‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 316 sur 494 · AFFECTIONS NERVEUSES DE L’OREILLE · texte numérisé non relu

AFFECTIONS NERVEUSES DE L’OREILLE

ARTICLE PREMIER

OTALGIE.

Dans le plus grand nombre des cas qu’on a décrits comme des olalgies, il s’agissait de véritables otites. Cependant il en est quelques-uns où la douleur seule constitue toute la maladie, mais tous les auteurs s’accordent «à dire qu’ils sont rares. Le fait est vrai, et ce qu’on n’a pas dit, c’est que, même dans les cas où la maladie est constituée uniquement par la douleur, il arrive très-rarement encore que cette douleur soit bornée à l’oreille; que le plus souvent on trouve d’autres points douloureux, surtout dans le nerf occipital, et que I’olalgie n’est pas, dans ces cas, une maladie distincte, mais un simple symptôme d’une maladie plus générale.

La douleur occupe soit le pavillon de l’oreille, soit le conduit auditif, soit une partie plus profonde. Elle est ordinairement lancinante, et les élancements ressemblent à la douleur que produirait un instrument piquant très-fin enfoncé vivement dans l’oreille.

Le plus souvent, tous les auteurs en conviennent, d’autres douleurs se font sentir dans le crâne : c’est que la névralgie est étendue à un plus ou moins grand nombre de filets nerveux en dehors de l’oreille. On a dit aussi que la douleur se transporte assez souvent de l’oreille à une autre partie de la tête. Si l’on avait bien observé les faits, on aurait vu qu’il n’y avait réellement pas transport de la douleur, que celle-ci existait déjà hors de l’oreille, et que, devenant moins vive ou nulle dans cet organe, elle acquérait plus d’intensité dans les autres points. C’est ainsi, du moins, que nous avons vu les choses se passer dans plusieurs cas.

Ce qui prouve celte vérité, c’est qu’on a cité des cas dans lesquels, en agissant sur des nerfs étrangers à l’oreille, on a procuré la guérison de la maladie. Ainsi on a cité un cas rapporté par Fauchard, dans lequel l’extraction d’une dent cariée a fait cesser la douleur d’oreilles.

Traitement. —Les injections calmantes, les fumigations vers le conduit auditif, des émollients, les émissions sanguines locales, la transpiration delà tête provoquée par divers moyens, comme le recommande Itard, les calmants à l’intérieur, tels sont les remèdes préconisés par les auteurs qui se sont occupés spécialement des maladies de l’oreille. Un point très-important de ce traitement consiste à s’assurer du degré d’étendue de la maladie, c’est-à-dire à rechercher si elle a exclusivement son siège dans l’oreille, ou si elle occupe d’autres points. Dans ce dernier cas, il faut attaquer les points douloureux partout où l’on en trouve : vers l’apophyse mastoïde, sur la tempe, sur la mâchoire inférieure, etc. Dans beaucoup de cas ou les vésicatoires autour de l’oreille ont procuré la guérison de la maladie, on avait probablement affaire à quelqu’une des névralgies décrites dans un autre volume (1), et en attaquant les points douloureux situés hors de l’oreille, on aurait triomphé de la maladie, oomme on fait disparaître les douleurs du trajet du nerf sciatique en appliquant l’exutoire sur un ou deux des principaux points névralgiques.

(1) Voy. tome Iir, Névralgie trifaciale (p. <>65), occipitale (p. G85).

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