DIAGNOSTIC
I Lun troisième, et ainsi de suite ; de telle sorte qu’on voit aux limites de l’inflammadlidon les tissus encore rouges, durs et douloureux, tandis qu'au centre ou à une i'ïxtrémité la peau s’est ramollie, s’est ridée et s’est couverte d’une desquamation Eiblus ou moins marquée. Bans les cas d'érysipèle ambulant, les parties primitivement atteintes peuvent avoir repris tous leurs caractères normaux, alors que l’im- Idammation est dans toute son intensité dans un autre point, et que la desquamation ai fait dans les points intermédiaires.
Avec les auteurs modernes, nous pensons qu’on ne peut pas admettre l 'érysipèle intermittent. Ceci nous conduit à dire quelques mots des récidives. On voit des individus très-sujets à l’érysipèle; or, chez eux, c’est presque constamment dans ce même point que se produit la maladie, et principalement à la face. Il est remarqjuable que, dans ces cas, l’érysipèle se présente ordinairement avec un caractère die bénignité marqué.
La durée de l’érysipèle varie beaucoup suivant les diverses espèces et suivant 'état dans lequel se trouve le sujet. L’érysipèle de la face, comme cela résulte des [ivelevés de Louis, parcourt ses périodes dans un septénaire environ, lorsqu’il 'survient chez un individu d’ailleurs sain. L’érysipèle des autres parties du corps est généralement plus long, parce qu’il parcourt de plus grandes surfaces. L’éry- «iiipèle ambulant se prolonge assez longtemps. Quant à l’érysipèle phlegmoneux, il )( a, outre la période d’inflammation, celle de suppuration, qui peut se prolonger Plusieurs semaines, et celle de cicatrisation, qui est souvent fort longue.
Il n’est pas possible de déterminer d’une manière générale le mode de terminaison de l’érysipèle. Il varie suivant les cas et suivant la constitution médicale. Si l’érysipèle est simple, s’il survient hors de l'influence épidémique, s’il se nmanifesle chez un homme qui n’est ni dans le cours ni dans la convalescence d’une (autre maladie, il se termine ordinairement par la guérison. Gela s’applique priuci- [(ipalement à l’érysipèle de la face. Dans les conditions opposées, et surtout s’il s’agit dde l’érysipèle phlegmoneux d’une assez grande étendue, la maladie se termine ((fréquemment par la mort. Les enfants et les individus très-avancés en âge doivent être mis au même rang que les individus dont la constitution est affaiblie par une maladie; leur étal de débilité rend, en effet, chez eux, l’érysipèle, quel qu’il soit, fréquemment mortel.
' § V. — Diagnostic.
On s’est trop occupé de la possibilité des erreurs de diagnostic lorsqu’on a cherché à différencier cette maladie de l 'urticaire, de la rougeole, de la scarlatine. La description de ces affections a fait voir combien leurs signes sont différents.
Il nen est pas tout à fait de même de l 'érythème, que quelques auteurs ont r regardé, à tort, comme un premier degré de l’érysipèle, ou plutôt comme une espèce très-simple d’érysipèle. L’absence de gonflement appréciable de la peau, et principalement des papilles; la dissémination des plaques érythémateuses, leur prompte disparition, l’absence de la fièvre, dans beaucoup de cas, suffisent pour i établir le diagnostic.
Quant à Y érysipèle phlegmoneux, il se distingue de la phlébite et de Y inflammation des vaisseaux lymphatiques, en ce qu’il ne suit pas le trajet de ces vais-
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AFFECTIONS ET MALADIES DE I.A PEAU
seaux sous forme de lignes ou de rubans, et que la suppuration envahit de grandes surfaces.
§ VI. — Pronostic et complications.
[Indépendamment de la valeur pronostique des diverses formes et espèces d’érysipèles, valeur sur laquelle nous avons déjà insisté à propos de chacune d’elles ], si 1 érysipèle survient chez un sujet déjà malade ou convalescent d’une maladie grave, le danger est grand. Louis (l),qui a étudié avec soin cette question, a vu un nombre considérable de malades succomber dans ces conditions, bien que l’érysipèle fût simple. Hervieux (2), s’étant occupé de la même question, est arrivé aux mêmes résultats, loutefois il ne faut pas croire qu’en pareil cas l’érysipèle détermine toujours la mort par lui-même. Les auteurs que nous venons de citer ont, en effet, remarqué que les malades succombaient lorsque l’érysipèle était déjà arrivé à la desquamation depuis plusieurs jours. On peut admettre, avec Hervieux, que, dans ces circonstances, l’érysipèle est plutôt l’indice d’un état grave qu’une affection mortelle par elle-même; mais on peut penser aussi que l’érysipèle a contribué à hâter la mort, car nous voyons certaines maladies, la variole par exemple, causer la mort des malades, alors même que la lésion locale a perdu toute son intensité ou a cessé. Quoi qu’il en soit, il est certain que l’érysipèle survenant chez un individu affecté d’une autre maladie a une gravité incomparablement plus grande que dans des conditions opposées. Nous avons vu plus haut qu’il était, toutes choses égales d’ailleurs, notablement plus grave chez les jeunes enfants et chez les vieillards.
Il arrive fréquemment à l’érysipèle de jouer le rôle de complication, et, dans le cas où cela s’observe, il est bon de distinguer ceux où il ne constitue qu’une complication très-secondaire par elle-même ; ceux, au contraire, où à la gravité de la maladie antérieure vient s’ajouter la sienne propre, soit qu’il la tire de son siège, soit qu’il la doive à la grande surface de tégument qu’il intéresse. Nous avons précédemment insisté sur la valeur pronostique des diverses formes d'érysipèle, survenant à titre de complications; ici, nous devons envisager la question à un autre point de vue, et chercher à établir la relation qui existe entre 1’alîection cutanée et certaines complications qui semblent ne pouvoir être rattachées à d’autres causes. C’est, en quelque sorte, le pronostic de l’érysipèle lui-même qu’il s’agit d’examiner; or, il semble résulter des diverses recherches qui ont été faites silice point, qu’à l’état simple, chez un sujet jeune et sain, le pronostic est, le plus | souvent, favorable; ce qui revient à dire que l’affection cutanée, lorsqu’elle n’est pas elle-même complication, lire toute sa gravité de celles qui surviennent pendant son cours ou après elle. Parmi celles-ci, il en est qu’on s’accorde à considérer comme des faits accidentels, de simples coïncidences : la pneumonie, la pleurésie, ; par exemple (3). Quant aux complications purement locales, elles se trouvent décrites déjà au paragraphe symptomatologie, et nous n’insisterons pas sur elles. Il
(1) Louis, Recherches anatomiques, pathologiques et thérapeutiques sur ta fièvre typhoïde. Paris, 1841, 2 vol. in-8.
(2) Hervieux, De l'érysipèle dans la convalescence ou à la période ultime des maladies j f/raves ( Arch . géti. de mécl., décembre 1847).
(8) Béliier et Hardy, Traité de pathologie interne, lre édition. Paris, 1855, I. III, ’ p. 127.