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ÉRYSIPÈLE. — CAUSES

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On a attribué la même influence à l’ alimentation irritante ou à des aliments larticuliers. On a cité des faits curieux dans lesquels, en effet, l’usage de certains liliments produisait l’érysipèle; mais ce sont la des résultats d une idiosyncrasie roui ne doivent pas nous arrêter.

Les documents que nous possédons sur l’influence des émotions morales et des ^pressions atmosphériques sont peu précis. On a rapporté des cas dans lesquels ,es causes se sont fait remarquer, mais ce sont des cas rares et peu importants oour nous.

Les agents irritants appliqués sur la peau, les frictions , les coups , les plaies, etc., •ont assez souvent suivis d’érysipèle; mais c’est surtout quand il s’agit de ces , muses qu’il faut invoquer cette prédisposition dont il a été parlé plus haut. On voit certains individus chez lesquels il se produit un érysipèle à la suite d’une lésion nu’on a occasion d’observer des centaines de fois chez d’autres, sans qu’il survienne un semblable accident.

[Quant à la valeur de la contagion , comme cause de l’érysipèle, si l’on réserve ce mot pour exprimer la transmission par contact, direct , une observation due à J.l. Ollivier, d’Angers (1), semblerait de nature à la démontrer. Mais si, ayant en nue seulement la contagion à distance , et si, pour éviter toute confusion, on lui tonne pour synonyme le mot infection , Ch. Martin conclut, des observations nombreuses qu’il a réunies dans sa thèse : « qu'il y a des cas où un seul individu

i teint d’érysipèle suffit pour constituer un foyer d’infection, et pour transmettre

ii maladie aux personnes qui séjournent plus ou moins dans son voisinage (2). » Vérysipèle, en pareil cas, serait communiqué par l’exhalation de miasmes volatiles xjéciaux (3). La contagion paraît, du reste, résulter de conditions individuelles )èéciales ; et, dans l’ignorance où l’on est de ces conditions, la prudence conseille

î se comporter toujours comme si l’érysipèle était contagieux, en favorisant l’aéiiition et prenant toutes les mesures d’hygiène possibles (Gosselin).

: Selon J. Guérin, dans la question de la contagion, il ne faudrait pas confondre titre eux tous les érysipèles, et il faudrait voir, dans l’érysipèle contagieux, une ipèce de maladie particulière qui prend la forme érysipélateuse, plutôt qu’elle est l’érvsipèle lui-même (U).

1 Relativement enfin à la transmission par inoculation, Ch. Martin (5) cite (mais aïs toute réserve) deux faits dont il ne garantit pas même l’authenticité, et un ître qui lui a été communiqué par Chalvet, et dans lequel l’inoculation aurait été atiquée à un chien. Pour compléter les renseignements sur une question aussi u connue, nous rapporterons encore une citation empruntée à Willan : « Lorsque, i cet auteur, le liquide contenu dans les vésicules de l’érysipèle est inoculé au bras, existe une inflammation diffuse, du gonflement et un certain degré de fièvre. <> ]

1(1) Cl. Ollivier (d’Angers), Revue mëclico-chirurgicale de Paris, par Malgaigne, 1847, t. I,

11 ^2) Ch. Martin, De la contagion dans l'érysipèle, thèse inaugurale, p. 140. Paris, 1864. (3) Gosselin, Rapport sur un travail de Blin (de Saint-Quentin), Note sur la contagion l'érysipèle ( Bulletin de l’Académie impériale de médecine. Paris, 1865, t. XXX, p. 90!) suivantes).

4 ) J . Guérin, Discussion sur la contagion de t’ érysipèle (Bulletin de l' Acad. de tnéd. , XXX, p. 920).

■5) Ch. Martin, toc. vit., p. 140 et 141.

AFFECTIONS ET .MALADIES DE LA PEAU

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§ III. — Symptômes.

1° Érysipèle simple. — L’érysipèle simple est celui que l’on doit étudier comme type.

