‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 153 sur 494 · UU · texte numérisé non relu

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« Par suite des relations sympathiques qui existent entre la peau et la muqueuse intestinale, et que l’expérience de chaque jour a mises hors de doute, l’entérite est une complication dont il est plus facile de comprendre le développement; il en est de même de la péritonite dans le cas d’érysipèle de l’abdomen ou des parties génitales, comme on le voit chez les nouveau-nés (1). »

Les troubles survenus du côté des voies digestives dans l’érysipèle ne sont cependant pas, pour tous les auteurs, considérés comme sympathiques; ils sont certainement de ceux qui paraissent se prêter le mieux à la doctrine de l’extension par contiguïté. Celte question, dont le germe paraît contenu jusque dans Hippocrate lui-même et dont on peut retrouver dans divers auteurs postérieurs à lui, et jusque dans les leçons cliniques de Bielt lui-même (2), quelques notions utiles à consulter, a été reprise plus récemment, avec une attention toute particulière, par plusieurs auteurs (3), sous le nom d 'érysipèle interne. Elle a fourni à V. Cornil [h) et à J. Ciure (5), le sujet de monographies importantes; et O. Larcher a pu communiquer à l’un de ces deux auteurs, plusieurs exemples favorables (6). Jules Simon a publié également un cas dans lequel il a observé l’érysipèle, à la face, au cuir chevelu, au cou, au pharynx, au larynx et aux bronches (7).

Les diverses observations que renferment les publications des auteurs que nous venons de citer, tendent h prouver la réalité de l’angine pharyngée érysipélateuse, et, cet état pathologique ne devant pas faire ici l’objet d’une description spéciale, il nous suffira d’en avoir rappelé la fréquente apparition, à des degrés divers d’intensité; que l’on voie en lui le point de départ de l’érysipèle de la tête (8) ou l’extension de ce dernier au pharynx, ou bien, qu’avec d’autres auteurs, on y veuille voir seulement une complication.

Mais si, pour ce qui concerne Y érysipèle du pharynx , la plupart des faits semblent être en faveur de l’extension par continuité; de nouvelles difficultés surgissent relativement aux troubles gastro-intestinaux. Tandis que Ad. Gubler et Emile Vidal considèrent comme la preuve matérielle de l’existence d’un érysipèle interne les ulcérations intestinales constatées à l’autopsie par le premier, ou les produits expulsés recueillis par le second, J. Béhier « ne peut voir, dans les troubles gastriques l’expression de la propagation de l’érysipèle sur la muqueuse intestinale. On ne saisit plus, en effet, la continuité de cette inflammation sur les surfaces, et il faudrait admettre que la maladie passât par-dessus une certaine étendue de la muqueuse pour se porter sur un point plus éloigné. Rien, ajoute l’auteur, ne permet d’admettre qu’il en soit ainsi, rien ne démontre, rien ne peut démontrer une semblable marche. »

(1) Béhier et Hardy, Traité de pathologie interne , l1"® édition. Paris, 1 865, t. III,

(2) Biett, cité par J. Béhier, Conférences de clinique médicale. Paris, 1864, p. 37.

(3) Bayer, Bouillaud, Thomann, Gubler, Gull, Goupil, Trousseau, Aubrée, Ei Labbé, Pihan-Dul'eillay, Fenestre, et quelques autres auteurs.

(4) V. Cornil, Observations pour servir à l'histoire de l’érysipèle du pharynx (Archives de médecine, 1862).

(5) J. Ciure, De l'érysipèle du pharynx, thèse inaugurale. Paris, 1864, n° 130 ( Index bibliograph.).

(6) 0. Larcher, cité par Ciure, thèse citée, p. 55 et suiv.

(7) Jules Simon, Archives générales de médecine, 1865, t. II, p. 97.

(8) 0. Larcher, loc. cit., p. 55, inobservation.

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