‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 18 sur 494 · MALADIES DE L’UTÉRUS · texte numérisé non relu

MALADIES DE L’UTÉRUS

[ Nous décrirons les maladies de l’utérus dans l’ordre suivant : Aménorrhée dysménorrhée , métrorrliagie, congestions utérines, métrite puerpérale , métrite externe ou du col, métrite interne ou catarrhe utérin, fongosités utérines, métrite parenchymateuse et engorgements, hypertrophie de l'utérus, hypertrophie, cancer, physomé trie, hydrométrie, ruptures, névralgies de l'utérus. Les déviations de cet organe seront traitées dans le chapitre suivant.

ARTICLE PREMIER

AMÉNORRHÉE.

Sous la dénomination d'aménorrhée, prise dans sa plus large acception, peuvent se ranger tous les cas dans lesquels le flux ménorrhéique fait défaut, quelles que soient d’ailleurs les causes de son absence. Or, celles-ci, infiniment variables entre elles, peuvent cependant être rangées en deux groupes qui permettent d’en mieux saisir le mécanisme, et qui, en pratique, conduisent plus sûrement aux indications thérapeutiques appropriées à la circonstance.

Les deux groupes de cas qui peuvent se présenter à l’observation sont les suivants :

1° Les règles n’ont jamais paru.

2° Les règles ont déjà paru et ont cessé de se montrer.

Chacun de ces deux groupes commande des recherches spéciales et des recherches communes à l’un et à l’autre. Or, le premier groupe comprend des cas dont l’étiologie peut être différente : 1° L’aménorrhée est due à une malformation congénitale ou acquise; 2° l’aménorrhée n’est le résultat d’aucune malformation, elle est symptomatique d’une modification dans l’état du sang. Le second groupe comprend les cas dans lesquels il y a eu suppression des règles, soit brusquement, soit d’une manière chronique.

Nous avons donc à étudier successivement : 1° V aménorrhée due à une malformation congénitale ou acquise; 2° Y aménorrhée symptomatique d'une modification dans l'état du sang; 3° la suppression de la menstruation. Enfin, nous aurons à dire quelques mots des cas d 'aménorrhée avec leucorrhée utérine supplémentaire.

On sait qu’aujourd’hui les physiologistes regardent généralement les ovaires comme les agents efficients de la menstruation ; cette manière de voir paraît confirmée par les importantes modifications que subissent ces organes à l’époque de la puberté ou à celle de la ménopause; et les faits dans lesquels une femme ayant subi l’extirpation de ses deux ovaires, on a vu cesser la menstruation jusque-là persistante, viennent encore à l’appui de cette interprétation physiologique. Aussi, en pathologie, doit-on restreindre l’application du terme aménorrhée aux cas dans

AMÉNORRHÉE.

lesquels l’écoulement du sang menstruel, élément accessoire de l’importante fonction physiologique de l'ovulation , fait défaut par le fait même de l’absence de cette fonction. A côté de ces cas, on doit cependant placer encore, pour les en distinguer mieux, ceux où, l’ovulation s’effectuant, cette fonction n’est pas accompagnée d’une congestion suffisante pour donner lieu h l’hémorrhagie menstruelle. Ici, pour mieux répondre au but du livre, nous devons examiner tous les cas dans lesquels manque l’écoulement menstruel, et, dans l’étude des causes de son absence, nous rechercherons s’il y a aménorrhée par défaut d’ovulation (aménorrhée proprement dite), ou, si cette cause a pu être écartée, à quelle autre il convient de rattacher la non-apparition ou la suppression du flux ménorrhéique.

I. I>c l'aménorrhée «lue à une malformation congénitale ou acquise.

— Les malformations congénitales ou acquises, capables d’empêcher l’écoulement menstruel d’avoir jamais paru, peuvent porter sur l’appareil essentiel de l’ovulation, ou sur l’un des points du conduit utéro-vaginal et de la vulve.

L’absence congénitale des organes génitaux internes peut être complète, et tontes les conditions essentielles de la fonction menstruelle font défaut à la fois ; il en est de même à la suite de l’extirpation simultanée des ovaires et de l’utérus. La seule absence congénitale ou l’extirpation de ce dernier organe entraîne le défaut de menstruation proprement dite; mais il y a parfois un écoulement sauguin, à retours périodiques mensuels, fourni par les parois du vagin ou de la vulve. Enfin, l’absence des ovaires a paru toujours emporter avec elle, en même temps que le défaut d’ovulation, celui d’écoulement sanguin menstruel; cependant Kœberlé a cité deux faits dans lesquels on aurait observé, au moins une ou deux fois, le retour des menstrues à la suite de l’extirpation des deux ovaires (1). Aux causes précédentes il convient d’ajouter l’absence des trompes ou leur oblitération ; car, dans ces circonstances, les rapports intimes, les relations directes des ovaires et de la matrice se trouvent nécessairement brisés (2).

Ces faits, qui constituent les circonstances étiologiques de l’aménorrhée proprement dite, sont presque les seuls qu’on ait à noter, quand les règles n’ont jamais paru.

Il en est d’autres qui déterminent, non plus l’aménorrhée par défaut d’ovulation, mais Y aménorrhée par rétention du flux ménorrhéique ; ils consistent dans 1 imperméabilité du col utérin ; dans l’oblitération de l’orifice de cet organe ; l’absence du vagin, l’adhérence réciproque des parois de ce conduit, l’occlusion de son orifice par des adhérences morbides, des fausses membranes ou un hymen im perforé.

La différence capitale entre ces deux groupes de faits tient à ce que, dans le picmier cas, la congestion sanguine fait défaut, tandis que, dans le second, l'ovulation et 1 écoulement du sang menstruel se faisant, le flux sanguin ne peut trouver issue au dehors.

(1) Kœberlé, cité par E. Fritz, Dict. encyclop. des sciences médicales , t. III, p- 590. Paris, 18G5.

(2) Bernutz, \ouv. Dict. de mèd. et de chirurg. pratiques. Paris, 1864, t. II, art. Aménorrhée. — Nonat, Maladies de l’utérus, Paris, 1860, p. 581.

MALADIES DES FEMMES

bU

La femme qui se trouve dans le premier cas peut jouir d’une santé parfaite, son corps être régulièrement développé, la circulation active et régulière, et toutes les fonctions organiques (la menstruation exceptée) en parfait équilibre.

Quand, au contraire, l’issue des règles est seule empêchée par un obstacle mécanique à leur écoulement, l’utérus peut se distendre d’une façon alarmante. « Alors la santé souffre beaucoup, les signes extérieurs de la puberté existent, mais la malade pâlit, maigrit, s’étiole, perd l’appétit; elle a des douleurs dans le ventre et dans le dos; l’abdomen augmente de volume tous les mois, devient douloureux. Ces efforts périodiques nous permettront de distinguer l’absence de l’utérus de celle des ovaires, ou de l’imperméabilité des canaux excréteurs. Aussi, toutes les fois qu’il se produira un molimen hémorrhagique, il faudra procéder à un examen rigoureux (1). »

II. Aménorrhée symplomaliqnc d’une modification dans l'état du sang.

— Il faut d’abord faire ici la part des menstruations tardives. Les recherches de Brierre de Boismont, de Scanzoni (2) et de quelques autres auteurs ont, en effet, démontré que si, en dehors de tout état pathologique de l’organisme, dans les climats tempérés, la menstruation s’effectue en moyenne vers l’âge de quinze ans, on ne saurait toutefois considérer comme pathologiques les cas où elle est retardée jusqu’à dix-sept ans et même plus.

Or, tant qu’il n’y a aucun phénomène morbide dans les cas de retard, on ne peut pas dire qu’il y a aménorrhée, et l’on peut ainsi considérer connue sans danger le retard de l’apparition des règles jusqu’à l’âge de vingt à vingt et un ans environ. Mais, dans le cas contraire, il faut savoir reconnaître l’existence d’une influence perturbatrice.

Parmi les causes de la menstruation tardive, il faut noter le retard du développement des organes sexuels internes, les maladies prématurées des ovaires et de l’utérus , la chlorose et les diathèses scrofuleuses et tuberculeuses. Dans la plupart de ces cas, les signes de la puberté sont tardifs eux-mêmes, et il ne saurait être douteux que l’ovulation n’a pas lieu; il y a inaptitude à la génération.

Mais, dans d’autres circonstances, la fonction est seulement incomplète par l’absence de l’un de ses éléments, l’écoulement sanguin; l’ovulation se fait, et, malgré le défaut des règles, la conception est possible. Scanzoni cite le fait suivant : Une jeune bile, âgée de vingt-deux ans, chlorotique et non encore réglée, mourut d’une pneumonie. À l’autopsie, on trouva dans l’ovaire une vésicule de de Graaf (pii s’était rompue peu de temps auparavant et contenait un caillot de sang encore frais. De plus, les deux ovaires présentaient un grand nombre de cicatrices, signes certains de tout autant de ruptures vésiculaires antérieures. Racle a connu lui-même une dame qui ne fut jamais réglée, qui eut trois enfants et mourut tuberculeuse vers l’âge de trente ans.

Le diagnostic de la menstruation tardive est assurément très-difficile relativement au point de savoir si l’ovulation existe ou n’existe pas. Cependant il est évident

(1) F). Churchill, Traité pratique des maladies des femmes, trad. de l’anglais, par \\ ieland et ilubrisay, Paris, 1866, p. 195. — Voyez aussi Bcrnutz, Nouv . Dict. de méd. et dechirurg. pratiq., t. Il, art. Aménorrhée. Paris, 1864.

(2) Scanzoni, Maladies des organes sexuels de la femme. Paris, 1858, p. 263 et suiv.

AMÉNORRHÉE.

<]ue. dans le premier cas, il doit y avoir développement pubère manifeste, et, périodiquement, des accidents indiquant la congestion utéro-ovarienne ; dans l’autre

cas, ces manifestations doivent manquer.

S’il y a retard pur et simple de la menstruation, nous croyons que le médecin doit s’abstenir de tout traitement. Si, au contraire, les signes de puberté et de congestion utérine se manifestent, il faut, par des moyens appropriés, aider à l’écoulement du sang, car la congestion de l’utérus, non dissipée par un flux sanguin, pourrait devenir cause de lésions inflammatoires ou d’altérations chroniques de l’utérus et de l’ovaire.

III. De la suppression de la menstruation. — Avant de traiter de la suppression brusque ou chronique des règles, il est bon de rappeler que, chez certaines femmes, l’utérus et les ovaires peuvent subir prématurément l’atrophie (involution), qui ne survient habituellement, comme phénomène physiologique, qu’à un âge plus ou moins avancé. L’écoulement menstruel cesse alors au bout de quelques années seulement d’activité des fonctions sexuelles, à vingtcinq ans, à trente ans, par exemple. On a attribué cette rapide déchéance à diverses causes, et l’on est porté à la soupçonner quand l’établissement de la menstruation a été hâtif; quand il y a eu antérieurement une maladie grave, débilitante, et une convalescence prolongée ; à la suite d’accouchements nombreux et rapprochés, qui sont une cause de flétrissure des organes génitaux ; enfin lorsque la ménopause est habituellement prématurée chez les ascendantes de la même famille.

Ainsi que dans le cas précédent, le diagnostic est difficile ; mais il s’éclaire surtout dans le cas où il n'y a pas de congestion périodique de l’utérus, et dans ceux où il 11e survient aucun trouble local ou général par suite de la suppression des règles. Si la ménopause est réelle, bien que prématurée, la santé s’affermit; quelques femmes maigrissent, d’autres engraissent ; le tempérament change; enfin, le caractère devient plus ferme, plus viril, la femme est devenue un être neutre.

Entrons maintenant dans l’élude des suppressions pathologiques proprement dites. ]

Personne n’a mieux recherché les causes occasionnelles de l’aménorrhée par suppression que Brierre de Boismont (1); aussi lui emprunterons-nous en grande partie les détails suivants : « On peut, dit-il, réduire à trois chefs l’ordre suivant lequel se manifeste cette aménorrhée. Les causes sont physiques , morales, inconnues. Voici, dans les 190 observations que nous avons recueillies, comment les faits sont divisas :

Causes physiques 68

— morales 92

— inconnues 30

» De toutes les causes physiques, la plus fréquente est Y action du froid. Les règles s arrêtent par l’immersion des pieds, des mains, du corps, dans Veau froide La suppression d’un vêtement habituel, le refroid issement lorsqu'on

(I) Brierre de Boismont, De la menstruation. Paris, 18/42, p. 302.

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est en sueur, déterminent cet accident. La suppression de la sueur des pieds a produit plusieurs fois l’aménorrhée (Mondière).

» Les coups, les chutes, les travaux, les indigestions, les fatigues. Valus des médicaments, sont encore au nombre des causes que nous avons observées, mais leur action est bien plus circonscrite, il y a des femmes chez lesquelles V usage des garnitures amène la suppression des règles...

» Les causes morales sont peut-être plus nombreuses que les précédentes. La peur, la frayeur, les grandes émotions, la colère, sont celles qui agissent le plus ordinairement. Les passions entraînent aussi très-souvent l’aménorrhée. Stahl(l) est d’avis que l’aménorrhée produite par les causes morales, et surtout par la peur , est une des plus fréquentes. »

Dans un nombre assez considérable de cas, l’aménorrhée a lieu sans causf appréciable. Ces cas sont ceux dans lesquels on n’observe d’abord qu’une simple diminution du llux menstruel, portant soit sur son abondance, soit sur sa durée* soit, ce qui est plus ordinaire, sur l’une et l’autre à la fois.

Il résulte de ce qui vient d’être dit que la cause habituelle de l’aménorrhée produit ordinairement une suppression subite des menstrues.

On ne peut regarder comme des aménorrhées réelles que les cas où les règles, après s’être supprimées dans le cours d’une époque menstruelle, ne se reproduisent pas à une ou plusieurs des époques suivantes. S’il en était autrement, il n’y aurait qu’une suppression passagère dont l’importance serait moins grande.

