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GRANULATIONS UTÉRINES. — MARCHE, DURÉE, TERMINAISON

sc montrent chez les malades affectées de granulations utérines. Ce serait tomber dans des redites inutiles que de les exposer de nouveau ici : ce sont des troubles digestifs plus ou moins grands (dégoût des aliments, inappétence, digestions laborieuses, gastralgie, entéralgie); un état de langueur marqué, paifois de 1 amaigiissement ; des douleurs nerveuses. Quelquefois ces symptômes sont portés au plus haut degré, et ils sont presque toujours en rapport avec l’abondance de l’écoulement. Nous avons observé, chez une femme affectée de celte maladie, un phénomène qui n’est pas fréquent : ce sont de petits frissonnements presque continuels et fatigants, se faisant sentir dans toutes les parties du corps sans exception.

Il n’est pas rare de voir les femmes qui présentent les granulations utérines être affectées de dysménorrhée ; Y aménorrhée se montre bien plus rarement, et, lorsqu’elle existe, il est loin d’être certain qu’elle a pour cause ces granulations.

L’état granulé du col coïncide, chez quelques femmes, avec l 'absence de conception. Cette stérilité est facile à concevoir quand on réfléchit que la tuméfaction de la membrane muqueuse qui tapisse la surface interne de l’orifice du museau de tanche, et la présence, dans cet orifice, d’une certaine quantité de mucus visqueux set adhérent, sont de nature à mettre obstacle à la fécondation, en empêchant la pénétration du sperme dans la cavité utérine (Chomel). Quelquefois, au contraire, le colest dilaté. Dans un certain nombre de cas, du moins, l’examen le plus attentif ne fait constater aucune autre lésion organique, aucun changement de position de la matrice, qui puisse rendre compte de l’absence de conception; et, ce qui tend prouver encore mieux l’influence des granulations du col, c’est que l’on voit des lifemmes atteintes de cette affection, et qui sont restées stériles durant plusieurs menées de mariage, devenir enceintes après la guérison (Bennet), Ce fait prouve ■combien il est important de traiter ces granulations utérines. Nous en avons observé itun exemple très-frappant, en ce que la conception a eu lieu très-peu de temps ipprès la guérison. Chez un bon nombre de femmes, l’obstacle ne paraît nullement i insurmontable. Des recherches seraient utiles sur ce point.

§ IV. — Marche, durée, terminaison.

La marche des granulations utérines est essentiellement chronique. Cette lésion i passerait longtemps inaperçue et ferait des progrès sourds ou resterait slationnaire, -si les pertes blanches et les symptômes qui en résultent n’engageaient les femmes Jà se faire examiner, et, par suite, à se soumettre au traitement approprié. Les choses se passent ainsi longtemps, l’écoulement blanc étant pris pour une leucorrhée simple, et le médecin négligeant l’examen direct.

La durée de la maladie est extrêmement longue lorsque le traitement ne vient pas l’abréger. Elle peut persister pendant un grand nombre d’années. Cette affection n’a pas de tendance à se terminer par la guérison, du moins pendant le temps où les femmes sont encore réglées. Après l’âge critique, dans la très-grande majorité des cas, les granulations disparaissent, car on trouve alors très-peu d’exemples de cette affection. On ne doit pas redouter une terminaison funeste; il n’est pas un seul exemple authentique de dégénération de cette lésion en maladie organique profonde.

MALAMES DES FEMMES.

5 § V. — Lésions anatomiques.

L inspection cadavérique ne nous a rien appris de nouveau, si ce n’est le degréde pénétration dos granulations dans la col, que nous n’avons jamais vu dépasser un centimètre et demi.

§ VI.— Diagnostic, pronostic.

La leucorrhée, la dysménorrhée, les troubles de la digestion, l’irritation nerveuse, pourraient faire soupçonner l’existence de cette affection, mais non en donner la certitude. Le toucher ne donne une sensation particulière que dans certains cas. En examinant les malades avec le spéculum, on arrive bientôt à un diagnostic positif. Les senles lésions, en effet, avec lesquelles on pourrait confondre les granulations, sont de simples rougeurs du col, des érosions, ou des ulcérations simples superficielles.

Les rougeurs du col se montrent ordinairement à l’époque des règles et quelquefois après des excès de coït; elles ne sont autre chose, en ce cas, que de simples ecchymoses; elles ont un aspect violacé; la muqueuse est lisse à leur surface, et elles ne tardent pas à disparaître. Les érosions, aussi bien que les rougeurs, ont leur siège indifféremment sur les diverses parties du museau de tanche; elles sont généralement d’un rouge plus vif, n’offrent pas l’aspect uniformément granulé et ne font pas de relief. Ordinairement même elles sont déprimées, ce que l’on peut constater facilement en examinant leurs bords. Les ulcérations simples, qui sont rares et qui ne sont que l’exagération des érosions, offrent les mêmes caractères distinctifs à un plus haut degré. Toutes ces lésions sont liées, dans certains cas, à une inflammation du col de l’utérus parfaitement décrite dans ces derniers temps par J. H. Bonnet (1), qui a signalé un symptôme dont on n’avait pas jusqu’à présent tenu un compte suffisant : la dilatation de l'orifice et de la cavité du col.

Pronostic. — Sans que le pronostic soit grave, il ne faut pas oublier ce que nous avons dit sur la tendance de la maladie à se perpétuer, sur les incommodités qu’elle occasionne, et sur l’obstacle qu’elle apporte à la conception.

§ VU. — Traitement.

Le traitement antiphlogistique n’a aucun avantage contre les granulations, à moins qu’il n’existe quelque complication. La médication qui convient réellement à cctle maladie, et qui, bien dirigée, procure toujours la guérison, est la cautérisation qu’on a proposé de pratiquer avec diverses substances, et d’abord avec les caustiques liquides ( nitrate acide de mercure, acide nitrique, acid ^sulfurique, etc.). A l’aide de ces caustiques on a obtenu des guérisons incontestables ; mais il faudrait établir, par l’observation, qu’ils guérissent plus promptement et plus sûrement que les caustiques solides, avant de les recommander exclusivement, comme l’ont fait quelques auteurs. Les caustiques liquides peuvent, en effet, se répandre sur le vagin et occasionner de vives douleurs, et, en les employant, on ne peut pas mesurer aussi bien qu’avec les autres la profondeur de la cautérisation : que le pinceau soit un peu plus ou un peu moins humecté, et la cautérisation est plus ou moins active.

(1) J. II. Bennet, Traité pratique de l'inflammation de l'utérus.

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