X- Poudre de quinquina....... 15 gram
— de macis 4 gram.
Mêlez et incorporez dans :
Électuaire de roses rouges. ... 45 gram
Ajoutez :
— de romarin 15 gram.
Poudre de cachou 4 gram.
Essence de cannelle 2 gouttes.
Sirop d’épicarpes d’oranges 0- s.
Dose : 4 grammes matin et soir.
Un régime substantiel, l’usage du vin de Bordeaux en petite quantité, favorisent le traitement tonique.
Ferrugineux. — La limaille de fer, le carbonate, le sulfate, etc., ont été tour
(1) J. II. Bonnet, Traité pratique de l'inflammation de l’utérus, de son col et de ses annexes ; traduction française de Michel Peter, sur la quatrième édition, Paris, 1804, p. 148.
(2) Voy. Most, Eneyklopaedie , t. II.
LEUCORRHÉE IDIOPATHIQUE. — TRAITEMENT. l\l
à tour employés, sans que les expériences aient été faites de manière à nous apprendre si un de ces moyens réussit mieux que les autres.
Le sirop chalybé de AVillis a joui d’une assez grande réputation ; il est préparé
comme il suit :
'if Sulfate de fer 1 partie.
Dissolvez dans :
Eau bouillante 8 parties.
Filtrez, et faites fondre dans le liquide :
Sucre blanc 16 parties. | Gomme arabique en poudre. 2 parties.
Dose : de 30 à 60 grammes par jour.
Balsamiques. — On a beaucoup vanté l’efficacité de divers baumes, connue le copa/iu, les baumes du Pérou, de Tolu, la térébenthine de I ’enise. Walsh associait cette dernière substance au fer et à d’autres médicaments, dans les pilules suivantes, qui ont eu de la célébrité :
If Térébenthine de Venise. . .
Extrait de gentiane
| aa8 gram.
Gomme kino Sulfate de fer
| aa 6 gram .
Mêlez. Faites des pilules de 10 centigrammes. Dose : quinze, trois fois par jour.
Le baume de copahu s’emploie de la manière qui a été indiquée h l’article Blen- ■ NHORRHÉE. Lorsque l’estomac ne peut pas le supporter, or. a conseillé de mettre en usage le suppositoire suivant :
Baume de copahu solidifié .
Beurre de cacao
aa 4 gram.
Employez ce suppositoire matin et soir.
Extrait d’opium
2 centigr.
Les baumes du Pérou et de Tolu sont employés à des doses variables que le médecin fixe suivant les cas. Lhéritier (1) a vanté l’emploi du styrax, qu’il prescrit,
• soit en pilules, soit sous forme de sirop, ainsi qu’il suit :
Pilules de styrax.
"if Styrax purifié 30 gram. | Poudre de réglisse q. s.
Mêlez. Faites des pilules de 40 centigrammes. Dose : d’abord trois, puis progressivement jusqu’à six, matin et soir.
Sirop de styrax.
Styrax liquide 60 gram.
Faites digérer pendant douze heures dans :
Eau simple 1000 gram.
Passez, filtrez et faites fondre :
Sucre 2000 gram.
Dose : de quatre à six cuillerées par jour.
Poivre cubèbe. — L’administration du poivre cubèbe ne présente rien qui n’ait été indiqué aux articles Blennorrhagie et Blennorrhée (voy. tome IV).
Iode. L opinion que les flueurs blanches attaquent principalement les femmes
(1) Lhéritier, Gazette médicale de Paris, 1832.
MALADIES DES FEMMES
d’un tempérament lymphatique a dû nécessairement engager à avoir recours à l’iode. Aussi, bon nombre d’auteurs ont-ils préconisé ce médicament ; on peut voir à l’article Scrofules (tome Ier, p. 395) comment il convient de l’administrer. Nous nous contenterons d’indiquer ici quelques préparations spécialement dirigées contre la maladie qui nous occupe. Pierquin a vanté l’efficacité de la teinture dlnjdriodate de fer dont voici la formule :
ï£ Iodure de fer 8 gram.
Alcool rectifié 64 gram.
Eau pure 64 gram.
Dose : quinze ou vingt gouttes dans la journée , dans une infusion de saponaire , de filleul, etc.