René Vanoye(2) a cité un cas dans lequel l’aménorrhée était évidemment due à la présence de vers lombrics dans les intestins. Quelques vers ayant été rendus à la suite de l’emploi du calomel et des purgatifs résineux, les authelminthiques furent administrés, imcquantitc très-considérable d’entozoaires fut rendue, et les règles, que n’avaient pu rappeler les emménagogucs les plus actifs, se rétablirent parfaitement.

[ « Enfin, une excitation particulièrement vive des organes génitaux paraît être suivie parfois de la cessation de l’écoulement menstruel pendant un certain nombre de mois. C’est probablement à cette cause qu’il faut attribuer l’absence d’écoulement menstruel que l’on observe parfois pendant deux ou trois mois chez dejeunes mariées, et qui en a imposé plus d’une fois pour une grossesse commençante. » (E. Fritz).] Parent-Duchâtelet a vu, dans ses relevés, que les filles publiques étaient sujettes à des alternatives d’aménorrhée et de métrorrhagie auxquelles on ne pouvait attribuer d’autre cause (3).

[Parmi les causes qui peuvent donner lieu à la suppression brusque des règles, signalons toutes les maladies aiguës fébriles dont l’invasion a icu pendant les règles. Selon Hérard (/i), qui a signalé tout particulièrement ce phénomène, la suppression peut être complète ou incomplète. Les malades, dans ce cas, sont portées à accuser ia suppression d’être la cause du développement des accidents fébriles, contraire-

(1) Sthal, Theor. mcd. vera, pars xix, p. 588.

(2) René Yanoye, Annales de Houlcrs, 5elivr., t8é(J. ,

(3) Parent-Duchâtelet, De la prostitution dans la ville de Paris , 3' édition. Paris, 18u/.

(4) Hérard, Mém. sur l’influence des maladies aiguës fébriles sur les réglés, lu a la

Société médicale des hôpitaux de Paris, et inséré dans scs Actes, 2,nc fascicule, 18o-.

AMÉNORRHÉE. — SYMPTÔMES. 57

ment à ce qui existe. Dans quelques cas où une maladie aiguë fébrile bien caractérisée se déclare après la suppression des règles, il faut y voir une conséquence du refroidissement subit qui a déterminé la suppression elle-même (1).]

§ I. — Symptômes.

Il faut avoir égard, dans la description des symptômes : 1° aux phénomènes qui surviennent immédiatement après la suppression des menstrues ; 2° à ceux qui se produisent lorsque le flux menstruel ne se reproduit pas, et 3° à ceux qui accompagnent la diminution graduelle de l’hémorrhagie mensuelle.

1° Il n’est pas très-rare de voir une suppression subite des règles avoir lieu sans qu’il survienne de symptômes notables.

Dans les cas ordinaires, on observe, au contraire, des phénomènes marqués.

Douleurs lancinantes du bassin, s’irradiant plus ou moins loin comme dans la dysménorrhée ; pesanteur vers le périnée, coliques utérines; malaise général, inquié lude, lassitude, pandiculations, horripilations, vertiges, troubles de la vue, tristesse, pesanteur de tète, dégoût pour les aliments, digestions difficiles, flatuosités.

Il est ordinaire de voir, après le temps nécessaire pour l’accomplissement de la fonction menstruelle, les symptômes qui viennent d’être indiqués se calmer, sinon disparaître entièrement. Lorsqu’ils persistent à un haut degré, ils consistent dans le malaise, la faiblesse, et souvent dans une tuméfaction du ventre, avec sonorité, ou, en d’autres termes, en un ballonnement plus ou moins considérable, qui a cela de remarquable, qu’à certains moments il disparaît tout à coup ou très-rapidement, pour se reproduire ordinairement au bout d’un temps plus ou moins long.

2° A l’époque menstruelle suivante, on voit le plus souvent se produire les accidents qui ont suivi la suppression, et, de plus, certains phénomènes sympathiques qui annoncent l’éruption des règles: le gonflement des mamelles, par exemple. Puis ces symptômes s’apaisent de nouveau, pour se montrer encore un plus ou moins grand nombre de fois aux époques suivantes. Il n’est pas très-rare cependant de voir l’époque menstruelle qui vient après la suppression, se passer sans aucun phénomène, et l’aménorrhée s’établir sans aucun accident. Dans un plus grand nombre de cas, ce n’est qu’après plusieurs époques que l’aménorrhée existe ainsi sans aucun autre signe que la suppression de l’hémorrhagie périodique.

3° Quant à l’aménorrhée qui survient progressivement et qui se manifeste, souvent sans cause appréciable, par une diminution de plus en plus considérable du flux menstruel, elle peut avoir lieu sans autre signe remarquable, comme aussi elle peut présenter à un degré variable les symptômes dysménorrhéiques qui viennent d’être passés en revue. .

Lorsque l’aménorrhée est établie depuis un certain temps, on peut n’observer aucun symptôme, toutes les fonctions, sauf l’écoulement menstruel, se faisant normalement.

Mais ordinairement les femmes accusent un état maladif plus ou moins intense.

(1) Wieland et Dubrisay, annotation à la page 206 de Fl. Churchill, loc. cit.

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Si la suppression est complète, ce sont surtout les phénomènes généraux qui attirent l’attention. La malade est affaiblie, dans un étal de langueur notable, et elle présente les signes (pie nous avons décrits aux articles Anémie et Chlorose. Peuton attribuer, en pareil cas, l’apparition de l’anémie à l’aménorrhée? Cette question paraît d’une solution bien facile au premier abord ; mais si l’on examine attentivement les faits, on voit que la chlorose peut être le résultat de l’aménorrhée, comme l’aménorrhée peut être l’effet de la chlorose.

Une des suites les plus curieuses de l’aménorrhée idiopathique est, sans contredit, l 'hypertrophie de tous les tissus. Dans deux cas il y eut suppression subite des menstrues par suite d’une vive émotion morale. Tout le corps avait pris un développement énorme, surtout chez la première malade (la nommée Marianne, qui est restée plusieurs années à l’Hôtel-Dieu). On observait en même temps des phénomènes nerveux, et il y avait eu des accidents multipliés aux époques menstruelles qui avaient suivi la suppression (1).

On a cité encore, comme résultant de l’aménorrhée, divers états morbides qui sont plus curieux qu’utiles à connaître pour la pratique. Nous nous bornerons par conséquent h signaler la coloration bleue du corps (2), la couleur noire de la peau (3), des douleurs ostéocopes qui résultent au traitement mercuriel (cas observé par Gendrin).

Des conséquences plus graves, également signalées par Brierre de Boismont, peuvent résulter de l’aménorrhée. Ce sont diverses maladies mentales : manie, lypémanie, etc., ou encore Y hydrophobie, et enfin des nécroses très-variées. Il est vrai que l’on peut se demander si quelquefois on n’a pas regardé comme s’étant produites mutuellement des affections qui étaient toutes les deux sous la dépendance d’une cause générale incomplètement recherchée; mais n’y eût-il qu’un très-petit nombre de faits dans lesquels le doute ne soit pas possible, le praticien doit toujours avoir présente à l’esprit la possibilité de ce rapport entre l’aliénation mentale et l’aménorrhée, car l ien n’est plus important pour la thérapeutique. Nous insistons sur ce point, parce que les hommes qui se sont occupés avec le plus de succès de l’aliénation mentale, et notamment Iisquirol, ont accordé une grande influence aux maladies de l’utérus sur les troubles de l’intelligence.

§ II. — Marche, durée et terminaison de la maladie.

Nous avons vu que l’aménorrhée qui s’établit après une suppression ne présente pas ordinairement cette progression que l’on observe dans celle qui se produit spontanément. Cependant il est quelques cas où il en est ainsi. À la première époque, après la suppression, l’effort menstruel que nous avons vu exister ordinairement, peut être suivi de l’expulsion d’une certaine quantité de sang qui diminue ensuite à chaque nouvelle époque, jusqu’à ce que l’aménorrhée soit complète. Quelquefois on n’observe que cette simple diminution. On voit parfois, et c’est ce que l'on a constaté principalement chez les fdles publiques, une aménorrhée de courte durée (deux, trois ou quatre mois) être suivie d’une

(1) Brierre de Boismont, obs. 104 et 105, toc. cit.

(2) Brierre de Boismont, Menstruation, p. 221.

(3) Journal (te médecine de Corvisart , t. V.

AMÉNORRHÉE. — LÉSIONS ANATOMIQUES. 50

véritable ménorrhagie, puis se reproduire pour se terminer encore par le même accident.

La durée de l’aménorrhée ne peut être limitée. Celle qui s'établit brusquement, par suppression, dure moins longtemps, sous l’influence d’un traitement approprié, que celle qui s’est manifestée lentement et sans cause appréciable ; mais il y a de nombreuses exceptions à cette règle.

Il est assez rare de voir l’aménorrhée, et surtout celle qui a suivi une suppression des règles, se prolonger pendant toute la vie. Le plus souvent, soit spontanément soit, ce qui est bien plus ordinaire , sous l’influence d’un traitement actif, les règles se rétablissent, et, comme nous l’avons vu plus haut, on a quelquefois à craindre que ce rétablissement n’ait lieu par une ménorrhagie.

£ III. — Lésions anatomiques.

Il n’est pas de lésion anatomique que l’on puisse attribuer en propre à l’aménorrhée. Sans doute, chez les femmes qui succombent après en avoir été atteintes, on trouve ordinairement des lésions importantes, soit du sang, soit de l’utérus, soit d’autres organes ; mais ce sont là les traces de la maladie sous la dépendance de laquelle s’est produite l’aménorrhée, et non de l’aménorrhée elle-même ; ce qui le prouve, c’est que, chez des femmes qui n’ont jamais été réglées, et même chez certaines qui ont vu disparaître leur flux menstruel établi depuis un temps plus ou moins long, on peut très-bien ne trouver aucune lésion, de quelque espèce que ce soit, qui ait le moindre rapport avec l’aménorrhée. Vigla a communiqué à Brierre de Boismont l’observation d’une femme de cinquante ans qui n’avait jamais été réglée, et qui ne présentait pour toute lésion qu’un petit kyste de l’ovaire droit, bien insuffisant pour expliquer l’aménorrhée.

[Avantd’aller plus loin, il nous paraît utile de dire quelques mots de V aménorrhée avec leucorrhée utérine supplémentaire.] Les recherches de Marc d’Espine (1) eL de Brierre de Boismont ont prouvé que la leucorrhée retarde parfois notablement l’apparition des règles. [Dans les faits que comprend ce paragraphe , la leucorrhée paraît au contraire constituer l’écoulement menstruel lui -même. <- En réalité, on a bien affaire, en pareil cas, à de l’aménorrhée, puisque l’écoulement sanguin n’a pas lieu, maison s’apercevra que l’utérus sécrèfe un liquide blanc. L’utérus lui-mêuie n’est pas en défaut; mais il est probable que les matériaux qui doivent fournir à la sécrétion sont insuffisants ; car on a le plus souvent affaire à des femmes d’une santé faible et délicate. C’est pourquoi on s’inquiète avec raison de l’apparition des règles, comme d’une espèce de crise d’où dépendra la bonne santé future des malades. Si l’on interroge avec soin les femmes, on apprendra que les signes de la menstruation se sont montrés régulièrement. La patiente a eu des douleurs périodiques dans le dos et les reins; elle a éprouvé des malaises, de la langueur, des pesanteurs au bas de l’abdomen, et cependant elle n’a pas eu ses règles, comme elle aurait dû les avoir. On pourrait faire une faute grave en traitant ces femmes comme atteintes d’aménorrhée simple; on devra donc faire une enquête plus approfondie, et 1 on apprendra qu’à l’époque indiquée elles ont eu un écoulement blanc plus ou moins abondant par le vagin. La durée de cet écoulement leucorrhéique

(1) Marc d’Espine, Arch. gèn. de mécl., 2e série, t. XI, p. 5, 305.

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dépendra surtout du succès de nos efforts à améliorer l’état général de la malade » (1). ]

§ IV. — Diagnostic, pronostic.

Une diminution notable de la quantité du sang, se montrant à un certain nombre d’époques menstruelles, ou bien une suppression complète du llux périodique, telle est la maladie. On ne pourrait, sous ce rapport, trouver de confusion possible qu’avec la dysménorrhée, qui s’accompagne assez souvent de la diminution du llux menstruel; mais une pareille difficulté ne saurait longtemps arrêter le médecin. Il suffit, en effet, de se rappeler qu’en pareil cas il y a réunion des deux affections, et tout embarras cesse aussitôt ; de cette manière on a trois états distincts: 1° les troubles nerveux, les douleurs vives, etc., accompagnant une menstruation suffisamment abondante: c’est la dysménorrhée simple; 2° ces mêmes accidents survenant dans le cours de menstrues notablement diminuées : c’est Y aménorrhée compliquée de dysménorrhée; 3° la diminution du flux menstruel sans accidents nerveux ou congestion’nels notables; c’est Y aménorrhée simple, qui se produit assez souvent sans cause appréciable. Or, ces trois états se distinguent facilement l’un de l’autre. Quant à Y aménorrhée complète, aucun doute ne peut s’élever sur elle.

La partie la plus importante du diagnostic est celle qui consiste à établir si l’aménorrhée est simple, idiopathique, ou si elle est sous la dépendance d’un état morbide ordinairement fort grave. Pour arriver à ce diagnostic, il faut se rappeler quels sont les états morbides dans lesquels la fonction menstruelle diminue d’activité ou cesse complètement de se faire. Or, nous trouvons d’abord les diverses affections chroniques, et surtout la phthisie et le cancer dans d’autres organes que l’utérus; puis fa chlorose etl’anémie, résultantdes causes diverses quiontété indiquées aux articles consacrés à ces affections ; puis les maladies de l'utérus, l’absence de cet organe, son atrophie, etc. Le praticien recourra aux descriptions des maladies que nous venons d’énumérer.

§ V. — Traitement.

