PARALYSIE DU MUSCLE CILIAIRE
§ I. — Causes.
Cette affection n’est pas très-rare : elle se produit dans la jeunesse et l’adolescence et résulte de causes variées dont la nature influe beaucoup sur la gravité de
(1) Schauenbourg, Recherches sur la kopiopie (Ann. d’oculist ., Bruxelles, 1856, t. XXXV).
(2) Alb. de Graefe, États pathologiques de l’accommodation (Gaz. hebdomadaire, 1856).
(3) Donders, Arch. fur Ophthalmologie, Berlin, t. IV, lrc partie, et Ann. d’oculistique, Bruxelles, 1860.
(4) Giraud-Teulon, Physiologie et pathologie fonctionnelles de la vision binoculaire ,
chap. xi.
(5) Liebriech, Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurg. pratiques , t. 1.
MALADIES DES YEUX
la maladie. Ou peut la produire artificiellement par l'instillation de la belladone dans l’œil. La diphthérite en est une cause évidente. Tous les oculistes, Donders, de Graefe, Follin, ont signalé, dans ces derniers temps, des observations d’individus frappés, à la suite de la diphthérite, de troublesdc la vision, qui ne peuvent évidemment être rapportés qu’à une paralysie du muscle ciliaire. Les altérations de la troisième paire, quelques affections cérébrales, l’ataxie locomotrice, la paralysie générale des aliénés, ont une action plus ou moins directe sur le muscle ciliaire, pour en produire la paralysie. On travail exagéré, une grande fatigue de la vue, les causes de débilitation générale, ont été considérés comme susceptibles de conduire au même résultat.
§ II. —Symptômes et marche.
Les yeux atteints de paralysie du muscle ciliaire n’offrent, en général, aucun symptôme objectif très-apparent. Toutefois, on remarque souvent une certaine hébétude du regard et une dilatation plus ou moins considérable delà pupille; mais ce dernier symptôme n’est ni nécessaire ni constant. La maladie se déclare le plus souvent brusquement. Les objets rapprochés cessent d’être aperçus, tandis ([ue la vision des objets éloignés reste intacte. Lorsque le malade veut s’appliquer à la lecture ou à tout autre travail qui exige un certain effort d’accommodation, il voit trouble et se trouve obligé de renoncer à ses occupations habituelles. Cependant si l’on examine les yeux, on ne trouve aucune altération, ni des milieux réfringents, ni des membranes profondes. Il n’y a pas de tension, pas de douleurs oculaires, signes négatifs importants et qui servent à distinguer la paralysie du muscle ciliaire du spasme ciliaire.
La marche de l’affection est rapide ou lente, selon la cause qui la produit. La paralysie déterminée par la belladone, la diphthérite, guérit en général très-vite; mais celle qui dépend d’une affection du cerveau ou d’une paralysie du nerf moteur commun a une évolution lente et reste souvent incurable.
§ III. — Diagnostic, pronostic.
La vision des objets rapprochés étant abolie, tandis que celle des objets éloignés est conservée, la paralysie du muscle ciliaire se rapproche de la presbytie ; mais Page des malades, la marche des accidents, la guérison possible de la paralysie, distinguent suffisamment ces deux affections l’une de l’autre. L’intégrité des membranes profondes, l’amélioration de la vue par les verres biconvexes, l’état à peu près parfait de la vision en dehors de l’application des yeux aux petits objets, appartiennent à la paralysie du muscle ciliaire, et ne se trouvent pas, à beaucoup près, aussi nets dans l’amblyopie. Enfin, l’absence de douleurs orbitaires, l’impossibilité de voir de près, même au début du travail, distinguent la paralysie du muscle ciliaire de son affection spasmodique qui, comme nous allons le voir, présente des symptômes opposés.
Autant la maladie est légère lorsqu’elle succède à l’emploi de la belladone, à la diphthérite, ou à la convalescence d’une maladie grave, autant elle est grave lorsqu’elle est déterminée par une altération matérielle du cerveau et du nerf oculaire commun.