‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 318 sur 494 · SURDITÉ NERVEUSE. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

SURDITÉ NERVEUSE. — TRAITEMENT

s’il n’exisle pas de symptômes cérébraux et que les cavités de l’oreille soient absolument libres, on pourra conclure à la surdité nerveuse avec une certitude relative assez grande.

Le pronostic des surdités nerveuses essentielles est toujours grave : il est rare, quel que soit le traitement mis en usage, qu’on obtienne une guérison complète. D’une manière générale, le pronostic est subordonné à la cause de la maladie, à la constitution et à l’âge du sujet : « C’est ainsi qu’en présence de deux malades, l’un jeune et l’autre vieux, il sera permis de considérer le premier comme offrant quelques chances de guérison et de placer le second au rang des incurables (1).

§ V. — Traitement.

La médication dirigée contre la surdité doit nécessairement être modifiée suivant les cas; il ne saurait y avoir de thérapeutique invariable. Si le malade est vigoureux et qu’on ait lieu de supposer une congestion de nature rhumatismale du côté de l’appareil nerveux auditif, les saignées générales, les sangsues, les dérivatifs, trouveront leur emploi. Lorsque, au contraire, on supposera une simple atonie nerveuse, il faudra s’adresser aux excitants diffusibles. Itard a réalisé un véritable progrès dans la thérapeutique des cophoses, en injectant des vapeurs d’éther acétique dans la cavité tympanique. On pourra suivre le procédé de l’injection de l’air dans la trompe (voy. p. 901) pour introduire différentes vapeurs, telles que celles d’éther, de chloroforme, d’ammoniaque, pour tâcher de solliciter le fonctionnement du nerf acoustique. La potasse à la dose de 1 gramme pour h0 ou 50 grammes d’eau a été injectée dans l’oreille moyenne par Marc d’Espine (2) qui en a obtenu d’assez bons résultats. Triquet dit s’être bien trouvé de l’usage de douches iodées :

Eau distillée

Teinture d’iode

100 gram.

10 gram.

Iodure de potassium

1 grain.

Il ajoute à celte solution le quart, le tiers ou les deux tiers d’eau, selon la susceptibilité des malades.

Duchenne (de Boulogne) a obtenu une guérison au moyen de l’électricité.

Mais, il faut bien l’avouer, tous ces moyens échoueront nécessairement lorsque la cophose sera ancienne et caractérisée par une insensibilité complète du nerf acoustique, et il sera du devoir du médecin de ne pas tenter une guérison impossible.

La surdité sympathique de la présence des vers dans l’intestin cède facilement aux anthelminthiques, comme le prouvent quelques observations ; malheureusement cette variété de cophose est rare.

Pour remédier aux inconvénients d’une surdité incomplète ayant résisté à tous les moyens de traitement, on a inventé une foule de cornets et d’appareils acoustiques qui, quelquefois, peuvent rendre des services; mais ils sont presque toujours incommodes et insuffisants.

(d) Bonnafont, Traité théorique et pratique des maladies des oreilles, p. 573. (2) Marc d’Espine, Archives générales de médecine, 1842.

Vaxleix, 5e édit.

DU

MALADIES DE L’OREILLE

Nous donnons ici la figure du cornet acoustique le plus simple et le plus généralement employé.

Fio. 104. — Cornet acoustique de Bonnafont.

ARTICLE III

Page 1