Il est un certain nombre de circonstances capitales auxquelles il faut avoir égard. 1° On peut être appelé pour une suppression récente qui donne lieu à quelques-uns des accidents signalés plus haut; 2“ on a à traiter une aménorrhée à la suite de suppression ou survenue spontanément, qui donne lieu, pendant les époques menstruelles, à des troubles nerveux plus ou moins violents, ou à une certaine congestion résultant de l’effort hémorrhagique arrêté ; 3° il s’agit seulement de rétablir les règles supprimées ou notablement diminuées , sans qu’aucun effort hémorrhagique se manifeste ; U° enfin , on peut avoir à traiter ces divers états morbides que nous avons vus suivre l’aménorrhée , tels que les névroses , l’anémie, etc.

1° Accidents qui suivent de prés la suppression . — Lorsque, immédiatement ou peu de temps après une suppression, il survient, ce qui est le cas le plus ordinaire, des accidents que nous avons fait connaître dans la description des symptô-

(1) Fl. Churchill, Traité pratique des maladies des femmes, p. 203 et 204.

AMÉNORRHÉE. — TRAITEMENT.

mes, on doit d’abord, à l’aide de l’exploration directe, rechercher s’il y a engorgement de l’utérus. Si cette lésion existe, et c’est ce que l’on observe le plus souvent, on doit mettre en usage le traitement conseillé contre la congestion sanguine de l' utérus { l), et de plus quelques moyens particuliers. Ainsi, on prescrira des pédiluves sinapisés ; on fera exposer le siège de la malade à la vapeur de l’eau bouillante; on promènera des sinapismes sur le's cuisses , des ventouses sèches dans les mêmes points. On appliquera aux grandes lèvres, à l’anus, un petit nombre de sangsues (deux, trois ou quatre); on mettra en usage les moyens recommandés pour ramener le sang vers l’utérus en assez grande abondance pour le faire couler.

Il ne faudrait pas néanmoins insister sur ces moyens s’ils n’étaient pas suivis d’effet, caron courrait risque d’augmenter inutilement la congestion utérine; il ne faudrait pas davantage y avoir recours si l’on était appelé à une époque trop éloignée à la fois du moment de la suppression et de l’époque menstruelle suivante, car on n’aurait aucun espoir fondé de faire reparaître les règles. Il vaut mieux, en pareil cas, recourir à des émissions sanguines plus abondantes, aux émollients, aux narcotiques et aux antispasmodiques, pour faire cesser les accidents , attendant , pour agir dans le but de rétablir les menstrues, que la nouvelle époque menstruelle soit proche.

Lorsque les règles se sont supprimées par suite de l’impression vive du froid sur tout le corps, de l’immersion dans l’eau, etc., les sudorifiques et les excitants diffusibles sont spécialement recommandés. On prescrit l 'infusion de bourrache, de sureau, de menthe, de sauge, de romarin, etc.; les préparations où entre Yacétate d’ammoniaque ; Y éther ; des f umigations aromatiques générales ou partielles. On entoure la malade de vêtements chauds, et plusieurs médecins recommandent de prescrire un exercice assez actif, si les forces le permettent, et si le malaise, l’agitation, parfois un léger mouvement fébrile , ne viennent pas s’y opposer. Le rappel d’une transpiration locale supprimée se fait en entourant la partie de flanelle et de taffetas gommé, suivant la manière d’agir indiquée par Mondière pour reproduire la transpiration des pieds. On peut en voir les détails à l’article Épistaxis, (tome II, p.333).

2° Suppression plus ou moins ancienne, avec symptômes de congestion au moment des règles. — Le même traitement est parfaitement applicable aux cas où, pendant les époques qui suivent la suppression, des symptômes généraux et locaux d’éruption menstruelle difficile viennent à se manifester. Comme on connaît ordinairement la manière dont les choses se sont passées aux époques précédentes, on n’est pas obligé d’attendre , pour mettre en œuvre les moyens qui constituent ce traitement, que les accidents se soient produits ou aient pris un grand accroissement ; mais quatre, cinq ou six jours avant l'époque où les règles devraient apparaître, on prescrit les pédiluves, Yexposition du siège à la vapeur de l'eau bouillante, les sangsues en petit nombre , les narcotiques, les antispasmodiques; en un mot, un certain nombre des moyens précédents choisis suivant la prédominance de tel ou tel symptôme.

Dans le cas particulier dont nous parlons, on insistera davantage sur les moyens propres à produire vers l’utérus un effort hémorrhagique. On mettra surtout en

(1) Voyez l'article IY.

MALADIES DES FEMMES

usage (le légers emménagogues , et l’on aura recours à des topiques chauds sur les parties génitales, à des sinapismes promenés sur les cuisses, ou encore à des fumigations excitantes, la suivante par exemple :

if Absinthe

Armoise incisée

aa 30 grain.

Eau

bouillante

Faites infuser. Dirigez la vapeur vers les parties sexuelles.

Chrestien (1) est parvenu à rappeler |es règles, dans des cas où il y avait éréthisme nerveux, en faisant faire toutes les deux heures, sur les parties supérieures et internes des cuisses, des frictions avec une teinture antispasmodique qu’il prépare ainsi :

% Opium 40 centigr.

Alcool 32 gram.

Cette quantité pour être employée dans les vingt-quatre heures.

Gibson (2) cite plusieurs cas où, sous l’influence des inhalations de chloroforme, les règles reparurent chez des femmes atteintes d’aménorrhée ; aussi ce médecin n’hésite pas à recourir à ce moyen dans les cas de dysménorrhée ou d’aménorrhée par suppression, quand il n’existe pas d’inflammation.

3° Aménorrhée par atonie «les organes génitaux. — Les moyens mis en usage dans le but de rendre plus abondantes les règles notablement diminuées, ou de les rétablir lorsqu’elles sont supprimées, sont sans contredit les plus nombreux, car dès longtemps les médecins, frappés de la nécessité d’entretenir l’écoulement mensiruel, et des accidents si variés qui résultent de sa suppression, se sont efforcés d’enrichir la médication emménagogue. C’est surtout à Laide de substances prises à l’intérieur qu’on cherche à rétablir les règles; mais il ne doit évidemment être question ici que des médicaments qui, dans l’opinion de tous les médecins, ont une action spéciale sur l’utérus, et doivent être employés dans les cas d’aménorrhée idiopathique, ou, suivant l’expression de quelques auteurs, d’aménorrhée par atonie des organes génitaux.

Rue, sabine. — L’ infusion de ces substances, qui jouissent de la propriété emménagogue, est d’un usage général ; voici comment on les prépare ;

if Rue fraîche 4 gram. | Eau bouillante 1000 gram.

Faites infuser pendant dix minutes. A prendre par tasses, avec addition de quantité suffisante de sirop de gentiane pour chaque tasse.

if Sabine fraîche 2 ou 3 gram. | Eau bouillante 1000 gram.

Faites infuser, et administrez ut supra.

Si l’on faisait l’infusion avec les plantes sèches, il faudrait réduire de moitié la dose de la substance médicamenteuse.

Desbois (3) recommandait vivement la potion suivante qui a eu une assez grande

(1) Chrestien, Journal des coiinaiss. méd.-chir., 15 juin 1852.

(2) Gibson, Philadelphia med. Examiner, 1852.

(3) Alibert, Éléments de thérapeutique, t. II.

AMÉNORRHÉE — TRAITEMENT. 6 S

réputation, et dans laquelle Y armoise se trouve jointe aux substances qui viennent d’être indiquées :

y Huile essentielle de rue . . . j aa 30 cenli„. 1 Sucre 30 gram.

de sabine . ) 1

Triturez dans un mortier de verre, et ajoutez .

Eau distillée d’armoise 160 gram. 1 Eau distillée de fleur d'oranger. 16 gram.

Dose • une cuillerée toutes les deux heures.

Tommasim (1) recommandait d’unir la sabine à la dose de lgr,25 à de tites doses d ’aloès.

La rue se donne également en potion, ainsi qu’il suit. Par exemple :

pe-

qf Eau distillée de menthe j

poivrée. .. aa 60 gram.

— de rue. . . . )

Teinture de safran 20 gouttes.

Sirop d’armoise.

30 gram.

Mêlez. A prendre par cuillerée toutes les deux heures.

On ne donnera ces médicaments que dans des cas où l’on est bien sûr qu’il n’y a aucune congestion de l’utérus, ou, si cette congestion existe, et si l’on pense que l’effort hémorrhagique a besoin d’être un peu augmenté, on agira avec beaucoup de ménagements, car, ainsi que l’ont constaté beaucoup de praticiens, et Soyer en particulier (2), si l’on manque de prudence dans un cas semblable, on peut occasionner les plus graves accidents. Ces accidents, dans un cas cité par Soyer, allèrent jusqu’à la plus grande agitation, à une fièvre ardente, au délire et aux syncopes.

Après ces emménagogues proprement dits, auxquels il faut joindre Y armoise, nous citerons les plantes aromatiques que nous avons déjà mentionnées, la safran, de légers purgatifs, etc.; médicaments qui n’ont qu’une action adjuvante, et dont l’administration est des plus faciles.

[Marrotte (3) et, après lui, Corlieu (U), ont préconisé l’emploi de Yapiol dans le traitement des aménorrhées simples, lorsqu’il semble n’y avoir d’autre indication à remplir que d’agir sur la circulation utérine, sur son appareil vaso-moteur, et de solliciter, par son intermédiaire, les vaisseaux à laisser échapper le sang. On administre alors l’apiol en capsules, qui en renferment chacune 25 centigrammes, et l’on donne une capsule le matin et une autre le soir. On continue ce traitement pendant toute la durée des règles. (Pour plus de détails sur cet agent thérapeutique, voyez plus loin, art. Dysménorrhée). ]

Chapman et Morris (5) conseillent la décoction de polygala senega à la dose de h onces (120 grammes) plus ou moins dans les vingt-quatre heures, et en élevant quelquefois la dose à 2 onces (60 grammes) toutes les heures à l’approche de l’époque menstruelle, mais en laissant ordinairement un intervalle d’une semaine ou deux, afin de ne pas dégoûter les malades.

(1) Voy. . tournai hebdomadaire de médecine, 1831.

(2) Soyer, Essai sur l’aménorrhée, thèse. Paris, 1831.

(3) Marrotte, bulletin de thérapeutique, octobre 1863.

(h) A. Corlieu, De t’apiol dans t’ aménorrhée et dans la dysménorrhée (Gazette des hôpitaux, 9 juin 1861). -

(5) Chapman et Morris, Philadelphia med. Examiner , 1851.

MALADIES DES FEMMES

OÙ

Celte décoction se prépare en jetant une once (30 grammes) de racine concassée dans 500 grammes d’eau bouillante en un vase clos, et en réduisant ensuite au tiers par évaporation. On peut ajouter un amer aromatique à cette décoction pour s’opposer à ses effets nauséeux.

Aconit. — AYcst (I), ayant remarqué, dans deux cas où l’on avait administré l’aconit, que les règles supprimées s’étaient parfaitement rétablies, donna cette substance dans plusieurs autres cas d’aménorrhée, dans lesquels la suppression .datait de plusieurs mois, cl vit encore les menstrues se rétablir promptement. Aussi propose-t-il d’employer ce médicament, comme emniénagogue, de la manière suivante :

Extrait aqueux d’aconit lGr,50

Faites trente pilules. A prendre ainsi qu’il suit :

On commence l’administration des pilotes, huit jours avant l’époque ordinaire de la menstruation, par une pilule dans la journée; le lendemain, on en prescrit deux, et l’on augmente la dose d’une pilule par jour, de manière que le jour où les règles devraient apparaître, la malade en prenne huit.

Les faits cités par AVest ne sont pas nombreux ; il serait nécessaire qu’ils fussent multipliés. Nous ne saurions, par conséquent, nous prononcer rigoureusement sur celle médication, et nous ajouterons que AA’est n’a vu aucun accident résulter de ce mode d’administration de l’aconit.

On a encore prescrit la Lelladone, recommandée d’abord par Ever (2), et puis par Sundelin et Mende; la jusquiame et d’autres narcotiques. Richter unit la belladone au calomel; mais l’emploi de ces médicaments ne doit pas nous arrêter plus longtemps, parce que les cas où on les a administrés ne sont pas suffisamment spécifiés d’une manière générale: les médicaments narcotiques conviennent particulièrement lorsqu’il existe des douleurs vives et une agitation marquée.

Iode. — L’iode a été très-vanté comme emniénagogue il y a quelques années. Coindet, Brera (3), Sablairollcs, Récamier et Trousseau (li) ont surtout insisté sur scs heureux effets dans l’aménorrhée. Suivant Trousseau (5), néanmoins, l’iode ne convient parfaitement que chez les femmes bien colorées, dont les règles sont simplement diminuées' et coulent sans douleur, ce qui est le cas le plus rare. Cet auteur recommande la teinture d’iode, administrée ainsi qu’il suit:

Teinture d’iode 25 à 30 gouttes.

Infusion de menthe 120 gram.

Sirop de fleur d’oranger.. . 30 gram.

A prendre dans la journée par cuillerée à bouche.

Il faut, ajoute Trousseau, continuer l’emploi de ce moyen pendant deux ou trois mois. Nous devons faire remarquer que, dans les cas cités, on ne s’est pas borné h administrer l’iode, qu’on a eu au contraire ordinairement recours à d’autres moyens actifs, ce qui rend douteuse l’efficacité de cette substance, et exige de nouvelles expériences.

( 1) West, Note sur les propriétés emménagogues de l’aconit (Arch. gén. de méd., 2e série, t. VIII, p. 427).

(2) Ever, Nov. Act. cur., novembre 1791.

(3) Brera, Saggio clin, sull ’ iodio. I’adova, 1822.

(M journal des connaissances médicales, novembre 1835.

(5) Trousseau et Pidoux, Traité de thérapeutique, 7e édition. Paris, 1862, t. I, p. 317.

AMÉNORRHÉE. — TRAITEMENT.

Suivant Trousseau, pa ration qui convient

la mixture d'hydriodate de potasse (le Wallace est une prédans les cas où l’iode est indiqué. En voici la formule :

'if lodure de potassium • 8 gram. | Eau distillée

Dose : une ou deux cuillerées à bouche chaque jour.

Trousseau (T) emploie aussi, au moment où se produisent les congestions spontanées vers l’utérus, qui marquent les époques menstruelles, la teinture d'iode à la dose d’un gramme par jour dans un julep. Quelquefois les règles sont provoquées en vin°t-quatre heures ; mais il n’est pas dit, dans les observations que nous avons sous les yeux, si d’autres moyens n’ont pas été employés dans les intervalles.

