‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 226 sur 494 · ÉLÊPHANTIASÎS DES ARABES. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

ÉLÊPHANTIASÎS DES ARABES. — TRAITEMENT

Tant que durera une attaque, le malade gardera le lit ; la partie affectée placée uutant que possible dans une position qui facilite le retour du sang vers le cœur. On se trouvera bien des purgatifs légers souvent répétés.

Hendy a vanté l’ oxyde de zinc sublimé employé comme antispasmodique ; Biett i donné Y aconit ; d’autres des préparutions arsenicales, mais ces moyens ont été abandonnés.

Rayer en France, Mestre en Algérie, divers médecins dans les pays chauds, ont préconisé les scarifications profondes faites à une assez grande distance les unes des autres. Nous y avons eu recours quelquefois, et toujours nous avons vu l’intumescence diminuer momentanément d’une manière notable.

La compression est un moyen sur lequel on n’a pas assez insisté; elle aurait procuré des guérisons. Elle est surtout applicable , dit Rayer, aux cas d’éléphantiasis des membres constitués par une hypertrophie du tissu cellulaire sans infiltration de sérosité. Les frictions résolutives, les douches de vapeur, peuvent être employées en même temps que la compression, et, après leur guérison, les malades affectés d’élébhantiasis des membres inférieurs doivent porter toujours un bas lacé ou un bandage compressif.

Dufour, de Dainville (Pas-de-Calais), a employé la compression de la fémorale avec un bandage à ressort imitant les bandages herniaires. Sur cinq cas Dufour i compté quatre guérisons constatées pendant de longues années. Ce moyen paraît rrès-rationnel ; il agirait comme la ligature sans avoir les dangers de cette dernière.

La ligature de l'art'ere principale du membre affecté a été tentée en Angleterre tten Amérique. Carnochon fit connaître, en 1852, les résultats de la nouvelle méthode qu’il avait vu mettre en usage ; cinq fois déjà, à cette époque, il avait lié l’artère principale du membre et toujours avec succès. Stathons, Ogici (de Charlestown), Erichsen , plus récemment Eutcher, imitèrent cette conduite, qui jusqu’à ce jour Paraît avoir donné des résultats satisfaisants; mais ont-ils été durables?

Le journal anglais The Lancet (10 février 1866, p. A6) contient une nouvelle observation. Cette fois, on a lié l’artère iliaque externe! Aucun accident n’esi itirvenu, et tout fait espérer une guérison complète (1).

La question de Y amputation du membre malade ou l’ablation de l’intumescence l’a pas été acceptée par tous les médecins de la même manière. On pensait autrefois jue l’amputation n’empêchait pas la maladie de continuer sur la partie du membre conservée ou de se porter sur les autres membres. Cette crainte n’est pas fondée; le nombreux faits le prouvent; les médecins des pays chauds enlèvent souvent des rumeurs éléphantiaques du scrotum, des membres gravement atteints de suppuration t de carie. Peu de malades succombent, et ces amputés une fois guéris peuvent ubvenir à leur subsistance. Nous avons pour notre part, dans de pareilles circontancos, pratiqué trois fois la désarticulation du genou ; une fois celle du coude, une ois 1 amputation de la jambe; non-seulement nous n’avons pas perdu un seul de nos . péiés, mais nous avons pu constater la guérison non démentie plusieurs années près l’opération. (Brassac.) ]

(1) Voy. Gazette hebdomadaire , 16 mal 1866.

Valleix, 5“ éüil.

' V — tib

Page 1