‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 257 sur 494 · PANNES · texte numérisé non relu

PANNES

Il consiste dans le développement anormal de vaisseaux, dont les uns, superficiels, font suite à ceux de la conjonctive, et dont les autres, plus profonds, font suite à ceux de la sclérotique. Ilis (1), dans l’étude qu’il a faite du développement, des vaisseaux à la surface de la cornée, attribue leur formation à une hypergenèse des cellules fusiformes de la tunique advenlive des capillaires. Ces cellules fusiformes sont adossées sous forme de cône à la paroi des capillaires, laquelle probablement disparaît peu à peu et permet l’abord du sang au milieu des cellules fusiformes qui s’agencent en canaux vasculaires.

Il y a deux formes de pannus : le pannus tenuis et le panuus sarcomateux ; le premier appartient aux périodes aiguës de la kératite, le second aux périodes chroniques. L’un n’est composé que d’un petit nombre de vaisseaux ; tandis que dans l’autre les vaisseaux sont nombreux et anastomosés entre eux, de manière à donner à la cornée l’aspect d’un drap rouge. Le pannus tenuis peut disparaître sans laisser de trace; le pannus sarcomateux, à cause du développement du tissu cellulaire qui enveloppe les vaisseaux et qui s’organise, est très-rebelle aux moyens

(1) His, Archio für Ophthatmologie, Berlin, Band IV, Abtheilung I, S. 3G5.

MALADIES DES YEUX

thérapeutiques. Lorsque le tissu de nouvelle formation, en se rétractant, atteint les vaisseaux et arrête la circulation, il en résulte un trouble considérable dans la cornée et un aspect sale qui porte le nom de pannus crassus. Avec la vascularisation anormale delà cornée coïncident fréquemment les taches elles ulcères. La vue est presque abolie dans le pannus sarcomateux, à moins que celui-ci ne soit circonscrit à une partie de la cornée (1).

2° a nets.

C’est presque exclusivement à la suite de la kératite interstitielle qu’on observe les abcès de la cornée. Il n’est pas toujours nécessaire d’une [inflammation trèsvive pour les produire : il se développe dans la cornée des abcès froids, indolents, lors de la convalescence des maladies de longue durée, avec tendance à la *i pp u ration des diverses parties du corps. Les abcès qui se manifestent dans les paralysies de la cinquième paire, à la suite de tumeurs cérébrales et de diverses inflammations du cerveau, sont indolents, sans vascularisation et sans réaction inflammatoire. Ils ont été désignés sous le nom de neuro-paralytiques. Ainsi, on peut diviser les abcès en sthéniques et asthéniques ou indolents. Les premiers s’accompagnent de photophobie, de larmoiement et d’injections périkératiques et cornéales; les seconds n’offrent aucun de ces symptômes. Les abcès de la cornée naissent isolément, par points opaques et jaunâtres, lesquels ne tardent pas à se réunir entre les couches de la cornée et à se diriger vers les parties les plus déclives. Lorsque les foyers purulents sont collectés à la partie inférieure de la cornée sous la forme d’une demi-lune à concavité supérieure, ils portent le nom d 'onyx. On a beaucoup discuté sur la nature du contenu de ces abcès. Quelques auteurs ne croient pas à la possibilité d’une véritable suppuration dans le tissu de la cornée. Les recherches microscopiques ont prouvé qu’il y a réellement des globules purulents dans les abcès de la cornée ; ceux-ci sont mélangés d’un grand nombre de nucléoles, de globules graisseux et de petits lambeaux détachés du tissu cornéen ramolli.

Les abcès de la cornée sont superficiels ou profonds. Ceux-ci ont une coloration jaunâtre et ne font aucune saillie à l’extérieur; ceux-là ont une coloration bleuâtre et soulèvent la conjonctive. L’éclairage oblique permet d’apprécier assez facilement la position des abcès et les trajets fisluleux que le liquide purulent parcourt pour se diriger entre les lamelles de la cornée vers la profondeur et venir s’ouvrir dans la chambre antérieure de l’œil.

La marche des abcès est aiguë ou chronique. Us se terminent par résolution ou par évacuation de leur contenu au dehors lorsqu ils sont superficiels. Les profonds se vident dans la chambre antérieure et deviennent la cause d’une iritis aiguë. Les abcès, dont le contenu reste au milieu du tissu cornéal, subissent diverses transformations pultacées et crétacées , et constituent alors des taches indélébiles. Celles-ci peuvent résulter également de la cicatrisation, par 1 intermédiaire d un tissu modulaire dense et opaque, des parois de la cavité de l’abcès. Le pronostic des abcès de la cornée est donc toujours sérieux.

Diagnostic. — Le siège de l’abcès au milieu de la cornée et la difficulté qu’on

(1) Sichel, Iconographie ophthalmologigue , 1852, pl. VII, fig. 4, 5, 6.

Page 1