Seiyle ergoté'. — Le seigle ergoté n’a pas été oublié dans le traitement de l’aménorrhée, et nous voyons ainsi ce médicament être prescrit dans les affections utérines les plus opposées sous tous les rapports. Tracher (2), Weil, etc., en ont vanté les bons elïets, mais ils n'ont pas spécifié les cas ; en sorte que nous restons dans l’incertitude. L’administration du seigle ergoté ne diffère pas de celle que nous avons indiquée à l’article Leucorrhée (voy. p. ù 8).

Strychnine. — Bardsley, de Manchester (3), et Fl. Churchill (h) ont mis en usage la strychnine, et le dernier de ces auteurs cite un cas où, au bout de peu de temps, la menstruation, supprimée depuis dix mois, s’est rétablie à la suite de l’administration delà strychnine, à la dose de l\ à 5 milligrammes , trois fois par jour, pour commencer, puis, en augmentant avec prudence, à celle de 6 à 7 milligrammes , également trois fois par jour. Administré avec précaution, ce médicament peut être essayé, mais il serait prématuré de se prononcer sur son degré d’efficacité avant de nouvelles observations.

Cantharides. — On a encore administré les cantharides sons forme de teinture ou de poudre, et Dewees (5) a cité quelques cas où ce médicament a paru réussir ; mais, ainsi que le font remarquer les auteurs du Compendium de médecine, cette substance est trop dangereuse pour qu’on puisse la recommander en l’absence de faits plus nombreux et plus concluants.

Vomitifs , purgatifs. — Peu d’auteurs ont conseillé ces moyens. Cependant, parmi les vomitifs, V ipécacuanha, préconisé par Guilbrand, a joui de quelque réputation comme emménagogue, et de légers purgatifs ont été assez souvent employés. Parmi eux, on choisit ceux qui agissent spécialement sur le gros intestin, comme le jalap, la gomme-gutte, et surtout Vatoès, qui fait partie d’un grand nombre de préparations enunénagogues. Chaumet (de Bordeaux) l’unit à la gentiane et au calomel, ainsi qu’il suit :

Extrait de gentiane 15 ccntigr. | Calomel à la vapeur 5 centigr.

Aloès socotrin 5 centigr. j

F. s. a. vingt pilules semblables. Dose : une matin et soir.

Nous pourrions encore citer des purgatifs plus énergiques, et en particulier

(1) Voy. Duclos, Bulletin général de thérapeutique, t. XXXI, novembre 1846.

(2) Tracher, The Journal of sciences, etc. London, 1816.

(3) Bardsley, Hosp. facts and observ. London, 1830.

(4) FI. Churchill, The Edinburgli med. and surg. Jour»., 1834.

<5) Dewees, A campe nd. njst. of midmferÿ-, Philadelphia, 1826.

Vai,leix, 5e édit.

MALADIES DES FEMMES

le vin de coloquinte; mais l'emploi des médicaments de cette espèce est trop incertain.

D’autres médicaments ont été mis en usage: le raifort sauvage , la garance vantée par Fonlcka, Dewees, etc. ; la térébenthine administrée par la bouche ou en lavements (Elliolson), le borax (Hufeland), la myrrhe , Yellébore noir , etc. Les documents que nous possédons sur l’emploi de ces substances sont peu précis.

Préparations d’or. — C’est dans les cas où l’on prescrit l 'iode, c’est-à-dire lorsqu’on a des motifs de soupçonner que l’aménorrhée est sous la dépendance d’un vice scrofuleux, qu’on donne ce médicament.

Pastilles de cyanure d’or (Chreslien).

’Jf Cyanure d’or 10 centigr. | Pâle de chocolat 32 gram.

F. s. a. vingt-quatre pastilles. Dose : d’une à quatre par jour, progressivement.

Pilules de cyanure d’or (Chrestieu).

^ Cyanure d’or 5 centigr. | Extrait de daphne mezereum ... 15 centigr.

Mêlez, et avec .

Poudre de guimauve q. s.

Faites quinze pilules de 20 centigrammes Dose : d’une à trois par jour, progressivement.

Ces préparations doivent toujours être maniées avec beaucoup de prudence, et l’on ne doit en élever la dose que lentement. (Voy. tome Ier, art. Scrofules.)

Moyens externes. — Nous avons déjà parlé des divers moyens mis en usage pour attirer le sang vers l’utérus (ventouses sèches, pédiluves sinapisés, sangsues eu petit nombre, etc.) ; il nous reste à indiquer quelques moyens externes dont quelques-uns sont beaucoup plus actifs et qu’on a plus ou moins vantés.

Électricité. — A l’époque où l’électricité fut employée contre toutes les maladies dans lesquelles on supposait l’atonicité d’un organe, on dut naturellement la mettre en usage contre l’aménorrhée. On trouve dans les divers recueils un assez grand nombre de faits dans lesquels on voit les règles longtemps suspendues reparaître après un plus ou moins grand nombre du secousses électriques dirigées à travers le bassin. Ce moyen est, selon toutes les apparences, beaucoup trop négligé aujourd’hui, et il serait à désirer qu’on l’expérimentât de nouveau avec toute la rigueur nécessaire. La meilleure manière de le mettre en usage est de se servir de l 'instrument de Clarke, de celui de Duchenne ou de celui des frères Breton , et de diriger un courant intermittent des lombes à l’hypcgaslre, ou même directement sur l’utérus, par le vagin. [Duchenne (de Boulogne) emploie un rhéophore construit comme le rhéophore vésical double, dont il ne diffère que par la courbure de ses tiges et par la largeur des plaques qui le terminent (voy. lig. 7). Il est introduit fermé dans le vagin, comme dans la figure H, puis ses deux plaques sont écartées comme dans la figure 7, en poussant les tiges qui traversent la sonde à cloison. L’opérateur guide alors chacune des plaques avec l’index de la main libre et les place sur Jcs côtés du col, et il ne reste plus qu’à mettre l’extrémité libre du rhéophore utérin en rapport avec les pôles d’un appareil (Duchenne) (1). ]

( l) Duchenne (de Boulogne), De l'électrisation localisée et de son application à lu pathologie et à la thérapeutique . 2° édition, 1861, p. 89.

TRAITEMENT

aménorrhée

Kliolodovitch (1) cite un cas remarquable de rétablissement de menstrues depuis asser longtemps supprimées. Il ne fallut qu’un petit nombre de secousses pour faire reparaître les règles. Avant cet auteur Clarke (2) et un bon nombre d’autres avaient, a l’aide de" faits semblables, établi l’utilité du galvanisme. Rayer (3) a observé deux cas de guérison rapide par ce moyen, qui convient surtout lorsqu’il y a débilité des organes génitaux.

I ’psicci/oii'cs. — Les vésicatoires ont cto pi incipaiement recommandés par Graves. Il veut qu’on les applique à la surface interne des cuisses, deux jours avant l’époque à laquelle la femme attend ses règles. La plupart des praticiens préfèrent le sinapisme au vésicatoire, et les recherches n’ont pas été assez bien faites pour qu’on puisse se prononcer sur ce point.

Injections ammoniacales. — On a été jusqu’à prescrire des injections avec l’ammoniaque dis- F‘G- 7- — Ri'éoptwre pour la r*

> J ........ de l’uteriu. (Duchenne, do Ro

soute dans une certaine quantité de liquide. Ainsi

Lavagna (U) recommande de fréquentes injections avec le liquide suivant :

2 : Lait chaud 2 cuillerées. | Ammoniaque liquide. . 10 à 12 gouttes.

Formule de Nicato.

faradisation Boulogne.) j

Ammoniaque 40 gouttes.

Mucilage de gomme arabique. 15 gram.

Mêlez. Pour quatre injections par jour.

Décoction d’orge 400 gram.

Broussonnet (5) a employé ce moyen avec succès chez une jeune fille de vingt ans qui avait vainement eu recours pendant six mois à d’autres médications. Ce médecin recommande de faire les injections trois ou quatre fois par jour, deux ou trois jours avant l’époque des règles, et de cesser dès que celles-ci paraissent. Chaque injection doit produire une sensation un peu douloureuse , et ne réussit qu’à cette condition. On doit donc augmenter ou diminuer la quantité d’ammoniaque pour atteindre ou pour ne pas dépasser cette sensation.

[Ashwell recommande l’injection suivante :

% Lait tiède 500 gram. | Ammoniaque liquide 4 gram.

Ou simplement une décoction de farine de moutarde. La malade doit être couchée et doit conserver l’injection pendant quinze à vingt minutes. ]

Pour comprendre quelle est la prudence avec laquelle il faut administrer ces

(1) Kholodovitch, Voïenno-meditsinsk y Journ., 1824, t. L, n ' 3, p. 343, et Archiver gin. de mid., 1828, t. XVI, p. 452.

(2) Clarke, Observ. on those Diseases of Females winch or .? altended by discharge *. London, 1821.

(3) Rayer, Annales de thérapeutique , juillet 1847, et Journal des connaissances médicochirurgicales. , décembre 1847.

(4) Lavagna, Annali universali di medicina. Marzo, 1823, p. 357.

(5) Broussonnet, Gazette médicale de Toulouse , février 1851.

MALADIES DLS FEMMES.

injections, dont le degré d’efficacité n’est d’ailleurs pas encore très-bien déterminé, il suffit d’observer que Fcnoglia (1), qui néanmoins ne met que 5 gouttes d’ammoniaque dans 90 grammes de véhicule, a vu une véritable métrite se développer sous l'influence de cette irritation.

Les vapeurs d'eau et de vinaigre dans le vagin, conseillées dans l’ouvrage de Roche, Sanson et Lenoir (2), agissent dans le meme sens que l’ammoniaque, et n’offrent pas le môme danger.

Il faudrait citer encore les bains de vapeur simple ou aromatique , les fumigations d'acide carbonique et quelques moyens internes conseillés par plusieurs auteurs; mais ces détails n’auraient qu’une faible utilité.

Irritation des mamelles. — Patterson (3) a cité deux cas où l’emploi de sinapismes sur les mamelles a rétabli les règles supprimées depuis longtemps. Ce qu’il y a de curieux dans le premier de ces faits, c’est que le sinapisme appliqué sur une des mamelles ne l’avait pas été dans l’intention de rappeler les menstrues, mais uniquement pour faire disparaître une douleur qui avait son siège dans cet organe. L’infirmière appliqua le sinapisme beaucoup trop grand, il survint un gonflement très-douloureux de la mamelle, et la menstruation se rétablit. Ilulin-Origet (ô) employa le même moyen avec un égal succès. Il est difficile, avec ces documents, de spécifier les cas dans lesquels convient un pareil traitement.

[ Scanzoni insiste sur l’irritation des nerfs des mamelles au moyen de l’application sur Je mamelon de ses appareils à succion , qui, dit-il, ont servi plusieurs fois avec succès à provoquer l’accouchement prématuré.].

l\° État consecutif à la (liinintilion ou à la sujiprcssiosi des règles. —

Les symptômes qui surviennent chez les femmes dont les menstrues ont notablement diminué ou se sont arrêtées complètement, sont si variables, qu’il est impossible d’en tracer exactement le traitement. C’est au praticien à les distinguer et à leur opposer les moyens convenables. On peut néanmoins, d’une manière générale, dire que ces symptômes se rapportent à l’anémie et aux affections nerveuses qui l’accompagnent. Aussi est-ce dans ces cas qu’on emploie particulièrement les ferrugineux, les toniques , les antispasmodiques. Si l’on trouve, chez les femmes affectées d’aménorrhée, des douleurs de nature évidemment névralgique, on les traitera par le traitement local qui convient aux névralgies , tout en mettant en usage les remèdes qu’exige l’état général. On peut, de celte manière , faire disparaître la névralgie avant que l’état général ait été ramené à l’état sain et, par là, épargner aux malades des souffrances très-vives.

Résumé. — 1° Suppression récente , avec symptômes de congestion. — Traitement de la congestion sanguine de l’utérus; légers emménagogues.

2° Suppression plus ou moins ancienne , avec symptômes de congestion aux époques des règles. — Môme traitement ; insister un peu plus sur les légers emménagogues.

3° Aménorrhée par atonie des organes génitaux. — Emménagogues : rue, Sabine, armoise, etc.; narcotiques: aconit, belladone, jusquiame, etc.; iode, seigle

(1) Fenoglia, Rep. med. del Piemonte, 1S32.

(2) Roche, Sanson et Lenoir, Nouveaux éléments de pathologie médico-chirurgicale,

Ac édition. Paris, ISA A, t. II.

(3) Patterson, Dublin med. Journ., n° H.

(A) Hulin-Origet, Travauc de la Société d' médecine d'fndee-ct-f.oire.

DYSMÉNORRHÉE. — CAUSES. 69

ergoté, strychnine, cantharides; vomitifs, puigatifs; moyens di\eis, piepaiations d’or. Moyens externes : électricité, vésicatoires; injections ammoniacales, vapeurs vinaigrées, fumigations, bains de vapeui.

h0 ' État consécutif à la diminution ou à la suppression des règles. — Ferrugineux, toniques, antispasmodiques, etc.

ARTICLE II

DYSMÉNORRHÉE.

Suivant quelques auteurs, la dysménorrhée n’est qu’un degré de l’aménorrhée. Nous ne saurions partager cette opinion. On trouve un grand nombre d’observations dans lesquelles les menstrues se produisent difficilement et avec des symptômes souvent très-violents, sans que, pour cela, les règles soient diminuées ; il est bien évident qu’en pareil cas on ne peut admettre l’existence d’une aménorrhée. D’autres auteurs, comme Duparcque, ne font de la dysménorrhée qu’un simple symptôme, dont ils attribuent l’apparition à une lésion de l’utérus, et presque toujours à un engorgement sanguin , mais celte manière de voir n’est pas plus admissible que la première. Sans doute, il est beaucoup de cas où une fluxion trop considérable, avec difficulté de l’exsudation sanguine, constitue l’état morbide auquel il faut rapporter les accidents divers qu’on observe dans la dysménorrhée; mais il en est d’autres où cette fluxion n’a rien qui sorte delà règle ordinaire, et où cependant les menstrues se produisent avec difficulté et douleur ; nous en citerons des exemples. Et même, en admettant que l’engorgernent sanguin fût la seule cause des accidents, il faudrait encore, au point de vue pratique, traiter à part de la dysménorrhée; car l’état morbide désigné sous cette dénomination est formé par un ensemble de symptômes ayant une physionomie propre et demande des moyens particuliers. Toutefois, ne consistant qu’en un trouble fonctionnel plus ou moins considérable, elle n’exige pas de très-grands détails dans sa description.

