujet n’est plus dans des conditions normales.
Los dénominations sous lesquelles on a désigné la leucorrhée idiopathique sont très-nombreuses. On l’a décrite sous les noms de fluxio alba , fluxio vulvce , profluvium muliebre, fluor albus, menorrhagia alba, menorrhœa , menstruu alba, blcmorrhœa vaginœ, hystcrorrhœa mucosa; / lueurs , / lueurs blanches , pertes blanches, etc.; angl. teintes ; aliéna, weisser Fluss.
Fréquence. — Dans les idées anciennes, la leucorrhée devait passer pour une des maladies les plus fréquentes, si ce n’est même pour la plus fréquente de toutes. On sait, en effet, combien est grand le nombre des femmes qui ont des écoulements, soit continus, soit intermittents, c’est-à-dire apparaissant à l’époque des règles. Mais si nous recherchons la fréquence de la leucorrhée telle que nous l’avons définie plus haut (leucorrhée idiopathique), elle devient infiniment moins considérable, et chez les femmes qui ont des écoulements divers confondus sous le
(I) Marc d Espine, Recherches anatomiques sur quelques points de l’histoire de la leucorrhée ( Arch . (j en. de mèd., 2° série, t. X, p. 160).
MALADIES DES FEMMES
nom de leucorrhée, c’est la minorité qui présente un flux de cette nature. Nous indiquerons, en parlant des causes, quelle est sa fréquence, suivant les diverses circonstances où les femmes se trouvent placées.
§ H. — Causes et siège de la maladie,
Nous ne présenterons ici que les causes qui se rattachent spécialement à la leucorrhée telle que nous l’avons définie.
1° Causes prédisposantes. — Age. — Nous avons dit, en parlant de la vaginite et de la vulvite, que l’on observait assez souvent chez des enfants très-jeunes, et même chez des filles nouvellement nées, un écoulement plus ou moins épais et abondant; mais après avoir examiné les faits, nous avons cru devoir rattacher cet écoulemenl à la vaginite, et surtout à la vulvite provoquée par diverses causes excitantes, Dans les observations recueillies par Brierre de Boismont (1), on voit que l'affection à laquelle il est permis de donner le nom de leucorrhée ne s’est pas montrée avant l’âge de huit ans, et c’est là un fait qui vient à l’appui de la distinction que nous avons établie plus haut.
Il n’est pas rare de voir la leucorrhée s’établir avant l’âge où commence la menstruation; Blatin, Marc d’Espine et Brierre de Boismont ont fait à ce sujet des relevés statistiques. D’après le premier, 15 femmes sur 135 seraient dans ce cas (1/9°); d’après le second, il y eut 26 femmes sur 53 (la moitié) qui furent affectées avant la première époque menstruelle, et dans les cas recueillis par Brierre de Boismont la proportion n’est que d’un peu plus du quart. Ces chiffres sont si différents, qu’on ne peut pas en tirer de conclusion rigoureuse, et qu’il faut nécessairement faire appel à des recherches très-étendues. Ce qui, ainsi que le fait remarquer Marc d’Espine, est une cause inévitable de la variation des résultats obtenus, c’est que les observations n’ont pas été prises dans les mêmes lieux, et que les influences auxquelles les femmes étaient sujettes se trouvaient par conséquent différentes. Dans des questions aussi difficiles, un peu plus ou un peu moins de précision et de sévérité dans l’interrogatoire doit avoir une grande influence sur le résultat.
Apparition de la.leucorrhée pendant et après la période menstruelle. — Blatin trouve que 106 femmes sur 135 (7/9es) ont vu apparaître la leucorrhée pendant a période limitée par la première menstruation et Y âge critique. Marc d’Espine en trouve seulement 18 sur 53 (1/3).
Tempérament. — Blatin n’a pas pu déterminer l’influence du tempérament, parce que, même dans les observations de ceux dont les opinions étaient le plusarrêtées, il n’a pas trouvé de documents suffisants sur ce point; et Marc d’Espine, analysant les faits, a vu que le plus grand nombre des femmes observées à Paris avaient les cheveux châtains et les yeux bleus, que d’autres avaient des nuances plus foncées, et que le nombre proportionnel de ces femmes était en rapport direct avec celui que présente la population tout entière, relativement aux attributs du tempérament. Brierre de Boismont se borne à dire que les deux tiers des 63 jeunes filles leucorrhéiques avant la menstruation « étaient blondes, nées dans
(1) Brierre de Boismont, De lu menstruation considérée dans ses rapports pliysiol. et pathologiques, chap. XIII : Des flv.eurs blanches , etc. Paris, 1842.
