GALE OU MALADIE ACAR1ENNE. — TRAITEMENT
le prurit est médiocre. Ces caractères diffèrent assez de ceux de la gale pour que la confusion soit facile à éviter.
Nous avons donné, à l’article Eczéma, le diagnostic différentiel de la gale et de cette affection. Nous ne le reproduirons pas ici; nous n’ajouterons qu’une remarque faite par Cazenave et Schcdcl, elle nous paraît d’une assez grande importance pratique. « On voit quelquefois, disent ces auteurs, des individus qui, depuis le moment où ils ont contracté la gale, éprouvent tous les ans une éruption vésiculaire. Il est inutile d’ajouter que ce n’est pas la gale : c’est un eczéma, et, le plut souvent, un eczema simplex. »
Pronostic. — La gale, par elle-même, est une maladie légère. Les complications d’ecthyma, d’impétigo^ etc. , tout en aggravant la maladie, ne la rendent jamais dangereuse.
S VII. — Traitement.
Soufre. — C’est le remède le plus employé; on l’a administré sous toutes les formes, seul ou associé à d’autres médicaments.
Pommade soufrée.
If SoulVe sublimé .. .. 1 à 0 gram. j Axonge, 30 grain.
En frictions, deux fois par jour.
Pommade d’ Helmerich. — Cette pommade, qui a joui d’une grande vogue, est restée longtemps parmi les remèdes secrets. En 1824, Burdin(l)en lit connaître la composition, qui est la suivante :
£ Soufre sublimé 2 parties. I Axonge 8 parties.
Potasse purifiée 1 partie. |
Mêlez.
Burdin ajoute qu’elle guérit eu deux jours lorsqu’on l’applique comme il suit : 1° Bain savonneux pour préparer le malade au traitement; 2° trois frictions par jour, faites devant le feu, avec 32 grammes de la pommade ; bain savonneux pour nettoyer la peau.
« De toutes les méthodes, disent Cazenave et Schedel, celle qui réussit le plus constamment, le plus promptement et qui détermine le moins souvent des éruptions accidentelles, c’est celle d’Helmerich modifiée et employée presque exclusi • vement depuis plusieurs années par Biett. Voici cette formule :
Pommade d’ Helmerich modifiée par Biett.
% Soufre sublimé 2 parties.
Sous-carbonate de potasse. . 1 partie.
Axonge
8 parties.
Mêlez. Faites faire au malade, matin et soir, sur tous les points qui sont occupés par des vésicules, des frictions de 15 grammes chacune. On fait prendre au malade un bain simple tous les jours, ou seulement tous les deux jours. La durée moyenne du traitement est de douze jours.
Pommade de haubert. — La méthode de Laubert consiste »i faire deux par jour des frictions avec h grammes de la pommade suivante :
% Soufre IG parties. 1 Axonge q. s
Protoxyde de plomb .... 1 partie. |
(1) Burdin, Méthode du docteur Helmerich. Paris, 1822.
\FFEGT10NS ET MALADIES DE LA PEAU
Bietl dit que cette pommade a l'avantage de calmer le prurit, mais qu’elle irrite la peau et ne doit être employée que chez les individus jeunes, vigoureux, affectés de gale simple et récente. Mêlier a donné la formule (1) d’une pommade par l'emploi de laquelle la durée moyenne du traitement a été de treize jours.
Pommade de Mëller.
% Sous-carbonate de sou Je . . 64 gram. Huile d’olive 128 gram.
Eau 32 gram. Fleur de soufre 128 gram.
Mêlez.
Depuis une dizaine d’années, on se sert, dans les hôpitaux militaires de la Belgique, d’une pommade qui, au rapport de Florent Cimier (2), n’irrite que modérément la peau et n’exige qu’un traitement dont la durée moyenne est de sept jours.
Pommade belge.
% Fleur de soufre )
^ \ aa 3 kilogr.
Chaux vive
Eau de pluie . . 50 kilogr.
Mettez le tout dans une chaudière de fonte, et épuisez par l’ébullition jusqu’à la densité de 10 degrés.
La poudre de Pyhorel, qui paraît avoir eu, dans les mains de son auteur, des résultats très-favorables, est (gaiement recommandée par Bictt, qui l’a employée avantageusement. Le remède est du sulfure de chaux simplement broyé, auquel on ajoute une petite quantité d’huile d’olive au moment de l’employer. Les malades se servent de 2 grammes de sulfure pour chaque friction, qu’ils font deux fois par jour sur la face palmaire des deux mains.
Lolionsde Dupuytren. — Celte méthode consiste à laver deux fois pur jour les parties malades avec la solution suivante :
Sulfure dépotasse 120 gram. | Eau. 750 gram.
Dissolvez. Ajoutez :
Acide sulfurique 15 gram.
Ces lotions ont été aussi vantées par Percy, qui en a obtenu des avantages marqués. Bietl les a trouvées un peu irritantes, et il ne les conseille que pour les sujets robustes ; il leur préfère les lotions d' A liber t, qui ne diffèrent des précédentos que par des proportions plus faibles des substances qui en font la base.
Lotions de Payer.
Sulfure de potasse 30 gram. Acide chlorhydrique 30 gram.
Eau de rivière 500 gram. Eau distillée 500 gram.
Versez 30 grammes de celte liqueur dans 125 grammes d’eau chaude.
Les bains sulfureux, expérimentés par Jadelot (3) et par Bictt , procurent une guérison assez prompte et n’entraînent jamais d’accidents. La durée moyenne du traitement est de vingt à vingt-cinq jours. Quant aux fumigations sulfureuses, elles ne jouissent plus de la vogue qu’elles ont eue dans ces derniers temps. La
(1) Mclier, Pull, des sc. mèd. , 1825.
(2) Florent Gunier, Bull. gén. de thèrap. , t. XVI, p. 14 I.
< 3) Jadelot, Bull, de la Faculté de mèd. de Paris, 1813.