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

On doit entendre sous le nom de dysménorrhée une difficulté plus ou moins douloureuse de la menstruation, et avec Boivin et A. Dugès, nous ferons observer que dans les cas où cette affection existe, on constate toujours la tendance naturelle à l’hémorrhagie périodique, qui est seulement entravée par des circonstances diverses. C’est là ce qui distingue la dysménorrhée de l’aménorrhée.

Cette affection a encore reçu les noms de menorrhagia , paramenia, menstruatio difficilis , dysmenorrhœa , dysmenio, menstrues laborieuses, etc. On l’observe trèsfréquemment.

§ II. — Causes.

1° Causes prédisposantes. — La dysménorrhée est fréquente surtout dans les premières années de la menstruation ; suivant Gendrin, elle diminue et souvent disparaît dans les dix années qui précèdent l’époque critique. Mais elle peut apparaître aussi vers la ménopause; les irrégularités douloureuses que l’on observe alors sont une véritable dysménorrhée. Un tempérament nerveux, une constitution sèche, forte ou foxble, sont les conditions dans lesquelles on pense, en général, qu’elle se montre plus particulièrement.

MALADIES DES FEMMES

Ou a encore admis, comme causes prédisposantes , la vie sédentaire , ou bien un exercice immodéré , des aliments mauvais et insuffisants , ou, au contraire, une alimentation trop succulente. L’ habitation des grandes villes, les excès vénériens de toute espèce , ou les vives affections de l’ame ; le célibat, la continence , V hérédité, etc.

Nous ne connaissons nullement les causes occasionnelles.

2° Conditions organiques. — D’abord se présente l’ engorgement sanguin. Les douleurs vives, un malaise général et d’autres symptômes assez intenses l’accompagnent assez souvent, et se dissipent lorsque le sang coule librement(voy. Congestion utérine). J1 y a alors une véritable dysménorrhée qui n’existe pas toujours avec l’engorgement sanguin.

Les règles sont fréquemment difficiles et douloureuses chez les femmes atteintes de maladies organiques de l’utérus.

Il suffit parfois de la présence d’un polype pour déterminer la dysménorrhée. Lisfranc en a mentionné des exemples. Ces dysménorrhées peuvent être appelées symptomatiques, et ce sont celles qui nous intéressent le moins ici, parce qu’elles ont leur place dans la description des maladies dont elles constituent un symptôme important.

U arrive quelquefois que la présence d’un caillot ou d’une fausse membrane détermine, dans le cours de l’hémorrhagie mensuelle normale, les mêmes accidents que nous avons signalés dans la métrorrhagie, et il est surprenant que les auteurs qui nous ont précédé n’aient pas mentionné cette cause de dysménorrhée. Nous en avons vu un exemple bien frappant chez une jeune femme : les règles, depuis plusieurs années, n’avaient presque jamais eu lieu sans être précédées de douleurs excessives ressemblant aux plus vives douleurs de l’enfantement, et ne cessant qu’au bout de quatre, cinq, six heures, quelquefois plus, par l’expulsion d’une fausse membrane épaisse de 3 ou à millimètres, rougeâtre, lisse d’un côté, tomenteuse de l’autre, et ayant une étendue telle, qu’elle pouvait couvrir complètement la surface interne d’un utérus sain. La cessation des douleurs, après l’expulsion de cette fausse membrane évidemment fibrineuse, était instantanée, et le sang commençait à couler, sans autre accident, jusqu’à la fin de l’époque menstruelle. Oldham (1) a décrit cette espèce particulière de dysménorrhée.

[La nature de ces membranes est maintenant connue. Kôlliker, Scanzoni et la plupart des micrographes y ont reconnu la muqueuse utérine elle-même hypertrophiée et décollée de la surface interne de la matrice. Ce qui le prouve irrécusablement, dit Scanzoni (2), c’est que nous y avons toujours trouvé de nombreux rudiments des glandes utriculaires. La formation de ces membranes, dont h texture histologique offre une grande analogie avec la caduque, qui se forme après la conception, est occasionnée, sans nul doute, par une hypérémie considérable et souvent répétée des parois de l’utérus, laquelle est suivie d’un excès de développement de la muqueuse. Le décollement de la membrane hypertrophiée a lieu soit à la suite d’une accumulation du liquide exsudé entre elle et la paroi utérine, soit mécaniquement parles contractions du tissu utérin qui précèdent l’hémorrhagie menstruelle.

(1) Oldham, London medical Gazette, octobre et décembre 1846, extrait dans les b'chives ijèn. de méd.} juillet 1847, t. XIV, p. 371.

DYSMÉNORRHÉE. — SYMPTÔMES.

La grandeur de ces membranes est souvent très-variable chez la même femme ; quelquefois elles ne dépassent pas les dimensions d’une pièce de 50 centimes, tandis qu’à la menstruation suivante elles présentent une étendue de 5 à 7 centimètres

carrés (Scanzoni).]

Mackintosh et Oldham (1) ont signalé une autre espèce de dysménorrhée à laquelle ils donnent le nom de dysménorrhée mécanique. Elle est due à la contraction d’un point plus ou moins élevé de la cavité du col de l’utérus. Nous avons observé cette espèce, et, dans plusieurs cas, elle nous a paru résulter de cautérisations trop profondes faites sur le col et dans son intérieur. On détruit l’obstacle et la dysménorrhée qui en est la conséquence, par la dilatation du col, pratiquée comme la dilatation de l’urèthre dans les rétrécissements. Un cas de ce genre a été traité et guéri dans le service d’Alphonse Robert, à l’hôpital Beaujon (2).

James Henri Bennet(3), qui a eu occasion de voir plusieurs cas semblables, rejette l’emploi des bougies.

Dans les antéflexions et les rétro flexions, le calibre du canal utérin est souvent effacé au point où l’organe est vicieusement fléchi. Lorsque les règles apparaissent, le sang a de la peine à s’échapper, parce que les parois en contact dans ce point forment un obstacle : de là les douleurs utérines. Quand le sang a commencé à couler dehors, tout rentre dans l’ordre. Kiwisch a également signalé ces causes de dysménorrhée et en a indiqué le mécanisme.

Il est des cas nombreux où un examen attentif ne trouve ni flexion exagérée, ni maladie organique, ni obstacle à la sortie du sang. En pareil cas, on a recours, pour expliquer la difficulté de la menstruation, à une altération du sang, à la pléthore ou bien à l’anémie, et plus encore à un état nerveux particulier, qu’on a désigné sous le nom d 'hystéralgie cataméniale.

Enfin, la névralgie lombo-utérine se mêle à bien des affections de la matrice.

[Scanzoni pose une ingénieuse question qui pourrait bien expliquer certains cas de dysménorrhée. « Si l’on a égard à une observation bien constatée, à savoir, que la rupture des vésicules de de Graaf, situées dans les couches profondes du tissu des ovaires, exige ordinairement une hypérémie plus considérable de ces organes, qu'elle se fait attendre plus longtemps que celle des vésicules placées superficiellement, et qu’elle entretient, par conséquent, pendant un temps plus long la congestion menstruelle, on ne nous accusera pas d’imprudence, si nous émettons l’opinion que la dysménorrhée peut aussi quelquefois avoir pour cause la maturation habituelle d’ovules situés profondément et l’hypérémie prolongée et anormale qu’exige la rupture des vésicules qui les contiennent. »]

§ III. — Symptômes.

1° Lorsque la dysménorrhée est liée à un état' fluxionnnaire de l’utérus, elle offre les symptômes douloureux qui seront décrits à l’article Congestion utérine.

2° S’il s’agit d’une affection organique delà matrice, de la présence d’un polype,

(1) Oldham, toc. cit.

(2) Voy. Bulletin gèn. de thérap., t. XXXIII, septembre 1847.

(3) James Henri Bennet, Traité pratique de V inflammation de l’utérus, etc., traduit sur ta 4e édition par Peter. Paris, 1864, p. 334.

MALADIES DES FEMMES

h s .-.j Diplômes peinent être et sont en effet presque tous les mêmes que dans ie cas précédent , car alors la fluxion utérine, aux époques menstruelles, est un phénomène fréquent.

3° La dysménorrhée due à la présence d’un caillot ou au décollement de la muqueuse utérine mérite une mention particulière. On a vu, dans le fait cité plus haut, que les douleurs peuvent être excessives; elles sont, dans tous les cas, d’une violence notable, et elles ont pour caractère de cesser brusquement par l’expulsion du corps étranger.

Dans tous les cas de dysménorrhée, mais surtout dans ceux où l’on a quelque raison de croire à la formation de ces corps étrangers, on aura soin de toucher les femmes. En pareille circonstance, comme dans la inénorrhagie, on peut, en effet, reconnaître la présence des corps étrangers, et en favoriser l’expulsion, ou même, dans quelques cas, en pratiquer l’extraction.

h° Les douleurs qui constituent la dysménorrhée hystéralgique, ou hystèralgie cataméniale, constituent, comme dans les espèces précédentes, le principal symptôme. Elles restent fixées dans le bassin, ou s’irradient au loin, ou enfin occupent d’autres parties du corps.

5° A l’aide d’une sonde utérine introduite dans le col, il faut rechercher si celui-ci n’est pas rétréci.

6° Par le toucher cl par l’introduction de la sonde utérine, on s’assure s’il n’y a pas une inflexion qui efface le calibre du canal utérin.

7° Par la pression, on doit rechercher s’il existe des points douloureux sur le col et sur le trajet des nerfs lombaires. Lu des principaux est dans les fosses iliaques.

Les douleurs fixées dans le bassin ressemblent complètement à celles qu’on observe dans la fluxion utérine: ce sont des tiraillements, des élancements, un sentiment de torsion, de chaleur incommode dans le vagin. Celles qui s’irradient au loin consistent en tiraillements dans les lombes, les cuisses, les aines, et en élancements souvent très-douloureux. Les douleurs fixées autre part présentent souvent le caractère névralgique. Nous avons vu, en effet, chez des femmes, des névralgies intercostales et lombo-abdominales, avec les points douloureux qui les caractérisent, et des migraines névralgiques durer pendant un, deux, trois jours, quelquefois plus, avant l’apparition des règles, et disparaître lorsque l'hémorrhagie s’établissait. Et de plus nous avons constaté, dans un bon nombre de cas, l’existence de points névralgiques sur le col de l’utérus et sur le trajet des nerfs lombaires (1). Depuis lors, Malgaigne et Beau, dont nous mentionnerons plus loin les recherches, ont fait des observations semblables.

Il n’est pas rare de voir des douleurs de reins survenir par suite (Tune turgescence facile à apprécier lors de l’éruption difficile des règles. Quelquefois les femmes éprouvent un brisement marqué des membres, des douleurs d’estomac, des digestions difficiles. Quelques-unes enfin ont de véritables attaques A' hystérie.

Gendrin a cité une observation remarquable par le nombre et la violence des

(t) Vov. Yalleix, Traité des névralgies. Paris, 1841, et Bulletin gén. de thérap., janvier 1847 .

DYSMÉNORRHÉE. — SYMPTÔMES.

«symptômes, bien que le volume normal de l’utérus fût constaté à l’aide du toucher par le vagin et par le rectum. On observa, dans ce cas, des coliques violentes presque continues, une vive sensibilité à la pression dans les régions hypogastrique et lombaire, un sentiment très-pénible de courbature dans tout le pourtour du bassin et dans les cuisses, une tuméfaction douloureuse des mamelles , du dévoiement, des épreintes , des nausées , des efforts de vomissement , et en même temps des défaillances, des syncopes, une vive douleur 'de tête, et par moments des accidents spasmodiques hystéri formes. Il est rare que la dysménorrhée soit portée à un aussi haut degré.

Dans tous les cas, il y a un malaise général, souvent une céphalalgie occupant toute la tête, et plus forte vers la nuque. Les malades sont extrêmement irritables, fantasques, bizarres; elles ont quelquefois des bouffées de chaleur au visage, et quelquefois des horripilations; et ce qu’il y a de remarquable, ce qui prouve bien la nature nerveuse de l’affection, c’est qu’au milieu de ces symptômes violents, le pouls reste presque toujours parfaitement calme.

Il est ordinaire de voir ces phénomènes se calmer beaucoup et même disparaître •complètement lorsque l’hémorrhagie menstruelle s’établit; cependant on voit des dysménorrhées continuer même alors (pie le sang a commencé à couler. Presque constamment, en pareil cas, le sang s’échappe avec peine, goutte à goutte, et semble être exprimé péniblement par. des contractions utérines douloureuses. Parfois imême ce n’est qu’un liquide muco-séreux ou sanguinolent qui est ainsi rendu. C’est là ce que, à l’exemple d’Aétius, quelques auteurs ont appelé stillicidium nteri. Il est vrai de dire que cet écoulement pénible et douloureux s’observe bien plus souvent dans la dysménorrhée par engorgement sanguin de l’utérus que dans lia dysménorrhée hystéralgique.

Formes principales. — 1° Dysménorrhée nerveuse. — Les femmes qui souffrent de cette anomalie présentent ordinairement des phénomènes plus ou moins nombreux d’une irritabilité excessive du système nerveux tout entier, ou seulement de quelqu’une de ses parties. Elles sont presque toutes hystériques, et, en les observant de plus près, il n’est pas difficile de remarquer en elles l’un ou l’autre des symptômes de cette maladie. Cependant on se tromperait beaucoup en croyant que cette forme de dysménorrhée ne se rencontre que chez des sujets délicats, maigres et anémiques, tout praticien a l’occasion d’observer la dysménorrhée nerveuse chez des femmes d’une bonne constitution, robustes et pléthoriques.