Début. — f/érysipèle débute tantôt par des symptômes locaux, et tantôt par des symptômes généraux plus ou moins intenses, qui peuvent durer pendant vingtquatre heures et plus. Dans le premier cas, c’est la rougeur et un sentiment de chaleur douloureuse qui ouvrent la scène; dans le second, il y a des frissons, des horripilations, de la soif, de l’anorexie, une lassitude spontanée, l'accélération du pouls; en un mot, ces symptômes qui annoncent qu’une phlegmasie assez intense \a se développer, sans qu’on puisse dire quel en sera le siège.

Nous verrons plus loin que les ganglions lymphatiques dans lesquels vont se rendre les vaisseaux lymphatiques de la partie affectée présentent parfois une tuméfaction douloureuse. Or, cette tuméfaction existe, dans quelques cas, avant même l'apparition de la rougeur érysipélateuse; c’est ce qu’on observe, particulièrement dans les ganglions sous-maxillaires, chez les sujets affectés d’érysipèle de la face, et ce qui a permis h Chomel d’annoncer l’apparition d’un érysipèle facial, alors que rien, dans l’état de la peau de la face, ne pouvait le faire prévoir. Mais il ne faut pas croire «pte ce soit là un cas ordinaire, et c’est un point sur lequel nous reviendrons plus tard. On sait que pour Velpeau l’adénite sous-maxillaire ne précède pas un érysipèle qui va naître, mais indique que l’érysipèle est déjà né, mais invisible.

[ Ad. Gubler et, depuis, J. Ciure, ont démontré que, lorsque la tuméfaction des ganglions sous-maxillaires apparaît avant qu’il y ait aucune trace d’érysipèle à la peau, elle est. symptomatique d’un érysipèle du pharynx, lequel ne fait que s’étendre ensuite à la face; ce qui confirme complètement l’opinion de Velpeau. ]

Symptômes. — La douleur consiste d’abord dans un sentiment de chaleur âcre, qui s’accompagne quelquefois d’un prurit désagréable. Bientôt, les autres symptômes augmentant, cette chaleur devient brûlante; il y a un sentiment de cuisson accompagné de tension. Cette douleur est continue, mais souvent il survient des exacerbations, principalement le soir. Il suffit du plus léger contact pour l'exaspérer. Dans quelques cas, la douleur est médiocrement vive.

La rougeur varie du rose clair au rouge foncé ; celte dernière coloration se I remarque surtout à une époque assez avancée de la maladie.

Outre le sentiment de chaleur éprouvé parle malade, on constate une augmentation de la calorification dans les parties affectées; mais ces parties, examinées au thermomètre, ne donnent guère que deux ou trois degrés de plus que les parties saines, quoique le sentiment de chaleur paraisse indiquer une augmentation beaucoup plus grande.

La peau enflammée sc tuméfie. Les parties sont gonflées, tendues, mais l’augmentation d’épaisseur de la peau est surtout remarquable aux limites de l’érysipèle. Là, en effet, la peau malade fait une saillie qu’il est facile de reconnaître en passant le doigt, des parties saines aux parties affectées. On sent un bourrelet mani- ! feste plus ou moins marqué suivant les cas. Cette exploration sert encore à faire 1 reconnaître une augmentation de consistance dans la partie malade. La peau saine ‘ est douce et souple au toucher, la peau malade est résistante et un peu raboteuse. Ij

ÉP.YSI PÈLE. — SYMPTüMKS.

Celle dernière sensation provient de l’augmentation de volume des papilles du [Menue, qui forment à la surface du tégument de petites granulations visibles à l’œil |mu, phénomène important à constater, et que l’on peut rapprocher des granulations qui apparaissent sur la surface des muqueuses enflammées.

Outre cet épaississement de la peau, il y a ordinairement encore un état de tendon des tissus sous-jacents, qui est dû sans aucun doute à l’afflux des liquides vers tes parties enflammées, et qui augmente le gonflement. Lorsque cet afflux des iiiquides est plus considérable, il se produit un état œdémateux, remarquable suriout dans les points où le tissu cellulaire est lâche; aux paupières, par exemple. C’est là proprement ce qu’on doit appeler érysipèle œdémateux, car l’érysipèle qui .«e manifeste sur une partie affectée d’œdème ne mérite réellement pas ce nom.

