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MALADIES DE L’IRIS

La texture délicate de ce voile membraneux placé entre les deux chambres de l’œil, sa richesse en vaisseaux et en nerfs, sa connexion intime avec une autre membrane essentiellement vasculaire, la choroïde, expliquent la fréquence et la gravité des inflammations qui s’en emparent; quoique sa position profonde, à l’abri des injures atmosphériques et des agents vulnérants, semble la mettre dans des conditions exceptionnellement favorables. Laissant de côté la maladie décrite par les auteurs sous le nom d’ aquo-capsulite et dont nous avons déjà parlé à 1 occasion de la kératite postérieure et que nous rappellerons encore à propos des complications de l’iritis, nous ne traiterons dans ce chapitre que de Viritis aigue avec ses trois degrés, de Viritis chronique et des troubles fonctionnels de l iris .

(1) Usiglio (de Corfou), Annali universali die Medicina, 1844.

(2) Turck, Albugo traité avec succès par le galvanisme ( Annales d’oculistique, t. \\Ml , 1852, p. 223).

(3) Malgaigne, Communication à l’Académie des sciences, 5 mai 1855.

(b) Annales d’oculistique, t. lit supplémentaire, p. 180. — Desmarres, Aole sur la a, atoplaslie (Ann. d’ocul., 1843, t. X, p. 1 83.) — Feldmann, Nouvelles expériences sur ta kératopfastie (Ann. d’ocul., 1844, t. XI, p. 149, ett. XII, p. 255). Voyez aussi t. XVI, p. y 3.

(5) Donders, Arcliio fur Ophthalmologie , Band I, Ablheilung i, S. 251.

IRITIS AIGUE. — DIVISION.

1° IRITIS AIGUE.

§ I. — Historique et bibliographie.

L'inflammation de l’iris était certainement connue des auciens ophtalmologistes, cependant ils ne l’ont pas décrite comme une affection spéciale et isolée. Il faut arriver jusqu’au commencement du XIXe siècle pour trouver des notions précises sur l’iritis. Beer, en 1799, en indiqua les principaux caractères et appela sur cette affection l’attention de ses compatriotes. Aujourd’hui, grâce aux travaux entrepris dans tous les pays, l’histoire de l’iritis laisse peu de chose à désirer. Les principaux auteurs qui ont traité de cette maladie sont: Schmidt (1), Travers (2), Gimelle (3), Monteath (4), Velpeau (5), Ricord (6), Duval (7), Tavignot (8), Toucher (9), Dupré (10), Hutchinson (11) et quelques autres que nous aurons soin de signaler dans le courant de cet article.

§ H. — Fréquence.

En parcourant les différents relevés statistiques, on est de prime abord étonné de voir que l’iritis est loin d’être une affection également fréquente pour tous les observateurs. C’est ainsi que Saunders, sur 1942 maladies des yeux, compte 38 cas d’iritis, et que Watoon trouve 10 exemples de cette inflammation sur 248 cas d’ophthalmie, tandis que Velpeau en a constaté 5 cas sur 200 malades.

; § IH. — Division.

L’école étiologique a admis un grand nombre de variétés d’iritis qui diffèrent plutôt par la cause présumée qui leur a donné naissance que par les symptômes qu’elles présentent et par leurs conséquences thérapeutiques. Les seules inflammations spécifiques de l’iris sont celles qu’on peut rapporter à une origine vénérienne : l 'iritis btennorrhagique et Y iritis syphilitique proprement dite. Les autres espèces complaisamment décrites par les auteurs ont trop de ressemblance entre elles pour qu’on puisse les distinguer les unes des autres. Au point de vue de l’intensité de l’inflammation on admet généralement trois degrés. Ammon (12) a essayé de rapporter le premier degré à l’inflammation de la séreuse antérieure, le second à celle du tissu propre de l’iris, le troisième à celle de la séreuse postérieure. Gosselin et Denonvilliers (13) font remarquer avec raison qu’il est difficile de com-

(1) J. A. Schmidt, Ueber Nachstaar und Iritis, Wien, 1801. *

(2) Travers, On Iritis , in Surg. Essays , part. 1.

(3) Gimelle, Notice sur la nature et le traitement de l’iritis [Journal universel des sciences médicales, 1818, t. XI, p. 257).

(4) G. C. Monteath, Essay on Iritis [Glasgow med. Journ., 1829, t. II).

(5) Velpeau, Dictionnaire en 30 volumes, t. XVII, art. Iritis.

(6) Ricord, De l' iritis syphilitique [Ann. d’ocul. , Bruxelles, 1856, t. XXXVI, p. 265).