Les symptômes sont ordinairement les suivants: Quelques jours déjà avant l’apparition des règles, les malades montrent une mauvaise humeur surprenante; elles sont abattues, capricieuses, évitent la société, recherchent la solitude et accusent un malaise général qu’elles ne peuvent définir nettement. Plus tard, outre divers troubles digestifs, tels que des éructations, des flatuosités, de la constipation, etc., elles se plaignent d’une céphalalgie très-pénible, souvent bornée à l’un des côtés de la tête, et à laquelle se joignent souvent des troubles visuels, particulièrement la photophobie, accompagnée d’une hypersécrétion des glandes lacrymales. Peu à peu des sensations douloureuses dans les organes du bassin se font sentir : ce sont des tiraillements, des élancements, qui restent bornés à la région utérine ou s’irradient vers les cuisses, le siège et les lombes; très-souvent

MALADIES DES FEMMES, ils s étendent aussi aux mamelles, quoique avec moins d’intensité. À ces accidents!

viennent fréquemment se joindre une constriction convulsive du vagin, un prurit de la vulve très-désagréable, plus fréquemment encore un ténesme vésical et rectal.

L urine, rejetée en petite quantité, est d’unjaune-paille, presque toujours alcaline, et renferme, au bout de quelque temps, un grand nombre de champignons et de vibrions. Tous ces symptômes augmentent graduellement et atteignent leur maximum d’intensité immédiatement avant l’apparition du flux menstruel; ils se tempèrent en général assez rapidement, dès que l’écoulement est bien établi ; il y a même des cas où les malades, peu auparavant très-souffrantes, se trouvent parfaitement bien quelques heures après le commencement des menstrues, et se mettent i aussitôt à vaquer à leurs affaires, ce qui, avant cela, leur avait été complètement > impossible pendant plusieurs jours. Chez la plupart des malades, ces accès se repè- i lent à chaque période avec plus ou moins d’intensité. Quelquefois cependant ils disparaissent tout à coup pour ne plus revenir, sans qu’il soit possible de découvrir la cause de cette guérison.

Nous ajouterons encore que, dans cette forme de dysménorrhée, l’exploration i de l’utérus et de scs annexes ne fait connaître aucune altération anatomique, i Cependant il ne faut pas oublier que, lorsqu’il existe des vices organiques de la matrice, tels que ceux que nous avons signalés plus haut, les règles sont souvent : précédées des mêmes symptômes que nous venons de décrire. (Scanzoni.)

2 'Dysménorrhée congestive. — « Cette forme est essentiellement caractérisée par les phénomènes de la congestion des organes du bassin. Un ou plusieurs jours avant le retour des règles, les malades accusent un sentiment de plénitude, de pesanteur et de chaleur dans le bassin, des douleurs compressives vers le sacrum, un besoin fréquent d’uriner et d’aller à la selle; puis à ces symptômes vient se joindre une excitation fébrile plus ou moins prononcée. Les signes de la congestion cérébrale manquent rarement : le visage est rouge, l’œil a un éclat insolite, les carotides battent avec force, le front et l’occiput sont le siège d’une céphalalgie intense. Fréquemment aussi l’activité anormale du système vasculaire donne lieu à des palpitations passagères ou même continues et à des transpirations abondantes. Il y a rarement du délire, des convulsions ou du coma.

» Au toucher, on trouve la température du vagin élevée, la région inguinale et l'utérus douloureux; ce dernier est quelquefois notablement grossi, tuméfié, et celte tuméfaction disparaît d’ordinaire peu de temps après le commencement de l’écoulement ; elle est surtout prononcée lorsque la dysménorrhée congestive est compliquée d’un engorgement chronique de l’organe. Dans ces cas-là, les malades elles-mêmes disent que la tumeur qu’elles sentent au travers des parois abdominales augmente de volume trois ou quatre jours avant chaque période. L’hémorrhagie est au commencement très-peu copieuse, elle se borne quelquefois à quelques gouttes de sang; au bout de deux ou trois jours, quelquefois encore plus tard, les douleurs expulsives diminuent d’intensité ou cessent complètement, en même temps que l’écoulement devient plus abondant; et il n’est pas rare qu’il survienne une véritable ménorrhagie qui dure encore six à huit jours ; souvent alors le sang est coagulé en assez gros caillots.

» Mentionnons aussi les cas dans lesquels les malades, tout en présentant les symptômes de la dysménorrhée congestive, rendent des fragments membraneux

DYSMÉNORRHÉE. — DIAGNOSTIC, PRONOSTIC. 75

d’une "rondeur variable. » (Scanzoni.) Ce sont ces membranes que nous avons décrites comme étant la muqueuse utérine elle-même, hypertrophiée et décollée. ]

§ IV. — Marche, durée, terminaison.

La dysménorrhée est ordinairement continue, et présente une marche croissante ; c’est-à-dire que, quelques jours avant les règles, les femmes qui y sont sujettes, commencent à s’apercevoir, à un malaise particulier, que leur éruption se prépare. Puis le malaise augmente, les douleurs et les autres symptômes s’y joignent, et ils arrivent à leur summum au moment où le sang va se montrer.

La durée de la dysménorrhée est de deux ou trois jours ; quelquefois néanmoins elle se prolonge davantage, et dans certains cas on ne la voit durer que quelques heures. Quant à la terminaison, elle est toujours heureuse; mais, ainsi que nous l’avons vu, l’apparition des premières gouttes de sang ne fait pas toujours cesser les douleurs; quelquefois même les douleurs augmentent, ce que l’on doit presque toujours attribuer à la formation et à la rétention de caillots sanguins dans la cavité de l’utérus. Nous n’avons trouvé aucune observation dans laquelle ces douleurs aient persisté après les règles. Il est des cas, sans doute, où il reste un état de souffrance de l’utérus, mais cette souffrance est causée, soit par une névralgie, soit par une maladie organique que la dysménorrhée était venue exaspérer.

§ V. — Lésions anatomiques.

Les lésions anatomiques qu’on trouve dans la dysménorrhée par engorgement sanguin et par lésion organique n’appariienneiit pas à la dysménorrhée elle-même. Quanta celles qui sont causées par un caillot ou par une membrane, ce sont ces corps étrangers eux-mêmes qui, avec un certain degré d’engorgement, constituent les altérations anatomiques. Vient ensuite la dysménorrhée hystéralgique ; mais on n’a pas pu faire de recherches anatomiques sur ce point, et si nous nous rappelons l’étal d’intégrité dans lequel une exploration attentive a trouvé l’utérus dans les cas les plus intenses, nous sommes porté à admettre que ces recherches, si elles a\aienlpu être faites, n’auraient conduit à aucun résultat important. Reste la dysménorrhée produite par les (levions de l’utérus, le rétrécissement de l’orifice interne, l’aplatissement du canal utérin. Il est très-probable qu’avant les dernières recherches sur les déviations utérines, on a pris bien des cas de ce genre pour des dysménorrhées hvstéralgiques (voy. DÉVIATIONS utérines).

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

La coïncidence des douleurs avec l’approche de l'époque menstruelle, leur disparition lorsque les règles sont établies ou ont suffisamment coulé, leur retour à une époque suivante, font cesser tous les doutes.

Cependant on a cité, comme pouvant être confondu avec la dysménorrhée, l’état douloureux qui résulte de la fluxion hémorrhoïdaire. Les douleurs, dans les deux cas, occupent le bassin et peuvent s’irradier au loin, et les symptômes généraux sont à très-peu près les mêmes. Mais la turgescence douloureuse des glandes mammaires n a pas lieu dans la fluxion hémorrhoïdaire, qui fréquemment a pu, en se montrant hors de l’époque des règles, fixer l’attention du médecin, et, dans

MALADIES DES FEMMES

tous les cas, I examen du rectum, qu’il faut faire dès qu’il y a le moindre doute, lève toutes les difficultés.

t e que le médecin est surtout intéressé à rechercher avec soin, parce qu’il peu t en tiicr des conclusions très-utiles pour le traitement, c’est la condition organique dans laquelle s est produite la dysménorrhée. Or, nous devons renvoyer, sous ce rapport, aux divers articles particuliers qui concernent les étals morbides auxquels se rattache la dysménorrhée, tels que la congestion sanguine, les maladies organiques, le rétrécissement, la flexion du col, la névralgie lombo-utérine. Si aucun de ces signes n existe; si, à 1 aide du toucher par le vagin et par le rectum, on constate l’intégrité de la matrice et sa position normale, il est évident qu’on a affaire à cette espèce appelée dysménorrhée hystéralgique.

Pronostic. — Le pronostic ne saurait être grave, en ce sens que les jours delà malade ne sont pas menacés. Dans certains cas de dysménorrhée symptomatique il est certain que les femmes sont en danger, mais ce n’est évidemment pas à la dysménorrhée elle-même qu’il faut attribuer ce danger, même en partie. On ne peut pas dire, d’un autre côté, que le pronostic ne présente jamais un côté sérieux. 11 est, en elfct, des dysménorrhées très-rebelles, et qui peuvent être pendant de longues années une source d’incommodités très-grandes pour les femmes. Nous reviendrons sur ce point en parlant du traitement.

[Doit-on admettre qu’une dysménorrhée longtemps prolongée soit capable de produire- des altérations chroniques des parois utérines? On doit penser, en général, (pie les lésions observées ont précédé la dysménorrhée et en ont été la cause plutôt que l’effet, et c’est à cette opinion que se rangent la plupart des médecins fiançais, comme Nouât, Aran, Becquerel, ainsi que Scanzoni. Cependant il est facile de concevoir que des congestions répétées et difficilement satisfaites puissent apporter dans les parois utérines les éléments plastiques des inflammations, des productions fongueuses, fibreuses, etc.; peut-être même peuvent-elles être, non la cause, mais l’élément localisateur d’une diathèse cancéreuse?]

§ VII. — Traitement.

1' Dysménorrhée par engorgement sanguin ou congestive. — Il faut recourir au traitement qui sera indiqué à l’article Congestion utérine, en insistant beaucoup sur les émissions sanguines locales, sur les émollients, les bains et les narcotiques, à la tête desquels il faut placer l 'opium. Les lavements laudanisés donnés froids et les vésicatoires morphinés constituent, en pareil cas, les moyens les plus efficaces qu’on puisse employer.

C’est surtout dans cette dysménorrhée que Lisfranc conseille avec insistance de petites saignées révulsives, un peu avant chaque époque menstruelle. Après avoir bien précisé l’époque du retour des règles, et avoir noté combien de jours avant leur apparition durent ordinairement les symptômes de la dysménorrhée, on pratique, un ou deux jours avant que ces symptômes viennent à apparaître, ou pendant qu’ils existent, si l’on a été appelé trop tard, une petite saignée de lût), -120, 130 grammes, qu’on renouvelle ensuite aux époques menstruelles suivantes, jusqu’à complète guérison. Gendrin, qui a mis maintes fois en pratique cette médication, et notamment dans le cas que nous avons cité plus haut, lui attribue de nombreux succès.

DYSMÉNORRHÉE. — TRAITEMENT.

[ A l'article MÉTRITE nous indiquerons les formules proposées par Nouât pour remploi des saignées : il n’élève la dose du sang et ne répète les saignées deux ou trois fois par mois que chez les femmes d’une forte constitution et d’un tempérament sanguin. Chez celles dont la constitution est moyenne et le sang peu riche, il n’a recours aux saignées que quand les souffrances sont très-vives, et il conseille de ne pas dépasser la dose de 60 à 80 gi animes. ]

C’est dans le même but que la médication dérivative a été mise en usage; que les uns conseillent, avec Sennert et Stahl, la saignée du pied , un petit nombre de sangsues (2, 3 ou h, rarement plus) aux cuisses, aux aines, au périnée, et les ; autres simplement des pédiluves sinapisés, l’exposition du siège à la vapeur de l'eau bouillante, des ventouses sèches autour du bassin; en un mot, les moyens qui paraissent les plus propres à provoquer l’éruption du sang, en le faisant affluer vers l’utérus. Il est des cas où, bien que ce soit la fluxion qui produise les accidents, un effort de plus suffit pour déterminer le suintement sanguin et le soulagement qui en est la suite ordinaire.

En pareil cas, on propose encore de mettre en usage de légers emménugogixes.

I Jîoivin et Dugès recommandent en particulier l’aloès et l'armoise. On peut prescrire le premier de la manière suivante :

Aloès 60 centigr.

Extrait (1e gentiane. . .. 30 centigr.

Cannelle

Mêlez. Faites-douze pilules. Dose : une matin et soir.

10 centigr.

Quant à l'armoise, on la prescrit en infusion suffisamment édulcorée, à la dose .le 10 à 15 grammes par kilogramme d’eau. [ V apiol, donné à la dose de 25 centi- .grammes, soir et matin, pendant cinq à six jours, à chaque époque menstruelle, a paru, dans plusieurs cas, constituer un utile cmméuagogue, lorsque la dysménorrhée ne dépend d’aucun obstacle mécanique, d’aucun état organique de l’utérus pléthore, engorgement, métrite). C’est parce que ces complications se rencontrent plus souvent dans la dysménorrhée ou dans l’aménorrhée dysménorrhéique que ces deux états cèdent, en général, moins facilement que l’aménorrhée simple à l’action de l’apiol. Si l’aménorrhée et la dysménorrhée sont, en partie, sous la dépendance d’un état général tel, que la pléthore, l’anémie, la débilité, le lymphatisme, etc., l’action de l’apiol ne peut s’exercer que si l’on a commencé par remplir préalablement ou parallèlement ces indications générales, ainsi que le prouve un exemple renfermé dans le mémoire de Galligo (1). En somme, l’apiol ne peut devenir un adjuvant utile qu’au moment où l’état complexe a été ramené à celui d aménorrhée ou de dysménorrhée simple. Enfin, les effets thérapeutiques de 1 apiol ne se produiront que s’il est administré chez des fdlcs nubiles, au moment où la fonction menstruelle s’annonce par des symptômes généraux et locaux, ou à l’époque connue et présumée des règles (2). ]

On peut remplacer ces emménagogues par beaucoup d’autres; dans l’espèce de

Q ' Dalligo, Impartiale de Florence (citation empruntée à la Gazette hebdomadaire de méd. et de chirurg., année 1863, t. X, p. 740).

