LIVRE TREIZIEME
KiAMniüs m:s yeux.
[Nous avons voulu consacrer un chapitre aux affections des organes de la vision, non pour empiéter sur le domaine de la chirurgie, mais pour rattacher aux grandes diathèses dont elles sont une dépendance, des maladies pour lesquelles le médecin, quel qu’il soit, spécialiste ou non, est consulté tous les jours. D’ailleurs la plupart de ces affections ne réclament qu’un traitement purement médical.
Aperçu historique. — L’Égypte, cette terre classique des ophthalmies, a fourni les premiers oculistes; mais la pratique des Égyptiens et des Grecs était grossière et toute empirique.
Les Romains et les Arabes n’étaient guère plus avancés. Il faut arriver jusqu’au xvmc siècle pour trouver des médecins instruits et consciencieux qui attachent leurs noms h l’étude des maladies des yeux, jusque-là abandonnées aux charlatans et aux oculistes ambulants. En 1703, Mailrejean découvre le véritable siège de la cataracte; en 1722, Saint-Yves préconise le nitrate d’argent dont l’emploi rend tous les jours de si grands services. Anel (1713), Janin (1772), J. L. Petit (1732-1744), Daviel (17 à 6), publient d’importants mémoires qui servent plus tard de point d’appui aux travaux de Scarpa en Italie, de Reer en Allemagne, de Siebel, de Velpeau en France, de Mackenzie en Angleterre. Tout ce qui a trait aux inflammations des membranes externes est bien décrit; le diagnostic est précis; les indications thérapeutiques logiquement déduites. Cependant la connaissance des altérations des membranes profondes manquait aux médecins de la génération qui passe. Depuis l’invention de l’ophthalmoscope une impulsion nouvelle a été donnée à l’étude des maladies des yeux. Helmhollz, en découvrant le moyen d’éclairer le fond de l’œil et. de lire, pour ainsi dire, à ciel ouvert, les altérations du corps vitré, de la choroïde et de la rétine, a placé son nom dans l’histoire de la médecine à côté de ceux de Laennec et d’Avcnbruggcr. C’est, en effet, grâce à lui que des observateurs, tels que Albert von Graefe, Desmarres, Siebel, Arlt, Dondcrs, Gosselin (1), Fol I i n (2), Foucher, Liebreich, AVecker, Galezowski, et une foule d’autres ont pu faire une science nouvelle de I’ophthahnologic, en précisant avec une sûreté presque mathématique les altérations des membranes profondes et tout ce qui concerne les vices de l’accommodation de l’œil.
Division. — Nous traiterons successivement : 1° des moyens d'exploration de l’œil, et en particulier de Yophthahnoscopic ; 2° des in f animations des annexes de l’œil, des paupières et des voies lacrymales; 3° des altérations de la cornée; U° des maladies de Y iris; 5° nous dirons quelques mots des maladies du cristallin cl du corps vitré ; 6° des altérations organiques et fonctionnelles de la choroïde et de la rétine; 7° des affections du globe entier; 8° des troubles de Y accommodation et de la réfraction.
(1) Gosselin, Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie prodigues.
(2) Follin, Leçons sur l’exploration de l’œil. Paris, 1863.
EXAMEN DE L’OEJL.