GRANULATIONS UTÉRINES. — SYMPTÔMES
seute un aspect louche, sans perdre sa viscosité et sa ténacité, et dans d’autres, enfin, elle est blanche, plus fluide, et s’écoule dans le vagin en s’étalant sans former masse. L’abondance de celte matière est du reste très-variable; elle est telle chez certaines femmes, même alors qu’il ne s’écoule qu’un liquide albumineux, que les parties génitales externes, et même les cuisses, peuvent en être baignées.
Doit-on regarder la matière albumineuse qui s’écoule ainsi comme une sécrétion morbide de la surface granulée? C’est ce que n’hésite pas à dire Chôme!. Mais quand on examine attentivement les faits, on n’ose pas se prononcer aussi affirmativement A qui n'est-il pas arrivé de voir s’échapper de l’utérus cette matière albumineuse en assez grande abondance, alors même qu’il n’existe pas de granulations du col de la matrice? C’est un fait que nous avons constaté en exposant l’histoire de la leucorrhée (1). Cette sécrétion n’appartient donc pas en propre aux granulations. La présence des granulations à l’orifice du col détermine une excitation dans les parties environnantes, d’où résulte cette sécrétion de matière albumineuse, qu’on doit regarder comme une exagération de la sécrétion normale. L’écoulement muco-purulent paraît plutôt pouvoir être rapporté aux surfaces granulées, et l’on peut concevoir que le flux albumineux venant du col de l’utérus masque seulement, dans un grand nombre de cas, celte sécrétion mu co-purulente.
Le toucher n’apprend rien de bien positif sur l’étal du col de l’utérus. Lorsque les granulations sont très-saillantes, on peut sentir les petites inégalités qu’elles produisent sur la surface du col utérin, et pour que cette sensation soit bien nette, on doit promener son doigt sur toute l’étendue de celte partie de l’organe, de manière à juger par comparaison entre la partie lisse et la partie légèrement rugueuse ; mais cette exploration ne sullit pas, il faut avoir recours au spéculum. Le toucher j peut en outre servir à constater s’il existe ou non une complication consistant en un engorgement de l’utérus.
L 'examen à l'aide du spéculum est indispensable ; il fait seul parfaitement reconnaître la nature du mal et son étendue. Après avoir introduit cet instrument, on voit à l’orifice utérin, et dans une étendue variable d’une des lèvres du col ou des deux à la fois, une plaque granulée qui présente l’aspect suivant :
La forme de la plaque est plus ou moins parfaitement arrondie. En écartant les lèvres du col avec les valves du spéculum, on peut s’assurer qu’elle a son origine dans les bords mêmes de l’orifice et qu’elle pénètre plus ou moins profondément Idansla cavité. Parfois elle entoure l’orifice comme un anneau plus ou moins large; quelquefois elle est beaucoup plus étendue sur une lèvre ou sur un des côtés que dans les autres points; parfois aussi, mais plus rarement, elle n’occupe qu’une seule lèvre. Il est rare que les granulations forment plusieurs plaques séparées; cependant il y a des variétés très-nombreuses. On voit, dans certains cas, une trèsgrande étendue du col envahie par ces granulations agglomérées.
La couleur de ces plaques granulées est variable; toutefois il est ordinaire de les trouver d’un rouge obscur très-prononcé. Dans certains cas, elles sont rosées, d’un rouge pale, et dans d’autres, bleuâtres ou violacées.
Les limites de la plaque granuleuse sont très-tranchées ordinairement; c’est -à-
(1) Voyez article Leucorrhée.
MALADIES DES FEMMES
(lire que la transition de la couleur rouge et de l’aspect un peu rugueux qu’elles présentent, à la pâleur et à l’aspect lisse du reste de la muqueuse du col utérin, se fait très-brusquement sans rougeur intermédiaire.
[Les granulations, étudiées avec soin parBoivin et Dugès (1), Duparcque (2), j Lisfranc(3), Chomel (/ 1 ) et plusieurs auteurs modernes, offrent quelques différences, ! selon qu’elles résultent d’une inflammation aiguë ou d’une inflammation chronique, j Dans le premier cas, elles sont peu nombreuses, fermes, blanchâtres, légèrement pédiculées, et ont chacune le volume d’un pois. Dans certains cas, elles sont plus volumineuses et plus écartées, vésiculaires et sans pédicules, grosses comme des grains de moutarde, blanchâtres, mais transparentes; on les voit parfois égaler le volume d’un grain de chènevis, et l’on en a même observé qui étaient grosses comme une petite lentille (Chomel); mais les cas de ce genre sont trèsrares. La surface granulée saigne ordinairement avec assez de facilité; on a fréquemment l’occasion de s’en assurer, soit sous l’influence du contact du doigt, soit lorsque l’extrémité du spéculum est venue toucher les granulations au moment de l’introduction, soit même à la suite des simples efforts de la défécation.
Quand les granulations sont le résultat d’une inflammation chronique, elles sont i
petites, dures et blanchâtres, quelque- i fois molles et rouges; ou bien elles ont i un aspect miliaire sur la surface du I col. utérin (fig. 18.)
De temps en temps, on trouve, j comme conséquence de l’inflammation i du col, des pustules. Dans plusieurs cas observés par Fl. Churchill (5), elles ressemblaient comme aspect, aux pustules varioliques; au bout de peu de temps, elles crevaient et laissaient, h leur place, une petite ulcération plus ou moins large, mais toujours su-
congestion sanguine du museau de tanche. Dysménorrhée pcrficicllc. SinipSOIl Q OOSCIVC QUSSl^ guérie. (Boîvin et Dugès, Atlas, pi. xx\ il, fig. 2.) sur ic coj utérin , un grand nombre
d’éruptions érythémateuses, vésiculeuses, pustuleuses, papuleuses ou tuberculeuses. ]
On doit profiter de l’examen fait à l’aide du spéculum pour s’assurer en même temps si le reste du col de l’utérus est à l’état normal, s’il n’est pas tuméfié, etc.
Le symptôme qui attire le premier l’attention, dans la maladie qui nous occupe, est l 'écoulement, la perte blanche. C’est celui qui engage le plus les femmes a I consulter le médecin. Tous les symptômes qui accompagnent les / lueurs blanches
m Poivin et Du^ès, Traité pratique des maladies de l’utérus. Paris, 1833, t. II, p. 332. >2) Duparcque , Traité théorique et pratique sur les altérations organiques de la
V‘C(3) Lisfranc, Maladies de l’utérus. Pans, 1836 P- 334.
' rhnmpl Dictionnaire de médecine en oO vol., t. XXX, p. ioo.
Fl Churchill Traité pratique des maladies des femmes , p. 304. Paris, 1866, trad. de XVieland et Dubrisay. — Voyez comparativement les divers Traités des maladies des
franç.
femmes, par Becquerel, IS’onat, etc.