MALADIES DU NERF OPTIQUE. — TRAITEMENT
Cette pommade étendue sur un petit rond de papier et appliquée pendant cinq ou dix minutes, donne une vésication immédiate. La surlace dénudée sert à faire absorber les préparations de strychine.
If Strychine 2 centigr. | Poudre de noix vomique. . . 10 centigr.
L’épiderme étant enlevé, on saupoudre la surface du derme mis à nu avec ce mélange.
Tous ces moyens ont pour but d’exciter le nerf trijumeau et de rappeler, par action réflexe, la vitalité du nerf optique. C’est dans la même intention que Magendie conseillait l’emploi de Y électricité (1). L’électricité à courants continus est seule avantageuse : on place un des rhéophores du petit appareil portatif de Gaiffe très-commode en pareil cas, sur le pourtour de l’orbite, l’autre au coin externe de l’œil correspondant et l’on recommande au malade de fermer les paupières (2).
Sternutatoires. — AVare (3), le premier, les a préconisés, et depuis lui, beaucoup s’en sont servis; mais les résultats sont problématiques. On pourra faire prendre au malade une des poudres suivantes, en prises, dix à vingt fois par jour :
If Calomel 10 gram. | Sucre 10 gram.
Turbilh minéral 1 gram. | Poudre de réglisse .... 15 à 20 gram.
Beaucoup d’autre médications empiriques ont été recommandées, très-peu ont pris rang dans la thérapeutique. Il nous faut citer cependant l’emploi des lunettes biconvexes dont Schlesinger s’est le premier servi d'une façon tout empirique. Cunier (û), A. Bonnet, de Lyon (5), et F. Giraud-Teulon (6) ont trouvé des avantages à cette pratique ; les lunettes biconvexes concentrent la lumière au fond de l’œil, forcent celui-ci à des mouvements d’accommodation et favorisent l’excitabilité de la rétine, il faut soumettre le malade à un exercice journalier : on commence d’abord par le faire lire avec des numéros très-forts, puis on diminue leur puissance. La durée de l’exercice est subordonnée à la fatigue de la vue.
Résumé du traitement. — Antiphlogistiques dans les périodes congestives; mercuriaux etiodiques pour les atrophies syphilitiques; nitrate d’argent et belladone pour l’amaurose d’origine ataxique; sangsues autour de l’orbite et applications narcotiques contre les congestions et inflammations de la papille; contre son atrophie, excitation des nerfs de la cinquième paire, strychnine, électricité, exercice de la vue avec des lunettes biconvexes.
(1) Magendie, Journal de physiologie expérimentale, t. VI, p. 156.
(2) Duchenne (de Boulogne), De l' électrisation localisée, 18G1, p. 21, et Clavé, lissai sur l’amaurose, thèse de doctorat. Paris, 1852.
(3) Ware, Observations on the Cataract and Gutta serena: London, 1812, p. 107.
(4) Cunier, De l'emploi des verres de lunettes dans le traitement de quelques affections oculaires {Ann. d’oculistique , Bruxelles, 1842, t. Vit, p. 87).
(5) Bonnet, Emploi des lunettes dans sesrupports avec les troubles de la vision {Bull, de thérap., 1857, t. LUI, p. 289 et 345).
(6) Giraud-Teulon, De la vision binoculaire, chap. xu, et Chavériat, De l’amovrose et de sça traitement par les lunettes , thèse, mai 1850.
MALADIES DES YEUX
ARTICLE 11 J
CLASSIFICATION DE I.’ AMAUROSE. TROUBLES FONCTIONNELS DE l’appAREII.