LICHEN. — SYMPTÔMES
ddéterminent dans L’économie un mouvement fluxionnaire vers la peau, et consécuttivement une sudation excessive (1). L’éruption ne se montre, du reste, que chez Ides personnes saines, cliez celles dont l’activité fonctionnelle de la peau est la plus ^grande. Chez les jeunes gens, elle se montre inopinément, sans apporter à la santé aaucun trouble, ni la moindre inquiétude. Relativement à l’influence qu’une suda-
Îttion excessive, déterminée par une haute température, peut exercer sur l’apparittion du lichen vésiculaire, influence manifeste, puisque, plus abondante est la 1 1 transpiration, plus forte est aussi l’éruption, il faut reconnaître cependant qu’on jpeut, dans certains cas, provoquer une sudation aussi abondante, sans produire de 1 <tgale bédouine. Amédée Paris, recherchant, dans la constitution géologique de la 2 zone saharienne correspondante à Biskra, la raison de cette différence, a trouvé, que Iles eaux de ce pays sont chargées de principes minéralisateurs de nature essentielleiment maritime, parmi lesquels dominent les chlorures, qui seuls sont éliminés à lia surface de la peau. Or, « les analyses de la sueur ont permis de constater que j Iles gouttelettes de sueur qui perlaient à la surface de la peau contiennent une (quantité notable de chlorure de sodium; que partout où ces gouttelettes apparais- | 'saient, il n’y avait pas de papules; et, qu’au contraire, les papules semblaient for- , i mées par V arrêt d'un ou de plusieurs cristaux de chlorure de sodium, dans les > i couches superficielles de la peau (2). »>]
1° Lichen simple aigu. — De petites papules, de la grosseur d’un grain de millet, agglomérées, rouges, accompagnées d’un sentiment de prurit et de chaleur incommode, mais supportable, apparaissent à la surface de la peau. Après quelques j jours, la rougeur diminue, les papules s’affaissent, et la démangeaison s’éteint graduellement. Au bout d’un ou de deux septénaires, une légère desquamation indique que l’affection est terminée.
Tel est, dans sa forme la plus bénigne, le lichen simplex , maladie du reste assez rare et toujours légère. Suivant Willan, cette éruption est toujours précédée de symptômes fébriles ; mais A. Cazenave (3) n’a vu apparaître des symptômes généraux que dans les cas où l’éruption était très-étendue; c’est aussi ce qu’avait observé Biett.
2° Lichen simple chronique. — Au lieu d’affecter cette marche rapide, le lichen, le plus souvent, reste stationnaire pendant un long espace de temps, ou bien se prolonge par une succession d’éruptions nouvelles, ce qui constitue le lichen simple chronique: affection beaucoup plus commune que le lichen simple aigu .
Dans le lichen simple chronique, les papules sont peu ou ne sont point enflant mées; elles conservent la couleur de la peau, et consistent en de petites saillies, surtout appréciables au toucher. Le doigt, promené sur l’éruption, perçoit la sensation de petits corps durs dont la peau serait comme hérissée. Celle-ci* quand la
(1) Wiabb-arag , boutons de la sueur, disent les Arabes.
(2) Amédée Pâris, Mémoire sur la gale bédouine ( lichen vésiculaire ), in Gazette médicale de Paris, 1866, p. 1A8.
(3) Alphée Cazenave, Ann. des malad. de la peau, t. Il, p. 35.
§ III.— Symptômes.
AFFECTIONS ET MALADIES DE LA PEAU
maladie dure depuis un certain temps, subit un épaississement plus ou moins considérable, et souvent se couvre d’une exfoliation assez abondante.
Le siège le plus ordinaire du lichen simple, quand il est aigu, est au cou et au visage ; à l’état chronique, on le rencontre plus particulièrement au bras et au dos de la main.
3° Lichen ngrius. — Dans cette forme, qui peut se développer primitivement ou succéder au lichen simplex , l’éruption prend un haut degré d’intensité (d’où le nom d ’agrius : àypi fo;, férus), et se présente avec des caractères particuliers.
Sur une surface érythémateuse, apparaissent réunies un grand nombre de petites papules très-rouges, très-enflammées; elles sont saillantes, comme acuminées, luisantes; elles s’accompagnent d’une chaleur ardente, d’une tension douloureuse, d’une cuisson mêlée de démangeaisons.
Puis l’inflammation s’accroît, le volume des papules augmente, et leur sommet devient le siège de petites ulcérations à la surface desquelles se produit un liquide sèro-purulent qui sc concrète et se convertit en petites croûtes. Celles-ci sont d’un jaune verdâtre, rugueuses, proéminentes; elles adhèrent à peine et reposent sur des surfaces chagrinées et séparées par des intervalles où la peau apparaît comme hérissée de papules (A. Cazenave). Quelquefois, au bout de deux septénaires, l’inflammation cède graduellement, et tout se termine par une desquamation légère.
Dans le plus grand nombre des cas, des éruptions et des ulcérations nouvelles entretiennent et prolongent la maladie; on voit successivement les squames et les croûtes se remplacer. Au moment de ces exacerbations, le prurit devient intolérable et jette les malades dans un état nerveux insupportable. A la fin, la peau s'épaissit et prend une teinte jaunâtre remarquable qui frappe les yeux exercés.
Le lichen agrius, avec les caractères de gravité que nous venons de décrire, siège le plus souvent au visage, où parfois il fait naître un gonflement qui en altère les traits. Il peut aussi occuper toute la surface cutanée; souvent concentré aux mains et surtout à la face dorsale des doigts, il atteint la matrice de l’ongle qui est inégal, rugueux et friable.
lx° Variétés. — Telles sont les trois formes principales qui constituent le lichen ; les nombreuses variétés qu’on a admises rentrent dans la description que nous venons de donner. Il nous suffira d’ajouter que, dans le lichen piloris, les papules existent à la base des poils, et le prurit est des plus intenses; que le lichen lividus est ainsi nommé à cause de la teinte pourprée, mélanique, qu'offrent les papules. La disposition en rubans arrondis et formant des cercles a reçu de Biett la dénomination de lichen gyratus, et la disposition en groupes a été appelée par AVillan lichen circumscriptus. Quant au lichen urticatus de Bateman, il n’a de particulier que ses papules plus larges et plus rouges que celles du lichen simple, plus saillantes et plus arrêtées que les élévations de Y urticaire. Je ne ferai que mentionner le lichen tropicus , variété propre au climat des tropiques, et dont le lecteur pourra prendre une idée dans l’ouvrage de Clegborn (1). [Le lichen piloris ne serait, selon Devergie et Hardy, qu’un pytiriasis pilat'is, et, selon Bazin, le lichen urticans ne serait qu’une variété d’urticaire, offrant une marche fugace, comme celle du cnidosis ou urticaire chronique. Quant au lichen vésiculaire [gale
(1) Clcghorn, Un the Diseuses of Minorca. London, 1779.