N. EN
face du corps, et plus particulièrement, à la face, au cou et aux mains, probablement à cause de la grande vascularité de la peau en ces points. Ils sont extrêmement variables dans leurs dimensions ; tantôt à peine visibles, tantôt au contraire occupant toute une moitié du visage, la plus grande partie d’un membre (Rayer) ou du corps lui-même (1).
» Les spüi sont tantôt arrondis, tantôt étoilés, ou comme déchirés, anfractueux, découpés; ceux qui occupent de grandes dimensions sont irréguliers et offrent l’aspect de demi-cercles, de croissants, d’ovales allongés ; quelquefois on les voit former des figures assez régulières. Ils proéminent peu ou point à la surface de la peau, et ce n’est que dans les cas où des poils se sont développés qu’il existe à leur racine une saillie formée par les bulbes. Cette absence de proéminence différencie, au premier coup d’œil, le nœvus pigmentaire du nœvus hypertrophique non vasculaire. Le nœvus pigmentaire offre toutes les nuances de colorations intermédiaires du jaune [nœvus chloasma , se a lutens ) au noir foncé (nœvus niger), en passant par les teintes roussà très et brunâtres (nœvus brunneus). Ces couleurs sont le plus souvent persistantes, quelquefois elles peuvent diminuer d’intensité et devenir un peu plus claires ; rarement elles deviennent plus foncées. La règle paraît être qu’elles se rembrunissent chez les enfants, et se décolorent dans l’àge adulte ou la vieillesse ; mais elles disparaissent très-rarement, surtout si elles ont un certain volume.
Le nœvus pileux ( nœvus pilaris) constitue une variété remarquable du naevus pigmentaire; mais on doit distinguer ces nœvi pileux sans hypertrophie des nam pileux hypertrophiques. Les premiers sont plus rarement couverts de poils, et ceux-ci présentent ordinairement une couleur peu foncée, un aspect soyeux, une longueur assez marquée ; tandis que, dans les seconds, qui en sont couverts, les poils sont habituellement bruns, gros, courts et roides.
Quoique les nœvi chloasma et brunneus puissent exceptionnellement disparaître complètement, les autres nœvi pigmentaires persistent le plus souvent pendant toute la vie, sans occasionner, du reste, aucune douleur, aucune démangeaison.
•• Les nœvi pigmentaires se composent uniquement d’une couche de fines granulations colorées en brun ou en noir, très -abondantes, situées immédiatement au-dessous de l’épiderme et au-dessus du derme. Les granulations pigmentaires étaient constamment foncées et noirâtres (1 à 2 et 3 millièmes de millimètre de diamètre) ; parfois elles étaient groupées sous forme de petites masses arrondies, mais jamais on ne rencontrait nettement de cellules à parois minces, incolores, comme dans la choroïde, ou bien la forme de grains groupés en étoiles pareilles à celles qu’on observe dans la peau des grenouilles ou de certains poissons. Ces granulations pigmentaires sont toujours agitées d’un vif mouvement (brownien); elles sont mélangées de matière amorphe et de jeunes cellules épithéliales, arrondies, pourvues d’un noyau. <>
2° Arevî avec hypertrophie. — a. Nævi NON VASCULAIRES. — Connus vulgairement sous les noms de signes, d'envies, etc., ils sont couverts de poils, bien plus fréquemment que les spili. Ils s’observent fréquemment sur les joues (2), sur
(1) A. Cazenave et Schedel, Abrégé pratique des maladies de la peau , p. tiô 4.
(2) J. t. Larcher a remarqué que la présence du nœvus pileux est iuiiiiimenl plus fréquente sur la moitié gauche que sur la moitié droite du visage [Notes manuscrites de médecine pratique).
AFFECTIONS ET MALADIES DF, LA PEAU
le cou, le front; quelquefois sur les bras, les jambes, les côtés du talon, le dos, l’abdomen, etc., et exceptionnellement au creux épigastrique (1). D’une dimension généralement peu étendue, ils sont le plus souvent de la grandeur d’une lentille ou d’une petite pièce de monnaie ; leur forme est assez exactement arrondie, ils proéminent à la surface de la peau, sont semi-globuleux, sessiles, rarement pédiculés (Laboulbène), ou mamelonnés : on les a comparés à de petits fruits, à des figures diverses d’animaux globuleux.
Quel que soit leur aspect, mûriformc, bosselé, rugueux, etc., les nœvi non vasculaires sont ou de la couleur de la peau, ou bruns, ou noirs, et le plus souvent pourvus de poils divergents, gros, frisés ou roides. La coloration de ces nœvi peut être quelquefois changée, par suite de l’augmentation des vaisseaux ou de leur hypertrophie; mais alors le naevus est devenu vasculaire, et doit être regardé comme tel.
