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VIT1LIG0. — DÉFINITION, SYNONYMIE, FRÉQUENCE

serait important de rechercher dans les faits qui pourront se présenter désormais.

Aux données pronostiques que nous venons de rapporter, ajoutons que, pour un grand nombre d’observateurs, la chromidrose étant toujours passible jusqu’ici du soupçon de simulation, il n’y aurait pas lieu de s’inquiéter de l’avenir des taches qui la constituent, mais seulement de l’état moral des personnes qu’un intérêt quelconque ou une aberration de l’intelligence pousserait vers une pareille tentative de mystification à l’égard des médecins.

Traitement. — «Les applications topiques très-diverses, tentées jusqu’à présent, n’ont donné aucun résultat. Le voisinage des yeux , la sensibilité de la région doivent, d’ailleurs, rendre le praticien très-réservé dans le choix des substances qu’il voudrait essayer. Les lotions huileuses n’ont d’autre avantage que de faire temporairement disparaître les taches. Dans le cas de troubles généraux de la santé, il faut, avec soin, en rechercher l’origine probable et saisir toutes les indications thérapeutiques qu’ils peuvent donner. On aura, le plus souvent, à combattre l’aménorrhée, la dysménorrhée, la chloro-hystérie ou l’anémie. Si les eaux thermales sulfureuses paraissent avoir eu un succès si prompt et si marqué dans un cas publié par A. Duval (1), ce résultat semble avoir été dû surtout à l’heureuse influence qu’elles exercent sur la constitution affaiblie du malade, ainsi qu’à l’ensemble des modifications apportées par le voyage et le changement de climat. Le déplacement des personnes atteintes de chromocrinie, depuis peu de temps, paraît encore, lorsqu’il peut être effectué, une des meilleures ressources (2). »

Nous avons emprunté à Le Roy de Méricourt les indications thérapeutiques qui précèdent; nous devons rappeler, qu’en raison des doutes élevés sur la réalité de l’affection chromocrinique, les personnes qui se présenteraient à l’observation devraient, avant toute tentative de thérapeutique, être préalablement soumises aux moyens de contrôle précédemment indiqués.]

5° VITILIGO.

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

[Le vililiyo est caractérisé par l’existence de taches blanches en différents points du corps, avec ou sans albification du système pileux correspondant.

Les taches du vitiligo ont encore été décrites sous les noms de chloasma album , achrorna, alphos, albaras, morphée blanche , lèpre blanche , leucopalhie, leucozoonie, leucodermie , éphèlides blanches, albinisme partiel, atrophie pigmentaire. Quant à l’étymologie du terme qui sert aujourd’hui à les désigner, il est probable qu’elle se rattache au mot vitulus, veau ; en raison de la ressemblance plus ou moins prononcée entre le tégument d’un veau, dont le pigment roux ou noir est parsemé de taches blanches, et la peau plus ou moins foncée de l’homme chez lequel apparaissent les larges taches blanchâtres, irrégulières, de l’affection qui nous occupe (3).

(1) A. Duval, Gazette hebdomadaire, 14 juin 1861.

(2) Le Roy de Méricourt, toc. cit., p. 133.

(3) Voyez, sur ce sujet : Rayer, Maladies de la peau. Paris, 1835, t. III.

Beaumès, Nouvelle dermatologie. Paris, 1842, t. II, p. 252.

Cazenave, Maladies du cuir chevelu. Paris, 1850, p. 279.

Simon, Die Hautkrankheilen. Berlin, 1851, p. 63.

Chausit, Traité élémentaire des maladies de la peau. Paris, 1853, p. 259. — Ginlrac Couri

Vàlleix, 5e édit, V — 41

AFFECTIONS ET MALADIES DE LA PEAU

§ II. — Description.

« Les taches du \ itiligo n’ont pas de forme déterminée; tantôt arrondies, tantôt ovalaires, elles sont plus généralement irrégulières. Leur dimension est variable; elles occupent indistinctement toutes les régions du corps. On en a trouvé au cuir chevelu, à la face, au cou, à la poitrine, aux aisselles, aux parties génitales, aux bras, aux avant-bras, aux membres inférieurs. La partie malade est blanche, fade, plus douce au toucher que la peau saine ; les cheveux ou les poils qui la recouvrent sont presque toujours décolorés; dans ce cas, ils sont plus soyeux que les poils noirs; leur diamètre est plus petit, ils sont privés de pigment. Il n’y a ni douleur, ni démangeaison, ni suintement, ni exfolialion épidermique. La sensibilité y est aussi vive que partout ailleurs, et l’épiderme se soulève parfaitement sous l’action d’un vésicatoire.

» Les taches du vitiligo congénital restent, en général, stationnaires; Parement leur couleur se modifie, et leur étendue reste la même pendant toute la vie. Quelquefois, cependant, à côté des taches congénitales viennent se développer, sous l’influence de causes variées, des taches de vitiligo accidentel. On rencontre, en même temps que des taches vitiligues, des taches d’hyperchromie également congénitales, comme si la nature, chargée de fournir une quantité déterminée de pigment, voulait donner de quoi remplacer ce qu’une cause morbide l’a empêchée de produire aux parties malades. »

Le vitiligo qui se développe accidentellement, à une époque postérieure à la naissance, n’est annoncé, dans son invasion, par aucun symptôme précurseur, ni frisson, ni courbature, ni lièvre, et les taches peuvent exister depuis des mois entiers, sans avoir éveillé l’attention de ceux qui les portent, à moins qu’elles n’occupent les régions découvertes du corps. On n’a, du reste, pas vu se produire brusquement l’albificatiou de la peau, comme cela a lieu quelquefois pour celle des cheveux. « Il arrive même qu’avant de blanchir, la peau et les poils qui la recouvrent prennent une teinte plus foncée, comme si le pigment, avant de se résorber, avait subi un développement plus considérable, ou bien une modification moléculaire quelconque dans l’intérieur des cellules qui le renferment. Quoi qu’il en soit, le pigment ,une fois qu’il commence à disparaître, se résorbe petit h petit, et, suivant qu’une partie malade en renfermera plus ou moins, elle présentera des teintes plus ou moins claires, depuis la couleur normale jusqu’au blanc laiteux du vitiligo.

