‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 255 sur 494 · MALADIES DE LA SCLÉROTIQUE · texte numérisé non relu

MALADIES DE LA SCLÉROTIQUE

La sclérotique est une membrane fibreuse par excellence, dans la composition de laquelle il entre peu de vaisseaux et de nerfs ; les mouvements vitaux qui se passent en elle sont peu énergiques et ses réactions morbides presque nulles. Il est douteux qu’elle soit jamais primitivement malade. L’école de Beer a essayé, il est vrai, de localiser dans cette membrane les opbthalmies dites rhumatismales. C’est là une vue de l’esprit née de l’analogie plutôt que de l’observation exacte ; la prétendue ophthalmie rhumatismale a des lésions et des symptômes qui appartiennent plus à l’irido-choroïdite qu’à l’inflammation de la sclérotique. La sclérotite scrofuleuse de Mackenzie est une maladie fort complexe, dans laquelle la cornée, la conjonctive et les membranes profondes sont très-intéressées. L 'ophthalmie

(1) Carron du Villards, toc. cit., t. II, p. 115.

MALADIES DE LA CORNÉE

catarrho-rhumatismale a plus d’importance par l’inflammation de la conjonctive que par la légère complication inflammatoire du tissu épiscléral. Ce que les auteurs ont décrit, dans ces derniers temps, sous le nom de scléro-choroiditc antérieure et de scléro-choroïdite postérieure , est le résultat d’altérations de la choroïde ; et la sclérotique, quelque graves que soient ses modifications de configuration et de texture, n’est que secondairement atteinte. Il n’est pas certain que la maladie nommée par de Ammon sclérotite sous-conjonctivale , par Sichel (1) inflammation partielle de la choroïde et du tissu cellulaire sous-conjonctival , et par Wecker (2) épiscléritis , soit une affection primitive. D’ailleurs son histoire se résume en peu de mots : son étiologie est incertaine ; ses symptômes consistent dans une petite tumeur située à 3 ou A millimètres de la cornée, du côté externe le plus souvent. D’abord constituée par une petite tache rougeâtre, elle gagne peu à peu en hauteur et en étendue, prend la forme d’un bouton de la grosseur d’une lentille ; elle est sillonnée par de nombreux vaisseaux; rarement elle sc termine par la suppuration, et encore moins par la perforation de la sclérotique ; elle n’occasionne que très-peu degêne; la vue reste intacte si la cornée ne participe pas à l’inflammation. Cette petite tumeur inflammatoire se résout lentement, et à moins de récidive ou d’adhérence de la choroïde, elle se termine sans laisser de traces. Le traitement consiste en applications émollientes. On ne peut la confondre qu’avec la conjonctivite pustuleuse. (Voyez cette affection, p. 658.)

Pour toutes les considérations qui précèdent, nous ne ferons pas un chapitre spécial de l’inflammation de la sclérotique. Ce n’est pas que la vascularisation anormale qu’elle présente, le ramollissement de son tissu et son amincissement ne soient le résultat d’un travail inflammatoire, mais il est consécutif aux affections des autres membranes. Nous aurons soin, du reste, d’indiquer, à l’occasion, les déformations de la sclérotique, qui concourent à troubler l’acte de la vision, en traitant des maladies de la choroïde.

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