« Le nœvus hypertrophique pileux est le vrai type du nœvus piloris. Les poils qui en partent ont un bulbe saillant ; souvent ils sont entourés à leur base d’un cercle plus coloré que le reste de la petite tumeur ; enfin les glandules qui sont annexées près du bulbe pileux contribuent encore à en grossir le volume, et à produire un petit renflement au point où le poil sort de la peau, donnant ainsi au nœvus l’aspect mamelonné qui lui est propre.
» Les nœvi hypertrophiques non vasculaires sont stationnaires, et ne causent aucune douleur spontanée; quelquefois, cependant, quand on les presse entre les doigts ou qu’on les gratte avec les ongles jusqu’à les dépouiller de leur épiderme, ils peuvent fournir un suintement sanguin peu abondant, par suite de la rupture de quelques capillaires, et être le siège de légères douleurs qui cessent bientôt. Les poils qui revêtent les signes peuvent s’allonger; mais on les reconnaît facilement à leur grosseur parmi les poils de la barbe ou les cheveux, si le nœvus est situé sur la joue ou sur le cou.
» Des personnes qui ont eu des nœvi hypertrophiques non vasculaires sur le visage, nœvi légèrement pédiculés, les ont vus se pédiculer plus fortement, par suite de tractions répétées, et 'finir par se détacher sans donner lieu à un écoulement sanguin notable (2). »
Les nœvi hypertrophiques non vasculaires sont composés de fibres de tissu cellulaire entremêlées, réunies par de la matière amorphe, et mesurant ordinairement 0min,001 de largeur. On trouve parfois aussi les granulations pigmentaires, signalées à propos des nœvi pigmentaires proprement dits (3).
b. Nævi vasculaires.' — Sous ce litre sont comprises les taches ou tumeurs, le
(1) Al. Laboulbcne, toc. cit., pl. unique, fig. 2.
(2) Id . , toc. cit., p. 17.
(3) Al. Laboulbène signale encore, au nombre des nœvi hypertrophiques non vasculaires, le nœvus lipomatodes , espèce très-remarquable décrite par P. F. von AValther, et résultant de la production exubérante des vésicules adipeuses des aréoles dermiques. La femme sur laquelle AValther avait observé le nœvus lipomatodes eu portait un grand nombre, et ces petites tumeurs, pileuses, pour la plupart, avaient fini par constituer d’énormes lipomes. (AValther, Uber die anyebornen Fetthaulgeschwulstc und anderc Hildungsfehlcr. Landshut, 1811, avec deux planches.) Fr. Schuh a décrit aussi un cas de nœvus maternus lipomatodes ou lélangiectasie lipomatode. Vienne, 1851.
La structure de ces singuliers nœvi est probablement toute cellulo-graisseuse, composée de fibres de tissu cellulaire et de vésicules adipeuses (Al. Laboulbène).
NÆ\ I;
plus souvent congénitales, clans lesquelles on remarque une dilatation ou une augmentation de nombre des éléments vasculaires de la peau. Elles diffèrent des dilatations capillaires qui s’observent au voisinage de certaines affections cutanées, de ]' acné rosacée, du lupus, etc., et qui ne datent point de la naissance.
Quoiqu’on observe des degrés intermédiaires entre ces deux états, on peut diviser les nœvi vasculaires, en : a. nœvi non saillants à la surface de la peau, et b. nœvi saillants au-dessus de cette même surface, soit qu’ils proéminent par eux-mêmes, soit qu’ils soulèvent celte membrane.
