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CALE OU MALADIE ACAR1ENNE. — MARCHE, DURÉE, TERMINAISON

pas rare de rencontrer des vésicules sur leur trajet et daus leur voisinage. Les vésicules isolées, développées sur des points où il n’existe pas de sillons, se montrent surtout sur le tronc, les avant-bras, les cuisses ; elles sont fort rares aux pieds et aux mains. Il est inutile d’ajouter que, pour retrouver ces caractères, il faut examiner le malade avant qu’il ait subi aucun traitement et que les frottements aient détruit les vésicules ou les sillons.

Dans quelques cas, chez des individus robustes, sanguins, pléthoriques, qui vivent dans la malpropreté, se grattent avec violence, ou font abus des excitants, Y inflammation du derme devient beaucoup plus intense. On voit apparaître, au milieu des vésicules psoriques, des pustules tantôt petites, discrètes, comme celles de Y impétigo, tantôt à base enflammée, larges comme celles de Yecthyma ; quelquefois ce sont des papules plus ou moins nombreuses, semblables h celles du lichen. Ce sont ces complications qui ont porté à admettre une gale pustuleuse, une gale papuleuse, une grosse gale, etc., etc. ; ces divisions doivent être rejetées. Biett, Rayer, Cazenaveet Schedel ne reconnaissent qu’une seule espèce de gale ; quelquefois on trouve des furoncles, et même des abcès compliquant l’éruption principale.

[Bœck (de Stockholm) a eu l’occasion d’observer un cas de gale, chez l’homme, avec formation de croûtes épaisses répandues sur presque tout le corps et composées d’acarus morts, de cellules d’épithélium, de squames, etc. , et il avait cru voir dans cette affection une gale différente de celle que nous connaissons, ce que n’ont pas confirmé les recherches ultérieures faites par lui-même et par Bourguignon (1 ). De son côté, Second-Féréol (2) a publié l’observation, si remarquable à d’autres égards (3), d’un cas de gale à forme insolite, observé sur un malade du service de Cazenave, et caractérisé par une excessive pullulation des parasites, en même temps que par la formation de croûtes qui l’avaient fait prendre, au premier abord, pour un impétigo scabida. Ces croûtes extraordinaires étaient composées, dans les deux tiers de leur énorme épaisseur, d’acarus à des degrés divers d’évolution. « Ce serait, si l’on veut, la variété crustacée. -> ]

§ IV. — Marche, durée, terminaison.

Marche. — Comme toutes les maladies contagieuses, la gale a une période d'in cubation : la durée de cette période varie. Selon Cazenave et Schedel, chez les enfants faibles et mous, elle est de quatre à cinq jours ; elle est plus longue de deux jours seulement s’ils sont très-forts et très-sanguins. Chez les adultes, cette période est de huit h douze joui? au printemps et daus l’été, et de quinze à vingt dans l’hiver. Enfin elle est plus longue chez les vieillards, et plus encore chez les individus placés sous l’influence d’une phlegmasie de quelque organe interne.

Dans les climats méridionaux, remarque Biett ( loc . cit.), dans l’été et le printemps, la gale se développe et marche avec plus de rapidité que dans le Nord, en hiver et en automne.

(1) Bœck (de Stockholm) et Bourguignon, Comptes rendus de la Société de biologie, 2e série, t. I, année 1854, p. 68).

(2) Second-Féréol, Observation de gale de forme insolite, avec formation de croûtes trèsépaisses , constituées par des millions d’acarus ( Comptes rendus de la Société de biologie, 2e sér:s, l 111, année 1856, p. 97).

(3) Analysée dans 0. Larcher, Des lésions de la peau dans leurs rapports avec d’autres états morbides.

Valleix, 5e edil.

AFFECTIONS ET MALADIES DE LA PEAU

Les cas de rétrocession , de métastase , de répercussion de la gale, dont les auteurs nous ont laissé de sombres tableaux, ne sont rien moins que concluants; les auteurs modernes, plus instruits dans le diagnostic et moins prévenus par des idées théoriques, n’en ont pas signalé un seul; c’est ce que nous apprend la lecture des travaux d’Alibert, Biett, Cazenave, Rayer, Gibert.

La durée de la gale est indéfinie. Cette affection, abandonnée h elle-même, peut persister des années et même toute la vie. Elle ne guérit jamais spontanément. Traitée par les méthodes ordinaires, sa durée varie de six à vingt jours. Nous verrons plus loin que, par les frictions générales telles (pie les font faire Bazin et Hardy, on abrège considérablement celte durée.

La gale, qui ne guérit jamais spontanément, ne se termine non plus jamais par la morl (1). Sa transformation en une autre maladie est loin d'être démontrée, et on ne l’admet guère aujourd’hui.

§ V. — Lésions anatomiques.

Les détails dans lesquels nous sommes entré à l’occasion de la contagion nous dispensent de rien ajouter ici.

Le diagnostic de la gale, comme celui de toute affection contagieuse, a une grande importance; la moindre erreur a ses dangers, et pour la réputation du médecin et pour la sécurité des malades. La présence de Yacarus, quand on parvient à la constater, ne laisse aucun doute sur l’existence de la maladie; c’est le signe pathognomonique. Lorsqu’on ne le trouve pas, soit que l’exploration ait été insuffisante, soit que la gale ait déjà une longue durée et que l’animal ait disparu, etc., il faut chercher d’autres signes.

Les sillons, qui ne peuvent avoir été creusés que par l’acarus, qu’ils soient isolés ou qu’ils aboutissent aux vésicules, sont un indice certain de la nature de l’affection.

La difficulté, dans un grand nombre de cas, de trouver les vésicules intactes, avec les caractères que nous leur avons assignés, met le médecin dans l’embarras quand il n’a pour asseoir son diagnostic ni les sillons, ni l’acarus, et qu’il n’a sous les yeux que des surfaces déchirées par un grattage irrésistible ; le doute, dans ces cas, est inévitable.

Les affections cutanées avec lesquelles on pourrait confondre la gale sont le prurigo , le lichen simplex et Y eczéma.

On évitera l’erreur, en se rappelant que, dans le prurigo , la lésion élémentaire est une papule ; que cette affection a pour siège habituel, le dos, les épaule» et les membres dans le sens de l'extension; que les papules, presque toujours déchirées, présentent à leur sommet un petit caillot sanguin desséché, noir ou noirâtre, tandis que les vésicules de la gale, siégeant ordinairement dans le sens de la flexion, sont, après avoir été déchirées, surmontées d’une petite squame mince, jaunâtre.

Le lichen , constitué par des papules ordinairement très-rapprochées, conservant la teinte de la peau, occupe, quand il siège aux mains, la face dorsale et non l’intervalle des doigts. Aux membres, il recouvre ordinairement les faces externes, et

(1) [Voyez cependant l'olservation déjà citée, p. 593, note 2.]

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