Du gonflement et de la douleur résulte nécessairement un embarras marqué dans es fonctions des parties malades. Les mouvements sont difficiles, et causent des •liouflrances plus ou moins vives; les ouvertures s’obstruent; ainsi le passage de l'air •;sl difficile dans les narines, les yeux sont fermés par suite de l’œdème des paupières, les membres se fléchissent difficilement, etc. En outre, les fonctions de la peau malade sont suspendues, et la transpiration ne peut plus s’exécuter.

I.es symptômes généraux qui accompagnent ces phénomènes sont souvent iintenses. Ainsi on observe une augmentation considérable de la chaleur générale, (Surtout la nuit. Le pouls est accéléré, plein et fort; il peut présenter 120 pulsations )ar minute, et plus encore. Il y a de la céphalalgie, de l’anxiété, de l’agitation la iiuuit, de l’insomnie, ou au contraire de la somnolence. L’anorexie est complète, et

t es malades ont parfois des nausées ou des vomissements. Du côté de l’abdomen, pii ne constate rien de remarquable, si ce n’est une tendance à la constipation.

Ces symptômes, du reste, varient beaucoup d’intensité; c’est ce qu’il suffit de (mentionner.

Les symptômes généraux s’apaisent ordinairement un peu avant que les symptômes locaux paraissent diminuer d’intensité. La chaleur devient moins grande; le ! jouis surtout perd de sa force et de sa fréquence, et le malade sent un mieux -général. Puis la rougeur prend une teinte brunâtre, le gonflement diminue, la pea ‘si moins tendue, un peu ridée, et il se produit une desquamation plus ou moins • sensible. Ce sont, en effet, quelquefois de larges squames, d’autres fois une simple "poussière blanche et sèche. On a parlé de desquamation générale du corps à la ■suite d’un érysipèle borné à une partie limitée, mais ce sont là des cas tout à fait (exceptionnels. Lorsque la desquamation est terminée, il reste, pendant un temps irdinairement assez long, une coloration rouge brunâtre des tissus affectés, qui ne ;e dissipe que peu à peu.

lelle est la description de 1 érysipèle dans son état de simplicité. Mais, sans perdre :e caractère, cette maladie peut présenter quelques phénomènes accessoires dont m s’est généralement beaucoup trop occupé, et qu’il suffit de mentionner. Ainsi ni voit pai lois de x éi i tables phljclènes ou bulles se former sur la partie enflamiiiée ; le liquide quelles contiennent se dessécher ou bien s'écouler par suite le la ruptuie de la bulle, des croûtes se produire; c’est là ce qu’on a appelé érg- • ip 'ele phlyctenoïde, bulleux, crouteux, pempltigoidc. D’autres fois, il se forme les vésicules plus ou moins fines, qui, dans quelques cas, se remplissant tl’un liquide purulent, ont la forme de véritables pustules. On a donné, en pareil ras, à

AFFECTÏOiXS ET MALADIES DE LA PEAU.

l’érysipèle, les noms d 'érysipèle oésiculeux, eczémateux , pustuleux , miliaire.

On sent que de pareilles particularités ne méritent pas de nous arrêter longtemps. Tout ce qu’il importe de dire, c’est qu’en général, lorsqu’elles se présentent, l’inllammation cutanée a une assez grande intensité, et les symptômes généraux sont plus violents que dans les cas où elles n’existent pas.

Il arrive quelquefois qu’à la suite de l’érysipèle, il se forme, dans un ou plusieurs points des parties enflammées, des abcès généralement peu considérables, qu’on est obligé d’évacuer et qui retardent la guérison. La formation du pus est habituellement la conséquence d’une vive inflammation accompagnée de symptômes généraux intenses, et est ordinairement annoncée par une recrudescence des symptômes généraux et par des horripilations ; mais il n’est pas très-rare de voir ces abcès se produire chez des sujets qui ont eu un mouvement fébrile peu prononcé, et chez lesquels le pus se forme sans réaction appréciable. Il est à peine nécessaire de faire remarquer le rapport qui existe entre cet érysipèle suivi d’abcès et l’érysipèle phlegmoneux dont nous allons parler.

2° Érysipèle phlegmoneux. — Il intéresse beaucoup plus la pathologie externe que la pathologie interne, et nous ne mentionnerons que les particularités les plus remarquables.