Le même auteur recommande les tablettes d' kydriodate de fer préparées ainsi qu’-il suit :
If Hvdriodate de fer 4 gram. I Sucre pulvérisé 250 gram.
Safran pulvérisé 16 gram. | Mucilage de gomme adragant. q. s.
Faites deux cent quarante tablettes. Dose : de huit à dix par jour.
Seigle ergoté. — L’action spéciale du seigle ergoté sur l’utérus a engagé à le mettre en usage contre les flueurs blanches, et l’on a cité des cas où il a été prescrit avec succès. Le docteur Dufresnois vante l’efficacité de l’élixir suivant :
Seigle ergoté bien sec. ... 16 gram.
Alcool à 25° 120 gram.
Sucre blanc 120 gram.
Essence de mentbe A gouttes.
Eau pure q. s.
Faites macérer le seigle ergoté dans l’alcool pendant dix-huit heures; filtrez et mettez cette teinture de côté. Ensuite faites bouillir deux fois le résidu resté sur le filtre, et collez. Réduisez les colatures à 240 grammes, au bain-marie; faites dissoudre le sucre, et laissez refroidir. Ajoutez alors la teinture alcoolique d’abord obtenue, et l’essence de menthe. Mêlez, filtrez et conservez pour l’usage. Dose : trois cuillerées par jour.
Nous avons cité celle formule parce qu’elle a à la fois une action tonique et l’action spéciale du seigle ergoté. Le plus souvent on emploie l’ergot de seigle seul, comme dans la métrorrhagie où nous le retrouverons.
La sabine, qui a également une action spéciale bien connue, a été aussi mise en usage, surtout dans les cas où les règles sont supprimées, et où les llueurs blanches paraissent les avoir remplacées. 'NVedekind en avait déjà fait connaître les avantages en pareil cas; Gunther et Sauter imitèrent cette pratique, et il y a quelques années Aran (1) a fait connaître des observations de Fantonetti (2) qui démontrent les bons effets de cette substance.
On administre la poudre en pilules à la dose de 30 à 50 centigrammes, rarement plus, trois fois par jour. Son action est très-prompte.
On a aussi prescrit la préparation suivante :
*)£ Sabine 8 gram: Extrait aqueux d’aloès lsr,25.
Fer en poudre A gram. Mucilage de gomme adragant. 18r,50.
Mêlez. Faites des pilules de 10 grammes. Dose : de trois à quatre, deux ou trois fois par jour.
(1) Aran, Gazette médicale , 184A; — Gazette des hôpitaux, décembre 1845.
(2) Fantonetti, Annali univ. di medicina.
TRAITEMENT
LEUCORRHÉE IDIOPATHIQUE. —
Afons pourrions citer les astringents , comme Y alun, Y acétate de plomb , le tannin, Y extrait de ratanhia , la décoction de racine d'année recommandée par Delens, qui a cité à l’appui un cas peu concluant, parce que l’état de la malade n’est pas suffisamment décrit; l’infusion de busserole, de mille feuille ; Y acide hydroclilorigue ; le colchique , la noix vomique ; la ciguë, qui a sans doute été prescrite dans des cas où l’écoulement était dû à une affection organique, etc. On n’en finirait pas si l’on voulait donner la liste complète des médicaments proposés, et malheureusement le plus souvent sans que leur degré d’action puisse être suffisamment apprécié.
Formule rie Rust.
If Bol d’Arménie » ri “>4 «ram Oléo-saccharure de macis. 24Gr,00
Hydrochlorate deinagnésie. 1 a‘ ' Rhubarbe en poudre tsr,25
Mêlez. Faites une poudre. Dose: une cuillerée à thé, trois fois par jour.
Traitement loccd. — En même temps qu’on fait prendre ces remèdes à l’intérieur, ou prescrit généralement un traitement local plus ou moins actif, et qui consiste principalement en injections avec la plupart des diverses substances qui viennent d’être passées en revue.
