OTITE EXTERNE CHRONIQUE
Les seuls symptômes importants qu’elle présente sont l’écoulement d’un pus jaunâtre ou jaune sale, fétide ou non, sans douleur et avec une dureté plus ou moins marquée de l’ouïe, et parfois des bourdonnements d’oreille.
Traitement. — Emploi d’injections détersives et astringentes, de vésicatoires derrière l’oreille, d’un séton même, si on le croit nécessaire.
[ Le traitement local doit être antiphlogistique et substitutif, et subordonné à l’étendue et à la profondeur de l’inflammation ; mais il ne suffit pas toujours, s’il n’est secondé par un traitement général dirigé contre la cause diathésique de la maladie. A cet égard, il est utile de signaler une variété d’otite externe décrite par Triquet (2) et par Sentex (3), c’est V otite dartreuse.
L'otite dartreuse est aiguë ou chronique, mais le plus souvent elle est chronique d’emblée ; elle est plus fréquente chez les adultes et les vieillards que chez les enfants, contrairement à l’otite catarrhale. Elle est caractérisée par une tuméfaction rougeâtre, violacée, de la peau du pavillon, du conduit auditif et de la membrane du tympan, avec des croûtes tantôt blanchâtres ou grisâtres, plus souvent jaunâtres ou noirâtres, et l’aspect fendillé et gercé des surfaces atteintes qui sont en même temps plus ou moins dures. Un ichor, jaunâtre ou brun et fétide, s’écoule presque continuellement de l’oreille malade ou des deux, ce qui est plus fréquent.
La lésion primitive est celle de l’eczéma habituellement, ou bien celle de l’impétigo et de l’ecthyma.
La cause diathésique est l’herpétisme, la scrofule ou la syphilis. Le traitement général sera celui de ces états diathésiques (voy. Maladies de la peau) : à l’intérieur, les toniques, les arsenicaux ; à l’extérieur, des bains sulfureux; localement des topiques divers, tels que pommades au goudron, au précipité blanc, etc. , et des petits cataplasmes de farine de riz introduits dans l’oreille au moyen d’une gaze très-fine. ]
(1) Itard, Traité des maladies de l'oreille et de l’audition, 2e édit. Paris, 1842.
(2) Triquet, Gazette des hôpitaux, 11 avril 1865.
(3) Sentex (de lîordeaux). Des écoulements purulents du conduit auditif et de la phlébite consécutive des sinus mèningiens , thèse de doctorat. Paris, 1865.
MALADIES DE l.’OREILLK.
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ARTICLE IL
otite INTERNE ( otite aiguë de la caisse) (1).
1" OTITE INTERNE AIGUË, g I. — Causes.
Les causes de l’otite interne ne se trouvent pas ordinairement dans une violence extérieure ou dans l’action d’un corps étranger. Nous avons vu que parfois l’otite externe pouvait gagner la cavité du tympan ; mais le plus souvent on ne trouve d’autre cause à l’affection que l’action du froid, ou bien cette tendance qu’ont certains organes à s’enflammer secondairement dans le cours ou dans la convalescence d’une maladie grave, telle que la lièvre typhoïde, la variole, etc. Tous les auteurs conviennent que, dans la production de cette maladie, il faut reconnaître souvent une prédisposition non douteuse.
g II. — Symptômes.
La douleur est généralement beaucoup plus vive que dans l’otite externe, et cela h une époque rapprochée du début. Elle est profonde, continue, avec des exacerbations plus ou moins violentes. Elle reste souvent fixe dans une oreille, parfois elle s’irradie à tout un côté du crâne. Elle arrache de vives plaintes au malade. Il y a en outre une sensation de plénitude et des battements dans la cavité du tympan. La surdité est marquée et causée par l’obstruction de la trompe et par la raréfaction et même l’absorption de l’air contenu dans la caisse (2).
En même temps, on voit survenir de Yagitation , de l’insomnie, parfois des vertiges, du délire, et même des convulsions.
La fièvre ne tarde pas h s’allumer. U y a de la soif, une perte plus ou moins complète de l’appétit, de la chaleur à la peau, de la céphalalgie qu’il ne faut pas confondre avec la douleur causée par l’inflammation.
Ces symptômes violents, lorsque l’affection est simple et que les os et les cartilages ne sont pas altérés, durent ordinairement trois ou quatre jours, puis le malade sent le pus s'échapper par le conduit auditif externe, et ordinairement il en sort un flot qui mouille l’oreiller. Dès ce moment, il se manifeste un soulagement des plus marqués, la douleur cesse brusquement avec l’agitation et les autres symptômes concomitants. Le malade peut s’endormir paisiblement. Dans quelques cas rares, c’est par la trompe d’Eustache que s’écoule le pus, qui tombe alors dans l’arrière-gorge.
Les jours suivants, le pus continue à s’échapper; il est quelquefois fétide. Puis il diminue, peu à peu, et, au bout de peu de temps, la maladie se termine parla guérison, sans laisser de traces.
[ NI ais avant que le pus se soit fait jour de lui-même, soit par la trompe d’Eustache, soit par la membrane du tympan ulcérée, il est bon de diagnostiquer l’imminence de cette terminaison pour la prévenir, et surtout pour empêcher I issue du pus à travers les cellules mastoïdiennes.
(1) Bonnafont. Traité théorique et pratique des maladies de Toredle. Paris, 1860, iR-8.
(2) Idem, ibid,