Les symptômes précurseurs sont constants; ils sont de la même nature que les précédents, mais plus intenses. Le point qui doit être envahi par l’érysipèle est déjà le siège d’une tension et d’une pesanteur plus ou moins marquées.

La rougeur , au lieu de s’étendre en nappe, s’étend ordinairement en stries , remarquables surtout le long des vaisseaux lymphatiques. Les ganglions voisins sont fortement endommagés et douloureux. Le gonflement est plus considérable, la consistance des parties plus grande que dans l’érysipèle simple. La chaleur est plus intense, la douleur plus vive. Des phlyctènes se forment très-souvent sur la surface malade.

Plus tard, la tuméfaction devient plus considérable, la consistance est pâteuse, et, plus tard encore, les tissus s’affaissent, la rougeur pâlit, et la douleur devient beaucoup plus faible ; c’est que le pus commence à se former dans le tissu cellulaire.

A une époque plus avancée, la fluctuation devient manifeste, et on la reconnaît dans différents points séparés par des tissus encore endurcis. Puis le pus s’accumulant toujours, la peau se décolle, s’amincit; des ouvertures s’v produisent, si l’instrument du chirurgien n’en a pas déjà pratiqué; il s’écoule une grande quantité de pus liquide, grisâtre ou brunâtre, fétide, entraînant souvent des lambeaux de tissu cellulaire gangrené.

Enfin de larges clapiers se forment; la peau décollée se plisse, se mortifie. Si le mal n’est pas assez considérable pour causer la mort, des portions de peau mortifiée se détachent; il en résulte des plaies plus ou moins étendues qui sont longues à se cicatriser; d’autres portions se recollent avec plus ou moins de lenteur, et il reste des cicatrices souvent irrégulières et profondes. Lorsque la maladie est assez intense pour causer la mort, la suppuration devient intarissable; il se forme parfois des abcès métastatiques.

Pendant que ces phénomènes locaux se manifestent, les symptômes generaux , dont l’intensité est toujours considérable, suivent différentes phases. Ainsi, avant que le pus soit formé, lorsque l’inflammation est dans toute sa violence, il y a un

ERYSIPELE. — SYMPTÔMES.

(mouvement fébrile considérable : agitation, délire, chaleur brûlante, pouls trèscccéléré. Lorsque le pus se forme, on observe les phénomènes de la suppuration : tissons, horripilations, altération des traits, prostration des forces, pulsations dans ss parties enflammées. Lorsque la suppuration est établie, et qu’elle est très-abonjante, on voit survenir des sueurs profuses, la diarrhée colliquative, les symptômes ee la fièure hectique. Dans certains cas, on observe les symptômes généraux de la résorption purulente (1 ).

Recherchons ce qu’il importe de savoir relativement au siège de l’érysipèle, et, itour cela, étudions cette maladie dans les points où elle se présente avec quelques aaractères remarquables.

a. Érysipèle de la face. — L’érysipèle de la face est celui qui se montre le plus souvent à l’observation.

Il commence ordinairement par un des côtés du nez, puis gagne l’autre, envahit t’ss joues, et se porte vers le cuir chevelu.

Les parties qu’il occupe étant presque toutes denses et serrées, la douleur est >ssez vive, à moins que l’inflammation ne soit très-légère. Les paupières se gonflent loeaucoup lorsque l’inflammation les atteint; l'œil est fermé, des larmes s’en écoutant. Parfois l’inflammation gagne le tissu cellulaire de l’orbite, et y produit des Ibcès.

L'oreille, ayant des tissus plus denses et plus serrés que les autres parties, deiient très-douloureuse ; le conduit auditif est obstrué par le gonflement. Les lèvres te tuméfient et deviennent très-épaisses ; elles s’ouvrent avec peine, et il s’écoule >aar leur commissure une salive visqueuse. La douleur est également vive au cuir 'hhevelu.

L'état granulé de la peau est remarquable dans le cas d’érysipèle de la face. Il ni est de même de la desquamation qui survient lorsque l’inflammation s’est calmée.

La céphalalgie est généralement grande, surtout lorsque l’inflammation atteint l e cuir chevelu.