Injections diverses. — Les injections avec 3 à 10 centigrammes de nitrate d'argent par 30 grammes d’eau sont assez fréquemment mises en usage. Mais dans cette prescription les auteurs ont eu principalement en vue les blennorrhagies chroniques, en sorte qu’il serait impossible de se prononcer rigoureusement sur la valeur de ce moyen dans les cas particuliers dont nous nous occupons. Legrand a vanté les bons effets d’une pommade au nitrate d’argent (de 1 à 5 centigrammes de sel pour 1 gramme de cérat sans eau), qu’on porte dans le vagin avec le doigt introduit dans un nouet de linge où se trouve le médicament (1). Rien ne prouve que ce moyen ait plus d’efficacité que les injections.
A. Nélaton (2) se sert avec beaucoup de succès des injections avec le sulfate de cuivre, faites connue il suit :
^ Sulfate de cuivre 1 gram. | Eau ' à00 gram.
Une injection matin et soir.
Girtanner employait la potasse caustique en solution, de la manière suivante :
’Jf Potasse caustique 30 gram. | Opium pur 20 gram.
Faites dissoudre dans :
Eau pure de 300 à 600 ou 900 gram.
suivant qu’on veut agir avec plus ou moins d’activité.
Pringle recommandait l’injection suivante :
^ Sulfate de zinc 8 gram. | Alun calciné S gram.
Faites dissoudre dans :
Eau pure 500 gram.
(T) Leginnd, .Voie sur le traitement local de la leucorrhée ( bulletin de l'Académie ne médecine, 27 octobre 1846) — Voy Gazette médicale, 2 janvier 1847.
(2) Nélaton, Journal des connaissances médico-chirurgicales, lBr décembre 1852 Valleix, 5e édit. y 4
MALADIES DES FEMMES
Baume de copuhu. — Tathlei (1) emploie en injections jusqu’à 150 'grammesde baume de copahu uni à 260 grammes d’émulsion d’huile d’amandes douces et de gomme arabique, il faut, pour que ces injections réussissent, que le liquidesoit en contact avec toute l’étendue de la muqueuse vaginale, et par conséquent qu'elles soient faites les malades étant couchées sur le dos, les jambes et les cuissesfléchies.
Les injections avec Y ammoniaque étendue d'une grande quantité d’eau (2); avec une solution de borax , de sulfate de soude (Trousseau); avec le chlorure de chaux , l 'eau de chaux , la décoction de noix de galle , d 'écorce de chêne , de feuilles de noyer, ont été également pratiquées.
Reclam (3), après avoir énuméré les différents moyens employés contre le catarrhe utérin, depuis les injections d’eau jusqu’au fer rouge, rejette toutes ces médications comme maladroitement systématiques, et en propose une qui s’adresse, selon lui, à la cause même du mal. Voici en quoi elle consiste : Étant admis que « les écoulements utérins reconnaissent pour origine un état particulier des nerfs de la matrice, c’est à ces derniers que la thérapeutique doit s’adresser. Or, les nerfs de l’utérus viennent du plexus hypogastrique; le vagin, au contraire,, emprunte quelques filets aux troisième et quatrième paires sacrées. Mais, poursuit l’auteur, nonobstant cette particularité anatomique, tous les praticiens connaissent l’influence réciproque que les nerfs de la queue-de-cheval et les organes génitaux exercent les uns sur les autres. » Aussi a-t-il été conduit à appliquer les moyens révulsifs vers la partie inférieure du canal vertébral.
Nous verrons, aux articles Dysménorrhée et Névralgie utériive, la raison des succès obtenus par Reclam et par Mitchell, qui emploie la cautérisation lombaire au fer rouge dans les mêmes circonstances. Nous avons signalé, en effet, la névralgie loinbo-utêrme comme une cause de leucorrhée, et c’est en guérissant la névralgie par ces moyens qui lui conviennent si bien, que ces auteurs ont guéri les écoulements utérins. Ces faits sont donc une confirmation éclatante de ce que nous avions annoncé, et nous verrons que d’autres médecins, et entreautres Malgaigne et Beau, sont arrivés à des résultats analogues.
