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URTICAIRE

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

L’urticaire est caractérisée par des plaques saillantes, sans forme déterminée, plus rouges ou plus blanches que la peau saine, fugaces, et causant un sentiment de cuisson analogue à celui qui résulte de la piqûre de l’ortie.

L’urticaire a encore reçu les noms de aspritudo (Celse), sora ou essera (les Arabes), porcellana (Lieutaud, Sauvages), febris urticata (Vogel), scarlatina urticata (Sauvages), purpura urticata (.lunker), cnidosis , de xvicbj, ortie (Alibert).]

C’est une des maladies de la peau qu’on a le pl us fréquemment occasion d’observer.

§ II. — Causes.

[L’urticaire est certainement une des affections cutanées qui reconnaissent les causes les plus variées; on peut toutefois rattacher celles-ci à deux grandes divisions.

Causes externes. — lu Directes. Contact des feuilles de ïUrtica dioica, des chenilles processionnaires, des orties de mer (actinies et méduses). Le contact de ces divers végétaux et animaux produit la lésion cutanée, en quelque sorte nécessairement et indifféremment chez tous les individus, quelles que soient les conditions d’àge, de sexe, de constitution, etc. (Bazin). Certaines frictions, quelquefois un bain sulfureux, l’application d’un emplâtre de Vigo cum mercurio , d’un vésicatoire, etc., aidés d’une prédisposition individuelle, peuvent déterminer l’urticaire (Bazin).

2° Indirectes. — Ingestion de certaines substances alimentaires (crabes, moules, écrevisses, homard, langouste, crevettes, huîtres, œufs de poissons, poissons salés ou fumés, viande de porc; et parmi les aliments d’origine végétale, amandes, baises, champignons, concombres, etc.). — Administration de quelques médicaments (valériane, jusquiame, baume de copahu, eau de Seltz) (Bazin).

A ces causes il faut encore ajouter, chez la femme, les piqûres de sangsues et toute espèce d irritation même légère des organes génitaux (telle que celle qui

(1) Higginbottom, British med. Journal, janvier 1865.

(2) Dupuy, Société médicale de Bordeaux, 1865, et J>. Garnier, Dictionnaire annuel des progrès des sciences et institutions médicales, 2° année, 1865, p, 299.

AFFECTIONS ET MALADIES DF. LA PEAU

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résulte de l’introduction d’un spéculum ou de l’application d’un caustique). Scanzoni, qui a appelé sur ce point l'attention, admet que l’irritation des nerfs utérins, occasionnée par ces causes accidentelles, a pour conséquence un trouble général du système vasculaire duquel résulte, à son tour, l’éruption (1).

Causes internes. — Diverses maladies fébriles (troubles morbides provoqués par le travail de la dentition, rhumatisme articulaire aigu, pneumonie, pleurésie, variole, rougeole, certaines formes de fièvre intermittente). Deux maladies constitutionnelles (la dartre, l’arthritis) (Bazin).

L’urticaire peut enfin constituer une maladie aiguë, pyrétique (urticaire essentielle, de Bazin; urticaria febrilis , de Willan et Bateman).

§ III. — Symptômes.

Une division très-importante au point de vue du pronostic et, par conséquent, au point de vue pratique, est celle de l’urticaire en aiguë et chronique. Adoptant la classification la plus large, qui a, en outre, l’avantage de reposer sur la notion des causes, nous décrirons Y urticaire de causes externes , Y urticaire essentielle, Y urticaire symptomatique ou concomitante d'une maladie fébrile, et Y urticaire symptomatique de la dartre ou de l’arthritis.

1° Urticaire artificielle. — Larges papules aplaties, [blanches, irrégulières, entourées d’une légère teinte rosée érythémateuse ; voilà l’éruption. Elle s’accompagne d’un sentiment de cuisson bridante et de vives démangeaisons, qui durent un temps très-court , quelques minutes seulement, puis se calment, en même temps que les papules commencent à s'affaisser : il ne reste plus alors de trace de l’exanthème.

2° Urticaire provoquée par l'ingestion «le certaines substances ( / . patllO-

génélique de Bazin). > — Après un malaise général, qui se trahit par de l’anxiété épigastrique, des nausées, des vomissements, etc., la petitesse et la fréquence du pouls; la face rougit, se gonfle et le corps prend, tantôt une coloration d’un rouge intense et uniforme, comme scarlatineuse ( Scarlatina urticaria de Sauvages), tantôt l’aspect et la forme d’une urticaire artificielle qui se serait généralisée, et serait accompagnée de fièvre. Si les vives démangeaisons qui surviennent alors rencontrent un sujet nerveux et facilement excitable, il y a parfois du délire et l’on cite des cas de mort à la suite de cet empoisonnement, qui le plus souvent est produit par l’ingestion des moules (Bazin). On sait d’ailleurs, que les propriétés délétères de ces mollusques ont été attribuées à plusieurs ordres de causes, soit à une altération particulière des fluides de l’animal, soit à des substances étrangères (2).]

3° Urticaire fébrile, essentielle ou fièvre ortiée. — Elle s’annonce par des symptômes fébriles d’une intensité variable et de plus ou moins longue durée (quelques heures ou quelques jours). Ces symptômes consistent dans un malaise général, des horripilations, des frissons, de la céphalalgie, des douleurs épigastriques, des nausées, des lipothymies.

Au bout d’un temps variable, il survient un prurit incommode et souvent insupportable; une chaleur plus ou moins vive par tout le corps , et bientôt on voit

(1) Scanzoni, Würzburgei' medicinisc/te Zeitung, t, T, et Archives générales de médecine ,

(2) Moquin-Tandon, Eléments de zoologie médicale, 2e édition, p. 232. Paris, 1862.

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