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HÉMATIDROSE. — MARCHE, DURÉE, TERMINAISON

Les symptômes généraux ne sont jamais les mêmes d’un accès à l'autre : l’hématidrose, mêlée à des phénomènes de névralgie ou d’ataxie extrême, éclate en général au milieu du plus grand désordre des fonctions. Une émotion vive intervient, l’époque menstruelle étant peu éloignée, tout à coup douleurs multiples, convulsions, spasmes glottiques, dyspnée, étouffement, vomissements bilieux, puis un masque sanglant couvre le visage et tous les symptômes s’amendent.

Hémorrhagies simultanées. — Dans le plus grand nombre des cas, on a observé que l’hémalidrose était précédée, accompagnée, suivie d’hémorrhagies diverses avec leurs prodromes ordinaires, de phénomènes névropathiques, névralgiques,

: et de dysménorrhées. Ainsi, dans un cas, la sueur de sang coule ses dernières gouttes, et une hématémèse considérable éclate; ailleurs c’est l’épistaxis ou l’hémoptysie; l’hématurie, des pleurs de sang (nés des pores ou des follicules des cils pour quelques-uns, et pour d’autres des glandes lacrymales); des ecchymoses, ou mieux des taches d’un jaune clair, affectant quelquefois la forme hémiplégique, ces taches envahissant quelquefois les muqueuses; des hémorrhagies mammaires i alternant avec la suppression des règles.

Toutes ces hémorrhagies sont si nettement encadrées dans des phénomènes ner- ' veux dont elles sont comme un symptôme, que Parrot n’hésite pas à les mettre i dans la même classe que l’hématidrose, et à en faire des hémorrhagies névropathiques. La source précise de ces hémorrhagies semble le plus souvent la même tque pour la peau, quand la source de l’hémorrhagie comporte des glandes et des (conduits excréteurs. A ce compte, exclusion de l’idée d’exhalation, de suintement, adoptée par les anciens; et assimilation du (lux utérin à une hématidrose.

Phénomènes nerveux concomitants. — Outre les convulsions hystériques et épi- 1 leptiques, il nous faut signaler la douleur, qui souvent adopte avec l’ hématidrose (un foyer commun. Souvent aussi ces deux symptômes siègent sur des parties éloignées l’une de l'autre. Tout en restant simultanées, elles ne sont plus superposées. ILes douleurs ovariques, par exemple, accompagnent l’hématidrose du visage. Ces (douleurs ont le caractère névralgique : soudaineté, cuisson, brûlure, foyer local, i irradiations, degrés d’intensité très- variables; tantôt c’est un simple prurit incomimode ; tantôt une simple barbe de plume passée sur la peau arrache des cris; ici 1 battements douloureux à la peau, dans les points d’où le sang va s’échapper. Après I le paroxysme de douleur et d’hématidrose, le calme survient.

L 'engourdissement et même la paralysie se rencontrent encore quelquefois dans Ides parties où se manifeste la sueur de sang, ou bien ce sont d’autres troubles sen- -soriaux, bourdonnements d’oreille, obscurcissement de la vue, délire, syncopes,

- spasmes et contractures.

§ IV. — Marche, durée, terminaison.

Comme phénomène névropathique, la marche de l’hématidrose est irrégulière, survient par accès dedurée inégale, et passe d’une région à l’autre en affectant quelquefois la forme intermittente.

Durée. — Le plus souvent, elle varie beaucoup, quelques secondes, quelques liheures, quelques jours avec une série d’exacerbation. Terminaison spontanée.

AFFECTIONS ET MALADIES DE LA PEAU

§ V. — Causes.

Très-rare clans la première enfance , le cas le plus prématuré s’est manifesté à six ans. L’hématidrosc paraît surtout coïncider avec les troubles de la menstruation.

Des fatigues prolongées, amenant ou exagérant la chloro-anémie, un tempérament nerveux, une nature impressionnable, un caractère irascible, et par-dessus tout le sexe féminin, y prédisposent singulièrement.

L’action des causes déterminantes est plus nette : la frayeur, la colère, la crainte, un violent chagrin, une simple contrariété, la joie, les grandes jouissances, en un mot toutes les perturbations morales, tiennent le premier rang.

Le froid et le chaud se succédant rapidement, un exercice corporel exagéré, déterminent quelquefois les accès. On a insisté sur Tinduence des hémorrhagies, et principalement du flux menstruel. Ce dernier s’est trouvé si souvent troublé avant les accès de l’hématidrose, qu’il est bien naturel de se demander si elle n’est pas, comme les symptômes névropathiques, sous la dépendance de l’aménorrhée.

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

Entre l’hémophilie et Thémalidrose, le diagnostic se trouve nettement établi à l’article synonymie. On a exclu de Thémalidrose toutes les hémorrhagies qui se font à la surface de la peau, à la suite de plaies anciennes ou récentes, ou h la surface des plaies qui bourgeonnent. Il en est de même de toutes ces hémorrhagies en nappe qu’il est permis de rattachera une altération du sang, comme dans le scorbut ou dans les intoxications aiguës ou chroniques.

Pronostic. — L’hématidrpsc est plus effrayante par elle-même qu’elle n’est grave. Si la vie delà malade est compromise, ce n’est jamais par l’abondance invincible de l’hémorrhagie, puisqu’en général elle dure peu, que la perte est plus fictive que réelle; mais elle peut l’être par un accident étranger, car il ne faut pas perdre de vue qu’elle n’est, après tout, qu’un symptôme, qu’elle ne se manifeste presque jamais en toute indépendance, et qu’elle constitue très-rarement un acte à elle seule, au milieu des phénomènes morbides auxquels elle prend part.

§ VII. — Traitement.

Les observations autoriseraient à dire qu’il n’y en a aucun ; cependant les indications abondent, et l’hygiène ou la prophylaxie a son rôle important. On évitera toutes les causes signalées plus haut, en ce qu’elles peuvent troubler la menstruation, éveiller les troubles nerveux et altérer la constitution.

La vie physique, les antispasmodiques, les narcotiques, les amers, le fer, les bains, l’hydrothérapie, les astringents administrés «’i froid à l’intérieur et localement, semblent devoir être surtout conseillés.

On ne perdra pas de vue qu’il serait inutile et qu’il pourrait être dangereux de s’adresser pendant l’accès à la sueur de sang par des moyens répercussifs : inutile , car la mobilité est le cachet principal de la maladie; dangereux , parce que les observations attestent que l’hémorrhagie cutanée peut être suivie d’hémorrhagies muqueuses et peut-être parenchymateuses (V. Racle).]

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