[Il est fréquent d’observer alors un délire sur la cause duquel les auteurs 11e sont oas tous d’accord, et dont nous nous occuperons en parlant des complications .] h. Érysipèle du cuir chevelu. — Il est rare que l’érysipèle commence spontanément , c’est-à-dire sans lésion déterminante, dans le cuir chevelu , et plus rare ancore qu’il reste fixé dans cette partie. Cependant on peut observer des cas de ce ?enre- Cliomel et Blache disent que l’un d’eux a eu quelques occasions d’en voir (2). On peut résumer ainsi ces cas : Agitation, insomnie, délire passager, empâtement , œdème du cuir chevelu, rougeur presque nulle ; décubitus sur le los, impossible lorsque l’inflammation s’étend à l’occiput; douleur très-vive, exaspérée par le plus léger contact; formation profonde du pus, décollement du péri crâne, carie, nécrose des os. Et, comme symptômes généraux: lièvre intense, lélire \iolent, coma, convulsions. Quand ces derniers symptômes se manifestent,

1 est survenu une méningite.

L inflammation franchit souvent les limites que nous venons de lui assigner, et gagne d’autres parties.

O11 a encore décrit 1 érysipèle du tronc , l 'érysipèle des membres, des organes

(1) Voyez art. Phlébite, t. III.

(2) Dictionnaire de médecine eu 30 vol., art. Érysipèle.

ÙÙO AFFECTIONS ET MALADIES DE LA PEAU

génitaux; mais ces diverses variétés n'offrent que des particularités d’une faible importance et qu’il est facile de se représenter.

Les auteurs ont également parlé de l 'érysipèle général , qui n’a pas un plus grand intérêt, et dont il suffit de dire que sa gravité est très-grande, parce (pie l’érysipèle est une maladie d’autant plus dangereuse, que son étendue est plus considérable.

c. Érysipèle ambulant. — Cet érysipèle n’a d’autre caractère particulier que celui de se porter successivement sur toutes les parties du corps ou sur un plus ou moins grand nombre. Il commence ordinairement par une partie du tronc ou par la nuque, puis se porte sur les épaules, sur la poitrine, les bras, les lombes, l’abdomen, les cuisses. Toutefois, sa marche peut être très-différente, car tout dépend du point de départ; et, comme cet érysipèle peut être occasionné par une plaie, par l’application d’un vésicatoire, etc. , l'inflammation, partant du point où existent ces lésions, s’étend de là aux autres parties, suivant une route diverse selon les cas.

[L’érysipèle ambulant est un de ceux pour lesquels les auteurs discutent encore la question de gravité. Ainsi , tandis qu’un bon nombre le regardent comme des plus fâcheux , et pensent que la mort est sa terminaison la plus fréquente, d’autres médecins, et Béhier, en particulier, regardent la guérison comme beaucoup plus fréquente que la mort. « Cette marche ambulante de la maladie n’est pas grave » par elle-même ; si, en réalité, elle entraîne plus de danger que la forme limitée » et régulière, ce n’est qu’indirectement ; c’est qu’elle tient longtemps l’économie » sous son influence, entraîne une dépression plus grande pour le malade et ouvre » la porte à des complications. Ainsi, loin de s’attaquer à la maladie elle-même,

» à sa forme et à sa marche particulière, c’est dans la dépression du malade qu’il » faut chercher des indications thérapeutiques (1). >-]

[cl. Érysipèle «les nouveau- nés. — « A peu près sans exception, les enfants atteints d’érysipèle dans les quinze ou vingt premiers jours de leur existence, succombent sans qu’aucune médication puisse prévenir cette terminaison funeste. Passé ces premiers jours, passé surtout les premiers mois de la vie extra-utérine, plus, par conséquent, les individus s’éloignent de l'état fœtal, plus aussi l’érysipèle perd de sa gravité. Lorsque surtout l’enfant a atteint dix-huit mois, deux ans, cette affection rentre alors dans la loi commune qui la régit chez les adultes » (2). Trousseau ne croit pas cependant que la gravité dépende exclusivement de l’extrême jeunesse, du peu de résistance vitale des sujets. Pour lui, elle tient à un autre ordre de causes qu’il a indiquées depuis longtemps, que Paul Lorain a mises en lumière (3) et que domine l’état puerpéral. A cet âge, du côté de l’enfant, il y a une plaie ombilicale absolument comme il y en a une du côté de la femme; <> le

premier présente donc, comme la seconde, une voie ouverte à l’infection

L’érysipèle du nouveau-né ne sera doue pas un érysipèle ordinaire; ce sera l’érysipèle puerpéral, ayant par conséquent l’excessive gravité des affections puerpérales. Cette gravité dépend moins, en définitive, du peu de résistance vitale des sujets