I Él CORRIIÉE IDIOPATHIQUE. — CAUSES El SIÈGE DE LA MALADIE. 39
les villes ou à Paris, et que « celles de la campagne étaient, en général, lymphatiques ou scrofuleuses » ; mais, ajoute-t-il, « il y en avait, dans le nombre, dont la constitution était forte. »
Constitution. Marc d’Espine a vu prédominer la constitution robuste; l’opi-
nion "énérale est, au contraire, que la constitution naturellement faible, ou débilitée par les maladies antérieures, est la plus sujette à la leucorrhée.
Climat. — Marc d’Espine a comparé sous ce rapport ses observations avec celles qui lui ont été communiquées par Girard (de Marseille), et il a vu que le tiers seulement des femmes observées à Paris n’avaient jamais été sujettes aux flueurs blanches, tandis que les trois quarts des femmes interrogées à Marseille se trouvaient dans cette condition favorable. Il est d’observation générale, mais il serait uiile de préciser à l’aide des faits, que les climats froids et humides prédisposent
à la leucorrhée.
Séjour dans les villes ou dans les campagnes. — Le séjour dans les villes est universellement regardé comme favorable à la production des flueurs blanches, tandis que le séjour dans les campagnes serait presque un préservatif. Brierre de Boismont, qui a recueilli et analysé beaucoup de faits, a conGrmé par ses observations la manière de voir générale. Il serait à désirer que de nouveaux faits vinssent nous apprendre quelle est la part de chacune des causes qui, dans le séjour des villes, peuvent avoir leur degré d’influence : tels sont la vie sédentaire , les passions tristes , Y abus du coït , les excès dans le régime , etc. , circonstances qui ont été toutes signalées, mais sans preuves qui puissent satisfaire un esprit sévère.
L’influence de l’ alimentation habituelle ; tout ce qu’on a dit relativement à l’usage du lait, du thé, du café au lait surtout, etc., est fondé sur des appréciations vagues, qui pourraient bien n’être que des erreurs. Quelques auteurs, et entre autres Lagneau (1) et Lisfranc (2), disent qu’on peut produire ou suspendre à volonté la leucorrhée, en faisant prendre du café au lait aux femmes, ou en leur interdisant cet aliment; mais ils n’ont pas donné les détails de ces expériences, et il existe trop de causes d’erreur pour qu’on puise admettre ces assertions comme des faits démontrés.
Les mêmes réflexions s’appliquent à Y usage des vêtements trop serrés', et surtout des corsets. On n’a pas réfléchi que si le séjour des villes a une influence réelle, il est tout naturel que les femmes qui portent les vêtements dont il s’agit soient principalement affectées, puisque c’est dans les villes qu’on se vêt généralement ainsi.
On ne peut arriver à reconnaître l’influence réelle de Y hérédité, si l’on n’a pas égard en même temps aux autres causes qui ont pu agir, et si l’on se contente de demander aux femmes si leur mère était affligée de la même indisposition ? Aussi, ces précautions n’ayant pas été prises, n’avons-nous aucun renseignement précis sur ce point.
2° Cotises occasionnelles. — Apparition des règles. — Des femmes affectées de leucorrhée, il en est bien peu qui ne voient les flueurs blanches augmenter un certain nombre de jours avant et après les règles, et il en est beaucoup qui n’ont leur
(1) Lagneau, Dictionnaire de médecine. Paris, 1838, t. XVIII, art. Leucorrhée.
(2) Lisfranc, Clinique chirurgicale de l'hôpital de la Pitié, t. II, art. Leucorrhée.
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écoulement muqueux qu’à ces époques. Brierre de Boismont a noté que plus de la moitié des femmes chez lesquelles il a trouvé la leucorrhée établie après la première apparition des règles étaient dans ce dernier cas.
On a signalé des leucorrhées supplémentaires remplaçant divers llux sanguins, ou autres, tels que les hémorrhoïdes, les règles elles-mêmes, les exutoires supprimés, etc. Il reste encore beaucoup de doutes sur l’exactitude de ces observations. Dans nombre de cas on voit, après la suppression des règles, s’établir des flueurs blanches, qui deviennent plus abondantes aux époques où les menstrues devraient apparaître, ce qui annonce une certaine congestion des organes génitaux.
Troussel (1) n’hésite pas à regarder les leucorrhées dont il vient d’être question comme de véritables inflammations de la muqueuse des parties génitales.
§ III. — Symptômes.
