‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 25 sur 494 · CONGESTION UTÉRINE. — SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

CONGESTION UTÉRINE. — SYMPTÔMES

§ H. — Ganses.

Duparcque cite d’abord comme cause prédisposante l’âge de la puberté , et il ijoute que, sous l’influence de cette prédisposition, on voit la congestion sanguine ie l’utérus excitée par « les émotions morales violentes ou concentées , un exercice violent, l'usage des excitants, des stimulants alimentaires ou médicamenteux, etc.

» Outre ces causes générales ou communes aux congestions de tous les organes, il en est, continue cet auteur, qui sont particulières à l’espèce d’engorgement qui nous occupe, savoir, quelques excitants spéciaux, comme la rue, la sabine, etc. , et les excitants propres des organes génitaux, le coït, la masturbation. » Et plus loin il signale l'action du froid, l’usage intempestif des astringents aux époques menstruelles et après l'accouchement.

Cette citation montre combien sont vagues nos connaissances sur l’étiologie de cette affection.

• Nous devons ajouter que l’on n’a jamais trouvé de déplacement considérable de l'utérus sans un certain degré de congestion.

§ ni. — Symptômes.

I Les malades éprouvent dans le bassin, et principalement vers le rectum et le périnée, une sensation de pesanteur incommode, qui augmente considérablement lorsqu’elles se livrent h un exercice prolongé. Fréquemment, lorsque la congestion ■est devenue considérable, cette sensation se change en une véritable douleur sourde, et l’on voit bientôt survenir dans les lombes et dans les aines des tiraillements qui se produisent à des intervalles plus ou moins rapprochés, et qui quelquefois se transforment en douleurs vives semblables à des coliques. Ces accès peuvent avoir une durée assez longue, et alors ils s’accompagnent d'une sensation de contraction violente de la même nature que les contractions expulsives de l’accouchement ; il y a un véritable ténesme utérin. « Ces douleurs, dit Duparcque, sont parfois tellement violentes, que les malades sont obligées de se tenir fortement courbées en avant pendant leur durée. »

Pendant que ces douleurs si vives se manifestent, il est remarquable que la passion sur le corps de l’utérus à travers l’hypogastrc et sur le col à l’aide du toucher, ne détermine aucune douleur, au dire des auteurs, et en particulier de Duparcque. Celte proposition nous paraît néanmoins un peu trop absolue. Nous avons vu des cas de congestion utérine, sans aucun signe d’inflammation, dans lesquels le corps de l’utérus, palpé à travers la paroi hypogastrique, avait une sensibilité marquée, quoique moindre que clans la mélrite, et il arrive assez fréquemment qu’on peut constater l’existence de la douleur dans les cas de dysménorrhée, lorsque la fluxion sanguine détermine de violents symptômes que l’apparition du sang dissipe bientôt complètement. D’ailleurs, Duparcque lui-même rapporte un exemple semblable (obs. 55).

« l il phénomène remarquable et commun à toutes les congestions actives avec ou sans hémorrhagies, est le battement très-prononcé autour du col , des artères utérines, qui paraissent plus développées qu’à l'état normal. » (Duparcque.) Sans

MALADIES DES ' FEMMES

nia 1 existence de ce symptôme, nous dirons qu’elle n’est pas mentionnée dans les observations que nous ont données les auteurs.

Signalons le gonflement de l 'organe que l’on reconnaît aux signes suivants. Par le toucher on sent le col volumineux, et si, la femme étant debout, on soulève l’utérus avec le bout du doigt, on le trouve notablement plus lourd qu’à l’état normal. Le toucher par le rectum est utile pour acquérir une idée approximative de l’augmentation de volume du corps. Assez souvent ce volume est trop peu considérable pour que la palpation a travers la paroi hypogastrique puisse faire sentir le fond de l’utérus. Mais dans quelques cas, et surtout dans ceux qui se produisen rapidement, l’engorgement est assez marqué pour que le fond de l’utérus s’élève au-dessus des pubis et puisse être facilement saisi. La percussion fait alors reconnaître un son mat à convexité supérieure, et s’étendant à droite eL à gauche de la ligne blanche, sans atteindre les fosses iliaques. On parvient d’ailleurs facilement à reconnaître le véritable volume de l’organe en combinant le palper hypogastrique i avec le toucher vaginal , procédé d’exploration qu’il ne faut jamais négliger.

Si quelques auteurs ont admis l’existence de phénomènes réellement fébriles dans les simples congestions sanguines de l'utérus, c’est qu’ils n’ont pas suffisant- ; ment distingué la métrite de la congestion. Les seuls symptômes généraux qui appartiennent à cette dernière sont un malaise général, d’autant plus prononcé que les accès de douleur sont plus vifs; une agitation et une anxiété plus ou moins grandes.

§ IV. — Marche, durée, terminaison.

La congestion sanguine de l’utérus a ordinairement une marche aiguë, c’est-àdire que les symptômes atteignent rapidement leur summum d’intensité. Dans quelques cas, néanmoins, les phénomènes suivent une marche lente, et la maladie reste ensuite stationnaire pendant un temps variable. Un de ses principaux caractères est de présenter des accès douloureux, qu’on nomme vulgairement coliques utérines.

La durée de la congestion utérine est ordinairement courte et ne dépasse pas deux, quatre ou cinq jours; elle est surtout courte lorsque l’engorgement sanguin précède l’éruption des règles; car presque toujours l’issue du sang fait cesser tous les accidents, comme nous l’avons vu à l’article Dysménorrhée. En pareil cas elle peut ne pas dépasser une ou deux heures; mais dans quelques cas où la congestion survient hors des époques menstruelles, et où elle n’est pas suivie d'hémorrhagie, on la voit se prolonger pendant plusieurs semaines, surtout si on ne lui i oppose pas un traitement convenable et si la malade ne garde pas le repos néces- 1 saire.

La terminaison est heureuse, soit que la congestion se termine par une hémorrhagie spontanée, soit que l’intervention de l’art soit nécessaire. Néanmoins si un traitement convenable n’est pas employé, si la malade fait des excès et ne garde pas le repos, une congestion durant depuis longtemps peut se terminer par une véritable inflammation, ou par une hcmatocèle péri-utèrine.

§ V. — Lésions anatomiques.

Les altérations que l’on a trouvées après la mort, dans les cas où des femmes

Page 1