(1) Béhier, Conférences de clinique médicale , p. 28 et 29. Paris, 18G4.

(2) Trousseau, Clinique médicale de l’ Hôtel-Dieu, 2e édition. Paris, 18G5, 1. 1, p. 175.

(3) Lorain, Sur la fièvre puerpérale chez la femme, le fœtus et le nouveau-né, thèse inaugurale. Paris, 1855.

ftRYSIPfcfÆ. — SYMPTÔMES.

)|(|uc de la nature même de la maladie. V érysipèle puerpéral du nouveau-né ddébute ordinairement, non par l’ombilic, mais par le pénil; il est caractérisé par la rrougeur vive de la peau, par la dureté et la rénitence du tissu cellulaire sous- -jacent. En même temps, l’enfant tombe dans un état d’abattement prononcé ; il '■souffre et exprime la douleur par ses cris ; il a du reste à peine de la fièvre. S’il est vvigoureux et dans de bonnes conditions apparentes de santé, l’affection dont il est aatteint paraît peu de chose, l’érysipèle ayant 3 ou U centimètres d’étendue, étant accompagné seulement d’un léger mouvement fébrile, ne troublant en rien les [fonctions, et le petit malade tétant comme à son ordinaire. En dépit de cette tromlipeuse apparence, on doit redouter une terminaison funeste : car le lendemain ll’érysipèle aura gagné les parties voisines ; au bout de deux ou trois jours, une fièvre (violente s’allumera, l’enfant sera dans une agitation excessive, et à cette excitation ssucoédcra un collapsus qui terminera la scène au cinquième, sixième ou septième jour » (1).

L’érysipèle du nouveau-né peut encore prendre son origine dans une inflammattion pure et simple de l’ombilic, à l’occasion d’une ligature appliquée intempestiweinent, ainsi que F. Hoffmann l’avait déjà signalé, et que Thore (2) l’a constaté i récemment; il se complique fréquemment de péritonite , suivant les recherches de ce dernier auteur, et il offre, par conséquent, des caractères particuliers .assez importants.

Ce fait avait déjà été très-bien observé par Baron (3); et Rayer (ô) dit l’avoir \vu, en outre, compliqué quelquefois d’une inflammation de la veine ombilicale.

I Baron a noté aussi, qu’assez fréquemment, l’érysipèle apparaît d’abord à la face, ipour s’étendre seulement ensuite aux autres parties du corps; Ghomel et Blache ont vu les auréoles des boutons de vaccine devenir parfois le point de départ de l’érysipèle des nouveau-nés (5).

L’érysipèle puerpéral est une maladie assez fréquente, bien connue de toutes les personnes qui sont versées dans la pratique des maladies des femmes en couches. Récemment, Hervieux en a fait l’objet d’une étude spéciale à laquelle nous empruntons les détails qui vont suivre :

« L’érysipèle puerpéral peut, comme l’érvsipèle vulgaire, revêtir des formes variées ; phlycténoïde, phlegmoneuse, gangréneuse. — Tl peut affecter toutes les parties du corps, mais on le rencontre spécialement au siège, à la face et sur les membres; tantôt sporadique, tantôt épidémique, l’érysipèle puerpéral reconnaît deux sortes de causes : locales et générales. Les causes locales sont, pour l’érysipèle du siège, l’irritation produite par des lochies abondantes et fétides, lès eschares vulvaires, les ulcérations érythémateuses ou phlycténoïdes de la face et de la région sacrée; pour l'érysipèle de la face et du cuir chevelu, l’eczéma, l’impétigo du nez, des lèvres, des oreilles, etc.; les ophthalmics, les stomatites, les angines ; pour l’érysipèle des membres, la phlébite suppurée ou les collections purulentes de ces parties. Les causes générales sont l’encombrement, l’infectiosité

(1) Trousseau, toc. cit., p. 178 et 179.

