ECZÉMA
§ I. — Définition, fréquence.
[L’eczéma est une affection de la peau, caractérisée par une éruption de vésicules acuminées, nombreuses, agglomérées sur des surfaces plus ou moins étendues. Ces vésicules contiennent un liquide séreux et transparent; quelquefois elles s’affaissent après qu’il a été résorbé; mais, le plus souvent, au bout d’un temps variable, quoique ordinairement assez rapide, elles se rompent et le liquide se concrète en croûtes plus ou moins épaisses.
La dénomination d’eczéma, donnée par Willan, a été conservée généralement par les auteurs modernes, et, sauf plusieurs points de détails sur lesquels nous aurons occasion de revenir, elle a été prise par presque tous dans la même acception. Cette désignation correspond à Yherpes squamosus madidans d’Alibert.
Quant à la fréquence de l’eczéma et à la difficulté qu’on éprouve souvent à triompher d’une affection aussi rebelle, elles expliquent suffisamment l’intérêt qui se rattache à son étude. ]
Dans un relevé fait par Marcel, sur un total de 460 malades entrés, dans une période de neuf mois, à l’hôpital Saint-Louis, dans le service de Devergie, l’eczéma compte pour un tiers.
§ II. — Causes.
1“ Causes prédisposantes. — L’eczéma se montre à tout âge. C’est à l’époque de la première et de la deuxième dentition, dit Rayer (1), que les enfants en sont spécialement atteints. L’âge critique chez les femmes paraît prédisposer à cette affection. Les adultes en sont plus souvent affectés que les' vieillards, et les individus à peau fine et délicate y sont particulièrement sujets.
Il se développe plus fréquemment dans les saisons chaudes de l’année. Mulle constitution, nul tempérament n’en paraît exempt.
[ Quant à la nature de l’eczéma considéré comme symptomatique de maladies constitutionnelles, lesquelles créeraient alors pour le malade une véritable prédisposition, la plupart des dermatologistes ne sont pas d’accord sur ce sujet; en ellet, pour ne prendre que parmi les plus modernes, tandis que Hardy (1860) voit dans l’eczéma l’une des affections cutanées « qui prennent leur origine dans un vice particulier de l’économie qu’on peut appeler diathèse dartreuse » ; tandis que Bazin (1862) reconnaît l’existence de la même affection, « comme symptomatique de trois maladies constitutionnelles (la scrofule, la dartre, l’arthritis) »; tandis,
(1) Rayer, Truité des maladies de la peau. Paris, 1835, 2e édit., t. I, p. 400.