a. IVævi vasculaires non saillants à la surface «le la peau (nævi fiant ntel (1), tacites vineuses, taches «le vin). — Ces nœvi peuvent se rencontrer sur toutes les régions du corps, mais plus particulièrement au visage, au cou, sur les membres, etc.; ils ont des dimensions variables, parfois très-étendues, et interceptent dans certains cas des espaces où la peau conserve ses caractères normaux. « Leur forme rappelle celle des pièces de monnaie de diverses grandeurs, ou bien elle est irrégulière et bizarre. Ils sont à peine proéminents, superficiels ; leur coloration est' celle des taches produites par le vin, par le jus des framboises, etc., ce qui leur a fait donner le nom vulgaire qu’elles portent. Tantôt violettes, tantôt d’un rouge clair ou foncé, ou roses ou légèrement bleuâtres, leur nuance, quand elles sont étendues, peut varier dans la même tache, et cette différence est due à leur vascularité moindre ou plus forte et inégalement répartie; parfois elles sont généralement arborisées ( nœvus araneus, dont le réseau vasculaire à mailles lâches et bien visibles a été comparé aux pattes d'une araignée, variété dont on trouve ordinairement plusieurs exemples disséminés sur une même partie du corps). »
La coloration rougeâtre des taches vineuses disparaît ordinairement sous la pression du doigt; « elles deviennent plus turgescentes à la suite d’un exercice violent, d’un excès de table, de l’exposition prolongée du corps à une température élevée, à la chaleur du lit, ou bien pendant les époques menstruelles, etc., en un mot lorsque la circulation est plus active. » Leur tuméfaction est peu ou pas sensible, leur coloration plus foncée indique seule le changement qui s’y manifeste.
Ces nœvi non proéminents peuvent rester dans le même état pendant fort longtemps; mais ils peuvent aussi s’accroître indéfiniment, et devenir le point de départ des nœvi vasculaires les plus développés, les plus érectiles (Boyer, A. Bérard).
Les nævi vasculaires, saillants ou non saillants au-dessus de la peau, sont tous ormés par une augmentation avec dilatation des vaisseaux capillaires, ou des artérioles, ou des veinules. Dans les nœvi vasculaires non saillants, pris en particulier (nœvi fl anime i, taches vineuses), il y a surtout une augmentation de nombre des vaisseaux capillaires, dont quelques-uns sont dilatés.
b. Nœvi vasculaires saillants au-dessus «le la surface de la peau. — Les diverses espèces de nœvi , décrites précédemment, sont plus curieuses à étudier qu utiles à connaître pour le médecin, car leur thérapeutique est presque insignifiante. Nous avons tenu cependant à en donner la description, parce qu’en général, on ne la trouve pas dans les traités généraux (2). Il nous resterait maintenant à parler du dernier groupe des nœvi vasculaires, qui comprend les tumeurs
(!) Ecchymome congénital d’Alibert. (Nosologie naturelle, in-4°, p. 351. Paris, 1807.)
(2) Nous répétons, en terminant, que tous les détails compris dans cet article sont simplement la reproduction résumée du travail déjà cité d’Al. Laboulbène.
érectiles, capillaires, veineuses ou artérielles; mais, outre que leur étude nous entraînerait au delà du but de ce livre, nous ne ferions que reproduire des descriptions très-complètes dont la lecture sera infiniment plus profitable que celle du résumé que nous en pourrions donner (1).]
2° lentigo. *
Le lentigo est cette coloration anormale de la peau, qu’on appelle vulgairement iache de rousseur, éphélide lenti forme; c’est le pannus lenticularis d’Alibert. Le lentigo consiste dans de petites macules ordinairement d’un jaune fauve, ne dépassant jamais la largeur d’une lentille, le plus souvent plus petites. On les rencontre aux mains, au cou, surtout à la face, chez les individus jeunes, blonds, à peau blanche, fine, chez ceux qui s’exposent aux rayons du soleil. Le lentigo est plus commun dans les pays chauds et chez les individus d’un tempérament lymphatique. Il persiste le plus souvent d’une manière indéfinie, et ne réclame aucun traitement.
3° éph élidés.
Les éphélides ont aussi été nommées taches hépatiques, pannus hepaticus (Alibert). Ce sont des taches irrégulières, beaucoup plus étendues que celles du lentigo, d’un jaune safrané, le plus souvent accompagnées de démangeaisons, et parfois donnant lieu à une exfoliation légère.
On les rencontre surtout chez les femmes, et en particulier chez celles qui sont blondes et ont la peau fine. Elles peuvent être déterminées par l’insolation et les écarts de régime, ou coïncider avec des troubles menstruels. Ce sont les éphélide. s qui constituent ce qu’on appelle le masque chez les femmes enceintes. Elles se montrent le plus souvent au cou, à la poitrine, aux membres.
Leur forme est irrégulière; elles laissent entre elles des places où la peau a sa coloration normale ; quelquefois elles se réunissent pour constituer des plaques d’une étendue considérable. Elles ne sont pas proéminentes, et donnent lieu parfois à des démangeaisons incommodes. Souvent elles n’ont qu’une durée passagère ; parfois elles persistent longtemps.