On ne saurait admettre, avec les auteurs, qu’une douleur réelle des parties génitales soit un symptôme de l’affection dont il s’agit; c’est surtout dans ce qu’ils ont appelé la leucorrhée aigue qu’ils ont constaté l’existence de la douleur; mais nous avons vu qu’on ne peut pas admettre l’existence d’une leucorrhée aiguë. Tout dépend donc de la manière de comprendre le fait. Lorsque les flueurs blanches sont trèsabondantes, les parties génitales externes, qui sont constamment baignées par le liquide excrété, peuvent s’irriter, s’excorier même ; mais ce sont là des conséquences et non de véritables symptômes de la maladie, ainsi que la douleur qui en résulte.
La matière de l' écoulement est sans contredit ce qu’il importe le plus d’étudier.
Suivant Marc d’Espinc, qui a examiné plusieurs fois par jour les femmes au spéculum, il importe beaucoup de distinguer de celle qui provient du vagin, la matière qui sort de l’utérus. L’exploration telle que l’a pratiquée ce médecin est donc indispensable. Voici les résultats auxquels il est parvenu (2).
Écoulement utérin. — « Sur 75 explorations où l’orifice du col s’est trouvé parfaitement sain, l’écoulement utérin a présenté les formes suivantes:
Écoulement aqueux 7 fois.
Écoulement albumineux transparent 28 fois.
Écoulement albumineux demi-transparent ; strié de gris , de blanc ou
de jaune 13 fois.
Écoulement opaque (blanc, deux fois; jaune, une fois) 3 fois.
Écoulement albumineux sans autre indicalion 2 fois.
Quelques gouttes de sang, huit jours après les règles 1 fois (3).
■> Sur 52 explorations où l’orifice du col était entouré d’un cercle rose rouge plus foncé que le reste de la muqueuse, mais nullement vif ni saignant, et sans granulations ni érosions, l’écoulement utérin a présenté les formes suivantes :
Écoulement aqueux 3 fois.
Écoulement albumineux demi-transparent, dont deux striés de jaune
et deux de blanc IA fois.
Écoulement opaque (deux blancs, deux jaunes) ^ fois.
Écoulement albumineux sans autre indication ** f°'s* 11
(1) Troussel, Des écoulements particuliers aux femmes. Paris, 18A2. Voy. aussi Bassius, Observ. anat. chir. med. Halle, 1731.
(2) Marc d’Espinc, Archives générales de médecine , 2e série, t. X, p. 176.
(3) Nous passons sous silence, parmi les cas rapportés par Marc d’Espine, ceux où il n y avait pas d’écoulement, car pour nous ils n’ont pas d’intérêt actuel.
LEUCORRHÉE IDIOPATHIQUE. • — SYMPTÔMES. U 1
Sur 9 autres explorations dans les mêmes circonstances, il n’y a eu qu’un écoulement aqueux et un albumineux transparent. Sui autres où le col était entouie d’un rouge grenu , l’écoulement aqueux n’existait qu’une fois, et l’écoulement albumineux cinq fois j et enfin, sui >10 auties où le col était iougc et ciodc, l’écoulement aqueux se montrait une fois, et l’écoulement albumineux transparent, huit.
Il résulte de ces observations, que l 'écoulement aqueux et Y écoulement de matière filante, transparente, semblable à du blanc d’œuf (écoulement albumineux), se remarquent dans la moitié des cas où l’orifice est complètement sain, et qu’à mesure qu’on voit des lésions plus ou moins marquées, depuis la simple rougeur jusqu’à l’érosion , se manifester sur l’organe, l’écoulement prend un aspect
purulent.
Il y a donc un écoulement utérin assez abondant pour incommoder les femmes, car Marc d’Espinc ne parle que de celui-là qui consiste dans la sécrétion d’un liquide, soit coulant comme de l’eau (écoulement aqueux), soit semblable à du blanc d’œuf. Ce sont là les deux seules formes d’écoulement qu’on doive regarder comme des écoulements muqueux et comme constituant uniquement la leucorrhée, et ces faits répondent à ceux qui voudraient voir toujours, dans cette maladie, autre chose qu’une simple lésion de sécrétion ; car que peut-on trouver, dans les cas dont il s’agit, de plus qu’une augmentation notable du mucus sécrété à l’état i normal ?
Sans doute, on peut faire remarquer que dans des cas où il y avait des lésions i évidentes du col, l’écoulement a néanmoins conservé les caractères qui viennent d’être indiqués. Mais rien ne prouve que, dans ces cas, l’écoulement fût une conséquence de ces lésions. La rougeur, des granulations et même des érosions peuvent exister sur les lèvres du col sans pénétrer dans sa cavité où se fait la sécrétion dont il s’agit ici, et à mesure que nous voyons ces lésions augmenter, et que, par conséquent, il devient de plus en plus probable qu’elles s’étendent à la cavité, l’écoulement se strie de jaune, de blanc, devient opaque et d’aspect purulent.
