XÉROPHTHALMIE. — SYMPTÔMES ET ANATOMIE PATHOLOGIQUE
peu L amener un résultat satisfaisant. L’ atrophie clc la conjonctive a une importance plus grande que les états précédents et demande une courte description. On la désigne sous le nom de xérophthalmie .
1° XÉROPHTHALMIE.
§ I. — Définition, synonymie, historique.
C’est une affection caractérisée par la sécheresse, l’opacité et l’atrophie de la conjonctive. Celle-ci offre un reflet particulier, analogue à celui du satin ; elle est écailleuse, insensible au toucher , et dans un état analogue à celui des muqueuses vaginale et préputiale exposées depuis longtemps au contact de l’air. La xérophthalmie a été désignée encore par les noms de xérosis , de xéroma, de cutisation d ' epulermification de la conjonctive, etc.
Elle a donné lieu à un certain nombre de travaux, parmi lesquels il faut citer
ceux de Schmidt (1), de Von Ammon (2), de Duprez (3), et tous les traités spéciaux d ophthalmologie.
§ H- — Causes et variétés.
Deux ordres de causes ont été invoqués comme susceptibles de produire la xérophthalmie: 1° l’absence de sécrétion des larmes par suite d’altération de la g ande lacrymale; 2" l’altération des glandes mucipares de la conjonctive. Il en est résulté pour quelques auteurs deux variétés de xérophthalmie : la xérophthalmie laciymale et la xérophthalmie conjonctivale. La première variété est fort contestable ; en effet, la conjonctive ne cesse pas d’être lubrifiée et d’être parfaitement humide, alors même que la glande lacrymale a été enlevée ou désorganisée par un produit de mauvaise nature. Quant au xérome conjonctival, son existence est incontestable, et on doit l’attribuer à l’inflammation chronique de la conjonctive et p us speaalement aux inflammations chroniques granuleuses. Rognelta (U) et idal(de Cassis) rattachent cette affection à uu simple trouble de l’innervation analogue a celui qui produit la sécheresse de la langue dans un accès de colère ou la suppression de I urine pendant une attaque d’hystérie ; mais il est évident si l’on prend garde aux altérations si profondes de la muqueuse, qu’il existe plus qu’un tiouble fonctionnel de la cinquième paire. Duprez accuseies frottementsde la conjonctive et oblitération des conduits glandulaires. Ce n’est pas tout encore • nonseulement les conduits sont oblitérés, mais les glandes elles-mêmes sont atrophiées et î eduites a des éléments celluleux incapables d’aucune sécrétion.
§ ni. — Symptômes et anatomie pathologique.
Au début, la conjonctive paraît d’un rouge sombre, épaisse et rugueuse - plus tard, elle revet une couleur blanchâtre, perd son poli et devient comme minée Ces différents étals indiquent un arrêt de la circulation ; aussi les scarifica" lions de la conjonctive ne laissent-elles écouler qu’une petite quantité de sang La co. née est terne, nébuleuse ; la caroncule lacrymale est sèche, aplatie ou hvpertioplnée , les points lacrymaux sont déviés et oblitérés ; les conduits sécréteurs de
(1) Schmidt, Ueber die hrankh. des Thranen ornans
(2) Von Ammon, Zeitschrift für die Ophthalmologie, 1832, vol I[ p 48
(3) Duprez, Xérosis de la conjonctive, thèse de Paris 1836 n" 21 ’ P‘ ‘
(k j Rognelta, Traité des maladies des yeux. Paris, 1844 p. 36‘>
Valleix, 5e édit. ’
la glande lacrymale sont plus ou moins obstrués. La conjonctive, d’abord hypertrophiée et relâchée, se rétracte ensuite. Les culs-de-sac palpébraux disparaissent; l’ouverture des paupières se rétrécit ; toute sécrétion h la surface du globe est tarie; les paupières se meuvent difficilement ; il y a de la douleur péri-orbilaire ; mais la texture de la conjonctive est tellement modifiée que les nerfs participent à l’atrophie glandulaire et qu’on peut appliquer sur la surface de l’œil des substances irritantes, telles que des vapeurs ammoniacales et du jus d’oignon, sans déterminer de douleurs.
§ IV. — Marche, pronostic et traitement.
La xérophthalmie a une marche progressive. Son pronostic est grave ; la guérison définitive n’a jamais été observée. Tout traitement douloureux doit être rejeté. L 'excision de la muqueuse tentée par Sanson (1), l’inoculation du pus blennorrhagique essayée par Van Roosbroeck, ne peuvent produire que des accidents sans bénéfice pour les malades. En définitive, de simples lotions avec des corps gras, le lait, l’huile d’olive, la glycérine, seront seules employées pour soulager le malade en diminuant la sensation de sécheresse qu’ils éprouvent.
Les autres affections de la conjonctive, ptérygion , pinguecula, polypes, tumeurs dermoïdes, etc. , sont franchement du ressort de la chirurgie ; nous les passerons sous silence, de même que les hémorrhagies et l’emphysème, qui sont toujours le symptôme d’une autre maladie. La syphilis primitive et secondaire, le chancre et les éruptions secondaires exanthématiques et tuberculeuses, ont été signalés par quelques auteurs, mais si rarement que leur histoire ne mérite pas un chapitre à part.
Les maladies de la caroncule lacrymale et du repli du semi-lunaire désignées sous le nom d 'encanthis, sont peu importantes et ne peuvent trouver leur place que dans un traité spécial. Du reste, l’encanthis inflammatoire, facile à reconnaître par son siège, n’est jamais bien grave, ne réclame au début qu’un traitement purement antiphlogistique, et plus tard l’ouverture de l’abcès, si la suppuration s’établit.