[Une variété particulière d’éphélide ( éphélide ignéale de Bazin) « a pour siège ordinaire les extrémités inférieures (2); elle se développe lentement, sous l’influence de l’action répétée, sur les téguments, d’une source de chaleur artificielle. On l’observe spécialement chez les femmes qui se servent de chaufferettes, chez les individus qui, pendant la saison froide, s’exposent, d’une manière continue, au feu d’un foyer toujours incandescent. La peau, placée dans des conditions aussi anormales, et soumise d’ailleurs à de brusques transitions de température, finit par perdre à la longue sa tonicité et son ressort; elle se ride et se couvre de taches irrégulières, frangées, déchiquetées, quelquefois allongées sous forme de bandes ou de lignes qui suivent le trajet des veines superficielles; il semblerait que l’élément coloré du sang se soit extravasé dans le tissu dermique, et intimement com-
(1) Voyez notamment : E. Follin, Traité élémentaire cle pathologie externe, t. I, p. 204. Paris, 1861. — Voyez aussi Al. Laboulbène, loc. cit., p. 20 et suivantes, travail dans lequel on trouve rassemblés les principaux documents, et surtout une observation très-complète, relativement à la modification kystique des nœvi.
(2j Bazin, Leçons sur les affections cutanées artificielles, p. 410. Paris, 1862.
CHROMIDROSE. — HISTORIQUE.
biné à lui. Ces taches sont jaunâtres, 'd'un jaune rougeâtre ou d’un rouge violacé; la région qui en est le siège prend un aspect marbré des plus caractéristiques. Elles ne déterminent ni prurit, ni sensation quelconque; aucun enduit ne les revêt, mais elles sont indélébiles, et constituent une infirmité incurable. »]
Le traitement des éphélides, qui consiste en lotions astringentes, liniments détersifs, applications résolutives, est inutile, sinon nuisible. Il faut se borner à donner à l’intérieur l’eau sulfureuse d’Enghien ou de Cauterets, deux ou trois fois par semaine un bain sulfureux, parfois un laxatif léger ; elles cèdent ordinairement à l’emploi de ces moyens.
Spengler rapporte trois observations de cette affection qui fut guérie en huit jours par la teinture d’ ellébore blanc employée en frictions (1).
[Les éphélides disparaissent souvent d’une manière spontanée, notamment après l’accouchement. « Lorsqu’elles persistent, un traitement particulier, qui aura pour résultat d’enflammer légèrement la peau, est souvent suivi de succès. Favoriser la résorption du pigment, telle est l’indication thérapeutique, et pour y arriver, on aura recours à des lotions répétées deux fois par jour avec la solution suivante :
"if Eau distillée 125 gram. 1 Sulfate de zinc 2 gram.
Sublimé 50 centigr. [Acétate de plomb 2 gram.
Alcool, q. s. pour dissoudre le sublimé (2).»]
k° CHROMIDROSE.
§ I. — Définition, synonymie.
[Certaines personnes, des femmes en particulier, présentent parfois, sur quelques points limités de la surface cutanée, des taches d’étendue variable, se montrant surtout aux paupières inférieures, et dues à la présence d’une matière colorante d’un bleu foncé. Ce sont ces taches, dont l’origine et la nature ont été interprétées de façons très -différentes, qui sont décrites sous les noms de chromidrose ou chromocrinie cutanée partielle (Le Roy de Méricourt, Gintrac). Elles ont été encore mentionnées sous d’autres dénominations : cyanopathie cutanée (Billard, d’Angers); stcarrhœa nigricans (Neligan, Erasmus "Wilson, Barensprung) ; blepharo-melœna (Law); blepharo-cyanosie (Michel Dubuc); mélastéarrhée (Gintrac, 1859).
§ Et. — lîistorique.
Depuis l’époque où Le Roy de Méricourt, en 1857 (3), vint appeler l’attention d’une manière spéciale sur ces taches singulières, diverses recherches ont été entreprises à leur sujet: aux quelques cas épars jusque-là dans divers recueils (4),
(1) Spengler, N eue medicinische chirurgische Zeitung , et Journal des connaissances médico-chirurgicales, décembre 1852.
(2) Hardy, leçons sur les maladies de la peau, 2e partie. Paris, 1863, p. 5. '
(3) Le Roy de Méricourt, Mémoire sur la coloration partielle en noir ou en .bleu de la peau chez les femmes (Archives générales de médecine, 1857, t. II, p. 430).
(4) James Yonge, Phi/osophical Transactions, 1709, t. XXVI, p. 4 et 521.
Lecat, Traité de la peau humaine, 1765, obs. III, p. 136.
Gallot, Journal de médecine et de chirurgie, etc., décembre 1775, p. 2, 44 et 524.