«Tantôt sur une peau parfaitement saine, tantôt dans le voisinage d’une éruption syphilitique ou autre, on voit naître un point blanc, gros d’abord comme la tête d’une épingle, s’agrandissant, petit à petit, par rayonnement excentrique et présentant, aux différentes périodes de son évolution, les teintes les plus variées. La

théorique et clinique de pathologie interne et de thérapie . Paris, 1859, t. V, p. 248 et suivantes.

Gibert, Maladies de la peau . Pans, 1860, t. I, p. 563.

Pazin Leçons théoriques et cliniques sur les a/f'eclions cutanées artificielles. Paris, 1862.

Lavcock , * Clinical Researches into morbid pigmentarg changes ( British and foreign médico-chirurgical Review , avril 1861).

D M Lévi, Recherches sur le vitiligo , et considérations générales sur la fonction chroma loréne de la peau de l'homme ( Recueil de mémoires de médecine militaire. Paris, 1865; travail auquel nous avons emprunté les details de la description qui va suivre).

VI’riLiGO. — DESCRIPTION.

disparition du pigment ne s’accompagne d’aucun symptôme général ; la peau, ellemême, n’est le siège d’aucune manifestation inquiétante, elle ne rougit ni ne gonlle; le malade n’accuse ni douleur ni démangeaison; on n’observe ni boutons, ni suintement, ni exfoliation, ni dépression, ni proéminence. »

On a signalé, comme siège de prédilection des taches vitiligues, les angles de la bouche et les parties génitales ; cependant, d’après l’analyse des observations rapportées par Lévi (l),on les verrait plus souvent au crâne, à la région épigastrique, puis aux avant-bras et au scrotum, aux extrémités digitales, aux mains, à la face, sur le thorax, et enfin, au dos, sur le bras et sur le pénis. Une fois établi, le vitiligo peut, du reste, envahir indistinctement toutes les parties du corps.

Dispersées plus ou moins, le plus souvent arrondies ou ovalaires au début, les taches de vitiligo, lorsqu’elles s’agrandissent, présentent parfois les figures les plus irrégulières : « tantôt ce sont de larges plaques à bords déchiquetés d’un côté, arrondis de l’autre ; tantôt, -ce sont des stries, tantôt de larges bandes. » Leur nombre est, d’ailleurs, très-variable, ainsi que leur dimension. Quelquefois elles s’agrandissent au point de se réunir les unes aux autres, et d’envahir ainsi toute la surface du corps (fig. 68, 69 et 70).

Les taches sont quelquefois d’un blanc grisâtre au début; parfois, au contraire, unies a vues devenir roses, après quelques années d’existence; mais, le plus ordinairement, elles sont d’une blancheur mate, que l’on a comparée à celle du lait, de la neige ou de la chaux.

Le plus souvent, au niveau des taches, les poils subissent, ultérieurement, une décoloration analogue à celle de la peau. Quelquefois aussi les poils tombent et, à leur place apparaissent de petits poils blancs, cotonneux, d’une finesse extrême ; d’autres fois, enfin, « la peau se décolore et le poil reste noir, ou bien les poils blancs apparaissent sur des parties normalement colorées.

» Tantôt le passage de la partie saine à la partie malade est brusque, sans augmentation ni diminution de la matière pigmentaire; tantôt le pigment est légèrement diminué, et ce n’est que par gradation que la peau revient à sa couleur normale; tantôt, enfin, il se produit en plus grande abondance sur les bords mêmes de la tache, et la teinte de la peau va diminuant pour se fondre insensiblement avec la coloration normale. Dans ces cas, on rencontre souvent en différents points du corps des taches mélasmiques complètement indépendantes des taches vitiligues » [leucopathie mélasmique de Lavcock, vitiligo mélasmique de Lévi).

Si l’on passe la main sür les taches, « on éprouve une sensation analogue à celle que produirait une feuille de papier fin glacé ; le doigt ne sent pas les rugosités légères qu’offrent les parties saines de la peau, rugosités qui paraissent exagérées sur les limites des taches lorsqu’il y a de l’hyperchromie, sans que pour cela on constate une différence de niveau entre les parties blanches et les parties brunes». Dans la plupart des cas, la sensibilité est conservée au niveau des taches; cependant, dans deux cas, on l’a trouvée diminuée, et, dans un autre, il y avait de l’hyperesthésie (Lévi).

L'action de la lumière sur les taches de vitiligo a été étudiée dans quelques cas. Sous l’influence de l’exposition à la lumière directe du soleil, les taches rou-

(1) D. M. Lévi, lot. cit.} p. 32 du tirage à part.

AFFECTIONS ET MALADIES DE LA l’EAU

6 liU

gissenl, devjeuncnl douloureuses chez un certain nombre de malades, tandis que chez d’autres elles restent insensibles Enfin, « dans un assez grand nombre de cas,

Fig. 08. — Vitiligo accidentel simple et partiel. (D. M. Ldvi, observation I.

on a vu le tégument se hâter, se couvrir de taches de rousseur, et quelquefois des ampoules s’y élever assez rapidement » (Lévi).

VITILÏGO,

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