ECZÉMA. — TRAITEMENT
maniaque , qu’il administrait, dans la proportion de 5 centigrammes d’un de ces sels dans 30 grammes d’eau distillée. Il commençait par un gramme environ de celte solution. A. Cazenave administre dans le même but la solution de Pearson, à la dose de 1 à U grammes par jour. Nous reviendrons avec détail sur cette médication, à l’occasion des maladies squameuses, dans le traitement desquelles ces moyens ont acquis, depuis ces dernières années, un haut degré d’importance.
Restent quelques moyens particuliers qu’il n’est pas sans intérêt de connaître; telle est la mixture de Biett, ainsi composée :
Sirop de fumeterre 375 gram. I Sulfite sulfureux de soude Sgram,
— de pensée sauvage. . 125 gram. |
Deux cuillerées par jour.
Gardras (1) regarde la douce-amère, prise à l’intérieur, comme le meilleur moyen contre l’eczéma.
[Dans l’eczéma herpétique, Bazin donne volontiers aux sujets débilités, anémiques, le fer associé à l’arsenic et à la douce-amère. Le malade prend, chaque jour, deux pilules contenant chacune 5 milligrammes d’arséniate de fer pour 5 milligrammes d’extrait de douce-amère ; et progressivement, il arrive à en prendre 25 à 30, c’est-à-dire, de 10 à 15 centigrammes d’arséniate de fer par jour (2).
Meade (3) a récemment proposé contre l’un des eczémas chroniques les plus rebelles, celui de l’anus et du scrotum, qui s’accompagne de fissures, épaississement et induration de la peau, avec prurit insupportable, une médication qui amènerait la guérison en une ou deux semaines. Le malade doit prendre, chaque jour, une décoction de salsepareille ou de douce-amère, avec 30 milligrammes de bichlorure d’hydrargyre et le double de tartrate d’antimoine (A).]
Tel est l’ensemble des moyens qu’on peut, avec le plus d’avantages, opposer à l’eczéma. Ils n’ont pas tous, à beaucoup près, la même valeur, et malheureusement nous manquons de renseignements précis sur l’influence relative delà plupart d’entre eux. Quels que soient, en général, ceux qu’on emploie, il faut insister longtemps sur leur usage; et si le praticien croit devoir s’aider à la fois des moyens internes et des moyens externes, qu’il se garde, comme le fait observer judicieusement A. Cazenave, d’employer des moyens opposés les uns aux autres, comme, par exemple, des cataplasmes émollients et les eaux de Baréges.
Si l’eczéma s’est développé sous l’influence d’une cause extérieure, il suffit souvent d’éloigner la cause pour dissiper le mal. Parfois alors il faut engager les malades à renoncer à leur profession.
Selon le siège qu’il occupe, l’eczéma réclame aussi quelques indications particulières : dans l 'eczéma des oreilles, il faut parfois introduire un peu d'éponge préparée pour prévenir l’oblitération du conduit. En outre, il est bon, en pareil cas, d’employer quelques moyens particuliers. A X état aigu, d’après Chausit (5),
(1) Gardras, The London med. and phys. Journal , mai 1830.
12) Bazin, Leçons sur les affections génériques de la peau, t. I, p. 166. Paris, 1862.
(3) Meade, British medical Journal, décembre 1864.
(4) P. Garnier, Dictionnaire îles progrès des sciences médicales. 2e année, 1865, p. 242.
(5) Chausit, toc. cit., p. 83.
yyu AFFECTIONS ET MALADIES DE LA PEAU.
il faut prescrire les injections émollientes ou narcotiques ; h Y état chronique , des injections astringentes , savonneuses , des lotions avec la mixture de Gowland , modifiée ainsi qu’il suit par A. Cazenavc :
'if Bichlorure de mercure .. . 4 0 centigr. Chlorure d’ammonium. , . 20 centigr,
Lait d’amandes
250 gram,
Quand il y a complication d’hypertrophie rebelle, on emploiera avec avantage les douches de vapeur aqueuse , dirigées vers l’oreille.
Dans Y eczéma du cuir chevelu , il est bon de couper les cheveux et A' entretenir dans cette partie une grande propreté. Les douches de vapeur sont spécialement conseillées par A. Cazenave dans Y eczéma du scrotum.
Un régime d’autant plus sévère que l’eczéma offrira plus de signes d’acuité, complétera le traitement; on y joindra le repos de la partie malade; les fatigues, les excès de toute espèce, seront soigneusement évités.