MALADIES DIVERSES DE LA RÉTINE
A. lléni»rrhu;;i«; de la rétine. — Elle est une conséquence de la congestion de la rétine et s’observe dans les mêmes circonstances. Elle détermine quelquefois une perte complète de la vue, qu’on ne saurait à quelle affection rattacher, sans l’examen direct. L’hémorrhagie se fait sur tous les points, tantôt sur la papille, tantôt sur un autre endroit Par l’éclairage ophthalmoscopique, il est très-facile d’apercevoir une tache rouge superficiellement située sur le plan des vaisseaux rétiniens (fig. 89) (2). Ces hémorrhagies sont circonscrites; elles peuvent être diffuses et se faire sur plusieurs points, et simuler, comme le dit Follin, ce qu’on a appelé le sablé hémorrhagique du cerveau, fait qu’on observe surtout dans la rélinite albuminurique. L’aspect du foyer apoplectique change avec le temps; il passe du rouge au noir et du noir au jaune, puis disparaît plus ou moins complètement. Cependant il est rare que le rétablissement de la vue soit parfait.
(1) Deval, loc. cit., p. 7 IA.
(2) Sichel, Iconographie ophthalmologique, pl. LXXIX, fig. 2. — E. Follin, pl. I, %. ti. — Émile Martin, pl. V, fig. A. — S. Fano, pl. 111, fig. 9 et 10.
MALADIES DES YEUX
Fig. 89. — Amaurose rétinienne congestive et aptipleclique de l'œil gauche. Hypérémie très-prononcée de la rétine. Large foyer apoplectique du la partie inférieure de celle membrane, placé dans le voisinage des vaisseaux dilatés et contenantsept foyers apoplectiques plus petits, fort circonscrits, d’un sang plus foncé. Extravasation de sang lu long des parois des vaisseaux. La position de la pupille optique et des vaisseaux est indiquée au trait sur la droite, au dehors du bord du dessin. (Siebel, pl. LXXIX, fig. 2.)
B. Décollement «le la rétine. — Celle affection était connue des anciens, parce qu elle est visible à l’œil nu à travers la pupille, lorsque le décollement est considérable. On la désignait sous le nom <[' hydropisin sous-rétinienne. Le mécanisme du décollement rétinien est différent, suivant les cas : ou bien c'est du sang
quelquefois, lorsque le corps vitré se ramollit et se résot’be et que la choroïde s’engage dans un staphylôme de la sclérotique, la rétine restant à sa place, il se fait un décollement et un vide rempli par de la sérosité.
La vue est toujours altérée dans le décollement de la rétine; les malades ne voienldistinctcmenl’qu’une partie des objets, et le plus souvent la partie inférieure, parce que le décollement siégeant presque toujours à la partie inférieure, empêche la perception des images qui se peignent sur ce point. Derrière le cristallin, même sans le secours d’aucun instrument, on remarque quelquefois une masse jaunâtre, bosselée, tremblotante. Avec l’ophlhalmoscope, on analyse mieux les détails de cette tumeur: elle a une couleur grise un peu transparente; sa surface est plissée et sillonnée de lignes noires, qui indiquent la place des vaisseaux; elle est mobile et de consistance gélatineuse, caractère qui la distingue des décollements de la choroïde, qui apparaissent sous forme de tumeurs noirâtres et immobiles. Cette affection a une grande tendance à s’accroître, et sa guérison est rare. De Graefe (1), cependant, a observé un cas de guérison complète.
Le traitement médicamenteux est nul. Siebel, Kittel, de Graefe, ont essayé de donner issue au liquide épanché sous la rétine avec des succès plus que douteux. ‘
C. C’ysticcr«|nes «ic isi rétine. — Plus fréquents dans le corps vitre, les cysticerqucs ont été constatés dans le tissu cellulaire sous-rétinien par de Graefe. Ils se présentent sous la forme d’une petite masse arrondie ou pyriforme, au devant de laquelle courent les vaisseaux de la rétine; le caractère pathognomonique de la nature de cette tumeur consiste dans les mouvements spontanés que fait l’entozoaire pour faire sortir sa tête de la vésicule caudale. Leur présence gêne considérable-
(1) Alb. de Graefe, Décollement rétinien consécutif à un abcès rétro-bulbaire , recollement de la rétine et rétablissement de ses fonctions après l’ouverture de l’abcès ( Klinische Monatsblatter; Annules d’oculist., 1863, t. XLIX, p. 244).