(2) Thore, Archives générales de médecine.

(3) Ghomel et Blache, art. érysipèle du Dictionnaire de médecine cil 30 vol., t. XII, p. 230.

(h) Rayer, Traité des maladies de la peau, 2° édition, t. I, p. 154.

(ô) Ghomel et Blache, lac. cit., p. 231.

AFFECTIONS ET MALADIES DE LA PEAU

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et peut-être la contagion. — L’érysipèle puerpéral s’accompagne parfois de symptômes généraux graves susceptibles d’en imposer pour une péritonite ou une phlébite utérine avec infection purulente. — Le pronostic varie suivant les formes et le siège que l’érysipèle affecte, les complications qu’il présente et les causes qui l’ont provoqué. Les formes phlegmoneuse et gangréneuse sont plus graves que les formes érythémateuse et phlycténoïde. L’érysipèle limité à la face est le plus bénin de tous ; l’érysipèle du siège et des membres inférieurs est habituellement beaucoup plus grave que celui de la face et du cuir chevelu. L’érysipèle qui survient pendant la grossesse est rarement mortel ; mais il peut donner lieu à l’accouchement prématuré (1).

En se fondant sur l’ensemble des symptômes généraux, on a distingué trois formes principales de l’érysipèle : 1" la forme inflammatoire , dans laquelle le pouls est vif et fort, la céphalalgie intense, la peau brûlante ; la maladie est précédée de frisson, de malaise et de courbature, suivie bientôt de tous les symptômes d’un état fébrile plus marqué ; — 2° la forme muqueuse , dans laquelle l’érysipèle coïncide avec tous les signes de l’embarras gastrique : langue couverte d'un enduit blanc plus ou moins épais; bouche pâteuse, mauvaise; haleine fétide, céphalalgie gravative, mouvement fébrile moins vif, moins nettement exprimé; nausées, vomissements muqueux qui signalent le début et môme persistent pendant la durée de l’éruption; — 3° la forme bilieuse , dans laquelle, en môme temps que l'érysipèle, on observe tous les symptômes de l’étal bilieux : teinte subictérique de la face, goût amer et fétide de la bouche, langue jaunâtre, vomissements de matière bilieuse, abattement plus ou moins marqué, réaction habituellement peu vive.

On a encore admis une forme ataxique et une forme adynamique, mais ce ne sont pas là des variétés particulières de l’érysipèle, ce sont de véritables complications qui peuvent survenir au milieu des trois formes que nous venons d’indiquer (2).]

§ IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.

La marche de l’érysipèle est essentiellement aiguë; on voit quelquefois, il est vrai, des sujets présenter une inflammation érysipélateuse, qui, pendant longtemps, ne disparait pas, et offre de loin en loin des exacerbations ; mais ces cas sont rares,

et parmi ceux qu’ont rapportés les auteurs, il en est un bon nombre qui n appartiennent pas à la maladie qui nous occupe, mais bien à une autre affection cutanée. Quant à ceux où l’on voit un érysipèle survenir à des intervalles plus ou moins éloignés, la maladie ayant complètement cessé dans ces intervalles, c’est par un abus de mots que quelques médecins leur ont donné le nom d'érysipèle chronique, car il ne s’agit évidemment que de plusieurs attaques d’érysipèle aigu.

On voit quelquefois l’érysipèle se transporter d’un point à un autre plus ou moins éloigné, et de celui-ci à un autre encore. Cet érysipèle, auquel on a donné le nom d 'erratique, est rare. Dans l’immense majorité des cas, l’érysipèle s’étend d’un point à un autre sans abandonner le premier; il y parcourt, au contraire, scs périodes jusqu’à la desquamation ; puis, du point occupé en second lieu, il en gagne

(1) E. tlervïeux, De l’érysipèle puerpéral (Gazette médicale de l'aris, 18C5, p. 52).

(2) Réhier, Conférences de clinique médicale, Paris, 1864, p. 32.

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