Ecoulement vaginal. — Lorsque la muqueuse est pâle ou rose, qu’elle a l’aspect sain, la matière de l’écoulement est, dans plus des deux tiers des cas, d’un blanc crémeux ou caséeux, et à mesure que cette membrane paraît enflammée, l’écoulement prend l’aspect puriforme.
L’écoulement propre à la leucorrhée est donc, pour l’utérus, l’écoulement aqueux et albumineux, et pour le vagin, l’écoulement crémeux ou caséeux.
En examinant le linge des malades, on trouve des taches plus ou moins nombreuses et plus ou moins étendues, suivant l’abondance de l’écoulement. Ces taches sont grisâtres, semblables aux taches spermatiques; elles donnent au linge une consistance empesée lorsqu’elles sont sèches.
La leucorrhée peut être divisée en utérine et vaginale ; mais il est rare que 1 écoulement qui constitue l’une ou l’autre se montre isolé, et souvent les deux liquides se confondent si bien dans le vagin, que la nature de celui qui est produit par les parois de ce conduit est difficile à saisir.
Les éruptions, les excoriations de la vulve, lorsque l’écoulement est très-abondant, ne sont, comme nous l’avons dit plus haut, que de simples conséquences de l'affection.
MALADIES DES FEMMES
Symptômes généraux. — Les symptômes généraux sont en rapport direct, et J avec l’abondance de la perte, et avec sa durée. Ainsi, lorsque la perte est peu abon- 1 dante, et surtout lorsqu’elle ne se produit qu’aux époques menstruelles, la santé I générale peut rester intacte. Si l’écoulement est très-abondant, et surtout s’il existe I depuis longtemps, on observe l’état suivant : Les femmes sont languissantes et se fatiguent aisément, la face pâlit, et devient même terne lorsque le mal est à son plus haut degré. En même temps les chairs sont molles et flasques; il y a un certain degré d’amaigrissement dû non-seulement à la perte muqueuse, mais encore au trouble des fonctions digestives dont nous allons parler tout à l’heure.
Les malades sont sujettes à des accidents nerveux très-variés. Elles sont trèsirritables, éprouvent une gêne plus ou moins marquée de la respiration, parfois même des palpitations. Il en est qui sont sujettes à la céphalalgie.
Du côté de l’estomac, on observe des phénomènes importants qui appartiennent à la gastralgie (1). Ce sont des douleurs plus ou moins vives à l’épigastre, des tiraillements, l’appétit diminué et parfois augmenté, des goûts bizarres, etc. Les malades sont également sujettes aux douleurs intestinales; elle ont fréquemment des borborygmes, de la constipation ; en un mot, les signes si divers de l 'entéralgie se font remarquer (tome IV).
Brierre de Boismont a cité un grand nombre de faits qui prouvent le rapport qui existe entre les (lueurs blanches et la menstruation. Il a trouvé que, chez les femmes qui ont présenté la leucorrhée avant la première menstruation, celle-ci avait été en général retardée, et que, chez un grand nombre, la leucorrhée coïncidait avec des règles irrégulières pénibles, et parfois avec leur suppression. Il resterait à indiquer d’une manière précise quelle est l’influence réciproque de la menstruation et des (lueurs blanches.
On a constaté qu’un certain nombre de femmes affectées de leucorrhée devenaient anémiques ou chlorotiques ; mais il faudrait savoir si, en pareil cas, on doit attribuer à la leucorrhée l’anémie ou la chlorose, s’il ne faut en accuser que les troubles de la menstruation, ou bien s’il faut voir dans la leucorrhée, l’anémie, la chlorose et les troubles de la menstruation, autant de phénomènes morbides sous la dépendance d’un état général préexistant.
§ IV. — Marche, durée, terminaison.
La maladie a une marche essentiellement chronique. Dans les cas non douteux, elle s’établit insensiblement , arrive par degrés à son summun, et persiste ensuite avec des variations plus ou moins grandes, suivant des circonstances très-diverses, parmi lesquelles il faut particulièrement signaler la menstruation, qui augmente la quantité du flux muqueux. Nous avons également parlé de la marche intermittente qu’affecte souvent la leucorrhée. Elle se manifeste deux, trois, quatre jours avant les règles, et plus encore; puis elle est masquée par l’écoulement sanguin, et s’observe de nouveau un nombre de jours à peu près égal après l’écoulement menstruel. Il est rare que l’apparition du flux muqueux n’ait lieu qu’avant ou qu’après les règles seulement. Cependant on en voit quelquefois des exemples.
(1) Voyez tome lit, p. 727 et 728.