CONGESTION UTÉRINE
TRAITEMENT
avant une congestion utérine ont succombé à une autre affection, consistent uniquement en un gonflement plus ou moins considérable de l’utérus avec distension des vaisseaux par le sang. A la coupe du tissu utérin, il s’écoule une grande quantité de ce liquide, et le tissu reste ensuite avec sa consistance normale.
§ VI. — Diagnostic, pronostic.
Le diagnostic sera mieux placé après la description de la métrite simple aiguë , seule affection avec laquelle on puisse confondre la congeslion utérine. Les principaux caractères différentiels entre ces deux affections sont les accès douloureux plus marqués et plus fréquents dans la congestion, la moindre sensibilité à la pression, et l’absence de phénomènes fébriles.
Pronostic. — Le pronostic est favorable dans l’immense majorité des cas, et, dans quelques-uns seulement, on peut craindre le développement d'une inflammation simple ou d’une tumeur sanguine. Cependant, s’il faut en croire quelques auteurs, le pronostic serait beaucoup plus grave. Voici comment s’exprime à ce sujet Duparcque : « L’engorgement par congestion, dit-il, passe facilement à l’état de phlegmasie chronique, et de là en des transformations organiques plus profondes. » Cette proposition contient une erreur fort grave. De ce que ces affections chroniques, toutes spéciales, et dont les progrès inévitables peuvent être prédits dès que l’on en voit les premiers symptômes, présentent souvent à leur début des signes de congeslion ou d’hypérémie, on en conclut que toute congestion ou hypérémie peut se transformer en lésion anatomique; mais une analyse plus approfondie prouve combien cette manière de voir s’éloigne de la vérité. Duparcque a cité des faits de ce genre. (Voy. art. Cancer de l’utérus.)
§ VII. — Traitement.
Si l'affection est peu intense , il suffit, soit d’une saignée générale , soit d’une application de sangsues à l’hypogastre, aux parties génitales, à l’anus, soit de ventouses scarifiées à l’hypogastre, de quelques bains, d’une petite quantité d’opium (3 à 5 centigrammes le soir), d’un régime doux et léger, et du repos au lit, pour faire disparaître promptement tous les symptômes, et pour voir apparaître le flux menstruel dans le cas où il s’agit de dysménorrhée.
Si Y affection est plus intense, si elle dure depuis longtemps, surtout si elle a lieu en dehors de l’époque menstruelle, il faut mettre en usage des moyens plus actifs. On insiste d’abord sur les émissions sanguines dans le cas où la malade est vigoureuse et où la force du pouls et l’apparition rapide des symptômes annoncent qu’il s’agit d’une de ces congestions auxquelles on a donné le nom d’actives.
Quelques auteurs veulent que les émissions sanguines soient faites à une certaine distance du siège de la maladie pour opérer une dérivation : ainsi aux lombes, à la base de la poitrine ou dans un point plus éloigné encore- L’expérience ne nous a pas suffisamment éclairé sur l’utilité de cette pratique.
Les bams doivent être plus prolongés dans le cas dont il s’agit. On prescrit également des injections emollientes fréquemment pratiquées.
Les douleurs sont combattues par les narcotiques et surtout par Y opium à la
1 U MALADIES DES FEMMES
dose de 5 à 10 centigrammes, et plus si elles résistent. Les lavements laudanisés ont également un grand avantage, et West a préconisé Y aconit sous forme d'extrait aqueux a la dose de 5 centigrammes, que l’on augmente ensuite graduellement; mais quelques auteurs préfèrent les antispasmodiques, comme le musc, le camphre, l’osa fœtida.
Les excitants diffusibles , et surtout V ammoniaque et X acétate d’ammoniaque , ont été vantés dans les cas où la congestion survient chez des femmes faibles et dont le pouls a peu de résistance. Duparcque emploie l’ammoniaque de la manière suivante :
If Ammoniaque liquide. ... 48 gouttes. | Sirop de sucre CO gram.
Mêlez. A prendre dans les vingt-quatre heures, par cuillerée à café, dans une petite tasse d’infusion de feuilles d’oranger.
Mesnicr prescrit X acétate dJ ammoniaque à la dose de quatre à sept gouttes répétées trois ou quatre fois dans les vingt-quatre heures, et données soit dans une infusion quelconque, soit simplement dans un peu d’eau sucrée.
D autres excitants ont été prescrits dans les mêmes circonstances ; mais il n’en est aucun qu’il soit plus important de citer que le seigle ergoté , à cause de son action spéciale. Pagrani et Pignucia (1) ont rapporté plusieurs observations dans lesquelles l’ergot de seigle a eu les plus heureux effets :
Ergot de seigle 4 gram.
Divisez en huit paquets. Dose : un toutes les deux heures, dans une cuillerée d’eau sucrée.
Quelques sangsues, l’entretien de la liberté du ventre à l’aide de légers purgatifs, la diète, le repos, ont complété le traitement.
Résumé. — Emissions sanguines, bains, opium, repos; régime; aconit, antispasmodiques, excitants diffusibles, ammoniaque, acétate d’ammoniaque; ergot de seigle.
ARTICLE V