‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 190 sur 494 · AFFECTIONS CUTANÉES PARASITAIRES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS CUTANÉES PARASITAIRES

les analogies qui les rapprochent des affections cutanées précédemment décrites, elles s’en distinguent souvent d’une manière très-nette, par leur marche naturelle, ordinairement chronique ; par la nature des agents thérapeutiques qui leur conviennent particulièrement, el par leur caractère contagieux. Chacune d elles se manifeste par une ou plusieurs des formes éruptives que nous avons étudiées déjà ; mais elle modifie l’éruption, soit dans les variétés de ses aspects , soit dans son siège. Ces modifications, aujourd’hui bien connues pour la plupart, permettent le plus souvent de reconnaître, dès l’abord, non-seulement l’étiologie parasitaire de l’affection, mais encore la nature même du parasite, dont l’existence est ensuite confirmée par un examen fait à l’aide de verres grossissants.

Une remarque importante et dont il faut bien se pénétrer, c’est que, dans les affections cutanées d’origine parasitaire, le parasitisme n’est pas tout. Tel malade, placé accidentellement sous l'influence de tel ou tel parasite, aura seulement une éruption légère, et, si la cause de cette éruption est aussitôt reconnue, l’emploi des agents parasiticides convenables la fera promptement disparaître. Tel autre, au contraire, fût-il traité immédiatement à l’aide des mêmes moyens thérapeutiques, verra, malgré tous nos efforts, l’éruption se perpétuer, s’aggraver même : c’est qu’en pareil cas, les parasites n’ont été que l’occasion d’une éruption toute prête à se faire, chez un sujet prédisposé, soit que, pour la première fois le tégument devienne malade; soit que, d’avance, les affections cutanées apparaissent ordinairement chez le malade à la même époque de l’année et sous la moindre influence. Ce sont les cas de ce genre qu’il’ faut savoir bien reconnaître, et, de ce que les meilleurs agents parasiticides, employés sur les meilleures indications, n’amènent pas le résultat favorable attendu ou même annoncé, il ne faudrait pas se hâter de rejeter, comme impossible, l’existence des- parasites. C’est, en effet, pour s’être trop pressé de le faire, qu’on a laissé quelquefois se perpétuer, s’aggraver même, des éruptions qu’on aurait pu conduire vers une issue meilleure, si l’examen avait été plus complet, et surtout moins précipité, moins décisif.

Lorsqu’on face d’éruptions déterminées par la présence de parasites, et malgré la médication parasilicide la mieux entendue, on voit le mal persister ou même prendre de plus grandes proportions, il faut, sans renoncer à l’étiologie parasitaire, rechercher et savoir reconnaître si une prédisposition quelconque, inhérente au malade, n’est pas la cause même qui entretient l’éruption. Car alors,- outre les indications thérapeutiques relatives aux parasites, on doit encore mettre en œuvre les moyens prôpres à combattre la cause générale de l’affection cutanée qui est venue se surajouter ; souvent, en pareil cas, nous le verrons, les indications puisées dans un des deux ordres de causes modifient celles que, d’abord, on aurait été tenté de suivre uniquement et absolument.

Ces données pratiques sont de la plus haute importance et ne devront jamais être oubliées. L’établissement du groupe des affections cutanées parasitaires, largement fondé par Bazin, constitue désormais l'une des belles conquêtes de la science et de notre art : chaque jour de nouveaux succès l’assurent; plusieurs médecins (Hardy, en particulier) en ont déjà fait croître l’étendue, et la connaissance des laits sur lesquels elle repose ne peut que gagner à être répandue.

Nous suivrons dans cette étude la division naturelle donnée par Bazin et Hardy, et nous nous occuperons successivement des affections cutanées dues à la présence

AFFECTIONS ET MALADIES DE LA PEAU

dan parasites animaux, et de celles qui sont liées à l'existence des parasites végétaux. ]

ARTICLE PREMIER

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