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MALADIES DE LA CONJONCTIVE

Les maladies de la conjonctive ont une importance et une gravité peut-être plus grandes que celles des paupières et des voies lacrymales; le danger qu’elles entraînent est plus immédiat, plus menaçant pour la perte de la vue.

Les inflammations des paupières, en effet, ont pour conséquence fatale, il est vrai, mais toujours éloignée, la déformation de ces voiles membraneux et la perte de l’usage de leurs principales fonctions. Les difformités sont gênantes, disgracieuses, repoussantes; mais le globe de l’oeil reste pendant longtemps relativement intact. Quelle différence dans les maladies de la conjonctive ! Ici le danger est immédiat; il suffit de citer la rapidité de la marche des conjonctivites purulentes, blennorrhagiques, des nouveau-nés, des armées; les ulcérations, les fontes de la cornée

(i) Tavignot, Méthode galvano-Mmtique oculaire et uréthrale, Paris, 18(33.

MALADIES DES YEUX

qui les accompagnent et la perte de la vue arrivant dans l’espace de quelques jours, pour marquer la gravité des inflammations de la conjonctive toujours plus ou moins associées à celles des autres membranes de l’œil.

ARTICLE PREMIER

CONJONCTIVITES (GÉNÉRALITÉS).

Il n’entre pas dans notre intention de soulever ici la question si controversée de la classification des ophthalmies. Elle a été envisagée à deux points de vue. La plupart des anciens ophtalmologistes, imités dans ces derniers temps par Bccr et son école en Allemagne, par Sichel en France (I ), se préoccupent avant tout des causes des ophtalmies, et subordonnent les lésions locales aux influences qui les déterminent. Ces idées et cette doctrine ont été vivement combattues. Velpeau (2), L. J. Sauson, Rognetta (3), Carron du Villards (6), prennent davantage en considération le siège de l'ophtalmie et pensent que la nature du tissu a plus d’influence sur la forme, l’étendue, la marche des altérations que la cause qui les produit. Nous croyons, pour notre part, qu’il y a exagération des deux côtés; une description générale des ophthalmies, en faisant abstraction du tissu frappé, est diffuse et presque toujours incompréhensible; d’un autre côté, ne voir (pie la lésion locale sans remonter à sa cause, c’est se condamner d’avance à une thérapeutique toujours hésitante et incertaine. Pour éviter ce double écueil, à l'exemple de Wharton- Jones (5), et il faut bien le dire à l’imitation de la plupart des auteurs qui sont bien forcés de sacrifier leurs doctrines à la clarté de l’exposition, nous tiendrons compte à la fois du siège de la phlegmasie et de la cause ordinaire qui la détermine.

Division. — La conjonctivite se divise naturellement en deux groupes : 1° la conjonctivite franche, c'est-à-dire celle (pii est produite par l’impression d’un agent extérieur quel qu'il soit: cette forme est simple comme la cause dont elle émane; elle lui est liée d’une manière intime, et disparaît facilement avec elle; 2° les conjonctivites constitutionnelles et spécifiques : celles-ci sont subordonnées à un état diathésique tel que la scrofule, ou déterminées par un principe virulent ou miasmatique. Des différences essentielles partagent ces deux groupes; nous aurons soin de les signaler en faisant ressortir les indications thérapeutiques applicables à chacun d’eux. En conséquence, nous décrirons :

1° La conjonctivite simple , catarrhale , traumatique ; 2° la conjonctivite scrofuleuse ( phlycténulaire lymphatique); 3° la conjonctivite des nouveau-nés ; h" la conjonctivite blennorrhaqique ; 5° l’ ophthalmie militaire ; 6° Y ophthalmie diphthéritique.

ARTICLE IL

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