Cautère actuel. — Mitchell [h) a guéri un grand nombre de malades affectées de leucorrhée utérine ou de dysménorrhée par Y application du cautère actuel d la région lombaire. Ces faits ne surprendront pas le lecteur, s’il se rappelle ce que nous avons dit relativement aux douleurs névralgiques lombo-abdominales qui simulent les maladies d<* l’ utérins, et aux écoulements qu’elles déterminent. Depuis que nous avons fixé l’attention sur cette forme complètement méconnue de la névralgie utérine, les faits qui paraissent le plus inexplicables s’expliquent avec la plus grande facilité; mais Mitchell ne savait pas encore qu’il avait affaire uniquement à une névralgie lombo-abdominale, avec irradiation vers l’utérus, et congestion ainsi que leucorrhée consécutives ; autrement il aurait vu qu’il guéris-
(1) TadJei, Bolletino dette scie ma medischc di Hologna, 1847.
(2) Merat fit Delens, Diction ». universel de mat. méd. et de thérapeutique. Paris. 1829, t. I, p- 235.
(3) Reclam, toc. cit. •
(4) Mitchell, Dublin med. Press, et Journal des connaissances médico-chirurgicales,.
évrier 1847.
LEUCORRHÉE IDIOPATHIQUE —TRAITEMENT. 51
sait la maladie comme on guérit les autres névralgies, en cautérisant les sources de la douleur.
Constatons néanmoins que dans ces faits, qui confirment si bien ceux que nous avons rapportés nous-même (1) et ceux que, plus tard, Malgaigne (2) a fait connaître, le traitement a eu un succès remarquable contre un mal regardé comme très-rebelle par tous les pathologistes. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que la cautérisation superficielle du col lui-même a les mêmes avantages, sans avoir les inconvénients de ces cautérisations lombaires, et que V incision des lèvres du col, faite par Malgaigne, n’a pas moins bien fait cesser la maladie.' Nous reviendrons silices faits à propos de la névralgie utérine. Quant à présent nous nous bornerons à exposer la manière d’agir de Mitchell.
Après avoir chauffé le bouton de cautère avec une lampe à alcool, il l’applique à coups répétés sur la peau du dos : il prolonge d’autant plus le contact, que le fer est moins chaud. Il a l’habitude de toucher les téguments de la région lombaire à douze places distinctes, quatre de chaque côté, et quatre sur les apophyses épineuses mêmes.
Mitchell a employé celte méthode plus de soixante et dix fois déjà dans des cas de leucorrhée utérine, d’hystérie et de dysménorrhée, se rattachant à cette affection. Plusieurs de ces malades avaient des douleurs lombaires telles, qu'elles ne pouvaient marcher. Chez toutes, la leucorrhée utérine était ancienne et avait résisté à divers moyens thérapeutiques. Presque toutes ont guéri, la plupart après une seule application.
La douleur est l’élément morbide qui cède le pins rapidement à cette médication, et jamais le succès n’est plus certain que lorsque cet élément prédomine, ce dont on s’assure en pressant le museau de tanche avec le doigt. Lorsqu’il y a des granulations au col, il est quelquefois besoin de toucher celui-ci avec le nitrate d’argent ; mais la douleur a déjà cédé à 1’application seule du cautère actuel.
On le voit, il n’y a rien là que de confirmatif de tout ce que nous avons avancé sur les douleurs névralgiques de l’utérus simulant une affection organique.
Traitement prophylactique. — Plusieurs auteurs se sont occupés du traitement prophylactique, mais ils se sont bornés à donner des conseils qui n’ont d’autre base que les opinions qu’ils s’étaient faites sur l’influence des diverses causes énumérées plus haut. Il suffit, par conséquent, de dire d’une manière générale que l’éloignement de ces causes constitue le traitement prophylactique. Nous ajouterons seulement que le séjour à la campagne, l’insolation, l’usage de légers toniques, des amers, une nourriture saine et succulente, sont, parmi les moyens préservatifs, ceux qu’on emploie de préférence.
Résumé. — 1° Traitement général. — Toniques, ferrugineux, balsamiques, styrax, poivre cubèbe, iode, seigle ergoté, sabine, astringents, moyens divers.
2° Traitement local. — Injections, caustiques, astringents, révulsifs, cautère, etc.
3U Traitement prophylactique.
(1) Valleix, Bulletin général de thérapeutique,
(2) Malg.xigne, Revue médico -chirurgicale.
MALADIES DES FEMMES