(7) Duval, Note sur les affections vénériennes de l'œil et sur une forme insidieuse de l’ophthalmie syphilitique [Gazette médicale, 1848, p. 2).

(8) Tavignot, Iritis syphilitique [Gazette des hôpitaux , 1848, p. 225 et 261).

(9) Foucher, Des déformations de la pupille [Revue méd.-chir., 1849).

(10) Dupré, Des affections syphilitiques du globe de l'œil , thèse de Paris, 1853.

(11) Hutchinson, Iritis aigue dépendant de la syphilis héréditaire [Ann. d’ocul., Bruxelles, 1859, t. XLI, p. 43).

(12) Ammon, korestenoma congenitum , vice organique de T iris, non encore décrit [Gazette médicale de Taris, 1840, p. 249).

(13) Gosselin et Denonvilliers, Traité théorique et pratique des maladies des yeux , p, 497.

MALADIES DES YEUX

prendre que dans une membrane aussi mince, et dont les éléments sont si intimement liés, l’inflammation puisse occuper une seule couche à l’exclusion des autres. Pour eux, toute la membrane est prise b la fois, seulement elle l’est plus ou moins fortement, et c’est là ce qui rend compte des degrés ou périodes.

Nous décrirons Viritis aiguë avec ses trois degrés, l 'bâtis chronique , et nous indiquerons les caractères particuliers de Viritis blennorrhagique et de Viritis syphilitique.

§ IV. — Causes.

lu Prédispositions individuelles , âge, sexe. — L’iritis appartient à tous les Ages et à tous les sexes, seulement elle se manifeste d’une manière inégale aux différentes périodes de la vie. L’iritis simple primitive attaque presque exclusivement l’âge adulte, les enfants n’en souffrent que lorsqu’ils sont atteints de syphilis héréditaire ou bien lorsque les ophthalmies externes, et en particulier la kératite ulcéreuse se sont propagées à l’intérieur du globe oculaire. Quant aux vieillards ils auraient particulièrement à souffrir de l’irilis arthritique, selon l’école étiologique. L’iritis traumatique à la suite d’opérations pratiquées sur l’œil dans l’opération de la cataracte, est moins contestable que la variété précédente.

Les hommes y sont plus prédisposés que la femme, et il paraîtrait, d’après les statistiques de de Amrnon (1) et de Arlt (2), que l’œil gauche serait plus souvent envahi que le droit.

Les causes prédisposantes diathésiques sont: 1° la scrofule: l’iritis est alors rarement primitive, presque toujours elle est la conséquence d’une kératite phlycténulaire; 2° la syphilis constitutionnelle. Cette cause semble prédominer sur toutes les autres, car s’il faut en croire certains observateurs, sur 100 cas d’iritis 50 ou 60 malades au moins présentent des symptômes de syphilis constitutionnelle (3).

La blennorrhagie et l’état général qui en dépend prédisposent tellement à 1 ’iritis que lorsqu’on constate des douleurs articulaires dépendant d’un écoulement uréthral, on constate, d’après Rollet (/»), une fois sur 10 l’inflammation concomitante de l’iris. La coïncidence de la blennorrhagie et de l’iritis avait déjà été mise en évidence par Saint-Yves (5), Ricord et Melchior Robert (6) et Zambaco (7) l’ont de nouveau signalée.

L 'arthritisme comme cause d’iritis n’est pas accepté par Mackenzie, selon lui on doit rapporter la prétendue iritis arthritique des Allemands à un état maladif du corps, produit par l’action longtemps continuée que certaines substances toxiques, telles que l’alcool et le tabac, exercent sur l’assimilation et le système nerveux.

Causes occasionnelles. — Les refroidissements, l’exposition des yeux à des courants atmosphériques, l’usage immodéré de la vue, les blessures de toute espèce, les inflammations des membranes, externes et profondes, sont les causes occasionnelles de l’iris le plus souvent constatées.

(1) De Ammon, De iritide. Lipsiæ, 1838, p. 7.

(2) Arlt, Die Krankheiten des Auges für praktiske Aerzte geschildcrt. Prag, 1855.

(3) Wecker, lac. cit., t. I, p. 367.

(4) Rollet. Nouvelles recherches sur le rhumatisme blennorrhagique. Lyon, 1858.

(5) Saint-Yves, Nouveau traité des maladies des yeux. Paris, 1722.

(6) Melchior Robert, Nouveau traité des maladies vénériennes, d'après les documents puisés dans la clinique de M. Ricord. Paris, 1861.

(7) Zambaco, De l’ophtha/mie blennorrhagique [Ann. d'ocul,, 1855, t. XXXIV, p. 33).

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