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OTITE EXTERNE AIGUË

§ I. — Causes.

Cette otite reconnaît pour causes principales l’action de corps irritants sur le conduit auditif, l’introduction de corps étrangers, l’accumulation du cérumen, l’action des instruments introduits dans l’oreille pour certaines opérations. Le plus souvent elle est causée par l’action du froid sur les oreilles. On a vu quelquefois I otite se développer par suite de l’introduction dans l’oreille de parasites, tels que

(1) Gaujot, Arsenal de la chirurgie contemporaine. Paris, 1867.

(2) Deleau, Mémoire sur le cathétérisme de la trompe d’Eustache. — De l'emploi de l'an atmosphérique dans les maladies de l'oreille moyenne. Paris, 1828.

MALADIES DE L’OREILLE

des vers, des poux, des mouches (1). Elle se manifeste plus volontiers chez les enfants qu’aux autres âges de la vie.

§ II. — Symptômes.

La douleur est le premier symptôme qui annonce la maladie. Elle est d’abord faible, souvent prurigineuse; puis elle va en augmentant et peut devenir très-aiguë, ce qui s’explique par la densité des tissus envahis. Les mouvements de la mâchoire inférieure retentissent douloureusement dans le conduit auditif.

L’impression de la chaleur trop forte, aussi bien que du froid, augmente la douleur.

En même temps Youïe devient dure, et cette dureté d’oreille va en augmentant avec l’inflammation; il y a des bourdonnements, des sifflements d’oreille.

Dans les cas où l’inflammation est très-intense, la douleur s’étend à toute la tête ou à un de ses côtés ; mais ces cas ne sont pas les plus fréquents.

L 'inspection du conduit auditif fait reconnaître, d’abord la rougeur et la sécheresse de ce canal, puis un plus ou moins grand nombre de boutons, d’abord petits, ensuite plus gros, qui se remplissent de pus. A une époque plus avancée, on constate la rupture de ces boulons et une ulcération consécutive, et, dans certains cas, un gonflement, un boursouflement considérable de la muqueuse.

L'écoulement du pus vient ordinairement, au bout de trois ou quatre jours, calmer la douleur. C’est d’abord un liquide ténu, puis un pus véritable qui a parfois une odeur fétide. Quelquefois le boursouflement de la muqueuse est tel qu’une certaine quantité de pus est emprisonnée derrière cet obstacle, d’où résulte une douleur très-vive; il faut être prévenu de la possibilité de cet accident, afin d’y porter promptement remède.

Ordinairement les symptômes généraux sont légers. Cependant toujours la douleur occasionne une certaine anxiété, du malaise, et souvent l’insomnie. Dans quelques cas, l’inflammation étant violente et profonde, la fièvre s’allume, et il y a de l’agitation; mais tout le monde s’accorde à dire que, lorsqu'il y a une douleur excessive et profonde, lorsqu’il survient une agitation très-grande, du délire, une fièvre considérable, c’est que l’inflammation s’est étendue à la cavité du tympan, car par elle-même l’otite externe n’est pas capable de donner lieu à des symptômes aussi graves.

§ III. — Marche, durée, terminaison.

La marche de la maladie est continue, bien que la douleur ait par moments, et

surtout la nuit, de grandes exacerbations.

La durée des symptômes violents est, comme nous 1 avons dit plus haut, de trois à quatre jours; celle de la suppuration est souvent plus considérable.

La terminaison ordinaire est une guérison prompte; parfois elle se fait attendre, les ulcérations ne se cicatrisant pas; d’autres lois l’otite passe a 1 état chronique.

§ IV. — Traitement.

Si l’inflammation est bornée au conduit auditif, s’il y a peu de symptômes

Ml Itard Traité des maladies de l’oreille et de l’audition, 2° édit. Paris, 1842, 2 vol.

in-8 avec 3 pl. Davaine, Traité des entoizoaires et des maladies vermineuses de l’homme

et dès animaux domestiques . Paris, 1860, in-8, p. 144.

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