LEUCORRHÉE IDIOPATHIQUE. - DIAGNOSTIC, PRONOSTIC
Dans l’état pathologique qui nous occupe en ce moment 1 odeur ordinaire |du mucus vaginal est elle-même changée et devenue semblable a celle du savon blanc. L taches produites sur le linge par le mucus utérin sont dures arrondies pour la ulùnart brillantes (comme des taches de gomme arabique sur du papier), legere- „ „ erisiltres ou rougeâtres. Les taches faites par le mucus vaqtnal ressemblent nlulôt°à celles cpie produit l'écoulement lochial vers la lin des couches ; elles soin h, “es mal circonscrites, n’ont généralement pas de brillant et sont toujours d’un
gris sale ou brunâtre.
Fig. (F — Moules composés d’épitliélium du vagin. (Beale, pl. XVI, fig. 77.)
Ces signes caractéristiques cessent de pouvoir être appréciés avec quelque exactitude dans le cas où la malade se livre à un exercice considérable, dans celui où le linge qu’on examine a été porté pendant un ou deux jours au plus.
[L’exploration pratiquée à l’oide du spéculum est certainement celle qui, dans tous les cas, fournira au diagnostic les renseignements les plus précieux. S’il n’est pas toujours facile d’obtenir d’une femme déjà mariée qu’elle consente à ce mode d’examen, les circonstances créent au médecin des difficultés plus grandes assurément, lorsque, chez une personne vierge encore, certains signes faisant penser que la leucorrhée est symptomatique d’une inflammation du col de l’utérus, il est devenu indispensable, pour confirmer le diagnostic et surtout pour mettre en œuvre une thérapeutique locale vraiment utile, de rendre accessible la cause productrice. C’est dans ces conditions délicates qu’il faut savoir mettre à profit la laxitc que présente l’hymen, soit naturellement, soit par suite d’un état pathologique, laxité assez grande, du reste, dans beaucoup de cas, pour permettre une dilatation doucement pratiquée. J. II. Bemiet, qui s’est occupé de cette question avec un soin particulier, a fait construire un petit spéculum bivalve, très-étroit , « avec lequel il peut généralement et par degrés, en y mettant de la patience et du temps, examiner l’utérus sans division préalable de l’hymen. L’usage des injections et des bains de siège, en diminuant l’inflammation de la vulve et dit vagin, facilite considérablement l’exploration, et il suffit habituellement d’une dizaine de jours de ce régime pour rendre indolore et facile un examen qui eût été sans cela difficile, douloureux et presque cruel. Mais lorsque la membrane hymen est épaisse ou inextensible, comme il arrive généralement chez les femmes un peu avau-
MALADIES DES FEMMES
cées en âge, elle peut 11e pas céder, et il est alors nécessaire de la diviser » (1). ] Nous n’avons rien à ajouter, relativement au pronostic considéré d’une manière générale, à ce que nous avons dit plus haut à propos de la terminaison de la maladie. Nous nous bornerons à dire ici que, plus la maladie a duré, moins on a de chances de la faire disparaître, et que, lorsque la constitution parait détériorée, que l’écoulement, par conséquent, est continu et abondant, on a de grands motifs de craindre que les traitements les plus actifs n’échouent.
§ VI. — Traitement.
Considéré d’une manière générale, le traitement de la leucorrhée est différent suivant l’intensité et la durée de la maladie. Ainsi, lorsque la maladie est légère, 011 se contente d’un traitement local qui consiste dans des injections astringentes (avec le sulfate de zinc , X acétate de plomb , la noix de galle, le tannin, etc.). Lorsque, au contraire, l’affection dure depuis longtemps, que l'écoulement est abondant, et que les malades sont notablement débilitées, on a recours en même temps à un traitement général où figurent les toniques, les amers, les ferrugineux.
Cela posé, présentons quelques moyens particuliers dont l’application peut être utile.
Toniques. — Le quinquina est de tous les toniques celui dont on fait le plus fréquent usage ; on le donne seul ou associé à d’autres substances.
Formule de Formey (2).
Alun \
Fleurs de sel ammoniacal martiales (
Extrait de quinquina préparé à froid i aa - o,am-
Poudre aromatique J
Huile de cannelle 12 gouttes.
F. s. a. des pilules de 10 grammes.
Dose : de cinq à dix, matin et soir.
Tissot recommandait une préparation dont le quinquina fait partie , et qu’il désignait sous le nom d ’électuaire antileucorrhécn. E11 voici la formule :