(2) Marotte, Traitement de la dysménorrhée par T apiol ( Bulletin de thérapeutique , •octobre 1863). Voyez aussi Corlieu, De l’apiol dans l’aménorrhée et la dysménorrhée (Gazette des hôpitaux, 9 juin 1864).

MALADIES DES FEMMES

dysménorrhée dont il s’agit, il serait imprudent de recourir à de trop forts excitants de l’utérus, C’est au praticien à juger, d’après les symptômes, s’il doit insister sur cette médication ou l’abandonner. Les emménagogues violents ne doivent pas être employés.

!2H Dysménorrhée liée à «ne affection organique de l’utérus. — Elle ilO

demande pas de traitement particulier. Les moyens doivent être choisis suivant qu’il y a congestion utérine ou simple trouble nerveux, et unis à ceux qu’on dirige! contre l’affection organique. Quant à la dysménorrhée qui est liée à l’existence d’un polype , on peut, par les moyens qui viennent d’être indiqués, ou par ceux qui vont être passés en revue, en calmer plus ou moins les symptômes; mais on ne la fait cesser que par l’extirpation de la production morbide.

3° Dysménorrhée produite par la formation d’un caillot ou d’une fausse membrane. — Elle ne peut cesser, lorsqu’elle s’est produite, que par l’expulsion » ou Y extraction de ce corps étranger; mais on peut se demander s'il n’y aurait aucun moyen de prévenir sa formation, et d’épargner aux femmes les accidents ( quelquefois si violents qui précèdent les règles. Les auteurs n’ont malheureusement pas fixé leur attention sur ce point important.

L’idée qui se présente d’abord à l’esprit, c’est que, en pareil cas, le sang a une plasticité anormale ; la formation si prompte et si facile des caillots, et la présence si insolite des fausses membranes fibrineuses, ne paraissent guère possibles sans cette condition. Aussi, dans le cas qui a été cité plus haut, avions-nous pensé qu’il serait utile de pratiquer de petites saignées de 80 à 100 grammes deux ou trois jours avant l’époque menstruelle, de faire prendre dans l’intervalle des règles sept ou huit bains alcalins, de prescrire à l’intérieur le carbonate de soude h la dose de h à 8 grammes par jour, en trois doses, dans un demi-verre d’eau sucrée, et enfin de conseiller une tisane d 'orge et d a chiendent, avec 75 centigrammes de nitrate de potasse. Cette médication n’empêchait pas l’emploi des narcotiques et des antispasmodiques à l’apparition des douleurs. Malheureusement, il ne nous a pas été permis de suivre l’emploi de ces moyens et d’en constater les résultats. Nous les livrons à l’appréciation des praticiens qui auront l’occasion d’observer des cas semblables. Les émollients et les adoucissants ne sont, du reste, pas moins nécessaires dans ces cas que dans les précédents.

[ On voit que Yalleix prenait les membranes expulsées pour des produits anormaux, et qu’il ignorait qu’elles fussent formées par la muqueuse utérine. Néanmoins les indications qu’il pose paraissent pleines de justesse, car elles conviennent au moins à la formation des caillots.

Quant au décollement de la muqueuse utérine, on a proposé de le prévenir par les cautérisations de la surface interne de l’utérus au moyen du nitrate d’argent solide et à l’aide d’injections intra-utérines de liquides astringents. Scanzoni dit avoir employé ces moyens pendant des mois entiers, sans aucun succès ; de sorte qu’il se borne à l’emploi des antiphlogistiques locaux. ]

Z|° Iljsinénurrlu'c qui a (four cause un rétrécissement utérin. — Elle

doit être traitée par la dilatation, à l’aide des sondes, de l’éponge, etc. Nous exposerons ce traitement plus loin.

5° Dysménorrhée par flexion. — Elle exige le redressement de l’utérus, que l’on obtient à l’aide de Y emploi journalier de la sonde utérine, et ensuite de l’a/>-

DYSMÉNORRHÉE. — TRAITEMENT.

Mication du redresseur intra-utérin. Ce traitement, sur lequel nous ne pouvons L nous étendre ici, nous a déjà procuré un bon nombre de guérisons de déviations utérines et de la dysménorrhée qui en est la conséquence.

go Dysménorrhée due n une névralgie lombo utérine. — Oïl emploiera, outre les médicaments qui vont être énumérés à propos de la dysménorrhée hvstéraWque, qui a beaucoup de rapport avec elle, et qui même, dans beaucoup de cas cités par les auteurs, reconnaissait très -probablement pour cause une névralgie de ce "enre, les moyens topiques dirigés contre cette affection. Ainsi, les vésimtoires sur le trajet des nerfs lombaires , la cautérisation superficielle du col avec le fer rouge, la cautérisation lombaire (Mitchell), la section du col (Mal-

gaigne), etc.

70 La dysménorrhée hystéralgiciue OU hystéralgie cataméniale, OU dys- , ménorrhée nerveuse, est celle que l’on a traitée par le plus grand nombre de moyens. Ceux qui se sont présentés tout d’abord, et que l’on a le plus fréquemment prescrits, sont les antispasmodiques.

Antispasmodiques. — Les principaux antispasmodiques mis en usage sont le camphre , l'asa fœtida, le musc et le castoréum. Ces substances ont été diversement associées entre elles ou avec d’autres, et il n’est pas de médecin qui 11e sache convenablement les manier. Nous nous bornerons donc 'a indiquer seulement quel-

ques préparations qui jouissent d une réputation assez giaiule dans le tiaitcmcnt des accidents qui nous occupent.

L'usa fœtida peut être ingéré dans l’estomac sous forme de potion ou de tein- 1 une. La préparation suivante est assez usitée dans la dysménorrhée:

If Asa fœtida 18' , 25 | Liqueur de corne de cerf succinée. 30 gram.

Faites une solution parfaite. Dose : de dix à vingt gouttes dans un verre d’eau, deux ou trois fois par jour.

On donne plus fréquemment encore cette substance en lavement , à cause de sa saveur et de son odeur repoussantes.

La formule suivante, dans laquelle le camphre est la substance principale, a été vivement conseillée par Devvees:

Camphre lgr,25 Sucre q. s.

Gomme arabique 4gr,00 Eau de cannelle 30 gram.

A prendre en deux fois dans la journée.

On sait que le camphre se donne très-souvent aussi dans un quart ou un demilavement, et délayé dans un jaune d’œuf. Nous indiquerons plus loin celui que conseille Lisfranc, et qui contient, outre le camphre, une certaine quantité de laudanum.

Il n’est assurément pas de médicament qui ait joui d’une plus grande réputation contre les affections utérines et contre la dysménorrhée en particulier, que le custoréum , aujourd’hui assez négligé. Il fait partie d’une multitude de préparations dont quelques-unes sont remarquables par la grande quantité de substances qu’elles renferment. Dans la suivante entrent Y éther et une substance ammoniacale, elle peut être prescrite dans le plus grand nombre des cas :

If Teinture de castoréum. 1

Esprit de corne de cerf. |aa Sranf1,

Éther sulfurique 4 gram.

Dose : Trente à quarante gouttes dans une ta3se d’infusion de camomille.

MALADIES DES FEMMES

Nous nous bornerons à citer encore des préparations analogues dans lesquelles K entre le musc; mais on les trouvera avec trop de facilité pour qu’il soit réellement ] utile de les consigner ici. Nous devons cependant faire une mention spéciale de 1 Y éther, qui est d’une utilité incontestable et du plus grand usage. Il suffit de près- I crire une potion éthérée ordinaire.

Narcotiques. — Les narcotiques sont indiqués dans la dysménorrhée hystéral- j gique, bien plus encore que dans celle qui reconnaît pour cause un engorgement sanguin. V opium est celui que l’on emploie le plus fréquemment. Pigeaux a réuni l’opium au camphre, sous le nom de pilules contre la dysménorrhée, dans la formule suivante :

if Opium brut 5 cenligr. j Camphre 30 cenligr.

Mêlez. Faites deux pilules. Dose : une matin et soir.

On peut ajouter, ainsi qu’il suit, le castoréum à ces substances :

'if Poudre de castoréum . . h gram. Extrait d’opium 50 centigr.

Camphre 50 centigram. Rob de sureau q. s.

Faites douze bols. Dose : deux toutes les six heures.

Lisfranc recommande le lavement suivant, qu’il faut prendre presque froid, et en se couchant, pour qu’il soit plus facilement conservé :

if Eau de guimauve q. s. pour un quart de lavement.

Laudanum de Sydenham 4, (i, 8 gouttes et plus, suivant les cas.

Camphre dissous dans un jaune d’œuf, de 15 à 30 cenligr.

Mêlez. Continuer ce quart de lavement tant que durent les douleurs, et même dans l'intervalle des règles.

L’extrait de belladone et celui de jusquiame peuvent aussi être mis en usage ; mais il suffit d’avoir bien établi l’indication pour que le traitement devienne facile, et que de plus grands détails cessent d’être indispensables.

[ Les pessaires médicamenteux sont aussi très-utiles. On peut les faire avec un mélange de cire, d’axonge, et d’extrait de belladone ou de ciguë. S’ils ne peuvent pas être supportés à cause de leur consistance, on les remplace par des sachets de mousseline que l’on remplit de cataplasme froid ou tiède de farine de graine de lin, et que l’on enduit d’une pommade calmante à l’opium, à la belladone ou à la ciguë; on peut les introduire sans le secours du spéculum.

Les frictions d’un onguent au chloroforme sur l’hypogastre ou au sacrum soûl souvent utiles.

Injections de vapeur de chloroforme dans le vagin. — Scanzoni dit en avoir obtenu d’excellents résultats, et que souvent il a suffi de quelques minutes pour faire complètement disparaître des douleurs. Voici la représentation de l’appareil qu’il met en usage (fîg. 9) et la manière de le faire fonctionner :

L’appareil se compose d’une vessie de caoutchouc vulcanisé, munie d’une canule de bois qui s’adapte par une vis h l’un des pôles d’une sphère creuse de laiton. Cette sphère a environ 52 millimètres de diamètre et peut être séparée en deux moitiés. Le pôle est également percé d’une ouverture dans laquelle est fixé un tube du même métal, auquel s’adapte un tuyau de caoutchouc vulcanisé d’environ

DYSMÉNORRHÉE. — TRAITEMENT.

50 centimètres de long. Celui-ci se termine par un anneau dans lequel se visse une canule utérine; l’anneau et la canule sont de corne.

FlG. 9. — Appareil de Scunzoni pour l'application locale des vapeurs de chloroforme.

Pour faire fonctionner ce petit appareil, on n’a qu’à mettre dans la capsule de laiton un peu de coton humecté de chloroforme, puis on introduit la canule aussi haut que possible dans le vagin. Par une compression exercée sur la vessie, on fait passer l’air qu’elle renferme dans la sphère de laiton; il se sature ainsi de vapeur de chloroforme qu’il entraîne avec lui jusque sur le col de la matrice.

Injections de gaz acide carbonique. — On sait que l’acide carbonique gazeux a été employé il y a déjà longtemps comme moyen calmant des douleurs, c’est- : à-dire comme anesthésique local. Le Juge (1) rapporte les premiers essais à Ingenhousz, physicien hollandais, en 1794, à Bcddoës et à JohnEwart, chirurgien anglais; le dernier l’appliquait à des cancers du sein.

« Ce fut seulement en 1834, dit Le Juge, que Mojon, professeur et médecin à Gênes, lit usage du gaz acide carbonique comme anesthésique. Il l’employa avec succès en fumigations dans les douleurs vives, poignantes, accompagnées de tortillements dans la région utérine, que certaines femmes éprouvent quelques jours ei souvent quelques heures avant l’apparition des règles... En juillet 1856, Simpson, professeur d’accouchements à Edimbourg, conseilla les douches d’acide carbonique comme anesthésique local dans les névralgies du vagin et de l’utérus, et

dans divers autres états morbides de ces organes, accompagnés de douleurs

Follin (2) employa le premier, en France, les douches d’acide carbonique, et il obtint des succès. » Depuis cette époque, Eroca (3) et Ch. Bernard (4) ont essavé avec plus ou moins de succès cet agent anesthésique, et Le Juge a rapporté une partie des expériences de Ch. Bernard.

Les effets immédiats du gaz acide carbonique sont de calmer des douleurs parfois très-vives chez certaines de nos malades. Quelques-unes en ont éprouvé la cessation aussitôt après la première injection. L’effet anesthésique tantôt se maintenait toute la journée pour disparaître vers le soir; la malade prenait alors une • seconde injection, et le bien-être recommençait pour durer jusqu’au lendemain matin ; tantôt la durée anesthésique du gaz n’était que de quelques heures. Oucl

(1) Le Juge, Essai sur quelques modes de traitement des affections de l’utérus, et en particulier sur l’emploi du gaz acide carbonique , thèse. Paris, 1858, n» 184.

(2) Follin, De l'anesthésie locale par le gaz acide carbonique (Archives qèn. de méd. novembre 1856).

(3) Broca, Anesthésie par le gaz acide carbonique dans les cas d’affections douloureuses de la vessie ( Moniteur des hôpitaux, h août 1857).

(4) Ch. Bernard, Archives générales de médecine, novembre 1857.

Valleix, 5e édit.

MALADIES DES FEMMES

ques-uncs ont pris trois injections gazeuses par jour; la disparition des douleurs a été plus rapide et plus permanente chez celles-là.

[D’après Willemin, de Strasbourg (1), Constantin Paul (2) et autres, les douches gazeuses réussissent aussi bien dans les cas de dysménorrhée par atonie et faiblesse générale. Elles ramènent rapidement la menstruation, quelquefois même d’une façon instantanée, elles dissipent les douleurs qui L’accompagnent et font disparaître souvent les leucorrhées invétérées liées à cet état d’asthénie. Il est évident qu’un traitement interne approprié devra être ajouté à l’action du gaz, si l’on veut que •'amélioration produite par ce dernier se maintienne.

