CONGESTION UTÉRINE
Tous les auteurs qui se sont occupés des maladies de l’utérus ont cité des cas dans lesquels un alllux de sang ayant lieu dans le tissu de la matrice, cet organe s’est tuméfié sans qu’il s’ensuivît d’hémorrhagie. Dans plusieurs de ces cas, on peut, il est vrai, admettre l’existence d’un certain degré d’inflammation : c’est du moins ce qui semble ressortir des observations qui, malheureusement, sont presque toujours extrêmement incomplètes; mais d’autres exemples, tels que quelques-uns de ceux qu’ont rapportés Dugès et Iîoiv in (1), Duparcque (2), Aran (3), ne présentent d’autres signes que ceux d’une fluxion sanguine, et par conséquent celte affection doit être examinée à part.
On ne doit regarder comme congestion utérine qu’une affection dans laquelle il survient une tuméfaction rapide de l’utérus sans symptômes généraux prononcés. : Telle n’est pas la manière de voir des auteurs que nous avons cités. Pour eux, une simple congestion peut s’accompagner non-seulement de symptômes fébriles marqués, mais encore d’un écoulement blanc ou jaunâtre de l’utérus. Mais, évidem- i ment, donner une aussi grande extension à la congestion sanguine, c’est rendre toute distinction impossible. Dans cette manière de voir, il n’y a plus aucune ligne de démarcation entre la congestion simple et l’inflammation. Plusieurs auteurs, en présence de ces symptômes, ont été conduits à donner à l’affection le nom de mètrite subaiguë. Il y aurait, suivant eux, des phénomènes inflammatoires dans certains cas, et comment dès lors regarder la maladie comme une simple congestion?
Celte affection a reçu, en outre, les noms de fluxion utérine, pléthore utérine, engorgement de la matrice par congestion simple (Duparcque) ; et, comme nous venons de le dire, celui de métrite subaiguë.
Lorsque les règles apparaissent, et dans un bon nombre de cas de mélrorrhagie, il se fait une congestion utérine avant que le sang commence à s’écouler; sous ce point de vue donc, on pourrait dire que cette congestion est très-fréquente. Mais ce n’est pas là une maladie, et nous ne devons nous occuper ici que de la congestion sanguine qui persiste un temps plus ou moins long sans écoulement de sang. Si l’on en juge par le très-petit nombre de cas de ce genre que possède la science, la congestion utérine, ainsi comprise, est une affection rare, surtout comparativement à la métrorrhagie.
(1) Dugès et lîoivin, Truité pratique des maladies de l’utérus et de ses annexes. Paris, 1833, l. IL
(2) Duparcque, Traité théorique et pratique sur les altérations organiques simples et cancéreuses de la matrice, 2' édition. Paris, 1839, p. 16G et suiv.
(3) Aran, Leçons sur les maladies de l’utérus. Paris, 1858.