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MALADIES DU NERF OPTIQUE. — SYMPTÔMES

le plus souvent l’altération de la vue. Galezowski a compté \U fois les troubles de la vision sur 59 maladies de la protubérance; Ladamie (1), 10 fois sur 26. Les diverses tumeurs des méninges de la base du crâne donnent lieu aux mêmes phénomènes, ainsi que celles de l’orbite et de la fosse spéno -maxillaire, comme Galezowski et Demarquay en ont rapporté des exemples (2).

§ JH. — Symptômes communs aux différentes maladies du nerf optique.

Le globe oculaire ne présente habituellement rien d’anormal, à moins qu’une tumeur de l’orbite ne le chasse au dehors, et n’en détermine un changement de forme ou de position; il n’y a pas d’injection périkératique, mais la pupille est généralemement dilatée et immobile. Les troubles de la vision consistent dans un affaiblissement subit ou progressif de la vue, avec ou sans photophobie et photopsie. Souvent il y a de l’hémiopie, phénomène qu’on explique par ce fait que chaque nerf optique est composé de fibres provenant de l’une et de l’autre bandelette optique, de telle sorte que le champ de la vue est diminué de moitié latéralement, lorsque la lésion porte sur la bandelette optique avant son entrecroisement. En même temps, il y a presque toujours des signes concomitants de maladie du cerveau et de la moelle : douleurs de tête, paralysies partielles et générales, affaiblissement de l’intelligence, perte de la mémoire. Avec ces symptômes, il est permis de prévoir une altération du nerf optique; l'ophthalmoscope seul peut en déterminer la nature.

Des divers états de la papille , dans leurs rapports avec les altérations du nerf optique et des maladies du cerveau dont ils sont la conséquence .

A. Congestion et inflammation. — La papille est plus large qu’à l’état normal ; scs contours sont mal accusés; elle fait une légère saillie en avant. Sa surface est couverte de vaisseaux capillaires nombreux et bien serrés; il y a quelquefois un exsudât léger sur les confins de la papille et de petites hémorrhagies capillaires (3). L’artère centrale de la rétine parait plutôt diminuée qu’augmentée de volume ; les veines, au contraire, sont gonflées. Cet état indique une congestion inflammatoire de la substance du nerf optique. Lorsqu’il n’existe que d’un côté, il signifie que la cause de l’altération est localisée dans le cerveau, ou consiste en une tumeur de la base ou de l’orbite.

L’injection, au lieu de porter sur toute l’étendue de la papille, peut n’être bien apparente qu’à son pourtour, comme cela se voit dans la figure 5 de Galezowski (ô). C’est là, dit-on, l’indice d'une périnévrite résultant de l'inflammation des méninges du cerveau propagée aux membranes d’enveloppe du nerf optique ; il nous semble qu’il faudrait beaucoup d’observations pour faire admettre ce point de doctrine très-délicat.

B. Atrophie du nerf optique et de la pupille. — La congestion et l’inflamma-

(1) Ladamie, Des fumeurs de la protubérance annulaire ( Arch . génér., 1865, 6e série, t, VI, p. 129 et 278).

(2) Demarquay, Traité des maladies de l'orbite. Paris, 1860, p. 499.

(3) Vov. Galezowski, thèse de doctorat, pl. IV. — Émile Marlin, pl. V, lig. 1.

(4) Galezowski, Étude ophthalmoscopique sur les altérations du nerf optique, thèse. Paris,

Valleix, 5e édit.

MALADIES DES YEUX

tion aiguës, après avoir déterminé l’hypérémie de la papille, le gonflement et le ramollissement du nerf optique et diverses altérations des tubes nerveux et du tissu qui les environne, disparaissent complètement ou passent à l’état chronique ; alors se succèdent différents phénomènes qui consistent dans l’atrophie des vaisseaux les dégénérescences graisseuses et sclérotique des tubes nerveux. Ces différents états se révèlent à l’ophthalmoscope par l’atrophie de la papille. Lorsque celle-ci succède à une névrite optique, elle est caractérisée (fig. 6 de Galezowski) par des contours irréguliers, frangés, mal limités, du disque optique; par une coloration blanche qui résulte de l’atrophie des capillaires et des vaisseaux centraux eux-mêmes.

L’atrophie de la papille n’est pas toujours d’origine franchement inflammatoire: elle provient souvent d’un vice de nutrition consécutif à une maladie cérébrale; on la désigne sous le nom d 'atrophie progressive. La couleur de la papille est blanche, nacrée et reflète fortement la lumière; les vaisseaux capillaires ont disparu, les artères et les veines centrales se dessinent nettement et ont un volume à peu près normal; Y excavation de lu papille se produit quelquefois en même temps que l’atrophie, et se reconnaît au changement de direction des vaisseaux, comme dans le glaucome, avec cette différence qu’il n’y a pas de pulsation spontanée des vaisseaux et que l’apparence criblée de la papille a disparu (1). Les atrophies de la papille sont beaucoup plus fréquentes chez l’homme que chez la femme : d’après les relevés de Galezowski, sur cent atrophies delà papille, les hommes figurent pour soixantedix cl les femmes pour vingt-cinq ; on a cherché à expliquer cette différence par l’abus que les hommes font du tabac et des alcooliques, sans que les auteurs partisans de celte étiologie aient apporté des preuves suffisantes à l’édification de leurs doctrines; dans tous les cas, l’atrophie de la papille est donnée comme le caractère d’une amaurose d’origine cérébrale. Cependant elle peut succéder à une altération de la choroïde, ou de la rétine ; mais alors l’ophthahnoscope fait découvrir un slaphylôme postérieur, une rétinite pigmentaire, ou toute autre lésion dont l’atrophie de la papille pourrait être la conséquence.

§ IV. — Marche, durée, terminaison.

Les maladies du nerf optique ont une marche différente suivant leur nature et la I persistance de la cause qui les a produites : tandis que les congestions simples peuvent se terminer favorablement dans l’espace de quelques jours, les inflammations sont toujours de longue durée et aboutissent trop souvent à l’atrophiedu nerf optique et de la papille. Celle-ci peut encore guérir, mais c’est l’exception ; quant aux atrophies lentes, progressives, suites d’ataxie locomotrice ou d’autres maladies de longue durée et presque constamment fatales, elles conduisent insensiblement, mais d’une manière à peu près certaine, à une perte irrémédiable de la vue.

§ V. — Diagnostic, pronostic.

Avant la découverte de l’ophthalmoscope on se livrait à une foule de considérations plus ou moins ingénieuses, pour établir le diagnostic de ce qu’on appelait et de ce qu’on appelle encore l’amaurose cérébrale. Aujourd’hui les principales difficultés sont levées. On ne pourra confondre ces affections avec une cataracte, ni avec

(1) Fano, lot. cit., pi. 111, fig, 2. — Émile Martin, pl. Vit, fig. 2 et 3. — Sichel, Iconooihtghhaeorapphnologique, pl. LXXVITT, fig. 2, 3, A.

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