‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 31 sur 494 · GRANULATIONS UTÉRINES. — CAUSES · texte numérisé non relu

GRANULATIONS UTÉRINES. — CAUSES

i ténues. Ces faits démontrent que l’on aurait tort de croire que les femmes qui : Mit eu des enfants sont seules sujettes à la maladie qui nous occupe. J. H. Bennet (1) i démontré que l’inflammation simple, les érosions, les granulations, peuvent se I rencontrer même chez les vierges , et par là s’expliquent ces leucorrhées interminables dont on ne pouvait pas se rendre compte.

On a dit que le passage continuel de mucosités plus ou moins altérées, leur séjour dans la partie supérieure du vagin, la malpropreté, peuvent produire les granulations utérines; mais: 1° dans beaucoup de cas, il ne sort de l’orifice du col qu’une matière albumineuse évidemment non irritante ; 2° tout porte à croire que ! lorsqu’il y a un écoulement muco-purulent, c’est par la surface granulée elle-même qu’il est produit; 3° on voit beaucoup de femmes qui, avec une leucorrhée aboni dante qui irrite les parties génitales externes, ne présentent pas de granulations du : col de l’utérus.

S’il est vrai, comme l’a avancé Timbart (2), que dans certaines circonstances, le catarrhe utérin aigu ou chronique est la cause de ces granulations, on ne saurait en faire une règle générale.

Nous trouvons ensuite l’indication de ces causes que nous avons vues mention-

i nées dans toutes les maladies de l’utérus : excès de coït, masturbation, injections

ii irritantes, fatigues, etc.

[On pourrait conclure de cette énumération si rapide des causes des érosions et i des granulations de la métrite externe, que l’on ne sait réellement rien sur le chapitre de l’étiologie : ce serait une erreur dont la thérapeutique souffrirait.

A défaut de causes locales des affections locales , on doit se rappeler que l’état a général de l’économie, sa déviation fonctionnelle, sont, dans l’immense majorité i des cas, le point de départ de telle ou telle affection bornée à un seul point du corps. C’est ce qui a lieu, en effet, dans beaucoup de maladies cutanées, dans lesquelles l’éruption n’est qu’une manifestation locale d’une cause diathésique ' variable, comme la scrofule, la diathèse herpétique, l’arthritis. Pourquoi n’en ■ serait-il pas de même de la muqueuse du col de l’utérus? Ne peut-il pas s’y faire une localisation d’une diathèse herpétique ou de toute autre nature? (V. Racle.)

Celte hypothèse est d’autant plus admissible que plusieurs circonstances viennent s se réunir pour rattacher cette lésion purement locale à une maladie générale. Ainsi, certaines granulations du col de l’utérus s’accompagnent d’éruptions cutanées, d’un prurit violent, et se montrent dans des familles où les affections dartreuses sont héréditaires. Chez d’autres malades, il y a hypertrophie concomitante du col utérin, et, simultanément, des caractères de scrofules; la nature des granulations est assurément démontrée par l’hypertrophie, caractère si évidemment scrotuleux. Nous ne pousserons pas plus loin ces observations, mais nous engageons le lecteur à prendre connaissance du mémoire de E. A. Tillot (3) sur ce sujet. Dans les vingt-sept observations qu’il cite, il a toujours trouvé soit la diathèse strumeuse,

(1) J. H. Bennet, Traité pratique de l’inflammation de l’utérus , de son col et de scs annexes , trad. par Michel Peter. Paris, 1864.

(2) Timbart, Des érosions et des qranulations du col de l'utérus , thèse. Paris, juillet 1849.

(3) E. A. Tillot, De la lésion et de la maladie dans les affections chroniques du système utérin, thèse. Paris, 1860.

Valleix, 5e édit.

MALADIES DES FEMMES

soit la diathèse tuberculeuse, niais moins souvent l’herpétisme. Au reste, si Velpeau, Nouât, Aran, Becquerel, Ben net, sont antagonistes des causes diathésiques, l’opinion que nous soutenons est partagée par Chomel, Noël Gneneau de Mussv , Huguiei , Alph. Robert, Fontan, Durand-Fardel, Gosselin, Duparcque, Tylcr Smith, Scanzoni, et surtout par Bazin (V. Racle).

Dans un assez grand nombre de cas, O. Larcher (1) a noté une relation appréciable entre les altérations du col de l’utérus et quelques maladies de la peau, l’eczéma et le psoriasis généralisés, en particulier : chez les malades qui ont fourni ees exemples, il était remarquable de voir 1 affection du col utérin persister avec une grande ténacité, tant (pie la peau restait malade. L’amélioration marchait ensuite simultanément, des deux côtés, et plusieurs fois, les altérations survenues au col utérin postérieurement à l’affection cutanée, étaient aussi les dernières à disparaître. J. Guyot(2) a observé une malade chez laquelle, un eczéma généralisé ayant été guéri, survint une leucorrhée symptomatique d’une affection utérine: l’eczéma reparaissant quelque temps après, les signes de l’affection utérine cessèrent momentanément et reparurent, à leur tour, quand l’eczéma fut de nouveau guéri.]

§ III. — Symptômes.

Le début de celte affection est tout à fait insensible ; c’est au point que lorsque la plupart des malades commencent à se plaindre, on découvre, par l’examen direct, des granulations occupant déjà une grande étendue et évidemment fort anciennes.

Lorsque la maladie est confirmée, les symptômes peuvent être encore très-légers. Un assez bon nombre de malades n’éprouvent aucune douleur, aucune pesanteur vers le bassin, si ce n’est un certain degré de leucorrhée qui détermine un état général de langueur et des troubles digestifs plus ou moins marqués.

La douleur n’est donc pas .un caractère essentiel des granulations utérines. Lorsqu’elle existe à un certain degré, on peut assez fréquemment constater qu’elle ne dépend des granulations que d’une manière indirecte. En effet, ces douleurs se font sentir vers les aines, vers les lombes, elles s’irradient plus ou moins loin ; ce sont ces douleurs nerveuses que nous avons signalées dans la leucorrhée simple sans granulations du col.. Quelquefois, il est vrai, en portant le doigt sur le col de l’utérus, on détermine de la douleur, mais il faut encore prendre garde de se laisser tromper par les apparences. Cette douleur est souvent très-limitée, elle ne correspond pas aux granulations, et si l’on examine le trajet des nerfs lombaires, on trouve des points douloureux qui font connaître l'existence d’une névralgie à laquelle participe i’utérus. Il est d’autres cas où la douleur occupe tout le col ; mais ce sont des cas où il existe une inflammation du parenchyme utérin.

R y a un écoulement constant; mais la matière de cet écoulement n’est pas toujours la même. Souvent on voit s’échapper du col de l’utérus comme un ruban de matière transparente, visqueuse, semblable h du blanc d’œuf cru, qu’on a plus ou moins de peine à détacher. Dans d’autres circonstances, cette matière pré-

(1) 0. Larcher, Des lésions delà peau, dans leurs rapports avec d’autres états morbides (Mémoire manuscrit).

(2) J. G'iyot, Citation empruntée au mémoire de 0. Larcher.

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