FURONCLE. — CAUSES
cilles de la peau, dont l’acné et l’ecthyma sont les lormes plastique et suppurative.
Il est caractérisé par une petite tumeur, conique, dure, douloureuse, qui s s’accompagne de rougeur et de tension des téguments, et dont l’ouverture est
• suivie de l’expulsion d'une masse grisâtre nommée ventricule ou bourbillon.
Le furoncle est une des affections cutanées qu’il n’est pas rare d’observer.
§ H. — Causes.
Des causes assez nombreuses paraissent favoriser le développement du furoncle;
, avec Bazin, nous les diviserons en deux groupes.
Causes externes. — Signalons la malpropreté, l’usage de pommades irritantes, i d’onguents, d’emplâtres, de bains alcalins et sulfureux, etc. {F. artificiel)',
1 l’existence de la gale et des teignes, la teigne tonsurante en particulier (F. parasi i taire); une mauvaise alimentation, l’usage ou l’abus des préparations alcalines,
; arsenicales ou iodurées, etc. [F. pathogénétique). Il convient d’ajouter ici que le 1 furoncle se montre quelquefois sous la forme épidémique, dont les descriptions 1 les plus curieuses sont duesà Lavcock(l), à Hamilton Kingladc (2), àTholozan (3) i et à Hunl (4). Dans la plupart de ces épidémies, dont l’une s’est développée conséicutivemenl à une épidémie de scarlatine maligne, les furoncles, suivant la remarique de Follin (5), ont coexisté avec d’autres affections inflammatoires du tissu (cellulaire. Quant aux furoncles qui naissent sur le dos des fantassins, sur le cou ou . la nuque des jeunes conscrits, ou sur les fesses de quelques cavaliers, si l’on peut les attribuer à l’irritation mécanique prolongée produite par le sac ou le col milit taire, ou par le frottement répété de la selle, le développement des furoncles sur les bras, le thorax, des mêmes individus, ne peut plus s’expliquer de la même façon, et ILcvillain (6) suppose que l’éruption peut reconnaître pour cause le dépôt sur la [peau de la poussière qui s’élève du pansage des chevaux et se mêlerait à la sueur ides cavaliers (autre forme de furoncle artificiel ); toutefois, Gaudaire (7) combat i cette manière de voir, en faisant remarquer que les officiers, élèves de Saurnur, i qui ne pansent point les chevaux, contractent des furoncles comme les cavaliers.
Causes internes. — Indépendamment des causes externes ou extérieures qui - souvent sont, comme dans les cas de Gaudaire, insuffisantes à expliquer l’apparition des furoncles, ceux-ci peuvent se montrer après certaines fièvres éruptives, telles <:que la rougeole, la variole, etc. (F. critique ); ils sont aussi assez fréquents chez les diabétiques (F. symptomatique d'une diathèse); enfin, selon Bazin, ils pourraient revendiquer leur place dans l’ordre dévolution de la dartre et de l’arthri- ! tis (8).
(t) Th. Laycock, Union médicale, 1851, p. 196.
(2) Hamilton Kinglake, The Edinburgh monthly Journal, 1852, vol. XV, p. 18.
(3) Tholozan, Note sur l épidémicité de certaines affections du tissu cellulaire, et parti-
• culièrement du panaris, du furoncle et de l'anthrax (Gazette médicale, 1853, p. 2).
(4) Hunt, The Lancet, 1852, p. 149.
(5) Follin, Traité de pathologie externe, t. 11, lre partie, p. 24. Paris, 1863.
(6) Levitlain, Du furoncle, thèse de Paris, 1828, n° 38.
(7) Gaudaire, Du furoncle, thèse de Paris, 1854, n° 253.
(8) Bazin, Leçons sur les affect, génér. de la peau. Paris, 1865, t. H, p. 313 . v
AFFECTIONS RT MALADIFS DF T, A PFAU
§ III. — Symptômes.
Il n’y a presque jamais de signes prodromiques de l’apparition du furoncle; dans les cas très-rares où l’on a pu en constater quelques-uns, il s’agissait d’une éruption très-mullipliée, et les troubles précurseurs se sont surtout manifestés du côté des voies digestives (1).
Le furoncle apparaît sous la forme d’une petite tumeur cutanée, dure et chaude, de forme conique, dont la base est située bien au-dessous de la peau, son sommet s’élevant à peine au-dessus, car c’est là que le derme résiste le plus. La rougeur est vive ou violacée ; la douleur a été comparée à celle que produirait une vrille enfoncée dans les chairs; elle est d’ailleurs modifiée selon la sensibilité du malade et le siège du furoncle; ce dont Boyer avait déjà fait la remarque, lorsqu’il assure que les furoncles des parois abdominales sont les plus douloureux. Avant le huitième jour, le sommet du cône s’élève en pointe, se ramollit et s’ulcère; il sort une humeur séro-sanguinolente, et l’extrémité du bourbillon est à nu. Ce corps grisâtre, imprégné de pus, est éliminé ordinairement du dixième au douzième jour. La première perforation de la peau laisse une petite ouverture qui semble pratiquée avec un stylet très-fin; tandis qn’après l’expulsion du bourbillon la tumeur semble creusée par une cavité cylindrique, béante à l’extérieur. Alors la douleur a cessé, la peau revient sur elle-même, la cavité s'efface, la guérison laisse un petit creux, au fond une petite cicatrice irrégulière qui prend bientôt la coloration de la peau. Vidal (de Cassis) a vu des furoncles qui, au lieu de présenter le sommet acuminé ordinaire, étaient au contraire surmontés par une large vésicule remplie d'une sérosité trouble (2).
Le siège des furoncles est souvent en rapport avec leur cause; mais ils s’observent surtout sur les points où la peau est dure et épaisse, sur les fesses, les cuisses, le dos, aux aisselles, à la nuque, sur les parois de l’abdomen. Rarement solitaires, ils sont souvent en très-grand nombre à la fois, ou tout au moins se suivent de très-près. Quelquefois, dit Boyer (3), leur nombre est si considérable, que les malades ont peine à trouver une partie sur laquelle ils puissent reposer ou incliner leur corps. Leur grosseur varie : rarement ils deviennent plus gros qu’un œui de pigeon. Boyer a encore remarqué que leur volume était plus considérable quand ils sont seuls; alors ils peuvent, dit-il, égaler un œuf. Vidal (de Cassis) pense qu’en pareil cas il y a un véritable anthrax ou rendez-vous de furoncles {guêpier d’Alibert), et non un simple clou; cette forme correspond à ce que quelques auteurs ont appelé furoncle anthracoïde. Quand les clous sont multipliés, il v en a toujours un manifestement plus volumineux que les autres.
La présence des furoncles peut occasionner l’engorgement des ganglions voisins; c'est ce qui s’observe au cou, à l’aisselle, à l’aine. Ils peuvent aussi entraver des fonctions importantes : ainsi, un furoncle volumineux développé entre l’anus et le scrotum a parfois rendu l’émission des urines difficile et douloureuse (Marjolin).
(1) Fullin, loc. cit., p. 25.
(2) Vidai (de Cassis), Truité de pathologie externe et (le mèd. opérât ., 5* édition. Paris, 1861, t. I, p. 536.
. (3) Boyer, Traité des maladies chirurgicales, t . II, p. hh.