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V - Si

AFFECTIONS ET MALADIES DE LA PEAU

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Quant au lichen urlicatus , on ne le confondra pas avec l'éruption ortiée (urticaire), si l’on se rappelle que, dans celle-ci, les élevures cutanées sont plus étendues, que leur durée est fugace, que leur surface est plate, quelquefois allongée, cylindrique, semi-lunaire.

Dans un certain nombre de cas, le diagnostic du lichen agrius offre quelque difficulté : c’est surtout quand les papules nombreuses, agglomérées, sont tellement confluentes, qu’il est impossible de les reconnaître; mais en cherchant avec attention, il est rare qu’on ne trouve pas, sur le bord des plaques, des papules dont la présence lève tous les doutes.

Pronostic. — Le lichen n’est pas une maladie grave, mais c’est le plus souvent une incommodité fâcheuse en raison de sa ténacité et des récidives qui sont assez fréquentes. Son siège à l’anus et aux parties génitales lui donne un caractère de gravité sur lequel nous insisterons encore à l’occasion du prurigo de ces parties.

§ VI. — Traitement.

Le traitement du lichen a une grande analogie avec celui du prurigo; la plupart des moyens cjh’on trouvera indiqués à l’occasion de cette dernière affection, sont applicables au lichen. Ainsi les antiphlogistiques , les émollients, les alcalins, les antispasmodiques, les narcotiques , sont conseillés dans le lichen comme dans le prurigo, et l’on peut joindre à ces moyens le sulfate de quinine et les préparations arsenicales.

Mais il est quelques indications particulières qu’il esL nécessaire de signaler:

Lichen agrius. — « Il faut, dit Cazenave, avoir recours aux émissions san- (piin.es, aux fomentations, aux lotions mucilagineuses, aux bains émollients, aux boissons acidulées. » Cet auteur veut qu’on borne l’emploi des émollients à l’état aigu ; à part ce cas, il a trouvé que la peau les supportait mal, et qu’ils semblent augmenter sa sensibilité déjà exagérée.

Les lotions alcalines et mercurielles seront employées avec avantage, ainsi que les bains de même nature. Les auteurs s’accordent, dans ce cas, à proscrire les bains sulfureux; ils insistent également, comme dans toutes les formes intenses ou rebelles, sur l'observation rigoureuse des principes de l'hygiène. Les acides minéraux pris à l’intérieur sont aussi vantés par la plupari d’entre eux.

Selon Cazenave, l’emploi des pommades est rarement utile dans le traitement du lichen. Néanmoins on a mis en usage celles que nous ferons connaître dans le traitement du prurigo, telles que les pommades alcalines, au goudron, etc., etc. Gibert a conseillé la suivante :

if Deutoxyde de mercure ... A gram .

Camphre 75 centigr.

Axongo.

:i'2 gram.

Dans

les cas où le lichen est très-ancien. Rayer

dit s’être seni avec avantage

de la pommade suivante :

if Calomel.

Camphre

A gram.

80 centigr.

Axonge

30 gram.

peau

dit aussi avoir quelquefois fait cesser le prurit en cautérisant légèrement la avec le nitrate d'argent ou à l’aide de lotions vinaigrées. C’est dans ce même

STUOPMLLUS.

but que Baumès (1) conseille une compression foi te et égale avec une plaque de plomb , ou seulement avec des bandes sur la partie affectée.

Quant aux bains , leur emploi dans le traitement du lichen reçoit de fréquentes applications; c’est surtout aux bains alcalins et aux bains de vapeur qu’on a eu recours avec le plus de succès. Dans un certain nombre de cas, les bains pris aux sources d’Enghien, de Louèche, de Schninznach,ont procuré des guérisons remarquables. C’est particulièrement dans les formes chroniques, et quand l’inflammation locale est légère, qu’on peut conseiller l’emploi de ces moyens.

Bazin (2), qui emploie V huile decade, la regarde comme très -efficace contre le lichen agrius , qui cède comme par enchantement aux frictions faites tous les jours sur toute l’étendue des surfaces malades avec un gros pinceau de chanvre imbibé d’huile de cade pure.

Lichen clrcumscriptus. — « Lorsque, dit Baumès, l’éruption est isolée, et forme une plaque ou plusieurs plaques éparses, délimitées, à papules agglomérées, on peut essayer l’application d’un vésicatoire sur la plaque unique, ou de plusieurs vésicatoires successifs sur les diverses plaques. Après avoir enlevé la vessie, on panse la surface dénudée avec la pommade au nitrate d'argent. C’est un moyen auquel j’ai dû des succès remarquables, surtout au visage et sur le dos des mains. »

Selon Cazenave et Schedel, Biett a souvent employé avec succès dans le lichen agrius, et quelquefois même dans le lichen simplex chronique, les pilules asiatiques : il en faisait prendre au malade une par jour pendant un mois et plus. En voici la composition :

^ Acide arsénieux 5 eentigr. I Gomme arabique 10 centigr.

Poivre noir 60 centigr. | Eau q. s.

Triturez pendant longtemps l’acide et le poivre ; ajoutez la gomme et l'eau, et faites une masse à diviser en douze pilules.

[« Les causes déterminantes du lichen vésiculaire ( gale bédouine) indiquent clairement la valeur nulle de tout moyen thérapeutique contre cette affection et les avantages qui résultent, au contraire, de l’observance attentive des règles hygiéniques, pendant la saison chaude, pour se préserver de son apparition ou au moins en atténuer la manifestation : 1° boire le moins d’eau possible; 2° calmer la soif au moyen de liqueurs acides ; 3° s’abstenir de tout exercice violent ; ne pas sortir pendant la plus grande partie de la journée; 5° prendre au moins trois fois par semaine un grand bain d’une heure; (iu porter pendant la saison chaude des habits larges et légers (3). »]

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