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LEUCORRHÉE IDIOPATHIQUE. — DIAGNOSTIC, PRONOSTIC. U

La durée de cette affection est illimitée. Néanmoins il n’est pas très-rare de la voir cesser après l’époque critique.

Bien que les symptômes décrits plus haut puissent devenir assez graves, il n’est pas d exemple de terminaison funeste occasionnée par la leucorrhée. L’affaiblissement, la détérioration de la constitution dans laquelle les femmes se trouvent par suite de pertes abondantes et de longue durée, les placent dans de fâcheuses conditions pour résister aux maladies qui peuvent survenir.

[Scanzoni et la plupart des médecins allemands sont disposés à croire que la leucorrhée persistante, peut amener à sa suite la métrite chronique, les fongosités utérines, la formation de corps fibreux dans les parois de la matrice, enfin toutes les affections qu’ils désignent sous la dénomination de néoplasmes ; car, disent ces médecins, on ne saurait concevoir la leucorrhée sans un certain degré d’exagération de la circulation utérine. (Racle.)]

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

Si la perte s’est produite lentement, sans signes d’inflammation, si elle a persisté longtemps; si, à l’examen à l’aide du spéculum, qui est toujours nécessaire, on trouve le vagin et le col à l’état sain, et en même temps, soit un écoulement aqueux ou albumineux venant de l’utérus, soit un écoulement blanc crémeux produit par la muqueuse vaginale, soit l’un et l’autre, ce qui est plus fréquent, on ne peut douter qu’il n’y ait une simple leucorrhée.

Si les écoulements que nous venons d’indiquer existent avec des lésions du col ou de la muqueuse vaginale, ce qu’on ne voit que dans une faible minorité des cas, on a bien des motifs de regarder encore la maladie comme une simple leucorrhée, et les lésions comme des complications.

Si l’écoulement est puriforme, on le considérera comme inflammatoire, et l’on verra dans la maladie une vaginite, car rien ne nous autorise à penser que le pus ou le muco-pus puisse se former eu l’absence de toute inflammation.

Une femme a eu une vaginite ou une blennorrhagie bien évidente; au bout d’un certain temps, l’écoulement passe à l’état chronique et finit par prendre l’aspect dont nous avons parlé plus haut. Doit-on voir, dans un cas pareil, une prolongation de l’inflammation, et alors même que l’écoulement est albumineux ou crémeux et que les parties sont à l’état normal, faut-il considérer l’affection comme une vaginite chronique? Sans doute, lorsque la maladie est, pour ainsi dire, sur la limite d’un état à l’autre, on peut être embarrassé. Lorsque l’écoulement muqueux est bien établi, on ne saurait hésiter à regarder la maladie comme une simple leucorrhée. Une pareille transformation, due sans doute à la longue habitude d’une sécrétion anormale, n’a rien qu’on ne puisse facilement comprendre.

La distinction des écoulements vaginaux d’avec ceux qui viennent de la cavité utérine est importante pour la pratique. Pour arriver à ce diagnostic différentiel, sans recourir au spéculum, dont l’emploi peut rencontrer de lives résistances, Reclam (1) a étudié comparativement les taches produites sur le linge par le mucus vaginal et par le mucus utérin, et ses recherches l’ont conduit à reconnaître que le produit de sécrétion de l’utérus est vitreux, épais, gélatiniforme, filant, collant

( 1 ) Reclam, tseue Zeituny fur Mcdicin und mcdicinal-Rcform . Norcf hausen, novembre 1 8-'i 8.

an doigt et laissant voir ail microscope un grand nombre de corpuscules pyoïdes. [Ceux-ci, selon L. S. lîeale (1), « peuvent prendre naissance dans des cellules d’ épithélium vaginal ayant leur forme distinctive; mais ce sont surtout les cellules plus jeunes d’ êpitkél ium vaginal et les cellules de l 'épithélium des follicules de la membrane muqueuse qui, se divisant et se subdivisant, donnent enfin naissance à une multitude de cellules granuleuses, sphériques, que nous connaissons sous le nom de globules de pus, lesquels eux-mêmes se divisent et se subdivisent rapidement. » ]

Fie. 2. — Formation des globules de pus.

Fig. 3. — Formation des globules de pus (mucus vaginal).

Fig. 4. — Globules de pus en voie de formation, (lîeale, pi. XIX.)

Comparé au produit de sécrétion de l’utérus, le mucus vaginal est plus opaque, plus fluide ; il est crémeux et blanc (excepté pendant les règles); le microscope y fait découvrir non-seulement une grande quantité de cellules épithéliales, mais encore de petits lambeaux de membrane muqueuse, qu’on peut quelquefois apercevoir à l’œil nu (Reclam). [Les grandes cellules d’épithélium pavimenteux, qui proviennent du vagin et que l’on rencontre si souvent dans l’urine, varient beaucoup de grandeur cl d’aspect, et sont quelquefois très-irrégulières de forme, avec bords inégaux et déchirés. La couche épithéliale utéro-vaginale peut, du reste, selon quelques auteurs, former une épaisseur considérable et être rejetée sous forme de cylindres membraniformes. Farre a vu et décrit des moules qui montrent la forme véritable du vagin vide et affaissé (fig. 5). Tilt, qui a décrit des cas de

Fig. 5. — Épithélium du vagin. (Bcale, pi. XV, fig. 15 et /O.)

même nature, pense que quelques-uns de ces moules viennent de l’utérus, tandis que d’autres sont formés dans le vagin (fig. 6) (3).]

(1) L. S. Bcale, De F urine , des dépôts urinaires et des calculs; traduit de l’anglais par A. Ollivier et G. Bergeron. Paris, J 865, p. 354.

(2) L. S. Beale, loc. cit., p. 353. — Farre, Archives of medicmc, t. I, pi- XII.

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