Billard (d’Angers), Arch. gén. deméd., 1831, t. XXVI, p. 453. '
Bousquet (de Saint-Chinian), Mémoires de l’Académie médecine, 1854, t. XVIII, p. 559.—
AFFECTIONS ET MALADIES DE LA FEAL'
d’autres encore sont venus s’ajouter (1); et, selon l’ordinaire, une fois l’éveil donné, le bizarre phénomène, qui paraissait jusque-là assez rare, s’est rencontré plus fréquemment qu’on ne l’eût d’abord supposé.
Cette fréquence un peu inattendue surprit les observateurs, et l’on commença à discuter la valeur des faits antérieurs, dans lesquels on aurait pu voir trop facilement des exemples de chromidrose : le fait de Barensprung (2), en particulier, fut considéré par Le Roy de Méricourt, lui-même (3), comme ne devant pas être rangé parmi ceux de véritable chromidrose.
Néanmoins, on ne discutait guère que sur l’identité plus ou moins grande des faits entre eux, ou sur la cause organique élémentaire du phénomène, lorsque, en 1859, Duchenne (de Pavilly) fit connaître qu’une femme avait été convaincue de simulation, et avait avoué s’être teint les paupières pendant vingt ans avec de l’indigo (U).
Dès lors, quoique Gintrac ait, sous le nom de mélastéarrhée, accordé une place à la chromidrose, dans son Traité des maladies de la peau ; quoique, à la suite d’une observation faite à Brest, Hardy ait été porté à conclure à l’existence de la chromidrose comme maladie nouvellement reconnue (5); quoique enfin, le témoignage de Fonssagrives (6), de Fauvel (7), parût devoir soustraire les faits les plus récents au soupçon de simulation, l’existence de la chromidrose fut complètement repoussée par plusieurs médecins, ou, tout au moins, admise seulement avec une extrême réserve (8).
Dans l’état actuel de la science, en présence de la conviction profonde de plu-
Teevan, Médico-chirurgical Transactions, 1845, t. XXVIII, et Medical Times, t. XII, p. 293.
.1. Moore Neligan, Dublin quarterlg Jownal, mav 1855, t. XIX, p. 295.
Read, Dublin medical Press, t. XIV, p. 204.
Law, Dublin quarterlg Journal, mai 1855, t. XIX, p. 297.
Mac Intyre, cité par Erasmus Wilson, Diseuses of the Skin. London, 1857, 4e édit., p. 353, § 582.
(1) Macker, Gazette médicale de Strasbourg , 26 novembre 1858.
Banks, Dublin quarterlg Journal , mai 1858.
Harvey, Dublin quarterlg Journal , février 1859.
Biaise, Gazette des hôpitaux, 6 novembre 1858.
A. Lyons, Dublin hospital Gazette, mai 1858.
Kirchberg, Gazette des hôpitaux, 12 mars 1859.
A. Duval, Gazette hebdomadaire, 14 juin 1861.
Le Roy de Méricourt, Mémoire sur la chromidrose ou chromocrinie cutanée. Paris, 1864. [Ce mémoire, auquel nous avons emprunté les indications bibliographiques qui précèdent, contient encore des faits cliniques communiqués à l'auteur par Godefroy et V. de Rochas (p. 69), et celui qu’ont publié Consl. James ( Gazette médicale, 1863) et Cabasse ( Gazette médicale de l’Algérie, 25 janvier 1863).]
(2) Barensprung, Die Hautkrankheiten. Erlangen, 1859, p. 45.
(3) Le Roy de Méricourt, Mémoire cité (extrait des Annales d’oculistique, p. 18).
(4) Duchenne (de Pavilly), Gazette des hôpitaux, 12 mars et 23 avril 1859.
(5) Hardy, Bulletin de la Société médicale des hôpitaux, séance du 28 décembre 1859. (L’opinion de Hardy fut plus tard adoptée par Hipp. Larrey, Bulletin de T Académie de médecine, séance du 13 août 1861.)
(6) Fonssagrives, Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 18 mai 1860.
(7) Fauvel, Union médicale, 31 mars 1860.
(8) H. Roger, Société médicale des hôpitaux ( Union médicale, 6 et 10 mars 1861); Bulletin de T Académie impériale de médecine , séance du 28 mai 1861. — Béhier, Rapport lu à la Société médicale des hôpitaux {Archives générales de médecine, 1861, t. II, p. 187). — Voyez aussi, sur le sujet, Michel Dubuc, Essai sur la chromocrinie partielle de la peau, thèse inaug., 26 août 1861.
CHROMIDROSE.