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La compression de la tumeur fait jaillir le liquide qu’elle renferme par les points lacrymaux, si ce n’est dans les périodes avancées et lorsqu’il s'est produit un mucocèle.
Le jet de la seringue d’Anel ou du petit appareil dontnous avons parlé (p. 708)revient par les points lacrymaux et s'épanche difficilement dans la narine.
Les tumeurs lacrymales sont sujettes à des variations journalières dans leur volume.
S’il existe un mucocèle, toute injection du sac est impossible.
Les bourses enkystées ne se vident jamais sous la pression du doigt.
Le liquide injecté s’épanche en abondance dans la narine correspondante.
Le volume des kystes est invariable.
L’injection est possible dans les cas de kyste qui laissent intactes les voies lacrymales.
Les tumeurs dures, osseuses et d’une autre nature, développées aux environs du sac lacrymal, ne pourront en imposer pour un catarrhe du sac, en raison môme de leur dureté, de l’absence de fluctuation qu’elles présentent et de l’intégrité plus ou moins complète des voies lacrymales.
L 'anchylops des anciens n’est autre chose qu’un phlegmon développé au devant du sac. Pour la distinguer de la dacryocystite phlegmoncuse, il faut avoir égard aux symptômes indiqués dans le tableau suivant.
2° Diagnostic de la dacryocystite phlegmoneuse et de V anchylops.
DACRYOCYSTITE.
La dacryocystite a presque toujours été précédée de catarrhe du sac et de larmoiement.
L’injection du sac lacrymal ne peut faire pénétrer les liquides dans le nez.
Lorsqu’une fistule s’est formée par l’ouverture du sac, le liquide injecté sort par l’orifice cutané.
ANCHYLOPS.
L’anchylops s’établit d’emblée ; il n’y a pas eu de larmoiement antérieur.
Si le gonflement des parties permet d’atteindre les points lacrymaux, le liquide injecté pénètre dans les narines.
Lorsque l’abcès s’est ouvert et qu’il en résulte une fistule incomplète ( angylops ), les liquides injectés parcourent les voies lacrymales et ne s’épanchent pas sur la joue.
Pronostic. — Si, dans quelques cas très-heureux, il est permis de compter sur une guérison spontanée ou provoquée parles ressources de l’art, il est certain que, dans la majorité des cas, la maladie est incurable et n’éprouve que des modifications avantageuses médiocres de tous les traitements que l’on dirige contre elle. Chez les enfants, dit Mackenzie, la maladie disparaît quelquefois rapidement et inopinément a l’époque de la puberté, parce qu’alors le développement des canaux osseux s’effectue complètement : témoin le cas de Marguerite Perier, nièce du célèbre Pascal, dont la guérison fut si soudaine, qu’on la prit pour un miracle et qu’on l’attribua a l’adoration d’une relique (1).
§ VI. — Traitement.
Le temps n’est pas éloigné où les médecins, conséquents avec la théorie de l’obstruction, attaquaient de prime abord, par les moyens chirurgicaux les plus énergiques, toutes les tumeurs lacrymales, quelque légères qu’elles fussent. Aujourd’hui, les praticiens sont revenus de la manie opératoire et de l’introduction quand même des canules de toutes sortes dans les voies lacrymales altérées. Plus pénétrés de la nature inflammatoire de la maladie , et connaissant mieux les alté-
(1) Bosiut, Discours sur ta vie et tes ouvrages de Pascal, La Haye, 1781 .