« Les douches gazeuses ne sont pas indispensables, paraît-il, pour obtenir ces bons résultats. L’eau chargée d’acide carbonique peut les remplacer parfaitement. Nous n’avons encore pu nous assurer par nous-même si l’eau de Seliz en injection est un agent aussi efficace pour les états pathologiques que nous venons de signaler que les douches de gaz; mais nous n’avons pas de peine à admettre qu’elle puisse, dans bien des cas, être substituée au gaz sans désavantage ; du reste, Constantin Paul, qui a fait des recherches spéciales sur ce sujet, assure en avoir retiré les mêmes effets. Il est à peine besoin de faire ressortir l’importance pratique de ces résultats, à cause de la facilité bien plus grande que l’on a de se procurer l’eau de Seltz que l’acide carbonique à l’état gazeux (Demarquay) (3). »

Pour l’administration des douches utérines ou des injections d’acide carbonique, on peut employer l’appareil de Fordos (à), qui est facile «à manier (fig. 10). Oh enlève le tube d’étain et l’on introduit dans la carafedes cristaux d’acide lartrique, de manière qu’ils soient placés au fond du vase; on ajoute par-dessus du bicarbonate de soude en poudre, et puis enfin une suffisante quantité d’eau. Voici les doses que Foi dos (6) emploie habituellement :

30 grammes d’acide lartrique en cristaux gros comme des noisettes;

38 grammes de bicarbonate de soude en poudre;

1 /L\ de litre ou un grand verre d’eau.

On laisse marcher la réaction pendant quinze à vingt minutes sans agiter la carafe; on agite alors de temps en temps si le dégagement du gaz se ralentit. L’acide carbonique se dégage par la réaction de l’acide tartrique sur le bicarbonate de soude, et comme ces deux corps sont employés à l’état solide, le gaz ne se produit qu’au fur et à mesure de sa dissolution dans l’eau. L'acide carbonique traverse le tube d’étain, où il rencontre les fragments de marbre elles morceaux d’éponge qui le tamisent et le débarrassent des particules salines ou acides entraînées mécaniquement.

On introduit d’abord les cristaux d’acide tartrique de manière qu’ils soient placés au fond de la carafe; l’acide carbonique qui se produit à leur surface soulève et agile le bicarbonate de soude, ce qui facilite la dissolution de ce corps et sa décomposition. On obtient ainsi un dégagement de gaz régulier et abondant. Si l'on opère différemment, si, par exemple, on commence par introduire dans la carafe le bicarbonate de soude, celui-ci se tasse au fond du vase; il est plus difficilement

(1) Villemin, Revue d'hydrologie médicale , 1858.

(2) Constantin Paul, Gazette des hôpitaux, 1863.

(3) Demarquay, Essai de pneumatologie médicale. Paris, 1866, p. 547.

(4) Fordos, Journal de pharmacie, 1858, t. XXXIII.

DYSMÉNORRHÉE. — TRAITEMENT.

-utamié par l'acide la, -trique, et l'ou u'obtieut eu dêgagemeut convenable de gaz que pendant sept à huit minutes ; le dégagement se ralentit alors, et, pour I activer,

il est nécessaire d’agiter l’appareil.

flG. 10. L’appareil gazu-injecteur se compose : 1* d’une carafe; 2’ d'un tube d’étain; 3* d'un tube de

caoutchouc terminé par une canule. La carafe, semblable aux siphons à eau gazeuse et de verre épais, est de la capacité d’un litre. Le tube d’étain est ajusté sur le goulot de la carafe et fait l'office de bouchon. Il a la forme d’un étui et porte dans son intérieur une couche de fragments de marbre au fond (M) et pardessus une couche plus épaisse de morceaux d’éponge; il est percé de trous à sa partie inférieure pour livrer passage au gaz ; il est fermé à la partie supérieure par un couvercle vissé que l’on peut enlever à volonté. A la parlie lalérale, immédiatement au-dessous du couvercle, est soudé un petit tube d’étain sur lequel on adapte un tube de caoutchouc pour diriger le gaz sur la partie malade. Le tube de caoutchouc porte à son extrémité une canule de 15 à 20 centimètres de long terminée en olive et n’ayant qu’une ouverlurb à l’extrémité.

Si l’on veut donner une injection vaginale, on doit avoir la précaution d’introduire la canule dans le vagin avant de charger l’appareil.

On peut également administrer des douches utérines au moyen de l’appareil Mondollot auquel on adapte le tube à ajutage qui se trouve dans l’appareil Fordos.

Les accidents sont peu à redouter à la suite des injections d’acide carbonique ; ils consistent en céphalalgies, étourdissements, faiblesse et obscurcissement de la vue, courbature générale, somnolence : tels sont les phénomènes que le médecin devra surveiller.]

Excitants. — De légers excitants ont été conseillés par beaucoup d’auteurs. lTrousseau et Pidoux (1) insistent beaucoup sur leur utilité dans les cas de mens-

(1) Trousseau et Pidoux, Traité de thérapeutique et de matière médicale, 7* édition. Paris 1858, t. II.

MALADIES DLS FEMMES.

iruation 'douloureuse et difficile, avec frissonnements, pandiculations, spasmes divers, et surtout coliques utérines déchirantes. Les infusions de menthe , de métisse, de romarin, de lavande, de serpolet, de sauge, etc., sont les moyens les plus simples et les plus efficaces à mettre en usage, lorsque l’on pense que cette légère excitation est nécessaire.

Dilatation de l'orifice interne de l’utérus. — [Quand l'aménorrhée dépend d’un rétrécissement de la cavité du col, .1. H. Bennetsèsert de très-petits cônes d’éponge, de 2 à 3 centimètres de longueur, se terminant par une extrémité mousse et couverte d’une mince couche de cire. Un de ces cônes est introduit dans la cavité du col au moyen d’un stylet, de façon à remplir autant que possible la totalité du canal; on le laisse en place pendant vingt-quatre heures. La cire en fondant, protège les tissus que l’éponge dilate peu à peu. La lente dilatation de l’éponge surmonte la résistance du col et ouvre la cavité sans irriter la membrane muqueuse; cela n’a lieu, cependant, que quand l’éponge est bien recouverte de cire. Si elle est nue, elle irrite la surface muqueuse et la fait saigner. On doit laisser l’éponge vingt-quatre heures, quand la malade peut la retirer elle-même aisément avec un (il de soie ou de chanvre attaché à l’éponge et suffisamment long pour pendre au dehors. La dilatation s’accomplit ordinairement sans souffrance. Parfois cependant la malade éprouve de légères douleurs comme celles de la menstruation. Si on laisse l’éponge plus de vingt-quatre heures, elle est en général spontanément chassée dans le vagin, probablement par la pression du mucus sécrété au-dessus du point où elle était placée. Si cependant on l’introduit très -haut dans la 'cavité du col, de manière que l’orifice externe se soit refermé sur elle, elle peut être retenue dans la cavité, et l’extraction en devient nécessaire, surtout si le lil se rompt, comme il arrive parfois. Si, ou contraire, l’éponge n’a été poussée qu’en partie dans le col, elle peut retomber dans le vagin trop tôt. Il est facile de reconnaître la portion d’éponge qui a pénétré dans la cavité du col; elle est beaucoup moins gonflée que celle qui est restée au dehors cl qui s’est librement dilatée dans le vagin. Une ligne de démarcation très-nette sépare ces deux portions.

Quand l’orifice utérin est très-resserré et qu’on a introduit de très-petites lentes, on ne peut éviter l’emploi du spéculum, la chaleur du vagin ramollissant la tente avant qu’elle puisse pénétrer «a travers l’orifice. Mais quand celui-ci est plus ouvert cl qu’on peut se servir cl’une plus grosse tente, le spéculum n’est pas indispensable, l’éponge pouvant être introduite à l’aicle d’une sonde ou d’un stylet, la malade étant couchée sur le côté gauche. La première tente ne dépasse guère 1 centimètre à 1 centimètre cl demi, mais à mesure qu’on en introduit de nouvelles, elles pénètrent plus loin, de façon que la cavité tout entière du col finit par être dilatée. Comme on n’introduit généralement la tente que tous les trois ou quatre jours, afin de ne pas produire d’irritation, il faut le plus souvent un ou deux intervalles intermenstruels pour dilater complètement le canal. Le jour où l’on retire l’éponge, il est bon de faire une injection d’eau tiède ou de liquide astringent afin de combattre l’irritation légère qu’on pourrait avoir causée. L’orifice et la cavité du col étant une fois dilatés par la tente d’éponge, on ne doit pratiquer les premières injections qu’avec les précautions les plus grandes, car des spasmes utérins peuvent survenir alors par suite évidemment de la pénétration du liquide

TRAITEMENT

DYSMÉNORRHÉE. —

<lans l’intérieur même de la cavité du col. ou du corps. (J. H. Bonnet) (1). ] Les' éponges qu’emploie Simpson (2) offrent la forme d’un cône ou d’une pyramide allongée (fig. 11). Elles sont de longueurs et de grandeurs diverses, suivant le but qu'il se propose. Pour préparer ces tentes, on trempe un morceau d’éponge dans une forte solution de gomme arabique ; on le lie ensuite et on le comprime autour d’une tige centrale au moyen d’une ficelle, en lui donnant la forme d’un cône, puis on fait sécher, on enlève la ficelle, et plus tard on enduit la surface de la Lente avec du suif ou avec un mélange de cire et d'axonge pour faciliter son introduction. Le canal intérieur qui doit recevoir la tige du mandrin qui sert à porter la tente dans la cavité du col ne doit pas avoir une profondeur de plus d’un demipouce ou d’un pouce à partir de la base du cône.

Un des côtés de cette base est traversé par un (il

qui sert à retirer l’éponge L’introduction se

fait par le même procédé que pour le cathétérisme utérin. Il faut faire quelquefois des injections d’eau tiède pour faciliter la dilatation.

Soins hygiéniques. — Dans tous les cas de dysménorrhée, les malades doivent être maintenues dans le repos, et surtout éviter les excitations des organes génitaux. Quant au régime , il doit être doux et léger chez les femmes assez fortes, et tonique, suivant Lisfranc, chez les femmes débiles.

Résumé , ordonnances. — Après avoir passé en revue les principaux moyens dirigés contre la dysménorrhée, pouvons-nous dire quelle est la valeur de cette médication ? Il n’est pas douteux que, parmi ces moyens, il n’y en ait un certain nombre dont une expérience répétée a démontré l’cf- Jicacité. Mais l’absence d’une méthode rigoureuse, dans l’appréciation des faits thérapeutiques, se fait sentir quand il s’agit dn traitement de cette maladie, aussi bien que de tant d’autres. La tâche des observateurs qui se livreront à des recherches sur ce point doit principalement consistera spécifier les moyens qui conviennent le mieux suivant des cas déterminés, et à débarrasser ce traitement d’une multitude d’agents thérapeutiques qui viennent le compliquer inutilement. En attendant, disons que, d’après l’expérience, ceux qui sont le plus utiles sont les émissions sanguines, quand il y a engorgement; les narcotiques et les antispasmodiques, lorsqu’on voit prédominer des troubles fonctionnels, consistant surtout en violentes douleurs; les moyens chirurgicaux, quand il existe un obstacle mécanique à l’écoulement du sang.

(t) Bennet, Traité pratique de l'inflammation de T utérus , Irad. par le docteur Peter. Paris, 1864, p. 334.

(2) Simpson, Monthly Journal , janvier 1850.

Fig. 1 1 . — Éponge préparée saisie avec la pince à polypes.

MALADIES DES FEMMES

/'e Ordonnance . — Cas où l' engorgement sanguin est évident.

1° Boissons émollientes et délayantes.

2° Une saignée générale dont on calcule l’abondance sur les forces de la malade. Si la dysménorrhée se produit à chaque époque menstruelle, tâcher de la prévenir par une de ces petites saignées auxquelles Lisfranc a donné le nom de saignées spoliations.

3° Application de dix, douze à quinze sangsues sur l’hypogastre, les aines, leslombes.

Bains simples ou émollients.

5° Une potion calmante; une pilule d’opium de 3, 5 centigrammes et plus par jour; un lavement à une température peu élevée, avec addition de huit ou dix gouttes de laudanum de Sydenham.

6° Dans certains cas où l'effort hémorrhagique est évident, légers emménagogues (voy. p. 77), auxquels il faut promptement renoncer s’ils ne produisent pas d’effet.

7° Régime doux et léger; repos dans la position horizontale.

//* Ordonnance. — Cas où l'on ne trouve aucun engorgement, et on tout porte à croire que les accidents sont de nature nerveuse.

lu Pour boisson, légère infusion de tilleul, de menthe, de romarin, etc., édulcorée avec le sirop de fleur d’oranger.

2° Opium, ut suprà.

3° Un lavement presque froid, avec addition de six à huit gouttes de laudanum de Sydenham, et de 10 à 30 centigrammes de camphre délayés dans un jaune d’œuf. Continuer ce traitement tant que les douleurs persistent.

h° Autres antispasmodiques (voy. p. 79).

5° Injections de vapeur de chloroforme ou d’acide carbonique.

6° Régime fortifiant pour les femmes débiles (Lisfranc) ; doux et léger pour les autres ; repos.

Nous ajoutons que l’exploration des organes doit toujours être pratiquée, ce qui fournit des indications précieuses dans les cas où il s’est formé des caillots, des fausses membranes, et où il existe des lésions de l’utérus.

Résumé. — 1° Dysménorrhée par engorgement sanguin. — Traitement de la congestion utérine ; saignées révulsives ou spoliatives ; dérivatifs ; légers emménagogues.

2° Dysménorrhée symptomatique d'une affection organique. — N’offre rien de particulier sous le rapport du traitement.

3° Di/sménorrhée par formation de caillots ou de fausses membranes. — Saignées spoliatives; alcalins à l’intérieur et à l’extérieur; narcotiques, antispasmodiques.

U° Dysménorrhée par rétrécissement du col. — Dilatation.

5° Dysménorrhée par f exion. — Redressement de l’organe à l’aide de la sonde utérine et du redresseur intra-utérin.

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